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Grande synagogue de Bordeaux

synagogue située en Gironde, en France

La grande synagogue de Bordeaux est le principal lieu de culte israélite de Bordeaux.

Grande synagogue de Bordeaux
Façade de la Grande synagogue de Bordeaux
Façade de la Grande synagogue de Bordeaux
Présentation
Culte Judaïsme
Type Synagogue
Début de la construction 1877
Fin des travaux 1882
Architecte Charles Durand et Paul Abadie.
Style dominant Néo-gothique et orientaliste
Protection Logo monument historique Classé MH (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Gironde
Ville Bordeaux
Coordonnées 44° 50′ 01″ nord, 0° 34′ 26″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Bordeaux

(Voir situation sur carte : Bordeaux)
Grande synagogue de Bordeaux

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Grande synagogue de Bordeaux

Sommaire

PrésentationModifier

Succédant à un premier édifice détruit par le feu en 1873, elle est élevée entre 1877 et 1882 sous la direction des architectes Charles Durand et Paul Abadie.

Siège de la communauté séfarade, elle compte parmi les plus vastes synagogues d'Europe et est classée monument historique depuis 1998[1].

HistoireModifier

La présence d'une communauté juive est attestée depuis plusieurs siècles dans la métropole aquitaine. Celle-ci s'accroît considérablement après la promulgation du décret de l'Alhambra (31 mars 1492) par lequel les Rois Catholiques décident d'expulser les juifs de la péninsule Ibérique[2]. Fuyant les persécutions de l'Inquisition, nombre d'entre eux décident de s'installer par-delà les Pyrénées, constituant des communautés souvent actives et prospères dans le sud-ouest de la France. La communauté juive bordelaise reste florissante durant plusieurs siècles, fournissant quelques grands noms dans les domaines de la littérature, des arts, du commerce et de la politique (Gradis, Raba, Nunés Pereyra, Pereire ou encore Mendès[3]).

Lors de la création du Consistoire central par Napoléon, un consistoire régional est créé à Bordeaux en 1808. Un an plus tard, une grande synagogue est fondée sous son impulsion rue Causserouge. Dessinée par l'architecte Armand Corcelles, elle s'inspire librement de l'architecture orientale[4]. Centre névralgique du quartier juif, cet édifice monumental est victime d'un terrible incendie au cours de l'année 1873.

Ce sinistre détermine les représentants de la communauté à se doter d'un nouveau sanctuaire, dont la réalisation est confiée à l'architecte André Burguet, puis, après la mort de ce dernier, aux architectes Charles Durand et Paul Abadie. Les travaux débutent officiellement en 1877 pour se terminer en 1882. Le 5 septembre de cette même année (soit le 21 elloul 5642 du calendrier hébraïque), la grande synagogue de Bordeaux est inaugurée et ouverte au culte[5].

Durant l'occupation allemande, la synagogue, pillée, sert de lieu d'internement aux juifs qui n'ont pas réussi à s'enfuir à temps. Près de 1 600 familles y sont emprisonnées avant d'être déportées vers les camps de Dachau et d'Auschwitz-Birkenau[5],[6].

De nos jours, la grande synagogue, qui s'élève dans une ruelle (rue du Grand-Rabbin-Joseph-Cohen) légèrement en retrait de la rue Sainte-Catherine, reste l'un des poumons de la communauté juive bordelaise. Les services du matin et du soir s'y tiennent quotidiennement.

ArchitectureModifier

L'architecture de la grande synagogue tient tout à la fois de l'esthétique gothique et des courants orientalistes alors en vogue dans une partie de l'Europe. Formant un vaisseau de 36 mètres de long sur 26 mètres de large, elle est précédée d'une façade monumentale cantonnée de deux tours[4]. Le projet initial prévoyait qu'elles soient prolongées par deux bulbes à base octogonale, mais ce parti ne faisant pas l'unanimité (certains membres de la communauté y voyant une influence chrétienne trop manifeste), les fonds affectés à leur achèvement furent supprimés[5].

L'intérieur reprend les dispositions du plan basilical antique, et se compose d'un vaisseau principal séparé des collatéraux par une série de quatorze colonnes corinthiennes (sept de chaque côté). Au niveau supérieur sont aménagées des tribunes (mekhitsa), espace traditionnellement réservé aux femmes.

Au fond du sanctuaire, le regard porte vers l'arche sainte (heckal), ménagée dans une grande arcade en arc outrepassé. Un rideau de velours (parokhet) aux teintes grenat lui sert d'écrin.

La partie centrale de la synagogue est occupée par une estrade (tebah) où viennent officier les ministres du culte. Celle-ci est précédée d'un monumental chandelier à sept branches (menorah) de près de 4,50 m de hauteur[5].

La couverture de l'édifice est une structure métallique porteuse en tôle rivetée, œuvre des ateliers de Gustave Eiffel. L'ossature métallique est dissimulée par une voûte en anse de panier bordée de berceaux transversaux, l'ensemble s'élevant à plus de 16 mètres. Cette disposition permet de dégager un espace intérieur de grande ampleur, et accentue l'effet de monumentalité de l'édifice.

Notes et référencesModifier

  1. « Classement de la grande synagogue de Bordeaux », notice no PA00083914, base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 6 décembre 2009
  2. Voir l'Histoire des Juifs dits Portugais
  3. Voir Pierre Mendès France
  4. a et b Le Patrimoine des communes de la Gironde, éd. Flohic, tome I, p. 311.
  5. a, b, c et d La synagogue de Bordeaux
  6. Voir Boris Cyrulnik.

Voir aussiModifier