Henri de Trannoy

bourgmestre de Tongerloo

Le baron Henri de Trannoy fut un homme politique catholique belge. Il était le second fils du baron Paul de Trannoy et de Savina de Knyff[1]. Il est né à Schaerbeek le . Historien et grand amateur de tableaux et d'objets anciens, il eut une vie fort active.

Henri de Trannoy
Fonction
Bourgmestre
Tongerlo
-
Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Formation
Activité

CarrièreModifier

Il était Docteur en droit et Docteur en sciences politiques et sociales de l'université catholique de Louvain. Il y fit ses études avec Valentin Brifaut, Charles Terlinden et Henri Davignon[2].

Vers 1902, il fut président de la Société belge d'Economie sociale.

En 1910, un drapeau de la "Boerengilde" a été réalisé pour les cinq années d'existence de la gilde[3], il contenait le portrait de « Sint-Gerlacus » (moine de l'ordre de Saint Norbert connu pour soigner les animaux) au centre et dans les coins, les armes de la Belgique, de la commune, de la province d'Anvers et les armoiries de la famille de Trannoy. Il s'agit du plus vieux drapeau de gilde retrouvé et connu de cette ancienne commune de Tongerloo. mais la raison de l'armoirie familiale est encore inconnue à ce jour. Restauré en 2019 par la Landelijke Gilde Tongerlo[4] ; il était habituellement porté lors des processions du .

Durant la Première Guerre mondiale, il fit partie du conseil d'administration de l'Arrondissementskomiteit voor hulp en voeding de Turnhout. Il reçut en remerciement une statue représentant un groupe : la Charité ou une dame apportant des vivres à une jeune femme et son enfant; l'œuvre en bronze datée de 1919 est d'Alfred Courtens et reprend dans le socle les noms des différents membres de ce comité dont François du Four[5] fut le Président. En 1918,il organisa une grand-messe à l'occasion de la Victoire des Alliés sur la terrasse de son château avec des chanoines prémontrés des abbayes voisines d'Averbode et de Tongerlo.

Il fut Bourgmestre de Tongerloo[6] de 1924 à 1953. Il a participé sous son mayorat à l'agrandissement du Canal Bocholt-Herentals, à la construction du Canal Albert et à la restauration de l'abbaye de Tongerlo incendiée le . Une nouvelle église de style néo-gothique fut entièrement rebâtie à l'emplacement de l'ancienne. Durant la Deuxième Guerre mondiale, il dut gérer la commune sous l'occupation allemande et s'occuper des conséquences de la Bataille de Geel entre les Allemands et les Anglais en .

En 1947, le père Werenfried van Straaten commence à faire parler de lui et de son œuvre naissante basée en l'abbaye de Tongerlo.

Il est décédé à Ixelles le .

MandatsModifier

HéraldiqueModifier

 

ŒuvresModifier

  • Il est l'auteur du livre Jules Malou de 1810 à 1870, avec préface de Charles Woeste, Librairie Albert Dewit[8], Bruxelles, 1905.
  • Par demande testamentaire, il corrigea et publia les Mémoires pour servir à l'histoire contemporaine de la Belgique du comte Woeste en trois volumes (1859-1894), (1894-1914) et (1914-1921) chez Albert Dewit, Bruxelles entre les années 1927 et 1937. Frans Van Kalken, professeur de l'ULB, a écrit un compte-rendu sur les Mémoires du Comte Woeste dans la Revue belge de philologie et d'histoire en 1928 (p. 1172). En 1938, le vicomte Terlinden semblait déçu par les derniers écrits de Woeste. Il écrivit ses regrets dans la Revue catholique des idées et des faits du .
  • Il a également écrit de nombreux textes pour la Revue Générale dont :
    • Malou et le port d'Anvers (1906)
    • Léopold II et Jules Malou. La crise financière de 1870 (1921)
    • Léopold II et Jules Malou en 1884 (1920)
    • La Pologne peut-elle vivre ?, (tiré à part non daté).

DemeureModifier

Il résidait au château Hof ter Bruelen de Tongerlo[9] qu'il avait construit sur des terres boisées traversées par la rivière Wimp provenant de ses parents. Une maison de jardinier fut construite à l'entrée du domaine. Un étang fut creusé devant le château et le parc fut divisé en jardin français entouré de douves, potager, vergers et prairies verdoyantes. Des ponts en bois et d'autres en briques[10] ont été montés par dessus la rivière et le fossé. Le potager contenait deux serres et de nombreuses couches en verre pour abriter les légumes sensibles au froid. Les bois contenaient des essences rares dont des séquoia qui sont toujours présents et bien visibles de la terrasse en pierre blanche de Gobertange.

Ayant admiré la construction du château de la comtesse Jeanne de Merode à Westerlo[11], il pria l'architecte de ce bâtiment, devenu l'actuelle maison communale de ce village voisin, de lui proposer un modèle de château. Le premier dessin fut refusé. Il fallait autre chose : un château à l'ancienne avec des matériaux d'époque mais tout n'était pas rejeté : la forme du château convenait. Mais il fallait encore trouver tous les matériaux. Très entreprenant, le baron de Trannoy se rendit sur les gros chantiers et en acheta sur place : les vieilles briques espagnoles de l'ancien collège Saint-Michel de Bruxelles, les gros moellons blancs provenant de la démolition des remparts d'Anvers, poutres et cheminées d'anciennes maisons malinoises et même les dalles d'une ancienne église de Campine en démolition afin d'embellir le hall d'entrée. Les cheminées en marbre ou en bois étaient toutes de style différent : l'une d'elles armoriée et couronnée provenait d'un ancien palais bruxellois. Il se trouvait souvent face à un autre acheteur Raymond Pelgrims de Bigard qui, lui, rénovait le château de Grand-Bigard[12] Parfois ils achetaient ensemble et se partageaient les matériaux. Ce fut le cas pour l'arcade en pierre blanche provenant de l'ancien hôtel de Hornes situé à Bruxelles. Elle était en effet trop grande pour chacun des jardins de ces châteaux.

Après avoir rassemblé tous les éléments constitutifs de cette future demeure, la guerre de 1914 survint. Les villageois, très inquiets d'être envoyés en Allemagne, proposèrent leurs services afin de participer à la construction. Une dalle de béton fut réalisée, c'est sur elle qu'allait reposer le château. Des puits et des citernes ont été creusés dans le parc; il fallait beaucoup d'eau pour la construction. Peu à peu, la construction s'éleva : a l'arrière, les garages, les caves, la laverie et la très lumineuse cuisine avec jolie vue sur le jardin français. et des escaliers menant à l'étage. Étage ouvert par la terrasse qui donnait sur le hall avec entrées sur la salle à manger et le grand salon qui communiquait avec le petit salon. Au premier étage, les chambres et la petite chapelle. Au second étage les chambres des domestiques et les greniers. La baronne de Trannoy mit tout en œuvre pour en faire sa maison choisissant elle-même les papiers peints, les tissus et sélectionnant cristaux, meubles, lits, etc.

Le château fut réquisitionné en partie par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Une bombe volante de type V1 est tombée laissant de profondes traces dans un mur du premier étage. Les Allemands, dans leur fuite emportèrent beaucoup de matériel et tous les coussins et oreillers de la maison.

FamilleModifier

Il fut le frère ainé de Mgr. Jules de Trannoy, protonotaire apostolique et Doyen du chapitre métropolitain à Malines et du général- baron Gaston de Trannoy, président national de la Fédération royale belge des sports équestres, vice président du Comité olympique belge.

Il avait épousé Marie de Volder, fille du ministre d'Etat qui devint vice-gouverneur de la Société générale de Belgique, mais n'eut pas de descendance. Avec son épouse il fit un long voyage au Congo belge dans le cadre de ses activités en cette Société. Son épouse mourut à Tongerlo le .

Il fit un testament et c'est sa nièce Geneviève de Trannoy (1912-2006), épouse du comte Raoul de Meeûs d'Argenteuil[13], qui hérita du château. Elle et son mari y sont décédés. D'origine française, la famille de Trannoy s'est ainsi éteinte en Belgique en 2006. Les trois fils de ce couple sont autorisés par arrêté royal du 27 octobre 1953[14] de joindre à leur nom celui de Trannoy, dont l'écrivain Henri de Meeûs.

Preuve de son bon goût, le château et la maison du jardinier furent classés peu avant la mort de cette dernière.

HonneursModifier

NationauxModifier

Religieux belgesModifier

  • Croix d'or de Saint-Rombaut

ÉtrangersModifier

HommagesModifier

Le square de Trannoy (ou plutôt de Trannoyplein) fut réalisé après sa mort à Tongerlo, Westerlo en province d'Anvers (Belgique).

BibliographieModifier

  • Baron de Herckenrode, Complément au Nobiliaire des Pays-Bas et du comté de Bougogne, la Famille de Knyff , Chez F et E Gyselynck, Gand, 1862, pp.75 à 82
  • Cte Humbert de Marnix de Sainte Aldegonde, Etat présent de la noblesse belge, S-T, Bruxelles, 2013, p. 343
  • Solange Vervaeck, Inventaris van het Archief Jules Malou 1810-1886, Algemeen rijksarchief, Brussel, 1971
  • Paul Arren, Van kasteel naar kasteel, tome 6, Hobonia, Kapellen, 1995, pp. 254 à 261.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Pour sa généalogie, lire Baron de Herckenrode, la famille de Knyff, Complément au Nobiliaire des Pays-Bas, Gand, 1862
  2. Sous la direction de Guy Zelis, Les intellectuels catholiques en Belgique francophone aux XIXe et XXe siècles, page 53, article de Thierry Scaillet. Presses universitaires UCL, 2009
  3. Photographie de la Gilde Saint-Sébastien de Tongerloo datant de 1400 parue dans l'Illustration belge de 1905 (page 152) et où l'on peut également voir Gaston de Trannoy portant sa première décoration et en armure jouant le rôle du comte de Charolais, fils de Philippe le Bon, duc de Bourgogne à l'occasion du Tournoi (page 134) dans le numéro spécial "« Les Fêtes jubilaires à Bruxelles à l'occasion du 75e anniversaire de la Belgique »
  4. Photo actuellement visible sur internet sur cette adresse en (nl).
  5. Ayant reçu concession de noblesse en 1911, le roi Albert I lui accorda le titre de baron en 1929
  6. a et b À l'époque la commune s'écrivait Tongerloo (Lire Eugène De Seyn, Dictionnaire des Communes belges).
  7. NUCA, Société anonyme située à Westmeerbeek qui fabriquait et commercialisait les produits Proba et qui remporta la médaille d'or lors de l'Exposition coloniale internationale de Paris de 1931.
  8. Libraire-éditeur de la Rue Royale, connu pour être le libraire du cardinal Mercier, des jésuites, des grands collèges, et qui fut arrêté le et expédié en Allemagne le suite à une perquisition dans le cadre de la Libre Belgique clandestine
  9. https://inventaris.onroerenderfgoed.be/erfgoedobjecten/43639
  10. L'un d'entre eux servit comme unique pont non dynamité par le Génie belge entre Westerlo et Tongerlo pendant la guerre de 40
  11. (nl) Kasteel van Jeanne de Merode.
  12. XX, Le Château de Grand-Bigard, imprimerie Lesigne, Bruxelles, sd.
  13. Membre de la Famille de Meeûs d'Argenteuil, Raoul fut Président du Concert Noble de Bruxelles et commissaire du Charbonnage de Monceau Fontaine.
  14. Baron de Ryckman de Betz, Armorial général de la noblesse belge, 1957