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Jean Aufort

peintre et illustrateur français
Jean Aufort
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 89 ans)
TonneinsVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
peintre, aquarelliste, portraitiste, illustrateur, lithographe
Autres activités
professeur de l'université de paris
Formation
École municipale des Beaux-Arts de Bordeaux, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
Maître

Jean Aufort est un peintre, aquarelliste, lithographe, illustrateur français du XXème siècle, né le à Bordeaux, mort le à Tonneins (Lot-et-Garonne).

BiographieModifier

Jean Aufort est né à Bordeaux en 1898. Très tôt, il aime dessiner. Tout en suivant les cours de l'Institution Saint-Serin, il suit les cours de dessin de l’École Municipale des Beaux-Arts de Bordeaux. Son père, notaire, ne veut pas qu'il soit artiste peintre et l'oblige à suivre l'enseignement de l’École Supérieure de Commerce et d'Industrie de Bordeaux d’où il sort diplômé.

En mai 1917, il est mobilisé au 83ème régiment d'artillerie lourde, après la guerre, étudiant non démobilisable, il reprend ses études et passe le concours de l’École nationale supérieure des beaux-arts. Il est admis dans l'atelier d'Ernest Laurent et de Louis Roger. En 1920 libéré des obligations militaires, il revient à Bordeaux et rejoint l'atelier de Paul Quinsac.

En juin 1922, il est premier prix de peinture, concours en loge, de l’École Municipale des Beaux-Arts de Bordeaux. Pensionnaire de la ville de Bordeaux, il obtient une bourse de séjour de 3 ans à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Il se marie en mars 1923 avec sa marraine de guerre, Elise Maurin. Huit jours, après ils s'installent à Paris. Ils habitent au 212, puis au 220 boulevard Raspail. Ils sont en plein cœur de Montparnasse. Jean Aufort côtoie à longueur de journée les vedettes des Salons d'Avant Garde. Il les apprécie et apprend beaucoup. Il expose régulièrement dans divers salons parisiens et bordelais (Société nationale des beaux-arts, Galerie Contemporaine, Salons de l'Université, Salon des Indépendants Bordelais, l'Atelier, société bordelaise, etc.) jusqu'en 1943. Il obtient le prix Valérie Havard. Il est médaille d'argent au Salon de Paris de 1925 où il exposera jusqu'en 1930.

En 1928 et 1929, il est invité avec Burkhalter au Salon des artistes de l'Yonne à Paris. L’État lui achète une Nature morte aux porcelaines pour le Musée national Adrien Dubouché de Limoges. En 1929, invité par André Léveillé, Jean Aufort devient sociétaire et expose régulièrement au Salon des indépendants, cela jusqu'en 1963. Dans l'Yonne, il expose au Salon de Sens avec Gustave Corlin, Foubard, Léveillé, Montassier et Simon.

En janvier 1938, il rencontre François Mauriac chez lui, rue Théophile Gautier à Paris. L'écrivain et le peintre ne cesseront d'être liés d'une amitié simple et fidèle. C'est un tournant dans sa vie. L'académicien lui préface ses deux premières expositions personnelles en mars et en décembre 1938 à la galerie J.P. Allard à Paris. Les vernissages sont honorés par François Mauriac, Robert Rey, Louis Hourticq. Deuxième achat d’État L'église de Saint Pey de Castets attribué au Musée de Saint-Nazaire et d'une aquarelle pour le Musée d'Orléans. Dans l'été, Jean Aufort est invité par François Mauriac dans sa propriété de Malagar en Gironde où il fera les premières aquarelles.

En septembre 1939, il est mobilisé au service géographique de l'armée avec le peintre Albert Dubout, puis démobilisé en août 1940. En mars 1941, il expose seul à la galerie Goya à Bordeaux Paysage de la Gironde, exposition organisée par son ami Jean Sauboa et le professeur de médecine Ferdinand Piéchaud. Il y fait une deuxième exposition en 1943 préfacée par Louis Piéchaud, journaliste.

À sa retraite en 1963, il s'installe aux Abatilles à Arcachon. Il participe et expose à la Galerie Municipale quasiment chaque année jusqu'à sa mort. Il fait quelques expositions personnelles : en 1968, préfacée par Paul Guth, en mars 1970, préfacée par François Mauriac, en 1975 une exposition conjointe avec son ami de toujours, le professeur Raymond Darget, préfacée par Jean Dutourd. En décembre 1984, une rétrospective au Centre Culturel de Tonneins et en avril 1985, une deuxième rétrospective à la Galerie Municipale d'Arcachon.

Parallèlement à son activité de peintre, Jean Aufort est professeur de l'Université de Paris. En septembre 1927, il est admis premier au Certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré du dessin dans les lycées (concours national du professorat). En octobre 1927, il est nommé au Lycée Thénard de Sens (Yonne). Enseignant, il redécouvre l'aquarelle inspiré par Guys et Jongkind. En mai 1929, il devient membre du comité de rédaction de la revue naissante Le Dessin, revue d'art, d'éducation et d'enseignement avec Louis Hourticq, Pierre Darras, Paul Léon et J.G. Goulinat, etc. Il y publie de nombreux articles et tribunes libres. En novembre 1934, il est nommé au Lycée Janson-de-Sailly à Paris 16ème. Il a les classes terminales et préparatoires. Il participe à de nombreuses manifestations artistiques organisées par l’Éducation Nationale.

Début 1941, Jean Aufort s'engage dans la clandestinité au Front National Universitaire et à l'Université Libre. Il participera à la libération de Paris. En 1950, il est officier de l'Instruction publique. Il prend sa retraite en 1963.

Illustrateur et lithographeModifier

Sa rencontre avec François Mauriac est décisive. L'écrivain autorise Jean Aufort à illustrer de 26 dessins son roman Commencement d'une vie. En 1939, il obtient le prix de l'Académie française, prix Catenacci, et le prix d'encouragement aux arts de la ville de Paris.

En 1945, il commence sa carrière de lithographe avec l'illustration d'un manuscrit rare de Francis Jammes Rappel de la ville de Bordeaux. En 1946, il illustre un texte de l'historien d'art Raymond Isay Regards sur Paris, une ode au Paris retrouvé après la Libération. Les lithographies sont faites par Mourlot Frères à Paris.

C'est chez Mourlot que Picasso remarque le travail d'Aufort. Ils s'y retrouvent et échangent à plusieurs reprises.

En mars 1947, il illustre avec des lithographies et des dessins originaux les Châteaux de la Loire d'Henri Colas.

En novembre 1947, avec l'autorisation de la veuve de Francis Jammes, il illustre son Roman du Lièvre. Le livre est réédité par l'Association Francis Jammes en septembre 1997, l'année du centenaire du Manifeste du Jammisme.

En novembre 1972, avec l'accord de la famille Mauriac et avec des textes que le peintre a choisis dans les Blocs notes et les Mémoires intérieures de François Mauriac, il créé et illustre Malagar, ma maison des champs, préfacé par Jacques Chaban Delmas, Gabriel Delaunay, Henri Amouroux et Claude Mauriac.

En décembre 1982, il écrit Un grand écrivain et un peintre, rencontre et souvenirs, livre illustré de dessins, d'aquarelles et de fac-similés de correspondance retraçant son amitié avec François Mauriac.

BibliographieModifier

  • Commencement d'une vie de François Mauriac - 26 dessins de Jean Aufort, imprimé par Ducros et Colas à Paris en 350 exemplaires, édité à compte d'auteur chez l'artiste, 23 rue Truffaud Paris 17ème.
  • Rappel de la ville de Bordeaux de Francis Jammes - 13 lithographies de Jean Aufort, préface du baron Frédéric A. Chasseriau, édité chez Henri Colas à Paris et Rousseau Frères à Bordeaux, tiré à 120 exemplaires.
  • Regards sur Paris de Raymond Isay - lithographies de Jean Aufort faites par Mourlot Frères, édité chez Henri Colas et chez Rousseau Frères en 550 exemplaires.
  • Châteaux de la Loire d'Henri Colas - lithographies originales de Jean Aufort faites chez Mourlot Frères aux éditions Rousseau Frères.
  • Le Roman du lièvre de Francis Jammes - lithographies et dessins originaux de Jean Aufort chez Mourlot Frères aux éditions Marcel et Henri Priester à Paris, réédition en 1997.
  • Malagar ma maison des champs, textes de François Mauriac organisés et illustrés par Jean Aufort, imprimé chez Lafon à Arcachon, édité à compte d'auteur 16 allée Louis Le Marié à Arcachon - 1025 exemplaires.
  • Un grand écrivain et un peintre de Jean Aufort, illustré de dessins, d'aquarelles et de fac-similés, imprimé chez Lafon, édité à compte d'auteur chez l'artiste à 435 exemplaires.

CritiquesModifier

  • « La peinture d'Aufort est confidentielle.... les aquarelles et pastels d'Aufort, cet héritier de Corot et des Hollandais, retiendront les attentifs, ceux qui sont capables d'attendre qu'un paysage ordinaire s'apprivoise, se rapproche d'eux, et leur livre enfin à la faveur d'un beau jour, son aspect éternel ». François Mauriac.
  • « […] Toute l’œuvre d'Aufort est marquée de franchise, de sensibilité, d'une impeccable probité, de discrétion. Héritier de Corot, Aufort maintient les lettres de noblesse du classicisme. La construction est rigoureuse, les volumes s'articulent. L'architecture de la toile, solide, dépouillée, laisse la part du rêve. Sa composition sobre, juste, véridique, se complète d'esprit et de finesse... Aufort propose des oeuvres figuratives abouties, partagées entre une tendresse mélancolique et de grands élans d'enthousiasme face à la beauté du monde ». Pierre Osenat.
  • « Or, cet être doué et sensible qui ne sépare jamais son art de sa vie, rompu par des maîtres exigeants à étudier les chefs-d'oeuvre et à observer la nature, est un artiste complet, aussi habile à peindre un nu, un portrait, une nature morte, qu'une composition décorative, maître de tous les moyens d'expression, l'huile, l'aquarelle, le crayon, le pastel, la plume, la pointe sèche, sans jamais oublier que ce sont seulement des moyens de recréer l'essentiel, la vie et la poésie du monde… ». Robert Genaille.
  • « Trop influencé par Marquet, mais il vaut mieux, n'est ce pas, subir cette influence que bien d'autres. Au surplus, Monsieur Aufort reste suffisamment lui-même pour ne pas détourner l'attention du visiteur. Cet un artiste probe, scrupuleux et attachant ». Lizotte (critique du salon de Paris d'octobre 1928).

SourcesModifier

  • Dictionnaire d'Emmanuel Bénézit (tome 1, page 78)
  • Résultat du concours de 1922, distribution des prix de l’École Municipale des Beaux-Arts et des Arts Décoratifs de Bordeaux.
  • Catalogue "L'Atelier", société des artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs de Bordeaux, 16ème salon de 1925.
  • "Le Lynx" système de coupures de presse, extraits de 1925 à 1946.
  • Catalogue des Indépendants bordelais - 42 rue de Chéverus Bordeaux 1928.
  • "Le Dessin" revue d'art et d'enseignement ; de nombreux articles et tribunes libres signés Jean Aufort de 1929 à 1946.
  • "Catalogue de l'exposition internationale des arts et des techniques dans la vie moderne" Paris 1937.
  • "Catalogue du Salon National Indépendant" Paris 1939.
  • "Des hommes et des activités autour d'un demi-siècle" de Jean et Bernard Guerin. Edition B.E.B. 1957 - page 27.
  • "La Baie d'Arcachon" conception, présentation et poèmes de Pierre Osenat, réalisé par la Municipalité d'Arcachon. En couverture "la plage d'Eyrac" de Jean Aufort.
  • "Le Caducée" article de Pierre Osenat numéro 188 novembre 1975 - page 85 "Aufort le sage".
  • "Le Caducée" article de Pierre Osenat "Peintres girondins" numéro 304 novembre 1984, 9 peintres dont Jean Aufort.
  • Nombreux articles dans le quotidien Sud Ouest de 1964 à 1990 (Gironde et Lot et Garonne)
  • Sud Ouest dimanche, hebdomadaire, article de Dominique Lopez "Corot est son maître mais il ressemble à Chardin : Jean Aufort".
  • Sud Ouest dimanche du 28 mai 1972, article de Dominique Lopez "Malagar sans Mauriac, la maison des champs retrouvée grâce au pinceau d'un poète".
  • Sud Ouest spécial 100 ans de Mauriac, deuxième semestre 1985 - page 23, "Jean Aufort la fidélité et la lumière".
  • Diverses préfaces : F. Mauriac (3), P. Guth, R.Genaille, L. Piéchaud, J.Dutour, P. Darras, C. Mauriac, J. Chaban Delmas, H. Amouroux et P. Osenat.
  • "Malagar, objet de roman, roman des objets" d'Isabelle de Montvert Chaussy, photos de Sandrine d'Aboville, les éditions de l'Entre-Deux-Mers " Jean Aufort, toute une âme dans les paysages" - page 84 à 85, septembre 2017.

Notes et référencesModifier