Josselin de Rohan

politicien français

Josselin de Rohan-Chabot
Illustration.
Josselin de Rohan-Chabot en campagne
Fonctions
Président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des
Forces armées du Sénat

(3 ans, 8 mois et 14 jours)
Prédécesseur Serge Vinçon
Successeur Jean-Louis Carrère
Président du groupe UMP au Sénat

(5 ans et 1 mois)
Prédécesseur Création du groupe
Successeur Henri de Raincourt
Président du Conseil régional de Bretagne

(6 ans et 12 jours)
Prédécesseur Yvon Bourges
Successeur Jean-Yves Le Drian
Président du groupe RPR au Sénat

(9 ans, 7 mois et 15 jours)
Prédécesseur Charles Pasqua
Successeur Groupe UMP
Sénateur du Morbihan

(27 ans, 11 mois et 28 jours)
Élection
Réélection
Conseiller général du Morbihan
Élu dans le canton de Josselin

(15 ans et 1 jour)
Prédécesseur Yves du Halgouët
Successeur Joseph Samson
Maire de Josselin

(35 ans, 11 mois et 20 jours)
Prédécesseur Aristide Delebecque
Successeur Joseph Seveno
Biographie
Nom de naissance Josselin Charles Louis Jean Marie de Rohan-Chabot
Date de naissance (82 ans)
Lieu de naissance Suresnes (Seine)
Nationalité Française
Parti politique RPR (1983-2002)
UMP (2002-2011)
Père Alain-Louis-Auguste de Rohan-Chabot
Mère Hélène de Liencourt
Conjoint Antoinette Boegner
Enfants Alain Louis Marc
Anne-Louise Claire Marie
Olivia Hélène Odilie Marie
Profession Administrateur civil

Josselin de Rohan-Chabot, 14e duc de Rohan, plus connu sous son nom d'usage de Josselin de Rohan, né le à Suresnes, est un homme politique et haut-fonctionnaire français. Sénateur de 1983 à 2011, il a présidé le Conseil régional de Bretagne de 1998 à 2004.

Propriétaire du château de Josselin, il est l'ainé de la maison de Rohan-Chabot.

BiographieModifier

Famille et étudesModifier

Josselin Charles Louis Jean Marie de Rohan-Chabot est né à Suresnes le 5 juin 1938. Il est le fils ainé d'Alain de Rohan-Chabot, 13e duc de Rohan, et d'Hélène de Liencourt. Issu d'une famille de la noblesse parisienne, il passe son enfance à Paris, mais habite à Josselin pendant la seconde guerre mondiale. Son arrière-grand-père, Alain de Rohan-Chabot, fut député de 1876 à 1914, sous la IIIe République[1].

Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, licencié en droit, il intègre l'ENA en 1963 (promotion Stendhal), où il côtoie Ernest-Antoine Seillière, Jean-Pierre Chevènement, Lionel Jospin et Jacques Toubon. Il se lie d'amitié avec Jacques Chirac, qui l'épaule durant sa préparation à l'ENA[2]. Il deviendra plus tard administrateur de l'association "Avec le président Chirac" en 2008, présidée par Henri Cuq.

Carrière professionnelle et débuts en politiqueModifier

A sa sortie de l'ENA, il devient administrateur civil au service des affaires extérieures du ministère de l'Industrie, avant de rejoindre le cabinet de Louis Joxe, ministre de la Justice, de 1967 à 1968, en tant qu'attaché parlementaire. Il devient ensuite chef de bureau à la direction générale de la politique industrielle, puis chargé de mission auprès du directeur de la construction au ministère de l'Équipement (1969-1974) avant d'être promu sous-directeur de la flotte de commerce à la direction générale de la marine marchande (1974-1979)[3].

Il rejoint alors le secteur privé en tant que chargé de mission à la direction générale des transports maritimes d'Elf Aquitaine jusque 1983.

Carrière politiqueModifier

Une implantation politique précoce en BretagneModifier

Josselin de Rohan commence sa carrière politique à Josselin, dont il est élu maire à 27 ans, en 1965. Il développe son implantation locale en devenant conseiller général du canton de Josselin, un mandat qu'il conservera jusque 1998.

Alors qu'il est sénateur depuis 1983, il conduit la liste d'union RPR-UDF aux élections régionales 1998 en Bretagne, dans le cadre d'un accord avec son rival vitréen, Pierre Méhaignerie (UDF). Succédant à Yvon Bourges (RPR), il est élu président du conseil régional de Bretagne - à la tête d'une majorité relative - le . Cette victoire de la droite est une surprise, alors que les élections législatives françaises avaient marqué le basculement à gauche de la Bretagne (15 sièges à la gauche sur 26) et que les préparatifs de campagne à droite avaient donné lieu à des querelles intestines entre Pierre Méhaignerie, Yves de Silguy (soutenu par Yvon Bourges) et Josselin de Rohan[4], qui pâtissait d'une renommé politique moindre que ses rivaux, mais obtint le soutien du RPR[5]. A la création de l'association des Régions de France, Josselin de Rohan refuse l'intégration dans l'association des présidents de conseils régionaux élus avec les voix du Front national[6].

En tant que président du Conseil régional de Bretagne, il critique notamment la "recentralisation rampante"[7] menée par le gouvernement de Lionel Jospin. Fervent défenseur de la décentralisation de compétences de l'Etat aux régions, il souhaite que les régions bénéficient d'un pouvoir réglementaire et revendique la création du droit à l'expérimentation[8]. Au cours de son mandat, il parvient notamment à obtenir un prolongement de la ligne à grande vitesse[9] entre Le Mans et Rennes[10], un acquis acté par son successeur[11].

Il préside le conseil régional lors de l'attentat à la bombe effectué par des militants indépendantistes bretons visant un restaurant McDonald's, près de Dinan, le 19 avril 2000[12].

Bien que soutenu par Pierre Méhaignerie pour sa seconde candidature - ce dernier présida son comité de soutien - sa liste est nettement battue par celle conduite par Jean-Yves Le Drian (PS), le 28 mars 2004[13], n'obtenant que 43 % des voix au second tour. Il abandonne alors son mandat de conseiller régional[14].

Un soutien clé de Jacques Chirac, à la tête du groupe RPR, puis UMP au SénatModifier

Il est élu sénateur du Morbihan en septembre 1983. Réélu en 1992 puis en 2001, il y devient "l'un des hommes clés de Jacques Chirac"[15], avec qui il prend son petit-déjeuner tous les mardis à l'Élysée[16]. Il refuse de quitter le Sénat en 1986, refusant le Secrétariat d'Etat à la mer finalement attribué à Ambroise Guellec[17].

Il est choisi en 1993 pour présider le groupe RPR du Sénat, dont il était jusque là vice-président délégué[18], succédant à Charles Pasqua. Il arrive alors à maintenir la cohésion d'un groupe où se côtoient les partisans du président de la République et de Nicolas Sarkozy[19].

Fervent défenseur du Sénat, il s'oppose à plusieurs tentatives de réforme de la Haute Assemblée, tout d'abord par le gouvernement de Lionel Jospin, qui souhaite étendre à tous les départements élisant au moins trois sénateurs le système proportionnel[20], puis à Nicolas Sarkozy, en 2007, qui souhaite introduire à nouveau une part plus importante de proportionnelle dans l'élection des parlementaires[21].

Lors de l'élection présidentielle de 2007, Josselin de Rohan se résout à soutenir Nicolas Sarkozy, avec lequel il entretient des relations difficiles depuis 1995. Lors des journées parlementaires de l'UMP, à Strasbourg, dès octobre 2007, il critique publiquement[22] la stratégie d'ouverture à gauche[23], les projets de réforme institutionnelle et la stratégie d'affaiblissement de la fonction de Premier ministre par Nicolas Sarkozy[24].

Il quitte la tête du groupe UMP du Sénat en . Il devient alors président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées[25] en janvier 2008. Il sera réélu à sa tête de justesse en octobre 2008[26], et conservera cette présidence jusqu'à son départ du Sénat, en 2011. Il préside la délégation parlementaire au renseignement de 2007 à 2011.

Josselin de Rohan décide de mettre un terme à sa carrière politique et de ne pas se représenter aux élections sénatoriales 2011. Il attribue alors le déclin de la droite bretonne à l'effritement des "bases sociologiques de la droite", notamment la baisse du pourcentage d'agriculteurs et la diminution du soutien de l'enseignement catholique[27].

Passionné de chevaux, il a été membre du Conseil supérieur du cheval et président des courses hippiques de Josselin de 1964 à 2014. Il est nommé officier de la Légion d’Honneur en janvier 2012.

Anciens mandatsModifier

FamilleModifier

Josselin de Rohan-Chabot est l'ainé actuel de la maison de Rohan-Chabot, qui est la branche ainée de la famille de Chabot.

En épousant en 1645 Marguerite de Rohan, héritière de la branche ainée de la maison de Rohan, Henri de Chabot, cadet de la branche ainée de Jarnac, avait adopté le nom de Rohan-Chabot et fondé la branche du même nom, titrée duc de Rohan.

Il ne faut donc pas confondre la maison de Rohan-Chabot, originaire du Poitou, avec la maison de Rohan, originaire de Bretagne et subsistant aux États-Unis.

Mariage et descendanceModifier

Josselin de Rohan-Chabot a épousé, le à Crécy-la-Chapelle (Seine-et-Marne), Antoinette Boegner (née en 1946), fille de Jean-Marc Boegner et petite-fille du pasteur Marc Boegner, dont trois enfants :

  • Alain Louis Marc de Rohan-Chabot (né le ), gérant de Tarquinia Films,
  • Anne-Louise Claire Marie de Rohan-Chabot (née le ),
  • Olivia Hélène Odilie Marie de Rohan-Chabot (née le ).

ArmesModifier

  Blasonnement :
Écartelé : aux 1 et 4, de gueules à neuf macles d'or, posées 3, 3, 3 (qui est Rohan) ; aux 2 et 3, d'or à trois chabots de gueules, 2 et 1 (qui est Chabot).

Notes et référencesModifier

  1. Katell Pouliquen, « Les Rohan-Chabot, des aristocrates au service de l'Etat », L'Express,‎ , p. 4
  2. « Mort de Jacques Chirac. Dans le Morbihan, Josselin de Rohan pleure la mort de son ami », sur Ouest-France,
  3. Olivier Pognon, « En Bretagne, Rohan perd son fief », le Figaro,‎
  4. Olivier Delcroix, « Bretagne : l'espoir déçu des socialistes », Le Figaro,‎ , p. 11
  5. Gilles Bresson, « Régionales 98. Batailles pour un fauteuil. Le RPR Rohan rame à contre-courant. La droite bretonne est divisée et la gauche optimiste. », Libération,‎ , p. 14
  6. Jean Pigeot, « Le club des 26 sauve les meubles », Le Figaro,‎ , p. 7
  7. Olivier Pognon, « Josselin de Rohan : « Une recentralisation rampante » », Le Figaro,‎ , p. 7
  8. « Le président Josselin de Rohan. « Nous sommes mûrs et demandeurs » », Le Télégramme,‎
  9. « Josselin de Rohan et Jean-Yves Le Drian plaident pour le TGV Ouest », La Tribune,‎
  10. « Les aristos bretons. Josselin de Rohan, le chef de file », Le Télégramme,‎ (lire en ligne)
  11. « Josselin de Rohan et le TGV », Ouest-France,‎ , p. 7
  12. Pascal Ceaux et Martine Valo, « Le nationalisme breton est mis en cause après un attentat meurtrier », Le Monde,‎ , p. 6
  13. « La Bretagne passe à droite », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  14. « Josselin de Rohan, battu en Bretagne, quitte le conseil régional », Les Echos,‎ , p. 22
  15. Olivier Pognon, « Josselin de Rohan, le relais de l'Elysée au Sénat », Le Figaro,‎ , p. 6
  16. Pascale Robert-Diard, « Mardi à l'Elysée : café, viennoiseries et déminage », Le Monde,‎ , p. 6
  17. Alain Guellec, « Josselin de Rohan, la politique au coeur », Ouest-France,‎ , p. 6
  18. « Au Sénat Josselin de Rohan présidera le groupe RPR et Maurice Blin celui de l'Union centriste », Le Monde,‎ , p. 24
  19. « Jeu de chaises musicales au Palais du Luxembourg », Le Figaro,‎ , p. 6
  20. Olivier Pognon, « La droite sénatoriale défie Matignon », Le Figaro,‎ , p. 7
  21. Charles Jaigu, « Sarkozy cherche à apaiser les craintes du Sénat », Le Figaro,‎ (p. 6)
  22. Sophie Huet et Judith Waintraub, « Les états d'âme des parlementaires de l'UMP », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  23. « Josselin de Rohan fustige l'ouverture », Ouest-France,‎ , p. 4
  24. Alain Auffray et Nathalie Raulin, « Les oreilles chauffent chez les élus UMP », Libération,‎ , p. 6
  25. Josselin de Rohan prend la présidence de la commission des Affaires étrangères du Sénat, Le Nouvel Observateur, 16 janvier 2008
  26. Sénat : Rohan réélu de justesse à la commission des Affaires étrangères Les Échos, 9 octobre 2008
  27. Gabriel Simon, « Sénatoriales. La page se tourne pour Josselin de Rohan », Le Télégramme,‎ , p. 3

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier