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Jean Roumilhac
Image illustrative de l’article Jean Roumilhac

Naissance 2 novembre 1892
Lavaud-Coutheillas (Compreignac, Haute-Vienne)
Décès 27 juillet 1949
Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)
Origine français
Type de militance action directe
aide humanitaire
Cause défendue libertaire
pacifisme
antifascisme

Jean Roumilhac, né le 2 novembre 1892 à Lavaud-Coutheillas (Compreignac, Haute-Vienne) et mort le 27 juillet 1949 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), est un industriel, pacifiste, libertaire et franc-maçon français.

Chef d'entreprise et libertaire, premier président de la section française de Solidarité internationale antifasciste en 1937, il s'engage concrètement dans le soutien aux réfugiés espagnols antifranquistes et intègre la résistance pendant l'occupation allemande.

Initié en franc-maçonnerie à 28 ans, il reste fidèle à cet engagement jusqu'à sa mort.

L'industrielModifier

Très jeune à Limoges, Jean Roumilhac fréquente les milieux libertaires. Il fait ensuite des études commerciales à Paris. Il séjourne en Angleterre où il s'initie à la technique des filatures.

De retour en France au moment de la Première Guerre mondiale, il est réformé et profite de ses activités commerciales pour voyager en Espagne où il entre en contact avec les syndicats ouvriers et les groupes anarchistes de Bilbao et de Barcelone[1].

Après l’Armistice de 1918, il crée sa propre entreprise à Marseille, la Compagnie du Fil de Lin[2]. Bien avant le Front populaire, les quelques 250 employés de la Compagnie bénéficient de toutes les mesures sociales : restaurant d’entreprise, les 40 heures hebdomadaires et les congés payés[1].

Il reste fidèle, malgré ses responsabilités patronales, à ses amitiés libertaires.

Le militant libertaireModifier

Pendant la révolution sociale espagnole de 1936, il est très actif, tentant de contrer et contourner la politique de non-intervention des démocraties européennes. Il collabore alors étroitement avec les responsables de la Confédération nationale du travail (CNT) et de la Fédération anarchiste ibérique (FAI). Il se rend régulièrement à Barcelone, officiellement pour gérer une filiale[3].

En 1937, il est le premier président de la section française de Solidarité internationale antifasciste fondée par Louis Lecoin[4].

Après la retirada et l’internement en France des républicains espagnols, il agit pour en faire libérer le plus grand nombre. Il utilise sa filature au service des anti-franquistes réfugiés dans les Bouches-du-Rhône. Il fournit des certificats, salarie des militants, leur permettant d’obtenir un titre de séjour en France. Il crée des colonies d’accueil pour les enfants[1].

Il est délégué, à Marseille, du Centre des réfugiés espagnols (organisme créé par décret ministériel du 29 décembre 1938) et du Comité pour l’étude de l’intégration des réfugiés espagnols dans l’agriculture française.

En 1939, il sert de prête-nom pour l’achat du domaine d’Aymare (Gourdon, Lot), où est créée une collectivité anarcho-syndicaliste qui permet, d’extraire du camp du Vernet plusieurs dizaines de militants de la CNT de la colonne Durruti[5],[6].

Il contribue au journal de la Confédération générale du travail - Syndicaliste révolutionnaire, Le combat syndicaliste[7].

Le résistantModifier

Dès le début de l’occupation allemande, il rejoint le mouvement de résistance Combat[8].

Il collabore avec le Centre Américain de secours aux réfugiés antifascistes de Varian Fry qui œuvre au sauvetage de juifs, intellectuels et militants anti-nazis[9].

Arrêté en novembre 1941, il est emprisonné à Fort Barraux (Isère). Il en est libéré grâce à un subterfuge[Lequel ?].

Il parcourt alors la zone occupée pour y créer des groupes de résistance, le plus souvent par l’intermédiaire de ses amis francs-maçons.

Les multiples perquisitions à son domicile marseillais l’obligent à se réfugier dans une petite ville des Alpes, Veynes, alors sous contrôle italien. Il y gère une petite usine textile, Synthesia, tout en poursuivant ses activités au sein du mouvement Combat.

À la Libération de la France, il revient à Marseille et reprend la direction de la filature ainsi que ses activités de soutien aux exilés politiques. Il devint le premier président départemental de la Solidarité Internationale Antifasciste.

Le franc-maçonModifier

Son premier contact avec la franc-maçonnerie date de 1912 lors d'un voyage à Manchester, il a 20 ans[10].

Le 18 mars 1920, Jean Roumilhac, âgé de 28 ans, est admis en franc-maçonnerie, à la loge Les Artistes Réunis du Grand Orient de France à Limoges[11].

Affilié à la loge La Parfaite Union de Marseille, il y retrouve d’autres libertaires parmi lesquels Voline, Jean Marestan, Joseph Gleize[12].

Il est élu vénérable de cette loge[13] en 1935[10] et élu en 1937 et 1946[10] au conseil de l’ordre du Grand Orient de France[14]. Il est également élu 1er grand maître adjoint de l’ordre en novembre 1948[10],[15].

Il meurt dans un accident de voiture le 24 juillet 1949 à Aix-en-Provence. La Grande Loge de France lors de son convent de 1949 lui rend hommage, son éloge funèbre est prononcée par Henri Julien de la Fédération anarchiste[16].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, le Maitron : Jean Roumilhac.
  2. Robert Mencherini, Midi rouge, ombres et lumières - Les années de crise, 1930-1940, Éditions Syllepse, 2004, page 97.
  3. Dictionnaire international des militants anarchistes : Jean Roumilhac.
  4. Fabrice Magnone, Le Libertaire (1917-1956) - Autopsie d'un organe anarchiste, doctorat en histoire, Université de Nice, 1998, lire en ligne.
  5. Michel Antony, Essais Utopiques Libertaires de Petite Dimension, 1995-2015, lire en ligne.
  6. Olivier Hiard, Aymare 1939-1967: Une collectivité anarchosyndicaliste espagnole dans le Lot, Les Éditions Libertaires, 2014, (ISBN 9782919568444), notice éditeur.
  7. René Bianco, 100 ans de presse anarchiste : Le Combat syndicaliste.
  8. Michel Sahuc, Un Regard noir: La mouvance anarchiste française au seuil de la Seconde Guerre mondiale et sous l'occupation nazie (1936-1945), Éditions du Monde Libertaire, 2008, page 86.
  9. Daniel Benedite, La Filière marseillaise, un chemin vers la liberté sous l’Occupation, Paris, Éditions Clancier-Guénaud, 1984, page 327.
  10. a b c et d Culture politique et émancipation nationale : le XIXe siècle, p.403-414.
  11. Léo Campion, Le Drapeau noir, l'Équerre et le Compas : les anarchistes dans la franc-maçonnerie, Alternative libertaire, (lire en ligne [PDF]).
  12. Dictionnaire des anarchistes : Joseph Gleize.
  13. Mireille Nathan-Murat, Roger Nathan-Murat, Lily Nathan-Murat, Poursuivi par la chance - De Marseille à Buchenwald : mémoires partagées 1906/1996, dialogue avec Roger & Lily Nathan-Murat, L'Harmattan, 1996, page 57.
  14. André Combes, La Franc-maçonnerie sous l'occupation : Persécution et Résistance (1939-1945), Paris, Éditions du Rocher, coll. « Franc-maçonnerie » (réimpr. 2005) (1re éd. 2001), couv. ill., 421 p., 24 cm (ISBN 978-2268074627 et 2-268-04112-3, OCLC 422242486, SUDOC 060767421, présentation en ligne, lire en ligne), p. 283 (consulté le 30 juillet 2018)
  15. Achille, Jean-André Faucher, Histoire de la franc-maçonnerie en France, Nouvelles Éditions Latines (ISBN 9782723300636, lire en ligne), p. 444
  16. Léo Campion 1996, p. 90.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

ArticlesModifier

  • Christine Roux, « Francs-maçons marseillais et américains à la Libération : une correspondance inédite », Cahiers de la Méditerranée, no 72,‎ (lire en ligne).
  • David Coquille, Marseille : le patron libertaire de la Vieille-Chapelle, La Marseillaise, 18 août 2014, lire en ligne.

NoticesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier