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Couvée d'une tortue marine.

La couvée désigne l'ensemble des œufs qu’un oiseau, amphibien ou reptile couve généralement en même temps. Elle inclut également les œufs sur lesquels un animal apporte un soin parental, comme chez les invertébrés ou les poissons. Par extension, la couvée peut désigner les petits qui sont éclos du site de ponte ou de nidification (le nid des oiseaux).

La nichée désigne l'ensemble d'oisillons de la même couvée encore au nid.

La couvaison par des animaux marins existait il y a 500 millions d'années : la crevette Waptia fieldensis couvait un petit nombre d'œufs agglutinés sous sa carapace, ce qui délimitait pour sa couvée un milieu protégé des agressions extérieures et bien ventilé[1].

Au sein de chaque espèce, la taille de la couvée varie selon divers facteurs, les conditions écologiques de l'habitat, la santé des parents, le soin parental, la saison, les pressions de la prédation.

Prédation sur la couvéeModifier

L'intensité de la prédation a notamment une influence sur l'investissement parental, sur la taille et le nombre des œufs de la couvée (possibilité d'une double couvée), ainsi que le nourrissage des petits[2].

Influence des conditions écologiquesModifier

L'influence des conditions écologiques est très variable. Lorsque la nourriture est présente tout au long de l’année en abondance et l'habitat saturé par des congénères, les parents adoptent une stratégie d’histoire de vie lente : peu d’œufs par couvée mais un soin parental prolongé alors que le petit est en mesure de se nourrir par lui-même, ce qui permet un taux de survie élevé. Lorsque les ressources sont concentrées sur une partie de l’année, le soin parental bref favorise une succession rapide de couvées durant la période de reproduction[3]. Si ces ressources baissent, il se produit une réduction de la nichée (en) par l'élimination du poussin en moins bonne santé (généralement le plus jeune).

Rôle du soin parentalModifier

Chez les espèces monogames, le père social qui s’occupe de la couvée n’est pas forcément le père génétique de l’ensemble de la couvée, et peut, devant une réduction de la certitude de paternité, réduire le soin parental, avec des conséquences négatives sur la progéniture[4].

Il n'est pas rare chez les oiseaux qu'un des parents (plus souvent la mâle) déserte le nid pour s’accoupler à nouveau. Le parent qui reste peut compenser le soin du parent parti pour que la couvée bénéficie d’une même quantité de soin, au détriment de sa valeur reproductive résiduelle, ou au contraire ne pas changer son niveau de soin, au détriment de la couvée[5].

Le conflit parents-progéniture peut avoir un impact négatif sur la couvée, avec le cas extrême où un ou plusieurs petits de la couvée sont victimes d'infanticide (en).

La stratégie reproductrice (polygynie, polyandrie) influe sur le soin parental, ce qui se réperctute sur la couvée[6].

GalerieModifier

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Notes et référencesModifier

  1. (en) Jean‐Bernard Caron & Jean Vannier, « Waptia and the diversification of brood care in early arthropods », Current Biology, vol. 26, no 1,‎ , p. 69–74 (DOI 10.1016/j.cub.2015.11.006)
  2. (en) J. J. Fontaine, T. E. Martin, « Parent birds assess nest predation risk and adjust their reproductive strategies », Ecology Letters, vol. 9, no 4,‎ , p. 428–434 (DOI 10.1111/j.1461-0248.2006.00892.x)
  3. Jean-Baptiste Pingault, Jacques Goldberg, « Stratégies reproductives, soin parental et lien parent-progéniture dans le monde animal », Devenir, vol. 20, no 3,‎ , p. 255 (DOI 10.3917/dev.083.0249)
  4. (en) Charlotta Kvarnemo, « Evolution and maintenance of male care : Is increased paternity a neglected benefit of care ? », Behavioral Ecology, vol. 17, no 1,‎ , p. 144-148 (DOI 10.1093/beheco/ari097)
  5. (en) Matteo Griggio, Andrea Pilastro, « Sexual conflict over parental care in a species with female and male brood desertion », Animal Behaviour, vol. 74, no 4,‎ , p. 779-785 (DOI 10.1016/j.anbehav.2007.01.007)
  6. (en) Walter D. Graul, Scott R. Derrickson et Douglas W. Mock, « The Evolution of Avian Polyandry », The American Naturalist, vol. 111, no 980,‎ , p. 812-816

Voir aussiModifier