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François-Joseph Westermann

général français

BiographieModifier

D'origine incertaine, sa date de naissance varie entre 1751 et 1765 selon les sources. Il est fils d'un procureur, petit-fils de Jacobée Westermann, fournisseur de l'armée en chevaux.

Il s'engage dans un régiment de cavalerie, qu’il quitte peu après en 1773 pour la gendarmerie. Il est sans emploi lorsque débute la Révolution dont il embrasse la cause en venant à Paris en 1789, puis en fréquentant les Jacobins d'Alsace, qui le font nommer en 1790 greffier de la municipalité de Haguenau.

De retour à Paris, il prend part à la Journée du 10 août 1792 en prenant la tête de la garde-nationale du Faubourg-Saint-Antoine, et est le premier à forcer l'entrée aux Tuileries en plaçant des canons devant toutes les portes, puis en massacrant les gardes suisses. Il est nommé adjudant-général par le Conseil exécutif dont le chef était Danton qui l'envoie, après les massacres de septembre, en mission secrète auprès de Dumouriez à l’armée du Nord. Arrêté après la trahison de celui-ci, il vient protester devant la Convention et est relaxé le 4 mai 1793.

Nommé général de brigade le 15 mai 1793, il est aussitôt affecté comme commandant en chef de l’armée des côtes de La Rochelle. Le 18 juin 1793 pourtant, c’est Marat qui, à la Convention nationale, le dénonce « comme agent de Dumouriez » et pour « ses exactions en Belgique, pour soulever les Belges contre nos armées et anéantir leur réunion », dira-t-il.

En Vendée, il se montre implacable et pratique une politique de terreur à l'égard des contre-révolutionnaires. Le , avec 4 000 hommes, il prend d'assaut Parthenay, que défendait Lescure avec 5 000 Vendéens. Il réussit de même le 3 juillet à prendre Châtillon, après la bataille du Moulin aux chèvres[2]. Il participe aussi, avec des fortunes diverses[3], aux combats de Châtillon le 8 octobre, d'Entrammes le 25 octobre, d'Antrain le 18 novembre, de La Flèche le 8 décembre et du Mans le 12 décembre. Après la bataille de Savenay, du , il a, selon Jacques Crétineau-Joly, écrit au Comité de salut public une lettre contenant le passage suivant, resté célèbre :

« Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m'aviez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes, qui, au moins pour celles-là n'enfanteront plus de Brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé[4],[5]. »

Rappelé ensuite à Paris, et traduit devant le Tribunal révolutionnaire, il est condamné à mort et guillotiné le même jour que les dantonistes.

Lors de son procès, Danton nie être lié à Westermann : « On me parle aussi de Westermann, mais je n’ai rien eu de commun avec lui ; je sais qu’à la journée du 10 août, Westermann sortit des Tuileries, tout couvert du sang des royalistes, et moi je disais qu’avec 17 000 hommes, disposés comme j’en aurais donné le plan, on aurait pu sauver la patrie[6]. »

Une rue à Pantin ainsi qu'un bateau de croisière sur le Rhin portent le nom de celui qui fut surnommé « le boucher de la Vendée ». Une rue portant son nom à Paris a disparu pour laisser place à l'actuel square du Docteur Jacques-Joseph Grancher.

ÉcritModifier

  • Général de brigade Westermann, Campagne de la Vendée, Paris, De l'imprimerie, rue du Théâtre-Français, , 42 p. (lire en ligne)

CinémaModifier

Notes et référencesModifier

  1. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, Robert Laffont, 1912-1931 (réimpr. 2009), p. 317.
  2. L'Histoire, no 377, juin 2012, p. 44.
  3. Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire, t. II, Paris, Georges Saffroy, (lire en ligne), p. 569
  4. Jacques Crétineau-Joly, Histoire de la Vendée militaire, t. II, H. Plon, (lire en ligne), p. 4
  5. « La Virée de Galerne », Historia , no 768,‎ , p. 59
  6. La Patrie en danger (Danton).

Voir aussiModifier