Gorges du Verdon

Canyon en France

Gorges du Verdon
Les gorges du Verdon vues du belvédère de Trescaire.
Les gorges du Verdon vues du belvédère de Trescaire.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence, Var
Coordonnées 43° 45′ 32″ nord, 6° 18′ 36″ est
Rivière Verdon
Largeur 1 500 m
Profondeur 700 m
Géologie
Roches Calcaire
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
(Voir situation sur carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Gorges du Verdon
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Gorges du Verdon

Les gorges du Verdon sont un ensemble de gorges creusé par la rivière Verdon séparant les Préalpes de Castellane et les Préalpes de Digne, en France.

GéographieModifier

Situation, topographieModifier

Le Verdon prend sa source tout près du col d'Allos, dans le massif des Trois Evêchés (2 819 m). Il se jette dans la Durance, près de Vinon-sur-Verdon après avoir parcouru près de 175 kilomètres.

Une partie de son cours entre Castellane et le pont du Galetas se situe aujourd'hui sur le lac de Sainte-Croix qui était, il y a quelques dizaines d’années, la grande plaine des Salles-sur-Verdon, avant la mise en eau du lac artificiel créé par l’édification du barrage de Sainte-Croix. Avant la montée des eaux en 1973, le nouveau village des Salles-sur-Verdon a été construit plus haut et plus moderne (c’est maintenant un des plus jeunes villages de France) et l'ancien village des Salles a été évacué et détruit.

Les gorges du Verdon constituent le long de la frontière entre les départements du Var au sud et les Alpes-de-Haute-Provence au nord, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Cette région, entre Castellane et le lac de Sainte-Croix, s’appelle les gorges du Verdon. Elle se divise en trois parties :

  • les pré-gorges, qui vont de Castellane à Pont-de-Soleils (commune de Castellane) ;
  • les gorges qui vont de Pont-de-Soleils (commune de Castellane) au lieu-dit de l'Imbut (commune de La Palud-sur-Verdon) ;
  • la gorge qui va du lieu-dit de l'Imbut (commune de La Palud-sur-Verdon) au pont du Galetas (commune de Moustiers-Sainte-Marie).

Les gorges du Verdon sont étroites et profondes : de 250 à 700 mètres de profondeur, pour 6 à 100 mètres de large au niveau de la rivière du Verdon, et 200 à 1 500 mètres d’un versant à l’autre au sommet des gorges.

GéologieModifier

Pendant la période du Trias, la Provence s’affaisse et la mer la recouvre, déposant d’épaisses couches de calcaires divers.

Pendant la période Jurassique, la Provence est recouverte d’une mer chaude et peu profonde, facilitant la multiplication des coraux.

Au Crétacé, la Basse Provence se rehausse et la mer atteint l’emplacement actuel des Alpes.

L’ère Tertiaire voit l’édification des Alpes. C’est à cette époque que le Verdon trace son cours.

FloreModifier

Le relief particulier des gorges en fait un écosystème à part, où vivent des espèces rares :

HistoireModifier

La vallée du Verdon a été habitée par le peuple gaulois des Vergunni.

Les gorges du Verdon n’attirent l’attention des voyageurs que tardivement. Les premières descriptions imprimées datent du tournant des XVIIIe et XIXe siècles, mais restent rares (une en 1782, une autre en 1804)[2]. Malgré le développement de la sensibilité aux beautés naturelles et la vogue du romantisme, ils ne remarquent qu’une coupure et ne s’attardent pas à la description d’un site accessible uniquement par des sentiers muletiers. Les gorges ne deviennent connues qu’avec la description qu’en fait Élisée Reclus en 1879[3], et la diffusion des guides touristiques (guides Joanne notamment à partir de 1877[4], Guide touristique de la Provence, guide Baedeker) à la Belle Époque.

Les gorges sont cartographiées par les Cassini (années 1770)[5] et les ingénieurs géographes du roi, en 1778[6].

C’est Édouard-Alfred Martel qui dirige la première expédition à descendre de bout en bout les gorges du Verdon[réf. nécessaire] (voir sentier Martel) ; l'expression de canyon est d’ailleurs de lui[7]. Le tourisme se développe lentement dans les années 1880-1900[8] : la route est malaisée et dangereuse, les infrastructures (hôtels, restaurants, routes, sentiers) rares et peu confortables. De plus, le principal moyen de transport de l’époque, le chemin de fer, s’arrête à Saint-André-les-Alpes, ce qui oblige à louer des voitures pour venir voir les gorges[9].

Dans les années 1890 (et jusqu’aux années 1920), des projets de retenues rendant les gorges navigables voient le jour[10]. Le premier aménagement date de 1906 : le Touring club de France (TCF) trace un sentier qui permet de descendre dans les gorges[11]. Le premier essor touristique des gorges date de la fin des années 1920 et des années 1930, sous l’impulsion du TCF : campagne de presse à partir de 1928, voyages de découverte, reportage diffusé au cinéma, visite de journalistes britanniques[12]. Cette promotion est complétée par de nouveaux travaux en 1929 et 1930 : amélioration de la viabilité de la route, à l’initiative et en partie sur les fonds du TCF[13], aménagement de belvédères (dont le Point Sublime), incitation aux compagnies de transport local pour multiplier les dessertes, aménagement de nouveaux sentiers inaugurés en [14], enfin création du refuge de Malines en 1936[15]. Ces efforts attirent quelques milliers de touristes chaque année[16].

Le site est devenu un site naturel protégé depuis le .[réf. nécessaire]

Les barrages hydroélectriquesModifier

 
Le barrage de Sainte-Croix, vu des basses-gorges de Baudinard.

Entre 1929 et 1975, cinq barrages ont été édifiés sur le cours du Verdon, entre Saint-André-les-Alpes et Gréoux-les-Bains. Ces barrages correspondent à autant de retenues d’eau :

  • lac de Castillon avec engloutissement du village du même nom ;
  • retenue de Chaudanne ;
  • lac de Sainte-Croix avec engloutissement du village des Salles-sur-Verdon, du pont romain dit pont d’Aiguines, du pont de Garuby et de la résurgence Fontaine l’Evêque à Bauduen. C’est l'un des plus grands lacs artificiels de France ;
  • retenue de Quinson, parfois improprement nommée « lac de Montpezat », du nom du village qui la domine ;
  • lac d'Esparron.

Chronologie :

Points remarquablesModifier

 
Le Styx du Verdon.

Le Styx du Verdon, nommé ainsi par référence au Styx de la mythologie grecque, est une sorte de mini canyon dans le canyon.

L’Imbut est un passage resserré par où le Verdon disparaît sous terre, sous un énorme chaos rocheux (embut signifie entonnoir en occitan provençal[17]).

ActivitésModifier

Les gorges du Verdon attirent de nombreux touristes, surtout pendant la période estivale.

Le parc naturel régionalModifier

Itinéraires routiersModifier

Deux itinéraires routiers permettent de visiter les gorges du Verdon, l’un par la rive droite, au nord, allant de Castellane à Moustiers-Sainte-Marie par la route D952 et l’autre par la rive gauche, au sud, allant d’Aiguines à Castellane par la D71, D90 et D955.

 
Le pont de Chaulière sur l'Artuby.

Le pont de l’Artuby traverse les gorges du même nom. Ce pont dont la dénomination exacte est « pont de Chaulière » est long de 110 mètres. Son hauteur est de 140 mètres ; il a été construit entre 1938 et 1947.

EscaladeModifier

 
Grimpeurs sur une paroi du Verdon.

Les gorges du Verdon sont un site d'escalade qui comporte plus de 2 500 voies d'escalade[18].

L'escalade dans les gorges débute à l'été 1968, avec l'ouverture en 4 jours de la grande voie Les Enragés (300 m, 6b+) par quatre grimpeurs dont Patrick Cordier[19] puis de La Demande (1968, 320 m, 6a) avec François Guillot[20].

La pratique se développe surtout dans les années 1980, avec l'essor de l'escalade sportive en France et l'équipement permanent de nombreuses voies.[réf. nécessaire] L'escalade dans les gorges est médiatisée dans la presse spécialisée et révélée au grand public dans des documentaires, comme ceux de Jean-Paul Janssen : Overdon (1980) qui présente le grimpeur Patrick Berhault et Opéra vertical (1982) qui révèle le grimpeur Patrick Edlinger. Les gorges deviennent ainsi le site majeur d'escalade sportive en France, voire en Europe, durant les années 1980 et le début des années 1990[21].

La fréquentation du site diminue ultérieurement, avec la mode pour d'autres styles d'escalade (voies courtes, dévers) et l'essor d'autres sites en France (Buoux, Ceüse) et en Europe (falaises espagnoles). Depuis quelques années, certaines voies sont interdites pour protéger la nidification des vautours récemment réintroduits[22].

Randonnée pédestreModifier

Dans la partie des « gorges » que se trouvent plusieurs randonnées :

Autres sportsModifier

Les gorges sont le lieu de pratique d'autres sports, à l'exemple du canoë-kayak, parapente, rafting, saut à l'élastique, le base jump et du canyonisme.

La rivière du Verdon est une destination privilégiée par les pêcheurs notamment à la mouche.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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BibliographieModifier

  • Alain Collomp, La découverte des gorges du Verdon : histoire du tourisme et des travaux hydrauliques, Édisud, 2002, (ISBN 2-7449-0322-1)
  • J. Chardonnet, Le relief du Grand Cañon du Verdon, Bulletin de l'Association de géographes français, Vol. 20, no 157, 1943, pp. 87-97
  • Collectif et Fédération Française de la Randonnée Pédestre (FFRP), Parc naturel régional du Verdon, à pied, à VTT, à cheval, Maison du Parc, Domaine de Valx, 04360 Moustiers-Sainte-Marie, ADRI / Parc naturel régional du Verdon, , 191 p. (ISBN 2-906924-28-8)
    Guide de découverte par les chemins … 60 parcours de randonnées : Plateau de Valensole, Haut-Var et Basses gorges du Verdon, Lac de Sainte-Croix, Grandes gorges du Verdon, Artuby, Montdenier, Massifs préalpins : Quatrième partie : Grandes gorges : pp. 82 à 102
  • Livret de sensibilisation Randonnée aquatique Gorges du Verdon

Notes et référencesModifier

  1. Alain Collomp, La découverte des gorges du Verdon : histoire du tourisme et des travaux hydrauliques, Édisud, 2002, (ISBN 2-7449-0322-1), p 72
  2. Alain Collomp, op. cit., p. 11-17.
  3. Alain Collomp, op. cit., p. 21.
  4. Alain Collomp, op. cit., p. 33.
  5. Alain Collomp, op. cit., p. 18-19.
  6. Alain Collomp, op. cit., p. 20.
  7. Alain Collomp, op. cit., p. 22-23.
  8. Alain Collomp, op. cit., p. 32.
  9. Alain Collomp, op. cit., p. 41-42.
  10. Alain Collomp, op. cit., p. 36.
  11. Alain Collomp, op. cit., p. 71.
  12. Alain Collomp, op. cit., p. 97-98 et p. 105-107.
  13. Alain Collomp, op. cit., p. 101-102.
  14. Alain Collomp, op. cit., p. 102-103.
  15. Alain Collomp, op. cit., p. 110-111.
  16. Alain Collomp, op. cit., p. 108.
  17. Alain Foucault et Jean-François Raoult, Dictionnaire de géologie, Paris, Dunod, coll. « Universciences », , 382 p. (ISBN 978-2-10-049071-4, OCLC 166588470)
  18. Grimper, no 158 (hors-série), été 2014
  19. Verdon - Le Duc: Les enragés, camptocamp.org
  20. Verdon - L'Escalès: La Demande, camptocamp.org
  21. La Palud sur Verdon et... le petit monde de l’escalade
  22. Anne Ferment, Voies d'escalade et nidification des Vautours du Verdon en 2016, Ligue pour la protection des oiseaux, 20 avril 2016