Paul Léon

historiographe du service des Monuments historiques français
Paul Léon
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
ChantillyVoir et modifier les données sur Wikidata
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Paul LéonVoir et modifier les données sur Wikidata
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Paul Léon, né le , mort le 1er août 1962 à Chantilly, fut membre de l’Institut de France, directeur général des beaux-arts [1], professeur au Collège de France, grand-croix de la Légion d'honneur. Il fut le principal historiographe du service des Monuments historiques français.

BiographieModifier

Paul Léon est né le 2 octobre 1874 à Rueil-Malmaison. Il passera son enfance dans les Vosges avant de retourner à Paris après le baccalauréat pour poursuivre ses études. Il sera étudiant à l'École Normale Supérieure, et agrégé d'histoire-géographie en 1898. Après quelques années dans l'enseignement et de chargé d'études pour le ministère des Travaux Publics puis journaliste dans les Annales de Géographie, il devient en 1905 chef de cabinet du Sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts : Étienne Dujardin-Beaumetz.

Il épouse Madeleine Alexandre, en 1906, fille de l'ingénieur des Ponts et Chaussées, Paul Alexandre et petite-fille du médecin Michel Lévy (dont il partage la tombe). Ils auront deux enfants : Antoinette et Jean-Paul. Une homonyme, Madeleine Léon, est une cousine éloignée qui a eu pour enfant la journaliste et historienne Georgette Elgey (1929-2019) avec l'historien, professeur à la Sorbonne Georges Lacour-Gayet (1856-1935).

En 1907 il devient chef de la division d'Architecture du sous-secrétariat aux Beaux-Arts, division qu'il a contribué à créer.

En 1919, il est nommé directeur des Beaux-Arts et directeur général en 1928.

En 1922, il est élu à l'Académie des beaux-arts (France), au 6e fauteuil des membres libres.

Il est commissaire adjoint de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes en 1925.

En 1933, quittant ses fonctions de directeur général des Beaux-Arts, il devient professeur au Collège de France en histoire de l'art monumental.

Il subit les lois raciales de 1941, étant juif, et se réfugie en zone libre, où il vivra jusqu'à la fin de la guerre. Réhabilité à la fin de la guerre, il sera officiellement mis à la retraite du Collège de France en 1944.

Il sera durant sa retraite conservateur du musée Condé de Chantilly et président du conseil artistique de la Réunion des musées nationaux.

Il sera de plus membre de la commission supérieure des Monuments Historiques de 1907 à sa mort, soit probablement le membre ayant eu la plus grande longévité à cette commission, étant membre pendant plus de 50 ans.

Il a écrit de nombreux ouvrages sur l'histoire de Paris, sur les Monuments Historiques et ses prédécesseurs (Prosper Mérimée principalement). Il a été aussi le porte parole de la doctrine officielle des Monuments Historiques de 1907 à 1934.

De nombreux artistes ont figuré parmi ses amis notamment les sculpteurs Antoine Bourdelle et Paul Landowski, les peintres André Devambez et Claude Monet, les écrivains Charles Péguy et Paul Valéry, les musiciens  Gabriel Fauré et Marguerite Long ….

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (7e division).

Pour mémoireModifier

Au titre de ses multiples activités, retenons pour mémoire :

-         La prise en charge par l’État de bâtiments ayant un intérêt historique à la suite de la loi de séparation de l’Église et de l’État en 1905,

-         La protection des monuments et leur restauration après la 1re guerre mondiale,

-         L’aménagement de salles d’expositions au  Jeu de Paume et à l’Orangerie du jardin des Tuileries, pour accueillir les « Nymphéas » de Claude Monnet avec qui il avait négocié leur donation à l’État,

-         La création du service photographique de l’armée en 1916 qui devint le Service des Archives Photographiques et qui fut dirigé de 1933 à 1940 par la photographe Laure Albin-Guillot  dont l’œuvre est présentée actuellement au Jeu de Paume,

-         L’organisation de nombreuses expositions : à Paris en 1925, l’Exposition International des Arts Décoratifs, une Exposition de l’Art Français à Londres en 1932, et, en tant que Commissaire Général Adjoint, l’Exposition Internationale des Arts et Techniques  à Paris en 1937….,

-         La création de la Cinémathèque Nationale dans les années 1930 qui devint, par la suite, la Cinémathèque Française,

-         La création du Service de l’Action Artistique à l’Etranger.

« Au premier contact, on devinait l’homme qu’une solide expérience acquise au long des années préserve des faux-semblants et protège des tromperies. Un connaisseur d'hommes, une nature dont la prudence, accrue au spectacle de la vie, n’a point obscurci la transparence. Un indulgent scepticisme tempérait chez lui le trait bien acéré, mais toujours sans venin. Incapable d’être jamais dupe, il gardait un fonds inaltérable de bonté. […] " René Dumesnil décrivant l'ancien directeur général des Beaux-arts Paul Léon, en 1935.

PublicationsModifier

Discours publiésModifier

  • La restauration des monuments après la guerre, communication lue dans la séance annuelle des 5 académies, le 25 octobre 1922
  • Les principes de la conservation des monuments historiques, évolution des doctrines, dans Congrès archéologique de France, 97e session, Paris 1934, t. I, p. 16-52
  • La restauration des monuments en France, in « La conservation des monuments d’art et d’histoire », Paris, Institut de Coopération intellectuelle, 1933, p. 51-59
  • L’histoire de l’art monumental au Collège de France, la conservation des monuments en France, leçon d’ouverture du 5 mai 1933, Paris, Fasquelle Éditeurs, 1933.
  • Art et artistes d’aujourd’hui, Paris, Fasquelle, 1925
  • État et mécènes, lu à la séance annuelle des 5 académies, le 25 octobre 1928

OuvragesModifier

  • Fleuves, canaux, chemins de fer, Paris, 1903
  • Du palais Royal au palais Bourbon, souvenirs, Paris, A. Michel, 1947.
  • Les monuments historiques, conservation, restauration, Paris, H. Laurens, 1917, prix Charles Blanc de l’Académie française en 1918.
  • La vie des monuments français, destruction restauration, Paris, A. et J. Picard, 1951
  • La renaissance des ruines, maisons, monuments, Paris, H. Laurens, 1918
  • La protection des monuments, Paris, la documentation française, 1952
  • La vie du baron Taylor, association des artistes, Fondation Taylor, 27 décembre 1955
  • Mérimée et son temps, Paris, PUF, 1962
  • L’art gothique et les grandes cathédrales, Paris, Ducher, 1923
  • La guerre pour la paix, 1740-1940, Paris, A. Fayard, 1950
  • Paris, Histoire de la Rue, Paris, 1947
  • Mémoire du prince deTalleyrand (et ce qu'il n'a pas dit), Paris, H. Javal, 1953-1955, 7 vol.

Sélection d'articles de Paul LéonModifier

  • La grande pitié des châteaux de France, Revue des deux mondes, 15 août 1951, p. 577
  • La protection des églises, Revue de Paris, 1er février 1913
  • La reconstruction de Reims, in les Arts, no 172, 1919
  • Les monuments (1939-1955), in « les monuments historiques de la France », 1955, p. 3-8.
  • La guerre et les monuments, in « les Arts », no 154, avril 1916, p. 2-10
  • l’architecture régionale dans les provinces envahies, in « les Arts », no 157, 1917, p. 12-19
  • La renaissance de l’architecture gothique, Revue de Paris, 10 juillet 1913
  • La querelle des classiques et des gothiques, Revue de Paris, 15 juillet 1913
  • Les vandales en France, Senlis, L’art et les artistes spécial 1914-1915
  • L’art roman, notices historiques et archéologiques, Paris, l’encyclopédie des Styles, 1917
  • Amiens, la cathédrale, L’art et les artistes n° spécial 1918
  • Projets pour la reconstitution de la France, in Les Arts, no 165, 1917, p. 11-17

SourcesModifier

  • Les Archives nationales conservent les papiers relatifs aux fonctions administratives et associatives ainsi qu'une partie des manuscrits de Paul Léon sous la cote 20140260. Un fonds photographique complémentaire comprenant notamment des clichés du Service photographique de l'Armée est consultable sous la cote 20140265.
  • La Médiathèque du patrimoine conserve une partie du fonds Paul Léon sous la cote 80-047.
  • Ministère de la Culture et de la Communication, Paul Léon, Administrateur des arts et du patrimoine

BibliographieModifier

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'articleModifier

Autres ouvrages sur le sujetModifier

  • Arlette Auduc, Paul Léon, le service des Monuments historiques et la reconstruction, enjeux et cadre institutionnel, in Living with History, 1914-1964 : Rebuilding Europe after the first and second World Wars, and the Role of Heritage preservation, sous la direction de Nicholas Bullock et Luc Verpoes, Leuven, Leuven University Press, 2011.
  • Françoise Berce, L’œuvre de Paul Léon (1874-1962) in Pour une histoire des politiques du patrimoine, sous la direction de P. Poirrier et L. Vadelorge, Paris, Comité d’histoire du ministère de la culture, 2003, p. 227-251.
  • Raymond Cogniat, « Mort de Paul Léon », Le Figaro, 8 aout 1962.
  • René Dumesnil, « Mort de Paul Léon », Le Monde, 8 aout 1962.
  • René Dumesnil, Notice sur la vie et les travaux de Paul Léon (1874-1962) et sur la vie et les travaux de Georges Wildenstein (1892-1963), Paris, Institut de France, Firmin-Didot, 1965.
  • Jeanne Laurent, Un règne académique à l’administration des Beaux-Arts (1919-1933), in Arts et pouvoirs en France de 1793 à 1981 : histoire d’une démission artistique, Saint-Étienne, CIEREC, 1982.
  • Jean Verrier, « Paul Léon », in Les Monuments Historiques de la France, Paris, 1962, no 4 octobre-décembre, p. 189-190.
  • Georges Wildenstein, « Paul Léon, directeur des Beaux-Arts sous 58 ministres », in La Chronique des Arts, supplément à La Gazette des Beaux-arts, Paris, septembre 1962.

Liens externesModifier

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RéférencesModifier

  1. Archives nationales : Paul Léon, diecteur général des beaux-arts [1].