Jean Bollack

philosophe et philologue français

Jean Bollack, né à Strasbourg le et mort à Paris le , est un philosophe, philologue et critique français.

Jean Bollack
Jean-Bollack.JPG
Jean Bollack en février 2011.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 89 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Autres informations
Maître
Directeur de thèse
Élève
Jean-François Balaudé, Fabienne Blaise, Barbara Cassin, André Laks, Annick Monet, Philippe Rousseau, Denis Thouard, Heinz Wismann
Site web
Archives conservées par
Archives littéraires suisses (CH-000015-0: ALS-Bollack)Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Jean Bollack naît à Strasbourg dans une famille juive alsacienne. En 1926, sa famille s'installe en Suisse, à Bâle[1], pour des raisons professionnelles[2]. Il fait ses études secondaires au Gymnasium am Münsterplatz, dont il ressort diplômé en 1943[3]. Alors qu'il est encore lycéen, il suit les cours d'Albert Béguin, qui occupe la chaire de littérature française de l'Université de Bâle et qui lui faire lire « mille choses »[4]. Il débute ensuite des études de grec, de français et de philosophie à l'Université de Bâle[5], où il suit notamment les cours de Peter von der Mühll. Il y élabore un premier projet de thèse consacré à la doxographie[6]. A Bâle, il rencontre notamment la philosophe Edith Landmann[7]. Il se lie d'amitié avec l'historien de l'art Wilhelm Stein, professeur à l'Université de Berne, et fait la connaissance du filleul de celui-ci, Bernhard Böschenstein[4].

En 1945, après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Jean Bollack se rend à Paris pour y continuer ses études. Cherchant à y recevoir les meilleurs enseignements, il navigue notamment entre l'École pratique des hautes études[8],[9] et le Collège de France pour suivre les cours de professeurs comme Henri-Irénée Marrou, Étienne Gilson, Pierre Chantraine, Emile Benveniste ou encore Alexandre Koyré[5],[10]. En 1951, il se marie avec Mayotte Beauroy. Il passe deux licences, en lettres classiques et en allemand[5], puis passe l'agrégation de grammaire[10]. Il entreprend une thèse d'État sur Empédocle sous la direction de Pierre Chantraine[11], qu'il ne soutiendra qu'en 1965, à l'Université de la Sorbonne[6].

Au début des années 1950, Jean Bollack enseigne notamment au Collège Schuré de Barr, dans le Bas-Rhin[12], ainsi qu'au collège de Dreux, en Eure-et-Loir[13]. Il obtient une bourse au CNRS de deux ans, et de 1955 à 1958, il est professeur invité à l'Université libre de Berlin[10], où Heinz Wismann suit ses cours en 1956[14],[15]. Jean Bollack y est accueilli au sein du séminaire sur les présocratiques dirigé par Uvo Hölscher et Kurt von Fritz[6]. De 1958 à sa retraite en 1992, il enseigne la littérature grecque à l'Université de Lille, d'abord comme assistant et chargé d'enseignement, puis, dès 1965, en tant que professeur de littérature et de pensée grecques[11]. En parallèle, il enseigne également à l'École normale supérieure de Paris de 1968 à 1975. Durant l'année académique 1970-1971, il est membre de l'Institute for Advanced Study de Princeton sur l'invitation du philologue américain Harold F. Cherniss. Pendant l'année universitaire 1982-1983, il est en outre membre du Wissenschaftskolleg de Berlin[10].

Dès son arrivée à Lille en 1958, Jean Bollack se lie notamment d'amitié avec Pierre Bertaux, qui lui demande d'assister à ses séminaires[4]. Jean Bollack y rencontre ensuite Pierre Bourdieu, qui occupe un poste de maître de conférence dans la même université de 1961 à 1964[16]. En 1967[17] et en 1971[18], il fonde le Centre de recherche philologique, affilié au CNRS en 1973. Des chercheurs·es comme Mayotte Bollack, Heinz Wismann, Pierre Judet de la Combe, André Laks, Barbara Cassin , Philippe Rousseau participent à son rayonnement[18], ainsi que, un peu plus tard Christoph Koenig, Werner Woergerbauer, Rossella Saetta-Cottone, Denis Thouard, et bien d'autres. La méthode et la pensée caractéristiques développées dans ce cadre permettent de caractériser sur une véritable « École de Lille »[19],[20].

Au cours de sa carrière, Jean Bollack a travaillé sur de nombreux auteurs antiques. Un axe important de sa recherche est la littérature présocratique, avec diverses études consacrées à Empédocle, Héraclite et Parménide. En matière de philosophie antique, il s'est également longuement intéressé à Épicure en compagnie de son épouse; Mayotte Bollack, latiniste et spécialiste de Lucrèce. Il se consacre alors à un autre objet d'études, la tragédie grecque, avec des essais, des commentaires et des traductions autour des œuvres d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide, également en collaboration avec Mayotte Bollack. Parmi ses autres publications majeures en tant qu'helléniste, il a également travaillé sur le papyrus de Lille 76 et a rédigé une biographie du philologue juif allemand Jacob Bernays, oncle paternel de Martha Bernays, épouse de Freud. Il collabore en 1990 avec la metteuse en scène Ariane Mnouchkine pour la création d'Iphigénie à Aulis, basée sur la traduction qu'il en a faite avec Mayotte Bollack. Le philologue Pierre Judet de la Combe s'associera au projet de mise en scène des Atrides. Son travail sur la tragédie grecque s'est enrichi de sa collaboration avec d'autres acteur·ice·s et metteur·se·s en scène, comme avec Alain Milianti, Jacques Lassale, Marcel Bozonnet, administrateur de la Comédie-Française avec qui il met en scène Antigone de Sophocle[21], André Wilms, Camilla Saraceni, Evelyne Didi, Hélène Lapiower et bien d'autres.

Outre ses travaux d'helléniste, Jean Bollack a travaillé sur des textes grecs avec des psychanalystes comme Franz Kaltenbeck et Geneviève Morel[22]. Il s'est également intéressé, dès le début de ses études, à la littérature contemporaine. Wilhelm Stein le charge de s'occuper des études de son filleul, Bernhard Böschenstein, lorsque celui-ci vient à Paris au début des années 1950[23]. Grâce à lui, Jean Bollack fait la connaissance en 1959 du philologue et critique littéraire Peter Szondi, qui à son tour l'introduit auprès de l'historien et philologue Gershom Scholem, ainsi qu'auprès du poète allemand Paul Celan, avec qui il se lie d'amitié[24],[25]. Szondi et Celan se donnent la mort au début des années 1970. Jean Bollack est alors nommé légataire des écrits posthumes de Szondi par les parents de celui-ci, en compagnie de Hellmut Becker[26]. Il s'attachera à faire connaître plus largement les œuvres de Szondi et de Celan, poète dont il demeure l'un des exégètes les plus pénétrants[27].

Jean Bollack étend aussi ses analyses à la compréhension des langages poétiques d'auteurs comme Saint-John Perse, André Frénaud[28], ou encore Rainer Maria Rilke[29]. Il a par ailleurs entretenu des liens d'amitié avec plusieurs poètes français, dont André du Bouchet, André Frénaud et Pierre Oster[10], ainsi que les peintres Miklos Bokor et Colette Brunschwig.

Depuis 2014, le fonds Jean Bollack est conservé aux Archives littéraires suisses à Berne[30],[31], dans le cadre d'une collaboration avec l'Université de Fribourg[32]. Le dossier de carrière de Jean Bollack au CNRS est par ailleurs conservé aux Archives nationales françaises à Fontainebleau.

DistinctionsModifier

PublicationsModifier

BibliographieModifier

  • Rafael Faraco Benthien, « Um homem entre vários mundos: sobre uma entrevista com Jean Bollack », PhaoS, 9, 2009, p.  5-27.
  • Rafael Faraco Benthien, « Une posture critique au sein des études grecques: le cas Jean Bollack », Cités, 59, 2014, p. 157-161.
  • Jean Bollack, « Dans une famille juive en Alsace. Un témoignage de Jean Bollack », Revue des Sciences Sociales, 2008, p. 212-215.
  • Bernhard Böschenstein, « Trois moments partagés avec Jean Bollack. Un rappel autobiographique », La philologie au présent : Pour Jean Bollack, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Cahiers de philologie », 2010, p. 353–358.
  • Andrea Cozzo, « L’épistémologie de Jean Bollack ou Bollack contre Bollack », Dossier : Aitia : Causalité juridique, causalité philosophique [en ligne], Paris-Athènes, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2015.
  • Stéphanie Cudré-Mauroux, « Jean Bollack, de Bâle à Berne », Geschichte der Germanistik. Historische Zeitschrift für die Philologien, 47/48, 2015, p. 131-132.
  • Stéphanie Cudré-Mauroux, Sébastien Demichel, Jonathan Donzallaz, « Classements contre classement : le Fonds Jean Bollack », Passim, 24, 2019, p. 14.
  • Pierre Judet de la Combe, « « L’École de Lille » : une concentration diasporique », La philologie au présent : Pour Jean Bollack, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2010, p. 363-374.
  • Christoph König, « Ungebärdiges Lesen. Laudatio für Jean Bollack », Lendemains - Etudes comparées sur la France, vol.  33, no  129, 2008, p. 119-127.
  • Christoph König, Denis Thouard (éd.), La philologie au présent : pour Jean Bollack, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2010 (collection Cahiers de philologie)
  • Christoph König, Heinz Wismann (éd.), La lecture insistante. Autour de Jean Bollack, Paris, Albin Michel, 2011 (Colloque de Cerisy).
  • Christoph König, « Der Philologe als Meister. Zum Tod von Jean Bollack », Frankfurter Allgemeine Zeitung, , p.  32
  • André Laks, « Jean Bollack. In Memoriam », Philosophie antique, 13, 2013, p. 5-7.
  • Patrick Llored, « La philologie comme art critique. Autour de l'œuvre de Jean Bollack », Esprit, 278, 2001, p. 136-167.
  • Geneviève Morel, « L'insistance de Jean Bollack (1923-2012) », Savoirs et clinique, 16, 2013, p. 7-9.
  • Geneviève Morel, « Jean Bollack (1923-2012) et la psychanalyse », Critique, 800-801, 2014, p. 43-46.
  • Rossella Saetta Cottone, « Jean Bollack et Empédocle : Une histoire de philotès », Anais de Filosofia Clássica, vol.  6, no 12, 2012, p.  1-5.
  • Rossella Saetta Cottone et Werner Wögerbauer, « Jean Bollack und die Inszenierung der Antike », in Maske und Kothurn, 59, 4, 2013, p. 9-14.
  • Nicola Savarese et Rossella Saetta Cottone, « Von der Kunst, die Klassiker zu übersetzen Ein Gespräch mit Jean und Mayotte Bollack », in Maske und Kothurn, 59, 4, 2013, p. 111-126.
  • Perrine Simon-Nahum, « P. Vidal-Naquet - J. Bollack : Réflexions autour de deux lectures de la tradition », Cités, 59, 2014, p. 163-167.
  • Denis Thouard, « Philosophie et langage. A propos de Jean Bollack et du Centre de Recherche philologique de Lille », Langages, vol. 32, 129, 1998, p. 64-75.
  • Denis Thouard, « Philologie wider Philologie : Bemerkungen zur "Schule von Lille" », Geschichte der Germanistik. Historische Zeitschrift für die Philologien, 41/42, 2012, p. 18-31
  • Denis Thouard, « Weltphilologie : zum Tod des Philologen Jean Bollack (1923-2012) », Geschichte der Germanistik. Historische Zeitschrift für die Philologien, 43/44, 2013, p. 49-51.

Notes et référencesModifier

  1. Jean Bollack, « Dans une famille juive en Alsace. Un témoignage de Jean Bollack », Revue des Sciences Sociales,‎ , p. 212-215 (lire en ligne)
  2. Roger Pol-Droit, « Jean Bollack : "Une farouche volonté de transparence" », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. (de) « Klassenlisten Ehemalige », sur www.gmbasel.ch (consulté le 8 février 2019)
  4. a b et c Jean Bollack, Au jour le jour, Paris, Presses Univ. de France, , 1147 p. (ISBN 978-2-13-061905-5), p. 710-711
  5. a b et c (pt + fr) Rafael Faraco Benthien, « Um homem entre vários mundos: sobre uma entrevista com Jean Bollack », PhaoS, no 9,‎ , p. 5-27 (lire en ligne)
  6. a b et c Rossella Saetta Cottone, « JEAN BOLLACK ET EMPÉDOCLE : une histoire de philotès », Anais de Filosofia Clássica, vol. 6, no 12,‎ , p. 1–5 (ISSN 1982-5323, lire en ligne, consulté le 24 mai 2019)
  7. (de) Christoph König, « Der Philologe als Meister. Zum Tod von Jean Bollack », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ , p. 32 (lire en ligne)
  8. « Liste des auditeurs inscrits pendant l'année scolaire 1946-1947 », Annuaires de l'École pratique des hautes études, vol. 80, no 1,‎ , p. 79–92 (lire en ligne, consulté le 15 mars 2019)
  9. « Listes des auditeurs inscrits pendant l'année scolaire 1951-1952 », Annuaires de l'École pratique des hautes études, vol. 85, no 1,‎ , p. 85–97 (lire en ligne, consulté le 15 mars 2019)
  10. a b c d et e « jean bollack | philologue, philosophe, critique », sur jeanbollack.com (consulté le 28 février 2019)
  11. a et b Christophe Hugot, « In memoriam Jean Bollack », bsa.biblio.univ-lille3.fr, .
  12. Jean Bollack, Au jour le jour, Paris, Presses Univ. de France, , 1147 p. (ISBN 978-2-13-061905-5), p. 725
  13. « Liste générale des membres de l'Association », Revue des Études Grecques, vol. 64, no 302,‎ , p. 47–65 (lire en ligne, consulté le 24 mai 2019)
  14. «Bollack ne ressemblait à aucun de mes professeurs», sur Bibliobs (consulté le 16 mars 2019)
  15. « Heinz Wismann, philosophe entre les langues - Ép. 51/74 - Profession philosophe », sur France Culture (consulté le 27 janvier 2020)
  16. Stéphanie Cudré-Mauroux, « Bollack-Bourdieu : au combat ! », (consulté le 22 février 2019)
  17. Rossella Saetta Cottone et Werner Wögerbauer, « Jean Bollack und die Inszenierung der Antike », Maske und Kothurn, vol. 59, no 4,‎ , p. 9–14 (ISSN 2305-0667, DOI 10.7767/muk-2013-0402, lire en ligne, consulté le 26 avril 2019)
  18. a et b Denis Thouard, « Philosophie et langage. A propos de Jean Bollack et du Centre de Recherche philologique de Lille », Langages, vol. 32, no 129,‎ , p. 64–75 (DOI 10.3406/lgge.1998.2145, lire en ligne, consulté le 8 février 2019)
  19. (de) Denis Thouard, « Philologie wider Philologie : Bemerkungen zur "Schule von Lille" », Geschichte der Germanistik : historische Zeitschrift für die Philologien, nos 41/42,‎ , p. 18-31
  20. Pierre Judet de la Combe, « « L’École de Lille » : une concentration diasporique », La philologie au présent : Pour Jean Bollack,‎ , p. 363-374 (lire en ligne)
  21. Michel Cournot, « Antigone, ou l'absolu de la loi du sang », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  22. Geneviève Morel, « L'insistance de Jean Bollack (1923-2012) », Savoirs et Clinique 2013/1 (n°16),‎ , pages 7 à 9 (lire en ligne)
  23. Bernhard Böschenstein, « Trois moments partagés avec Jean Bollack. Un rappel autobiographique », dans La philologie au présent : Pour Jean Bollack, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Cahiers de philologie », (ISBN 9782757414026, lire en ligne), p. 353–358
  24. Jean Bollack, « Paul Celan : les enjeux d'une actualité », Savoirs et clinique, vol. 2, no 1,‎ , p. 69 (ISSN 1634-3298 et 1776-2871, DOI 10.3917/sc.002.0069, lire en ligne, consulté le 14 février 2019)
  25. Jean Bollack, « Sur Peter Szondi. Témoignage de Jean Bollack », Revue germanique internationale, no 17,‎ , p. 9–12 (ISSN 1253-7837, DOI 10.4000/rgi.1368, lire en ligne, consulté le 14 février 2019)
  26. Christoph König, « La biographie intellectuelle de Peter Szondi et la postérité de son œuvre », Revue germanique internationale, no 17,‎ , p. 13–27 (ISSN 1253-7837, DOI 10.4000/rgi.1370, lire en ligne, consulté le 14 février 2019)
  27. John E. Jackson, « Jean Bollack, philologue et helléniste », Le Monde,
  28. « Jean Bollack, la tête grecque », sur Libération.fr, (consulté le 30 juillet 2019)
  29. (de) Christoph König et Kai Bremer, Über "Die Sonette an Orpheus" von Rilke : Lektüren, Gœttingue, Wallstein, , 336 p. (ISBN 978-3-8353-1701-7)
  30. Stéphanie Cudré-Mauroux, « Jean Bollack, de Bâle à Berne », Geschichte der Germanistik. Historische Zeitschrift für die Philologien, nos 47/48,‎ , p. 131-132 (lire en ligne)
  31. Bibliothèque nationale suisse BN, « Tous les fonds des ALS de A à K », sur www.nb.admin.ch (consulté le 7 février 2019)
  32. Stéphanie Cudré-Mauroux, Sébastien Demichel et Jonathan Donzallaz, « Classements contre classement : le Fonds Jean Bollack », Passim,‎ , p. 14 (ISSN 1662-5307, lire en ligne)
  33. (de) Christoph König, « Ungebärdiges Lesen. Laudatio für Jean Bollack », Lendemains - Etudes comparées sur la France, vol. 33, no 129,‎ (ISSN 0170-3803, lire en ligne, consulté le 4 juillet 2019)
  34. « Biblioteca Nazionale di Napoli. News: Archivio delle news 2004 », sur vecchiosito.bnnonline.it (consulté le 4 juillet 2019)

Liens externesModifier