Jean-David Levitte

diplomate français

Jean-David Levitte, né le à Moissac, est un diplomate français, ambassadeur de France dignitaire depuis 2006. Il a été conseiller diplomatique et sherpa de deux présidents de la République : Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

OriginesModifier

Jean-David Levitte est né le à Moissac. Il est le fils de Georges Lévitte[1], un immigré juif russe, professeur d’hébreu et de religion qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, faisait passer des enfants juifs en zone libre. Ses grands-parents paternels (David Levitte né le à Ekaterinoslav, en Ukraine et Ida Levitte née le ainsi que son oncle Édouard né à Metz le )[2] sont déportés par le Convoi No 47 en date du et morts dans le camp d'extermination d'Auschwitz. Il porte le nom de son grand-père paternel David. Il est le neveu de Simon Levitte.

Sa mère, Doreen Duggan, est d'origine afrikaner[3].

FamilleModifier

Marié depuis le à Marie-Cécile Jonas, Jean-David Levitte est le père de deux filles, Mathilde et Camille.

ÉtudesModifier

Titulaire d'une licence en droit, Jean-David Levitte est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'École nationale des langues orientales vivantes en chinois et indonésien. En 1970, il réussit le concours de recrutement de secrétaire des affaires étrangères.

FonctionsModifier

D'abord en poste en Asie puis en administration centrale en France, il est nommé, en 1981, conseiller à la Mission permanente de la France auprès des Nations Unies puis sous-directeur de l'Afrique de l'Ouest au ministère des Affaires étrangères (1984) et directeur adjoint du cabinet du ministre des Affaires étrangères, Jean-Bernard Raimond en 1986.

Il est ensuite notamment représentant permanent de la France à l'Office des Nations unies à Genève (1988-1990) puis conseiller diplomatique et sherpa du président de la République Jacques Chirac de 1995 à 2000.

Représentant permanent de la France auprès des Nations unies à New York (2000-2002) puis ambassadeur de France aux États-Unis (2002-2007), il multiplie les communiqués pour dénoncer les insultes antifrançaises au moment de la guerre d'Irak, dont une lettre ouverte, le , dans laquelle il dénonce « la campagne de désinformation » contre la France » menée dans les médias américains[3]. Il est par la suite l'un des acteurs du réchauffement des relations entre Jacques Chirac et le président américain George W. Bush.

Dans le jargon diplomatique, il est surnommé « Diplomator », du fait de ses qualités de diplomate[4].

Le , le président de la République Nicolas Sarkozy fait de lui son sherpa et son conseiller diplomatique. Quoiqu'ayant pris sa retraite de diplomate à compter du , il garde sa fonction de conseiller à l'Élysée[5].

Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques le au fauteuil de Raymond Triboulet (1906-2006)[6].

Il est membre du comité de parrainage du Collège des Bernardins[7].

Il est également Conseiller du Conseil d'Administration de American Friends of Yahad-In Unum[8].

À l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, il fait partie des 60 diplomates qui apportent leur soutien à Emmanuel Macron[9].

Jean-David Levitte s'est ensuite reconverti dans les affaires, monnayant son influence et son carnet d'adresse à travers l'entreprise « JDL Conseil », suscitant l'indignation de certains médias[10]. Il a également été nommé conseiller spécial par Rock Creek Global Advisors, une société de conseil fondée par Joshua Bolten, ancien directeur de cabinet du président George W. Bush et également ancien employé de la banque Goldman Sachs[11].

Distinctions honorifiquesModifier

Il est commandeur de la Légion d'honneur[12], chevalier de l'ordre national du Mérite ainsi que commandeur des Arts et des Lettres[13]. Il est titulaire de décorations étrangères, comme la Grand-Croix de l’Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne, Grand Officier de l'Ordre du Cèdre du Liban[14].

CarrièreModifier

RéférencesModifier

  1. Claude Askolovitch, « Le murmure de Diplomator », Journal du Dimanche, (consulté le 19 novembre 2008)
  2. Voir, Klarsfeld, 1978.
  3. a et b Jean-David Levitte, portrait du conseiller diplomatique de l’Élysée, véritable ministre des Affaires étrangères, Politique.net, 20 mars 2009
  4. Jean-David Levitte, "Diplomator" à l'Élysée, Le Monde, 6 juin 2007.
  5. Rencontre entre Zhang Ming et Jean-David Levitte le 16 mars 2012
  6. Notice sur le site de l'Académie des sciences morales et politiques
  7. « Comité de parrainage de la Fondation des Bernardins », sur Collège des Bernardins
  8. http://www.yahadinunum.org/american-friends-of-yahad-in-unum/
  9. « Soixante ambassadeurs s'engagent en faveur d'Emmanuel Macron », sur lefigaro.fr, .
  10. Odile Benyahia-Kouider, « D'anciennes gloires des Affaires étrangères ne sont pas étrangères aux affaires », Le Canard Enchaîné, no 5179,‎ .
  11. « Pantouflage diplomatique », sur Le Monde Diplomatique, .
  12. Décret du 12 juillet 2013
  13. « Politique - La vie politique commentée et analysée / Slate.fr », sur Slate.fr (consulté le 10 octobre 2020).
  14. (de) « Deutsche Vertretungen in Frankreich », sur diplo.de (consulté le 10 octobre 2020).
  15. (en) « Levitte, Jean-David », sur France in the United States / Embassy of France in Washington, D.C. (consulté le 10 octobre 2020).

BibliographieModifier

  • Serge Klarsfeld. Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France. Beate et Serge Klarsfeld: Paris, 1978.

SourcesModifier

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier