Jacques Henri Lartigue

photographe et peintre français

Jacques Henri Lartigue, né le à Courbevoie et mort le à Nice, est un peintre, écrivain et photographe français.

Jacques Henri Lartigue
Biographie
Naissance

Courbevoie (Hauts-de-Seine)
Décès
(à 92 ans)
Nice
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Domaines
Genre artistique
Plaque Jacques-Henri Lartigue, 102 rue de Lonchamp, Paris 16.jpg
plaque commémorative

BiographieModifier

En 1963, Jacques Henri Lartigue expose pour la première fois à l'âge de 69 ans, au MoMA à New York, quelques-uns des nombreux clichés qu’il a réalisés au cours de sa vie. La même année, le magazine Life lui consacre un portfolio, et ce numéro qui annonce la mort du président John Fitzgerald Kennedy fait le tour du monde. À son plus total étonnement[réf. nécessaire], Lartigue devient du jour au lendemain l’un des grands noms de la photographie du XXe siècle.

Jacques Henri Lartigue a appris la photographie avec son père dès 1900. Répondant à l’enthousiasme de son fils, Henri Lartigue lui offre pour ses 8 ans, en 1902, son premier appareil photographique . Dès lors, il ne cesse de photographier sa vie d’enfant rythmée par les voyages en automobile, les vacances en famille et surtout par les inventions de son frère aîné, Maurice, surnommé « Zissou ». Les deux frères sont passionnés par l’automobile, l’aviation et tous les sports alors en plein essor que Jacques-Henri enregistre grâce à son appareil photographique. Il continuera adulte à fréquenter les manifestations sportives et à pratiquer lui-même quelques sports réservés à l'époque aux personnes aisées : ski, patinage, tennis, golf.

Il a pratiqué la photographie en couleurs, par le procédé autochrome, et la photographie en relief.

Parallèlement, il entreprend la rédaction d’un journal qu’il poursuivra toute sa vie et commence à dessiner et à peindre. La peinture devient et restera son activité professionnelle, mais son œuvre peinte, mondaine et conventionnelle, ne connaîtra jamais la notoriété de son œuvre photographique où il exprime toute son originalité. À partir de 1922, il expose dans plusieurs salons à Paris et dans le sud de la France. Entre-temps, en 1919, il a épousé Madeleine Messager (1896-1988), dite « Bibi », fille du compositeur André Messager et a eu un fils, Dany, né en 1921. Ils divorcent en 1931. Entre 1930 et 1932 il a une liaison intermittente avec Renée Perle avant d'épouser en 1934 Marcelle Paolucci (dite Coco) dont il divorcera au bout de trois ans. Début 1942 il rencontre Florette Orméa qu'il épousera en 1945 et avec qui il finira sa vie[1].

Jusqu’au début des années 1930, il mène une vie luxueuse et mondaine. Mais la fortune des Lartigue s’étiole et Jacques Henri est contraint de trouver d’autres sources de revenus. Il vit alors chichement de sa peinture durant les années 1930 et 1940. Dès les années 1950 et, contrairement à la légende le prétendant inconnu de tous[réf. nécessaire], Lartigue commence à exister comme photographe tout en continuant à peindre.

En 1962, avec Florette, sa troisième épouse, Jacques Henri embarque à bord d’un cargo à destination de Los Angeles. Lors d'un détour par la Côte Est, ils rencontrent Charles Rado, de l’agence Rapho, qui contacte John Szarkowski, alors jeune conservateur du département photographique du MoMA. L’enthousiasme est général. En 1975, la première rétrospective de son œuvre a lieu au musée des arts décoratifs à Paris.

Un an auparavant, Lartigue avait réalisé en photographie le portrait officiel du président de la République, Valéry Giscard d’Estaing. En 1979, l’acte de donation est signé : Lartigue est le premier photographe français à faire don, de son vivant, de son œuvre à l’État français. Il charge l’Association des amis de Jacques Henri Lartigue de conserver et de diffuser le fonds. En 1980, l’exposition parisienne « Bonjour Monsieur Lartigue » au Grand Palais célèbre la donation.

En 1971, il reçoit la mention du prix du Livre des Rencontres d'Arles (France) pour Journal d'un siècle. Jusqu’à ses derniers jours, il poursuit son œuvre à travers la photographie, la peinture et l’écriture. Il meurt à Nice le . Il laisse plus de 100 000 clichés, 7 000 pages de journal et 1 500 peintures.

Il est le père de Dany Lartigue, peintre et entomologiste[2], et le grand-père de Martin Lartigue qui joue le rôle du Petit Gibus dans le film La Guerre des boutons (1962) d'Yves Robert.

ExpositionsModifier

    • Grand Palais à Paris : Salon d'Hiver
    • Paris Cercle artistique et littéraire
  • 1923 : exposition collective à la galerie Bernheim-Jeune
  • Du 1 au  : galerie Georges Petit
  • Du 14 au  : galerie Jean Pascaud, avec Paul Colin, Moïse Kisling, Marie Laurencin, Henri Lebasque, Marcel Roche[3].
  • 1939 : galerie Charpentier à Paris
  • 1941 : Cannes, hôtel Carlton ; La Malmaison
  • 1942 : Monte-Carlo, galerie l'Art moderne ; Saint-Étienne ; Lyon
  • 1963 : rétrospective au Museum of Modern d'Art de New York
  • 1964 : exposition de peintures à la galerie Knoedler à New York
  • 1975 : rétrospective au Pavillon de Marsan, musée des arts décoratifs de Paris
  • 1986 : autochromes et autres photos en relief du début du XXe siècle, Grand-Palais, Paris
  • 2017: exposition "Lartigue à la Baule, 1913-1929" au Musée Bernard Boesch, Le Pouliguen.

Donation Jacques Henri LartigueModifier

En 1979, Jacques Henri Lartigue fait don à l'État de l'intégralité de son œuvre photographique et confie à l'Association des Amis de Jacques Henri Lartigue, dite « Donation Jacques Henri Lartigue », le soin de conserver, mettre en valeur, et de diffuser cette œuvre. Seule gestionnaire des droits, la Donation Jacques Henri Lartigue assure plusieurs missions qui contribuent au rayonnement de l’œuvre dans le monde au travers des actions suivantes :

  • L’inventaire et la conservation du fonds par des opérations de sauvegarde, de conditionnement et/ou de restauration ;
  • La cession des droits de reproduction de l'œuvre du photographe ;
  • L'édition de livres, de catalogues d’expositions et de cartes postales ;
  • La création et la location d'expositions prêtes à l’accrochage ;
  • La vente de tirages de collection, relayée à l’étranger par les galeries partenaires ;


Le fondsModifier

  • 135 albums d'un format 52 x 36 cm. Ils commencent en 1880 (avec les photographies de sa famille) et s'achèvent à sa mort en 1986
  • L'intégralité des négatifs noir et blanc ou couleur
  • L'ensemble des appareils photographiques qu’il avait conservés
  • Le journal manuscrit et tapuscrit (de 1911 à 1986)
  • 29 peintures déposées au Centre d’Art Jacques Henri Lartigue, à L’Isle-Adam (95)

La Fondation Jacques Henri LartigueModifier

À sa mort, en 2000, Florette Lartigue, a légué ses biens à la Fondation de France dans le but de financer des projets consacrés à Jacques Henri Lartigue (exposition, colloque, film.…)[4]. La fondation Jacques Henri Lartigue soutient également les jeunes photographes et peintres en versant une bourse.

HommagesModifier

Extraits du journal de Lartigue publiésModifier

  • Mémoires sans mémoire, Paris : R. Laffont, 1975
  • Mon livre de photographie, avec la collaboration d'Yvette Métral, Paris : Flammarion, 1977
  • L'Émerveillé : écrit à mesure, 1923-1931, Paris : Stock, 1981
  • L'Œil de la mémoire : 1932-1985, Paris : Carrère, 1986

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Bernard Toulier, Jacques Henri Lartigue, un dandy à la plage, Dominique Carré Éditeur, 2016
  • Martine d'Astier et Martine Ravache, Lartigue, la vie en couleurs, éditions du Seuil, , 168 p.
  • Florian Rodari, Martine d’Astier, Andres Hispano, Un mundo flotante, fotografias de Jacques Henri Lartigue, La Caixa, Barcelone, 2010
  • Collectif, Double je Jacques Henri Lartigue, peintre et photographe, 1915-1939, Somogy éditions d'art, musée d'art et d'histoire Louis Senlecq, 2010, 176 p. (ISBN 978-2-7572-0347-7)
  • Kevin Moore, Jacques Henri Lartigue. The Invention of an Artist, Princeton University Press, 2004
  • Alain Sayag, Quentin Bajac et Martine d'Astier, Lartigue : l'album d'une vie, 1894-1986, 2003
  • Patrick Roegiers, Jacques-Henri Lartigue, les tourments du funambule - Dessin, peinture et photographie, Éditions La Différence, 2003
  • Olivier Ribeton, Jacques Henri Lartigue au Pays Basque, Atlantica, Paris, 2002
  • Elisabeth Foch, Lartigue en hiver, éditions Flammarion, Paris, 2002
  • Vicki Goldberg, Jacques Henri Lartigue, photographe, Nathan/Delpire, Paris, 1998
  • Mary Blume, La Côte d'Azur de Jacques Henri Lartigue, Flammarion, Paris 1997
  • Florette Lartigue, La traversée du siècle, Bordas, Paris, 1990
  • Jean-Claude Gautrand, Visions du sport - photographies 1860-1960, 253 pp., Éditions Admira, Aix-en-Provence, 1989 (ISBN 2-90765-802-6)
  • Richard Avedon, Diary of a century, Vicking Press, New York, 1970
  • John Szarkowski, The Photographs of Jacques Henri Lartigue, Moma, New York, 1963

FilmographieModifier

  • L'amateur de rêve - Centenaire de la naissance de Jacques-Henri Lartigue, co-réalisé par Roger Pic et Patrick Roegiers, texte dit par André Dussollier, production Lux Modernis, 1994.

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Bajac, Quentin., Sayag, Alain et Chéroux, Clément., Lartigue : l'album d'une vie, 1894-1986 L'album d'une vie, Paris, Centre Pompidou, (ISBN 2-84426-168-X, 978-2-84426-168-7 et 2-02-060511-2, OCLC 300770905, lire en ligne), p. 131
  2. « La Messardière accueille les Lartigue, père et fils », sur archives.varmatin.com (consulté le 31 août 2016)
  3. Affiche de l'exposition, collection du musée d'art et d'histoire Louis-Senlecq à l'Isle-Adam, reproduite dans le catalogue Double je Jacques Henri Lartigue, peintre et photographe, 1915-1939, Somogy éditions d'art, musée d'art et d'histoire Louis Senlecq, 2010, 176 p.
  4. fondationdefrance.org