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Léon Boyer

polytechnicien et ingénieur des ponts et chaussées français (1851-1886)
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Léon Boyer
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Léon Boyer.
Nom de naissance André Pierre Léon Boyer
Naissance
Florac
Décès (à 35 ans)
Panama
Nationalité française
Profession
Formation
Distinctions

Léon Boyer (nom complet : André, Pierre, Léon Boyer) est un polytechnicien et ingénieur des ponts et chaussées français, né le à Florac (Lozère) et mort le à Panama).

Il est connu pour être à l'origine de la création et la conception des viaducs de Garabit et de la Crueize sur chemin de fer de Marvejols à Neussargues, puis pour sa courte période comme directeur général du canal de Panama de 1885 à sa mort, à 35 ans, due à la fièvre jaune.

BiographieModifier

Famille et formationModifier

André Pierre Léon Boyer est né le à Florac, cité de Lozère. Il est le fils d'une riche famille bourgeoise de cette même ville, son père François Gaston Boyer (37 ans) est notaire et sa mère Henriette Françoise Jaffard (31 ans)[1],[2] a pour origine une famille de la bourgeoisie industrielle d'Ispagnac[3]. Le jeune Gaston Boyer quitte Florac pour faire des études, qualifiées de brillantes, dans le lycée de Lyon[4].

En 1869, il intègre à 18 ans l'École polytechnique à Paris. Nommé sous-lieutenant le , il est mis à la disposition de l'amiral La Roncière-Le Noury et attaché au Fort de Romainville pendant le siège de Paris. Après cette période militaire, il est nommé élève ingénieur des Ponts et chaussées le . Il termine ses études, à 23 ans, le jour de sa nomination comme ingénieur ordinaire des ponts et chaussées de 3e classe[5].

Il épouse Esther Adrienne Marguerite Merle le à Alès, ils auront deux enfants. Marguerite Boyer, née le à Marvejols (elle épouse en 1906 Pierre de Retz, polytechnicien et ingénieur des mines, futur directeur des Mines de potasse d'Alsace de 1919 à 1936)[6] et Gaston Henri Boyer, né le à Paris 7e (polytechnicien, inspecteur des finances, mort le 10 mars 1928 au Chili où il exerce le rôle de conseiller financier du gouvernement)[7],[8].

Léon Boyer meurt à Panama, le soir du , à 6 heures 30[9], de la fièvre jaune[10] trois mois après son arrivée dans l'isthme[4], et quelques jours après avoir appris que sa femme lui eût donné un fils[11]. La nouvelle de sa mort arriva à Paris le [12].

Ingénieur des ponts et chausséesModifier

Il commence sa carrière, comme ingénieur ordinaire des ponts et chaussées de 3e classe, dans l'Orne où il est nommé attaché au service ordinaire de l'arrondissement d'Alençon. Après un peu plus d'un an à ce poste il obtient un retour dans sa région d'origine avec une affectation le dans l'arrondissement de Marvejols, à 53 kilomètres de Florac, comme chargé des études et travaux des chemins de fer de Mende à Séverac et de Marvejols à Neussargues[5]. Situées dans une région au relief difficile pour l'implantation de voies ferrées il va devoir trouver des solutions et réaliser de nombreux ouvrages d'art, viaducs et tunnels. C'est dans les monts de la Margeride sur la ligne de Neussargue qu'il va pouvoir exprimer au mieux ses compétences face à des « difficultés exceptionnelles »[4].

 
Viaduc de la Crueize en 1883.

Pour presque tous ces viaducs Léon Boyer choisit un mode de construction traditionnel en maçonnerie. En 1891, Charles Talansier, secrétaire de la rédaction de la revue Le Génie civil[13], sortira du lot ceux de Piou (long. 169,50 m / haut. 45 m), Sénouard (long. 231 m / haut. 50 m), Chanteperdrix (long. 235 m / haut. 43 m), mais il porte une attention particulière à celui de Crueize, édifié dans la vallée de l'Enfer, qu'il juge particulièrement intéressant par sa hauteur 63,30 m et la qualité de son exécution[14]. Point que relèvera également Paul Séjourné qui le présente comme un aboutissement de la technique de la pile profilée au point qu'il n'hésite pas à le qualifier de « plus beau viaduc de France »[15]. Plus d'un siècle plus tard ce viaduc sera retenu par les auteurs de l'ouvrage encyclopédique sur le « patrimoine de la SNCF et des chemins de fer français », notamment du fait de cette « hauteur inhabituelle pour une construction en maçonnerie »[16].

Il proposa notamment de franchir la vallée de la Truyère par un viaduc de 123 m de hauteur ; c'est à cette fin qu'il demanda à Gustave Eiffel de construire le viaduc de Garabit[17], le plus haut du monde à l'époque[4]. Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1880[18].

En 1883, Léon Boyer a été adjoint au directeur de la construction des chemins de fer au sein du ministère des Travaux publics, où il prit une part active à l'étude des conventions avec les grandes compagnies de chemins de fer, et s'occupant en même temps du Métropolitain de Paris[18].

En 1884, il devint ingénieur en chef des Ponts et chaussées et fut nommé, en novembre de l'année suivante, Directeur général des travaux du canal de Panama par Ferdinand de Lesseps, en remplacement de Jules Dingler[17]. Comme près de 4 000 autres personnes lors de la construction de ce canal, il meurt de la fièvre jaune quelques mois après son arrivée.

Homme politiqueModifier

Il est élu, le , conseiller général du canton de Florac (Lozère), son élection donna lieu à un recours rejeté par une décision du Conseil d'État[19].

Il s'est présenté, au sein du département de la Lozère, aux élections législatives de 1881 et 1885, en tant que candidat républicain, mais échoua à l'issue de chacun de ces scrutins[4].

HommagesModifier

Publication posthumeModifier

  • Chemin de fer de Marvéjols à Neussargues, viaduc de Garabit, sur la Trueyre (préf. Léon Lévy, postface Maurice Lévy, publié à titre posthume avec une notice nécrologique), Paris, Vve Ch. Dunod, , 398 et album de 74 planches p. (présentation en ligne).

TémoignageModifier

Gaston Tissandier, à l'annonce de son décès, écrivit notamment: « Léon Boyer, dont nous avions l’honneur d’être l’ami, joignait à une intelligence d’élite toutes les qualités d’un beau caractère. Il avait l’entrain du méridional, la fougue et l’élan de la jeunesse ; il se passionnait pour tout ce qui est grand et pour tout ce qui est noble.

Il est mort au nom de la science, pour laquelle il combattait. Comme le soldat qui tombe au champ d’honneur, il trouvera des frères d’armes qui vengeront sa mémoire en achevant la conquête commencée. »[11].

Monuments et lieu à sa mémoireModifier

Son nom a été donné à une rue de la commune de Mende reliant la place Chaptal à la place Urbain V, et une statue de lui est présente à Panama, et plus précisément sur la Plaza de Francia, aux côtés de Ferdinand de Lesseps, Armand Reclus, Napoléon Bonaparte Wise, et Pedro Sosa[20]. Elle a été conçue par le sculpteur Denys Puech[8] et a certainement été inaugurée le 4 décembre 1924, ou 1923[21].

Une autre statue de lui est présente à Florac, sa commune natale (place Boyer/esplanade Marceau-Farelle[22]). Elle a été inaugurée le lors d'une cérémonie présidée par le sénateur Théophile Roussel. Le monument est composé d'un buste de l'ingénieur, supporté par un piédestal armé de bas-reliefs représentant la science en deuil, une vue de Panama et une vue de profil du viaduc de Garabit[23]. Il a notamment été réalisé par l'architecte François Germer-Durand, son beau frère[24],[25].

Il y aurait aussi un autre monument de lui au sein de la commune de Figeac[26].

Notes et référencesModifier

  1. « Extrait acte de naissance », sur Base Léonore, (consulté le 21 janvier 2016).
  2. [image] Son acte de naissance aux AD de la Lozère (page 13).
  3. « Archives privées : Fonds Boyer - Jaffard (1364-1880). Cotes : 8J », sur Archives départementales de la Lozère (consulté le 25 juillet 2015).
  4. a b c d et e La Grande Encyclopédie, 1885-1902, p. 916.
  5. a et b « Résumé des services de M. Boyer André, Pierre, Léon, Ingénieur des Ponts et chaussées, nommé chevalier de l'Ordre de la Légion d'honneur par décret du 12 juin 1879 », sur Base Léonore, (consulté le 21 janvier 2016).
  6. Yves Frey, Polonais d'Alsace : pratiques patronales et mineurs polonais dans le bassin potassique de Haute-Alsace, 1918-1948, Presses Univ. Franche-Comté, , 598 p. (ISBN 9782848670126, lire en ligne), p. 133.
  7. Michel Margairaz, Dictionnaire historique des inspecteurs des Finances 1801-2009 : Dictionnaire thématique et biographique, Institut de la gestion publique et du développement économique, coll. « Histoire économique et financière - XIXe-XXe », (lire en ligne), p. 1217-1218.
  8. a et b Le Gaulois : littéraire et politique, (lire en ligne), p. 04.
  9. Henri Barboux (1834-1910),..., Discours et plaidoyers. Tome 2, A. Rousseau (Paris), (lire en ligne)
    Consultable à: Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, 8-F-5448 (2)
    .
  10. (es) David McCullough, Un camino entre dos mares, La creacion del canal de Panama, Espasa libros, , 550 p. (ISBN 9788467038859), Page 166.
  11. a et b « Léon Boyer (1851-1886) - Gloubik Sciences », sur sciences.gloubik.info (consulté le 24 octobre 2015).
  12. « Léon Boyer et le viaduc de Garabit », sur ozeriens-de-paris.com (consulté le 22 mars 2017).
  13. « Nécrologie : Charles Talansier », Le Génie Civil, t. LXXXIX, no 2291,‎ , p. 29 (lire en ligne, consulté le 21 janvier 2016).
  14. Charles Talansier, « Travaux publics : le viaduc de Crueize sur la ligne du chemin de fer de Marvéjols à Neussargues », Le Génie civil : revue générale des industries française & étrangères, t. XVIII, no 10,‎ , p. 145-146 (lire en ligne, consulté le 20 janvier 2016).
  15. Paul Séjourné, Grandes voutes, t. IV : Pratique des voutes, Bourges, Imprimerie Veuve Tardy-Pigelet et Fils, (lire en ligne), p. 61.
  16. « La ligne des Causses : viaduc de la Crueize », dans Jean-Luc Flohic (direction), Le Patrimoine de la SNCF et des chemins de fer français, t. I, Paris, Flohic éditions, coll. « Le patrimoine des institutions économiques », (ISBN 2-84234-069-8), p. 132.
  17. a et b « Léon Boyer (1851-1886) », sur structurae (consulté le 8 septembre 2015).
  18. a et b Lami, Eugène-Oscar (1839-19..), Dictionnaire encyclopédique et biographique de l'industrie et des arts industriels.... Suppl. / par E.-O. Lami et A. Tharel,..., Lami, Tharel et Cie (Paris), 1881-1891, p. 419
    Source: Bibliothèque nationale de France
    .
  19. Recueil des décisions du Conseil d'État statuant au contentieux et du Tribunal des Conflits et des jugements des tribunaux administratifs ..., Société anonyme du Recueil Sirey, , p. 850.
  20. Panama, Petit futé, 2012-2013 (lire en ligne).
  21. France-Amérique : revue mensuelle du Comité France-Amérique, Comité France-Amérique (Paris), , p. 47
    Document en provenance de la Bibliothèque nationale de France.
    .
  22. « Monument à Léon Boyer – Florac » (consulté le 8 septembre 2015).
  23. « Le monument de Léon Boyer », Le Petit Parisien: Journal quotidien du soir,‎ .
  24. Léon (1830-1916) Auteur du texte Charvet, Lyon artistique. Architectes : notices biographiques et bibliographiques avec une table des édifices et la liste chronologique des noms / par E.-L.-G. Charvet,..., (lire en ligne)
  25. François Delmas, « La famille Boyer de Florac. », Revue du Gévaudan des Causses et des Cévennes, nos 1990-2,‎ , pp. 38-52.
  26. Paul Joanne, Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies. 3, E-K, Hachette, 1890-1905 (lire en ligne), p. 1480.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Notice nécrologique sur Léon Boyer, par Léon Lévy, avec une note de M. Maurice Lévy sur le viaduc de Garabit, exposée à l'appui de la présentation de l'ouvrage de Léon Boyer à l'Académie des sciences, et un compte rendu du même ouvrage par M. T. Seyrig, extrait de la Revue scientifique, impr. Chaix, Paris, 1888, 30 p.
  • Marcellin Berthelot (dir.), Hartwig Derenbourg (dir.) et al., La Grande Encyclopédie : Inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts par une société de savants et de gens de lettres, t. 7 : Bobino - Bricci, Paris, H. Lamirault, 1885-1902 (1re éd. 1885), 1200 p. (lire en ligne), « Boyer (André-Pierre-Léon) », p. 916.
  • Un camino entre dos mares, La creacion del canal de Panama, Davis McCullough, Espaza Libros, 2011, 550 p.
  • Olivier Alle et al., « Le viaduc de Garabit a cent ans », Lou Païs - revue régionaliste, Association les amis du Païs et l'Escolo Gabalo, no 268 « Léon Boyer : né à Florac. Ingénieur des Ponts et Chaussées qui conclut le projet du viaduc de Garabit (1851-1886) »,‎ .
  • La famille Boyer de Florac. / DELMAS François in Revue du Gévaudan des Causses et des Cévennes, 2 (1990) - p. 38-52.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier