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Jean-Pierre Girard (sujet psi)

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Jean-Pierre Girard
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Biographie
Naissance
Activité

Jean-Pierre Girard est un auteur français connu pour ses prétendues facultés de psychokinèse et divers phénomènes paranormaux dont il serait l'auteur. Il a acquis une certaine notoriété dans les années 1970, notamment avec des démonstrations où il courbe des barres métalliques. De ce fait, il est souvent présenté comme le Uri Geller français. Pour les sceptiques, ses « pouvoirs » sont simplement des tours d'illusionnisme[1]. Cette hypothèse est renforcée par le fait qu'il a été inscrit dans un annuaire de magiciens en tant qu'amateur[2],[3],[4].

EnfanceModifier

Né le 22 décembre 1942 à Loches en Indre-et-Loire, pupille de l'Assistance Publique, Jean-Pierre Girard affirme que des facultés paranormales se seraient manifestées en lui à l'âge de 7 ans, après qu'il eut été frappé par la foudre[5].

Parcours ProfessionnelModifier

Selon son autobiographie, à 17 ans il est ouvrier-qualifié à l'usine Safety à Fondettes près de Tours[6]. À 19 ans, il s'engage militaire d'active dans le 6e régiment de Dragons cantonné à Neustadt and der Weisrasse en RFA[7] où il dit expérimenter son premier phénomène de psychokinèse[8]. Après 4 ans d'engagement, il quitte l'armée et travaille pour la DASS, d'abord dans un Foyer de l'enfance puis dans un IMP[9]. Il devient ensuite délégué sanitaire pour le laboratoire vétérinaire Chauveau-Dixneuf[10], puis démarre une carrière dans l'industrie pharmaceutique d'abord en tant que délégué médical, puis comme chargé des protocoles d’expérimentation de molécules nouvelles en milieu hospitalier et enfin, devient adjoint de direction (Roussel-Diamant, Searle Lab, Lederlé, Fournier, Ethical (filiale groupe Delagrange)), créateur de franchise sous la marque OGIR (énergies renouvelables), vice-président de la société d'innovation Multiro S.A., vice-président de la société Definnov, président de sa société de recherche et d'innovation BETA (Bureau Européen de Technologie Avancée), collaborateur et actionnaire du laboratoire Myrtea[réf. nécessaire]. Dans le cadre de ces activités, il a déposé plusieurs brevets pour l'industrie[11].

Premières démonstrations publiquesModifier

Selon son livre, il réalise ses premières démonstrations en public à 33 ans, tout d'abord devant des comités privés parfois composés d'observateurs du monde du spectacle et des médias (Léon Zitrone, Alain, Philippe et Jean-Marie Poiré, Gérard Oury, Michèle Morgan, Edouard Molinaro, Philippe Bouvard…)[12]. En 1974, sa rencontre avec François de Closets l'incite à soumettre ses facultés à des laboratoires de recherche[13], en France et à l'étranger.

Jean-Pierre Girard rapporte que le président de l'Académie des Sciences en France, Jean-Jacques Trillat, aurait soutenu ses expériences dont il aurait reconnu le respect de la rigueur scientifique[14],[15].

ExpériencesModifier

Déformation d'objets contrôlés et mesurés par le Professeur Zbigniew William Wolkowski à partir de [16],[17] en présence de John G. Taylor (en), Richard Dick Mattuck, Georges Wikmann, Casimir Bogdanski. La publication fait état, notamment, de la courbure selon un angle de 10° d'un clou, de la déformation d'une spatule métallique, du pliage à 40° d'un ressort de 4 mm de diamètre sur 100 mm de longueur, tous respectivement inclus dans des ampoules de verre sous vide scellées au chalumeau. Il est également fait état d'un phénomène de psychokinèse sur des plaques de cristaux liquides de cholestéryl placées à 2 mètres de distance du sujet.

En 1976, Jean-Pierre Girard réalise plusieurs expériences sur les déformations anormales des métaux[18] au Centre technique de l'aluminium par le professeur Charles Crussard[19] directeur de la recherche chez P.U.K., en présence des physiciens métallurgistes G. Jollant et R. Rauch et pour certaines sessions de personnalités scientifiques telles que le professeur J.J. Trillat (président de l'Académie des sciences et de l'Institut de France en 1974) ou J. Philibert (directeur de recherche au CNRS). La publication qui s'ensuivit relate les conditions des expériences, les contrôles humains (au minimum deux observateurs permanents) et techniques (une caméra vidéo assortie d'un jeu de miroirs pour vérifier sous plusieurs angles, un oscilloscope à mémoire, un enregistreur à deux pistes avec crayons galvanométriques ultra-violet « Ultralette »)[20]. Les éprouvettes étaient des lames en alliage léger ou en aluminium (section rectangulaire de 3 mm, parfois 4, d'épaisseur, larges de 15 mm et d'une longueur allant de 270 à 350 mm) sauf pour la session du 12 mai ou le contrôle technique était assuré par deux enregistreurs (un enregistrement potentiométrique à scripteur SEFRAM et un Ultralette précédemment cité) et les échantillons consistaient en des barres d'alliage aéronautique (AU4GT4 et AU2GT4 (en) de 8 et 12 mm de diamètre). En conclusion, il apparaît que plusieurs éprouvettes sous tube de verre scellé, feraient l'objet de modification de leur structure interne[21] sans déformation notable : durcissement ou adoucissement localisés (correspondant à 650 °C), transformation martensitique avec apparition de magnétisme[22].

Lors de l'émission télévisée Droit de Réponse du 14 mars 1987, il est diffusé une expérience[23] où le présentateur, Michel Polac, lui demande de faire bouger à distance des objets colorés dans une boite transparente. Une pièce rouge bouge, mais ensuite, après cette expérience apparemment réussie, Michel Polac prend la pièce en question pour la vérifier et il réalise alors qu'elle est beaucoup plus lourde qu'au départ et qu'on y voit une vis cachée sous le plastique. Elle a donc été substituée. Michel Polac demande alors à pouvoir l'ouvrir, mais Jean-Pierre Girard refuse, donne la pièce rouge suspecte à un comparse et quitte subitement l'expérience.

PolémiquesModifier

En 1976, il intente un procès à un journaliste médical, Jean-Pascal Huvé, l'accusant d'avoir écrit un article diffamatoire dans lequel ce dernier expliquait qu'il connaissait bien Girard mais que tout ce qui lui avait été montré était truqué « de l'aveu même de Girard ». M° Kiejman était l'avocat de Girard. Cependant, ce qui aurait pu constituer un intéressant procès tourna court puisque Girard laissa passer le délai de prescription. Par jugement du 1er , le tribunal de grande instance de Paris attribua à Jean-Pierre Girard les frais de procédure[24],[25],[26].

En , il crée la polémique avec l'émission Les Mercredis de l'information [27] sur TF1, laquelle fait état de ses expériences de déformations sur des barres métalliques, suscitant l'intérêt des chercheurs en métallurgie de la société Péchiney. Le directeur scientifique, le professeur Charles Crussard, affirme que des tests concluants auraient été menés au Centre technique de l'aluminium (laboratoire scientifique de la société Péchiney)[18]. Ces démonstrations et affirmations sont vivement critiquées par d'autres scientifiques (tels que Jean Pierre Vigier et Jean-Claude Pecker)[28],[29] qui remettent notamment en cause les conditions de déroulement des tests et affirment que d'autres tests auraient par la suite démontré que Jean-Pierre Girard n'aurait pas été capable d'accomplir ce qu'il prétendait, notamment en présence de l'illusionniste James Randi. Girard affirme pour sa part avoir produit des effets de psychokinèse en présence de Randi, invité à Grenoble pour assister à une expérience faite devant des scientifiques et comportant un dispositif de contrôle très rigoureux agréé par Randi lui-même. Invité à reproduire ces effets, l'illusionniste aurait répondu qu'il ne pouvait pas le faire car l'expérience se déroulait dans des conditions trop scientifiques. Toujours selon Girard, James Randi aurait perdu un procès aux États-Unis pour avoir accusé à tort un sujet psi (soumis à une expérience du chercheur Stanley Krippner, Maimonides hospital (en), Californie) d'avoir triché en regardant par-dessus un écran. Or il se serait avéré que le sujet était aveugle de naissance[30],[31].

En 1991, dans une affaire pour laquelle il comparaît en compagnie de Guy Lux devant le tribunal correctionnel de Grasse, il est condamné à quatre mois de prison avec sursis[32],[33], ce qu'il nie à ce jour sur son site web[34] prétendant que le journal Le Monde a fait un lapsus en confondant condamnation et relaxe. Il affiche sur son site web un extrait de son casier judiciaire afin, selon lui, de couper court à toute polémique[35]. Il est à noter que le bulletin publié, nommé bulletin numéro 3, ne comporte que les condamnations sans sursis à des crimes graves et que la condamnation évoquée par Le Monde n'a aucune raison d'y figurer[36].

Relations avec les illusionnistesModifier

Relations avec les services secretsModifier

Jean-Pierre Girard affirme dans le livre biographique Agir sur la matière avoir été contacté par la CIA et le KGB, propos qu'il soutient et reprend lors d'un interview pour un documentaire vidéo le concernant.

Du point de vue de ses détracteursModifier

Les démonstrations les plus médiatiques de Jean Pierre Girard consistent en un pliage de barreaux métalliques prétendument impossibles à tordre pour un être humain, avec ou sans contact. Il a été démontré au moins dans une occurrence que les barreaux utilisés sont en fait tout à fait pliables[37]. Dans le cas classique, ils sont pliés discrètement lorsque l'attention du public est détournée puis la courbure est révélée au public petit à petit, en tournant le barreau, afin de donner l'impression d'une courbure progressive.[réf. souhaitée] Ceci expliquerait pourquoi tous les barreaux utilisés sont à section ronde et non carrée.[réf. nécessaire]

Ces critiques ont amené Jean-Pierre Girard[réf. nécessaire] à procéder à des expériences où des barres sont pliées sans contact direct, au travers d'un récipient en verre. Les données brutes sur cette expérience n'ayant pas fait l'objet d'une publication scientifique, et les données brutes de l'expérience ainsi que les vidéos devant montrer directement la torsion n'ayant jamais été publiées, sa critique est ardue[38]. Ses détracteurs proposent plusieurs hypothèses : cette expérience n'a pas eu lieu dans les conditions énoncées, voire n'a pas eu lieu du tout, ou il a été effectué par Jean-Pierre Girard des substitutions de récipients.[réf. souhaitée]

Parmi les critiques de Jean-Pierre Girard on trouve les revues New Scientist[39], La Recherche[40], ainsi que le prestidigitateur James Randi[41]. Ils formulent des critiques très claires et considèrent que Jean-Pierre Girard n'a jamais réussi à produire des résultats convaincants en conditions contrôlées. James Randi a par ailleurs affirmé qu'il a vu des vidéos, détenues par C. Crussard, prouvant que J.-P. Girard triche dans l'une de ces expériences. Il l'a exhorté à rendre ces vidéos publiques, ce que C. Crussard n'a jamais fait[réf. souhaitée].

BibliographieModifier

Références audiovisuellesModifier

Liens externesModifier

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Nicole Edelman, Histoire de la voyance & du paranormal, du XVIIIe siècle à nos jours, page 243, Seuil, 2006, (ISBN 2-02-055853-X)
  2. Jean-Pierre Girard, Illusionnisme et parapsychologie, site personnel
  3. Inscription dans un annuaire de magiciens
  4. H. J Irwin, An introduction to parapsychology
  5. Jean-Pierre Girard, Agir sur la matière, page 18, Presse du Châtelet, 2005, (ISBN 2-84592-149-7)
  6. ibid. p. 39
  7. ibid. p. 45
  8. ibid. p. 53
  9. ibid. p. 57
  10. ibid. p. 60
  11. Base de données EspaceNet de l'INPI ref. EP0601158, WO9400789, FR2515316, FR2605699, FR2605698.
  12. Agir sur la matière - Presse du Châtelet - 2005
  13. ibid. p. 71
  14. L'encyclopédie du Paranormal, Éditions Trajectoire, mai 2005. (p. 191)
  15. L'autre cerveau, Éd. Albin Michel, 1992, (ISBN 2-226-05747-1) (p. 225)
  16. Pr Z. W. Wolkowski, Phénomènes psychocinétiques produits par J-P. Girard, Revue métapsychique hors série no 21 & 22 1975
  17. Pr Z. W. Wolkowski, Résumé expérimental d’une série d’observations d’ effets psychokinétiques, produits par J-P. Girard, Revue de paraphysique 1981
  18. a et b G. Jollant, R. Rauch et C. Crussard, Recherches sur les Déformations anormales de métaux, Mémoires scientifiques, février 1986 no 10 et la Revue de Polytechnique La Jaune et la Rouge, juin 1979, no 342
  19. Biographie de Charles Crussard sur les Annales des Mines
  20. extrait vidéo tiré de cette expérience Centre Technique de l'Aluminium, Paris, février 1976
  21. Les mercredis de l'information extrait intervention du Pr Crussard
  22. extrait vidéo tiré de cette expérience Centre Technique de l'Aluminium, Paris, mai 1976
  23. Kris To, « L'effet Geller à Droit de Réponse le 14 mars 1987 », (consulté le 27 juillet 2016)
  24. "Que signifie être condamné "aux dépens" ou "au titre de l'article 700" ?" sur service-public.fr
  25. Marcel Blanc. Fading spoon bender. New Scientist, 16 février 1978
  26. Gérard Majax, Le Grand Bluff, Nathan, 1978
  27. a et b Les mercredis de l'information; La parapsychologie à l'université, Archives de l'INA, 13 janvier 1982
  28. a et b Extrait vidéo du Droit de réponse, Archives de l'INA, 16 janvier 1982
  29. (archives du nouvel observateur)
  30. Réponse de Jean-Pierre Girard à James Randi
  31. « Réponse à l’illusionniste James Randi », suite observations de Jean-Pierre Girard, Me André Sanlaville, maître magicien, membre de l’ordre des Illusionnistes. In La Recherche no 86 vol. 9 p. 188. 1978
  32. Le Monde, 12 décembre 1991 scan
  33. Archives du journal le Monde(payant)
  34. http://www.girard.fr/textes/contact.htm
  35. Extrait de casier judiciaire numérisation
  36. http://vosdroits.service-public.fr/F14710.xhtml#N10186
  37. La Recherche no 86
  38. Jean Dierkens, Pr de psychologie fondamentale in La Recherche, no 86
  39. New Scientist. February 16, no 77, p. 431.1978
  40. La Recherche (no 86, vol. 9, 188)
  41. James Randi, "SPECIAL REPORT: Tests and Investigations of Three Psychics," _Skeptical Inquirer_ vol. 2, no. 2, Spring/Summer 1978, p. 25-39.
  42. Les Paranormaux extrait, FR3, 1er avril 1977
  43. Temps présent; ces choses que je ne m'explique pas extrait, TSR
  44. Exploring the Unknown extrait 1, CBS, 23 avril 1986
  45. Exploring the Unknown extrait 2, CBS, 23 avril 1986
  46. Les aventuriers de l'étrange - La psychokinèse - Sud Radio
  47. Extrait vidéo du film Monsieur Jean-Pierre Girard, l'homme qui agit sur la matière, sur le site de Jean-Yves Billien
  48. Extraits de C'est Off sur Canal Jimmy Partie 1 Partie 2