Ouvrir le menu principal

Lagopède des saules

espèce d'oiseaux

Lagopus lagopus

Lagopus lagopus
Description de cette image, également commentée ci-après
Lagopède des saules (Lagopus lagopus)
Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Galliformes
Famille Phasianidae
Genre Lagopus

Espèce

Lagopus lagopus
(Linnaeus, 1758)

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Œufs de Lagopus lagopus lagopus - Muséum de Toulouse

Le Lagopède des saules (Lagopus lagopus), également appelée perdrix blanche, est une espèce d'oiseau de la famille des Phasianidae.

C'est une espèce sédentaire qui se reproduit dans les forêts de bouleaux et autres forêts et landes du nord de l'Europe, dans la toundra scandinave, en Sibérie, en Alaska et au Canada, en particulier dans les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador et du Québec. C'est l'oiseau officiel de l'état d'Alaska.

DescriptionModifier

Le lagopède des saules est un oiseau de taille moyenne à grande qui vit au sol et le plus abondant parmi les trois espèces de lagopèdes.

Mensurations et plumageModifier

Le mâles et la femelle ont à peu près la même taille, les adultes mesurant entre 35 et 44 centimètres et l'envergure des ailes est entre 60 et 65 centimètres. Leur poids est de 430 à 810 grammes. Ils possèdent un cou est assez long, un bec large, des pattes à plumes courtes et une queue modérément courte et arrondie.

En été, le plumage du mâle est brun marbré, avec une teinte rougeâtre au cou et à la poitrine, une queue noire et des ailes et parties inférieures blanches. Il possède deux caroncules discrètes au-dessus des yeux, qui deviennent rouges et proéminentes pendant la saison de reproduction. La femelle est d'apparence similaire, mais dépourvue de caroncules et possède sur le ventre des plumes brunes éparpillées parmi les plumes blanches. En hiver, le plumage des deux sexes devient complètement blanc, à l'exception de quelques plumes noires sur la queue. Les oiseaux juvéniles ressemblent aux adultes.[1],[2]

Espèces similairesModifier

Le lagopède des saules se distingue du lagopède alpin (Lagopus muta) qui lui est étroitement apparenté, par sa taille plus grande et son bec plus épais et par le fait qu'on ne le trouve généralement pas au-dessus de la limite des arbres alors que le lagopède alpin préfère un habitat plus élevé et aride. Son plumage estival est plus brun et, en hiver, le lagopède des saules mâle n'a pas la bande noire que possède le lagopède alpin entre les yeux et le bec.[1]

Le lagopède à queue blanche (Lagopus leucura) d'Amérique du Nord est plus petit, possède une queue blanche et un plumage gris plus finement barré et vit en permanence au-dessus de la limite forestière.[3]

La sous-espèce distincte des îles britanniques L. l. scoticus (lagopède d'Écosse) était autrefois considérée comme une véritable espèce britannique distincte, mais elle est maintenant classée comme une sous-espèce. Cet oiseau des landes est entièrement brun rougeâtre, à l'exception de ses pattes blanches.[4]

Écologie et comportementModifier

ÉthologieModifier

Les lagopèdes des saules mâles sont des oiseaux territoriaux. Les mâles arrivent dans les aires de reproduction et établissent leurs territoires en avril et en mai, les protégeant de façon agressive contre les intrus mâles. Lorsque les femelles arrivent quelques semaines plus tard, le mâle effectue des parades nuptiales comprenant des manœuvres aériennes, se pavanant et agitant le croupion. Lorsqu'elle a choisi son compagnon et un site de nidification, la femelle pond une couvée de six à dix œufs dans une dépression peu profonde dans le sol. Le site de nidification se trouve habituellement dans un endroit caché au bord d'une clairière[2].

AlimentationModifier

 
Un lagopède des saules dans le parc national d'Abisko en Suède.

Le lagopède des saules a une alimentation variée et saisonnière[5]. L'oiseau est herbivore pendant la plus grande partie de sa vie et se nourrit de diverses matières végétales[6]. Au stade juvénile, ils peuvent se nourrir d'insectes en raison d'une incapacité à digérer le matériel végétal causée par un cæcum encore peu développé. En été, leur alimentation est très variée et peut se composer de baies, de fleurs, de feuilles, de brindilles et de graines[6].

Répartition et habitatModifier

 
Répartition géographique du lagopède des saules en Europe, avec en bleu foncé la zone de reproduction et en bleu clair la zone d'habitat.

Le lagopède des saules a une répartition circumboréale. il est originaire du Canada et des États-Unis, de Chine, de Mongolie, de la Fédération de Russie, du Kazakhstan, de République Tchèque, de Finlande, Norvège, Suède, Estonie, Lettonie, Lituanie, Allemagne, Royaume-Uni, Irlande et Espagne[7]. Il occupe principalement des milieux subalpins et subarctiques tels que les forêts clairsemées de pins et de bouleaux, les fourrés de saules et d'aulnes, les landes de bruyères, la toundra et les versants montagneux. En hiver, les femelles et les jeunes adultes peuvent se déplacer vers des altitudes plus basses et se réfugier dans des vallées ou dans des zones à végétation plus dense, mais les mâles adultes restent habituellement dans la région subalpine[8]. Le lagopède d'Écosse est quant à lui répandu dans les landes couvertes de bruyères du nord et de l'ouest de la Grande-Bretagne et dans les régions reculées d'Irlande[4].

Sous-espècesModifier

Selon le Congrès ornithologique international, cet oiseau est représenté par 16 sous-espèces[9]

Nom scientifique Autorité de description Année de description Lieu de reproduction
Lagopus lagopus scotica Latham 1787 Grande Bretagne
Lagopus lagopus variegata Salomonsen 1936 ouest de la Norvège
Lagopus lagopus lagopus Linné 1758 Scandinavie, nord de la Russie
Lagopus lagopus rossica Serebrovski 1926 Pays baltes, Russie centrale
Lagopus lagopus koreni Thayer et Bangs 1914 Sibérie, Kamtchatka
Lagopus lagopus maior Lorenz T. 1904 nord du Kazakhstan, sud-ouest de la Sibérie
Lagopus lagopus brevirostris Hesse 1912 de l'est du Kazakhstan au sud-centre de la Sibérie, ouest de la Mongolie
Lagopus lagopus kozlowae Portenko 1931 nord de la Mongolie, sud de la Sibérie
Lagopus lagopus sserebrowsky Domaniewski 1933 nord-est de la Mongolie, sud-est de la Sibérie, nord-est de la Chine
Lagopus lagopus okadai Momiyama 1928 Sakhaline
Lagopus lagopus alascensis Swarth 1926 Alaska
Lagopus lagopus alexandrae Grinnell 1909 Îles Aléoutiennes, Île Kodiak, îles du sud-est de l'Alaska, nord-ouest de la Colombie britannique
Lagopus lagopus leucoptera Taverner 1932 Archipel arctique
Lagopus lagopus alba Gmelin 1789 nord du Canada
Lagopus lagopus ungavus Riley 1911 nord-est du Canada
Lagopus lagopus alleni Stejneger 1884 Terre-Neuve

RéférencesModifier

  1. a et b (en) « Willow Ptarmigan Identification, All About Birds, Cornell Lab of Ornithology », sur www.allaboutbirds.org (consulté le 12 octobre 2019)
  2. a et b (en) « Willow Ptarmigan Hunting Information, Alaska Department of Fish and Game », sur www.adfg.alaska.gov (consulté le 12 octobre 2019)
  3. (en) « White-tailed Ptarmigan Hunting Information, Alaska Department of Fish and Game », sur www.adfg.alaska.gov (consulté le 12 octobre 2019)
  4. a et b (en) S. M. Redpath et S. J. Thirgood, Birds of prey and red grouse, Stationery Office, (ISBN 9780117021761, lire en ligne)
  5. (en) Scott Wilson et Kathy Martin, « Breeding habitat selection of sympatric White-tailed, Rock and Willow Ptarmigan in the southern Yukon Territory, Canada », Journal of Ornithology, vol. 149, no 4,‎ , p. 629–637 (ISSN 1439-0361, DOI 10.1007/s10336-008-0308-8, lire en ligne, consulté le 12 octobre 2019)
  6. a et b (en) Karl-Arne Stokkan, « Energetics and Adaptations to Cold in Ptarmigan in Winter », Ornis Scandinavica (Scandinavian Journal of Ornithology), vol. 23, no 3,‎ , p. 366–370 (ISSN 0030-5693, DOI 10.2307/3676662, lire en ligne, consulté le 12 octobre 2019)
  7. (en) « BirdLife International 2016. Lagopus lagopus », sur IUCN Red List of Threatened Species, (consulté le 12 octobre 2019)
  8. (en) Sarah Morland, « Lagopus lagopus », sur Animal Diversity Web, Museum of zoology - University of Michigan, (consulté le 12 octobre 2019)
  9. (en) « IOC World Bird List Version 9.2 - Pheasants, partridges, francolins », sur www.worldbirdnames.org, (consulté le 12 octobre 2019)

Références externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :