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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir IBP.
Institut du Bon-Pasteur
Repères historiques
Fondation 2006
Fondateur(s) Philippe Laguérie
Fiche d'identité
Église Catholique
Courant religieux Traditionaliste
Vocation Défense de la tradition liturgique catholique, célébration de la messe selon la forme extraordinaire du rite romain (livres de 1962), opposition aux mesures libérales du concile Vatican II bien qu'acceptation de ce dernier
Dirigeant Luis Gabriel Barrero Zabaleta[réf. nécessaire]
Localisation cinq pays dont principalement la France
Sur Internet
Site internet http://www.institutdubonpasteur.org

L'Institut du Bon-Pasteur (IBP) est une société de vie apostolique de prêtres et de séminaristes catholiques traditionalistes, érigée le par la Congrégation pour le clergé. Il a sa maison mère en la paroisse Saint-Éloi de Bordeaux et, depuis 2013, son secrétariat central à Courtalain, en Eure-et-Loir. C'est là que réside son fondateur et supérieur général, l'abbé Philippe Laguérie.

L'institut est reconnu par le Vatican[1], mais est accusé par certains de prôner l'intégrisme et de proximité avec des entités catholiques fanatiques ou d'extrême-droite[2],[3],[4].

Création et but de l'InstitutModifier

Ses membres fondateurs sont d'anciens prêtres et séminaristes traditionalistes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), ayant pour la plupart occupé des postes importants au sein de celle-ci : Philippe Laguérie (supérieur général), Paul Aulagnier, Guillaume de Tanoüarn, Christophe Héry, Henri Forestier et Claude Prieur (à l'époque diacre, prêtre en 2007 et décédé en janvier 2015). .

La commission pontificale Ecclesia Dei « approuve pour cinq ans, ad experimentum, les constitutions dudit Institut[5] telles qu’elles se trouvent dans le texte mis en annexe à ce décret. Enfin, aux membres de cet Institut, elle confère le droit de célébrer la liturgie sacrée, en utilisant, et vraiment comme leur rite propre, les livres liturgiques en vigueur en 1962, à savoir le missel romain, le rituel romain et le pontifical romain pour conférer les ordres, et aussi le droit de réciter l’office divin selon le bréviaire romain édité la même année[6] ».

Ayant des statuts proches de ceux de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, la principale différence statutaire entre les deux sociétés réside dans la notion de rite exclusif et de « rite propre » inscrite dans les statuts de l’Institut qui s'engage à « respecter le Magistère authentique » du Siège romain, dans « une fidélité entière au Magistère infaillible de l’Église » (Statuts II §2), tout en effectuant « une critique constructive » du IIe concile œcuménique du Vatican.

Lors du chapitre général de juillet 2012, le vote devant désigner, pour un nouveau mandat de six ans, le nouveau supérieur général aboutit à une crise électorale. Grâce à l'intervention modératrice de Dom Antoine Forgeot, abbé émérite de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault et commissaire apostolique nommé par le Vatican[7], cette crise s'acheva en septembre 2013, confirmant l'abbé Philippe Laguérie en tant que supérieur général[8].

Fondations de l'Institut et structures associéesModifier

L'église Saint-ÉloiModifier

Article détaillé : Église Saint-Éloi de Bordeaux.

Ancien siège de l’Institut depuis février 2007 et jusqu'en août 2011, l’église Saint-Éloi à Bordeaux est une « paroisse personnelle »[9] confiée pour une période ad experimentum de cinq ans à l’IBP par le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux[10].

L’occupation de l’église par les traditionalistes ne date cependant pas de 2007. Depuis 1993, la ville de Bordeaux en dispose avec l’accord du diocèse de Bordeaux. Elle est squattée de nombreuses années et vandalisée. La mairie y dépose les archives municipales puis l'abandonne tout à fait. Le 28 janvier 2002, la municipalité d’Alain Juppé confie ce lieu à l’association « Église Saint-Éloi », menée par l’abbé Philippe Laguérie, qui s’engage à le restaurer[11] mais cette décision est contestée par le diocèse, ainsi que le Parti socialiste (PS) notamment[12]. La bataille juridique qui s’amorce dure deux ans et se conclut avec la délibération du conseil municipal de juin 2004, défavorable à l’association, et qui prend acte de la décision du tribunal d'annuler la mise à disposition (en première instance en décembre 2002[13] et confirmé en appel en avril 2004[14]). Dès lors, la convention qui liait la ville à l’association « Église Saint-Éloi » est définitivement rompue et l'association se rend coupable d'occupation illégale. Pourtant, les traditionalistes ne quitteront pas les lieux, et ne seront jamais expulsés, ce qui provoquera de violentes critiques à l'égard d'Alain Juppé[15].

Comme le supposait à l'époque l'abbé Paul Aulagnier, futur fondateur de l'IBP, cette situation ne pouvait se régler que par une conciliation entre les traditionalistes et le Saint-Siège. Tout en reconnaissant le bien-fondé du jugement du tribunal administratif, il pense que personne ne viendra déloger les occupants de Saint-Éloi et qu'une « solution canonique » est seule envisageable[16]. Ainsi, lorsque l'Institut du Bon-Pasteur est érigé par Benoît XVI – à la condition que ses membres reconnaissent l'autorité du pape et du concile Vatican II –, une entente est de nouveau possible entre les occupants de Saint-Éloi et le cardinal Jean-Pierre Ricard. Cette entente donne naissance à la création de la paroisse personnelle de Saint-Éloi, pour une durée expérimentale de cinq ans.

L’église Saint-Éloi est souvent la cible de vandalisme[17].

Le séminaire Saint-Vincent-de-Paul de Courtalain, en Eure-et-LoirModifier

Saint-Vincent-de-Paul est le séminaire de formation des prêtres de l'IBP, à Courtalain dans le diocèse de Chartres.

Il a été ouvert le 21 octobre 2006, sous la direction de l'abbé Paul Aulagnier[18]. Le corps professoral est alors composé des abbés Henri Forestier, recteur, Yannick Vella, vice-recteur, Roch Perrel, Leszek Krolikowski et Stefano Carusi[19]. Par la suite, en novembre 2009, l’abbé Henri Forestier quittera son poste de recteur pour s’employer entièrement au couvent des Petites Sœurs du Bon Pasteur, à la fondation duquel il a participé le 8 septembre 2008[20]. L’abbé Yannick Vella a quant à lui rejoint la paroisse bordelaise de Saint-Éloi dont il est nommé curé durant l’été 2009. Ont rejoint le corps professoral les abbés Emmanuel de Ducla et Matthieu Raffray[21]. De septembre 2009 à août 2013 l'abbé Roch Perrel est nommé recteur du séminaire[22], suivi de l’abbé Paul Aulagnier de septembre 2013 à août 2016 ; ce dernier reprenant la direction des retraites spirituelles de l'institut basées sur les exercices ignaciens.

Depuis septembre 2016 les fonctions de recteur du séminaire Saint-Vincent-de-Paul de Courtalain sont assurées par l'abbé Vincent Baumann[23], ex-vicaire au centre Saint-Paul[24] à Paris auprès de l'abbé Guillaume de Tanoüarn.

Cours Saint-ProjetModifier

Fondée en 2005 à Bordeaux, rue d’Ornano, par l’association Saint-Projet, cette école privée hors contrat a ouvert ses portes le 9 janvier 2006. L'association Saint-Projet, sous la présidence de l'avocat bordelais Thomas Rivière, est constituée de paroissiens de l’église Saint-Éloi[25].

L'école Saint-Projet est constituée de deux entités : une école maternelle et un primaire, mixtes l'une et l'autre. Il compte aujourd’hui une centaine d'élèves.[réf. nécessaire]

Le cours Saint-Projet délivre un enseignement catholique traditionaliste, se revendiquant d’éducateurs chrétiens tels que saint Jean-Baptiste de la Salle ou saint Jean Bosco.[réf. nécessaire] En sus des institutrices et des professeurs employés par l'association Saint-Projet, l'école est placée sous la direction spirituelle d'un abbé de l’Institut du Bon-Pasteur. À la création du cours, il s'agissait de l'abbé Henri Forestier, remplacé pour la rentrée 2009-2010 par l'abbé Jean-Pierre Gaillard.

Le 27 avril 2010, une émission de France 2, Les Infiltrés, a tourné en caméra cachée des séquences dans le collège[26], montrant que les contenus enseignés sont tronqués et que les élèves de l’école sont manipulés. Le documentaire filme des professeurs, puis des élèves, tenant des propos antisémites. Après un procès intenté par l'école, le 16 octobre, le tribunal correctionnel de Paris a reconnu la « bonne foi » des journalistes et les a relaxés[27]. Le rectorat a, quant à lui, organisé deux contrôles de l'établissement, ayant abouti à la fermeture du collège et au maintien de l'école maternelle et primaire[28].

La chapelle du Bon-JésusModifier

La chapelle du Bon-Jésus à Marseille, connue aussi sous le nom de chapelle des Pénitents noirs, est ponctuellement desservie par l’abbé Christophe Héry en repos dans la région.

Réseau internationalModifier

PologneModifier

Le 11 octobre 2008, l’abbé Grzegorz Sniadoch est ordonné prêtre en l’église Saint-Éloi. Il rejoint la Pologne et prend la direction d'une communauté de fidèles à Wrocław.

L'abbé Grzegorz Sniadoch dirige la communauté de l'IBP (+ de 200 fidèles)[réf. nécessaire] à Białystok, en accord avec l'archevêque du lieu.

BrésilModifier

  • À Brasilia, l'église Notre-Dame-des-douleurs a été construite entièrement par les fidèles et ouverte au culte en 2014. Autour de son pasteur, M. l'abbé Daniel Pinheiro, elle regroupe déjà plusieurs centaines de fidèles, en parfaite communion avec l'archevêque de Brasilia dont l'auxiliaire est venu lui-même consacrer l'église.
  • À Sao Paulo, les abbés Renato Coelho et Luiz Pasquotto desservent l'église Saint-Paul et leur maison a été canoniquement érigée par le cardinal archevêque du lieu.

ColombieModifier

  • La Maison du Bon pasteur à Bogota a également été érigée par le cardinal archevêque en 2012 et regroupe des centaines de fidèles autour de quatre prêtres de l'Institut.

ItalieModifier

  • À Rome, une nouvelle maison a ouvert en octobre 2015 sous le nom de Maison Saint-Clément, située Via Taranto, 178. M. l'abbé Matthieu Raffray en est nommé supérieur, et M. l'abbé Giorgio Lenzi en est nommé économe[29].

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Séminaire Saint-Vincent-de-Paul – – Institut du Bon Pasteur – », sur www.seminairesaintvincent.fr (consulté le 31 octobre 2018)
  2. Joséphine Bataille, « La face sombre des traditionalistes », La Vie.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 31 octobre 2018)
  3. « "Infiltrés" à Bordeaux : les clés pour comprendre le procès perdu par les traditionalistes », sur SudOuest.fr (consulté le 6 mai 2019)
  4. « « Les Infiltrés » : l’institut du Bon-Pasteur débouté en appel », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 6 mai 2019)
  5. Statuts de l'Institut du Bon-Pasteur I §2, sur lacriseintegriste.typepad.fr)
  6. Commission pontificale « Ecclesia Dei » décret no118/2006
  7. Clémence Houdaille, « Un commissaire pontifical nommé pour l’Institut du Bon Pasteur », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 6 mai 2019)
  8. « L'abbé Laguérie reconduit à la tête de l'Institut du Bon-Pasteur », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 7 mai 2019)
  9. Canon 518 : « En règle générale, la paroisse sera territoriale, c’est-à-dire qu’elle comprendra tous les fidèles du territoire donné ; mais là où c’est utile, seront constituées des paroisses personnelles, déterminées par le rite, la langue, la nationalité de fidèles d’un territoire, et encore pour tout autre motif. »
  10. « http://catholique-bordeaux.cef.fr/users/site/web/index.php?page=Root&portlet=Document&x=10&y=15&document_id=708 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)Décret d’érection de la paroisse personnelle de Saint-Éloi
  11. « Convention de mise à disposition entre la ville de Bordeaux et l'association Saint-Eloi »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  12. « Saint Eloi-Saint Projet : ce que les Bordelais doivent savoir | Michèle Delaunay », sur www.michele-delaunay.net (consulté le 7 mai 2019)
  13. « Décision du tribunal administratif - 2002 », sur docs.google.com, rue89
  14. « Décision de la cour administrative d'appel - 2004 », sur docs.google.com, rue89 (consulté le 30 avril 2019)
  15. « Saint-Eloi met Juppé sous tension », sur SudOuest.fr (consulté le 30 avril 2019)
  16. « « Eglise Saint-Eloi » à Bordeaux », sur la.revue.item.free.fr (consulté le 30 avril 2019)
  17. « Bordeaux : L'église Saint-Eloi prise de nouveau pour cible | Infos Bordeaux », sur www.infos-bordeaux.fr (consulté le 30 avril 2019)
  18. « Historique de l'Institut du Bon Pasteur »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  19. Première publication du Bon Pasteur de Courtalain
  20. Site de Institute of the Good Shepherd
  21. « Site du séminaire Saint-Vincent-de-Paul » [archive], sur seminairesaintvincent.fr (consulté le 30 avril 2019)
  22. « Lettre aux amis et bienfaiteurs du Séminaire Saint-Vincent-de-Paul de Courtalain » (consulté le 25 décembre 2009)
  23. « Brève: Changement de Recteur au Séminaire Saint-Vincent de Paul (IBP) - Riposte-catholique », Riposte-catholique,‎ (lire en ligne, consulté le 8 octobre 2016)
  24. « Chapitre général du 31 août 2013 | Institut du Bon Pasteur », sur www.institutdubonpasteur.org (consulté le 8 octobre 2016)
  25. « https://www.20minutes.fr/article/59974/Bordeaux-Les-paroissiens-de-Saint-Eloi-veulent-leur-ecole.php »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)Article en ligne du quotidien 20 Minutes
  26. « Documentaire France 2 – Les infiltrés. À l'extrême droite du père », sur www.dailymotion.com
  27. « "Infiltrés" à Bordeaux : les clés pour comprendre le procès perdu par les traditionalistes », sur SudOuest.fr (consulté le 30 avril 2019)
  28. « Le collège catholique des «Infiltrés» va devoir fermer », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 21 décembre 2016)
  29. « TradiNews: [Institut du Bon Pasteur - Communiqué du Supérieur Général] Ouverture officielle de la Maison Saint-Clément à Rome », sur TradiNews, (consulté le 30 avril 2019)