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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gosselin.

Famille Roland-Gosselin
Image illustrative de l’article Famille Roland-Gosselin

Période XVIe siècle au XXIe siècle
Pays ou province d’origine Duché de Normandie Royaume de France
Demeures Château de la Petite Roseraie, Château de Bois-Préau, Villa Mendichka, Château de Montsoult, Villa Béthanie, Château de Pépinville
Charges Agents de change à Paris, Président de l'Académie des sciences, botaniste, professeur à l'Institut catholique de Paris, historien, écrivain, membre de l'Institut de France
Fonctions ecclésiastiques Archevêque de Lattaquié, évêque de Versailles, évêque auxiliaire de Paris, vicaire capitulaire de l'Archidiocèse de Paris, chanoine de Notre-Dame-de-Paris, religieux, prêtre séculier, Aumônier militaire, Assistant au trône pontifical
Récompenses civiles Ordre national de la Légion d'honneur, Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, Ordre des Palmes académiques

La famille Roland-Gosselin est une famille d'origine normande installée au XVIIIe siècle à Paris et qui compte parmi ses membres des agents de change, des ecclésiastiques dont un évêque, mais aussi un botaniste qui fut élève à l'école polytechnique et d'autres personnalités.

HistoireModifier

Les Gosselin à Rouen au XVIe siècleModifier

 
Rue Saint Romain, berceau de la famille Gosselin.

La famille Roland-Gosselin est issue des Gosselin, vieille famille de Rouen remontant jusqu'au XVIe siècle.

Alain Gosselin (1545-1630), bourgeois de Rouen, était marchand « chincher » c'est-à-dire qu'il faisait partie de la corporation des « vendeurs ou acheteurs de robes, vieux linges, pelleterie et cuirien » dont les premiers statuts étaient antérieurs au XIIIe siècle. Une veuve Gosselin fit éditer des étiquettes, première forme de publicité pour annoncer que « mercière rue saint romain à côté de la Chambre des comptes, près de la rue des Quatre Vents, vend toutes sortes de meubles des plus à la mode, comme lits de damas de toutes couleurs, lits façonnés, lits à tombeau avec leur couches cintrées et unies, tapisseries de haute lisse de Bergame, de points de Hongrie et en jus d'herbe, commodes à dessus et sans dessus de marbre, miroirs et trumeaux de toute façon, tableaux et cheminées en lierre et en marbre, bordures dorées de toute largeur, feu de cheminée en couleur, en or et en argent haché, flambeaux, gardes vues en argent haché, tables à quadrille, damassés de Caux bon teint, damassés d'Abeville ».

Alain Gosselin avait épousé Marie Louys et appartenait à la paroisse Saint Amand de Rouen.

Son petit-fils, Johachim Gosselin (1596-1650), lui aussi marchand chincher était dit honorable homme et son épouse Anne Mirault, honnête femme. Un autre Gosselin, Jacques (1664-1728) vient se fixer à l'ombre de la cathédrale, rue Saint-Romain au logis du Grédel, maison que gardera la famille. Les Gosselin, négociants chevronnés, se voient souvent confier le poste de trésorier du conseil de fabrique de la paroisse Saint Nicolas.

Les Gosselin à Paris au XVIIIe siècleModifier

C’est sous la Révolution française que les Gosselin vinrent se fixer à Paris en la personne de Jean-Baptiste Gosselin, négociant ayant épousé Marie Louise Augustine de Sinçay, fille de Louis-Alexandre de Sinçay avocat au parlement et procureur au châtelet de Paris. Leur troisième fils Alphonse Gosselin relèvera le nom de sa mère et se fera appeler Alphonse Gosselin de Sinçay, officier d’artillerie sous Napoléon Ier, il mourut à Wagram sans descendance.

Son frère aîné Alexandre Roland-Gosselin devient agent de change à la bourse de Paris et est élu adjoint au syndic des agents de change. Alexandre était connu dans les affaires sous le nom de Roland Gosselin. En France, le statut d'agent de change remontait à 1802 au tout début de l'histoire boursière ; il assurait aux titulaires la qualité d'officiers ministériels, un numerus clausus comparable à celui des notaires ou des huissiers, et le monopole des transactions de bourse. Ce numerus clausus est durci par l'ordonnance du , qui ramène le nombre de charges de 100 à 60, cessibles et cautionnées à au moins 125 000 francs contre 60 000 avant. Il acquiert le château de la Petite Roseraie à Chatenay-Malabry et fait agrandir le parc, rachetant les terres et propriétés avoisinantes, n’hésitant pas en 1853 à démolir la maison Arouet, maison natale de Voltaire.

Les Roland-Gosselin depuis 1833Modifier

 
Alexandre, premier du nom.

Son frère Benjamin-Eugène Gosselin reçoit du roi Louis-Philippe Ier une ordonnance de 1833 l’autorisant à faire précéder son nom de celui de « Roland » et de s’appeler à l’avenir Roland-Gosselin. Son fils Louis Roland-Gosselin (1826-1907) devient lui aussi agent de change et adjoint au syndic par ordonnance de l’empereur Napoléon III. Il fonde la charge Roland-Gosselin qui reste dans la famille jusqu’à la disparition de la profession d’agent de change. Le monopole d’agent de change a disparu au terme de la réforme de 1989. Le statut d'agent de change a disparu alors, pour être remplacé par celui de société de bourse. Très peu d'entreprises indépendantes subsistent aujourd'hui parmi les anciennes charges d'agents de change. Louis avait une fortune considérable, considérée par Annie-Lacroix Riz comme l'une des plus grandes de France.

Le fils aîné de Louis, Eugène Roland-Gosselin, agent de change lui aussi, fit construire la villa Mendichka à Urrugne, dans les Pyrénées-Atlantiques. Il perdit sa femme, née Marie Hoskier, ainsi que sa belle-mère Élise Hoskier née Weyer (épouse du consul général du Danemark à Paris, Émile Hoskier) en 1897 dans l’incendie du Bazar de la charité. La catastrophe coûta la vie à plus de cent-vingt personnes, la plupart étant des femmes charitables issues de la haute société parisienne.

Louis Roland-Gosselin, né le à Paris et mort le dans la même ville[1] est le fils de Benjamin Eugène Roland-Gosselin (1791-1869), associé et fondé de pouvoir de son frère l'agent de change Alexandre Roland-Gosselin. Membre du Cercle des chemins de fer[1],[2], il est nommé agent de change le par décret de l’empereur Napoléon III et agréé comme agent de change de la Banque de France, des compagnies de chemin de fer, des compagnies d’assurance et des représentants de la haute Banque : Mallet, Vernes, Hottinguer, etc. En 1861, il devient membre de la chambre syndicale des agents de change de Paris et appelé dix-sept fois y siéger comme adjoint au syndic[1]. L’Église catholique et ses congrégations constituent une part importante de sa clientèle. Pour ce motif, Le Charivari, journal satirique de l’époque écrivait en 1861 : « la clergé a son agent de change préféré qui est l’honorable M. Roland-Gosselin qu’on nomme parfois en bourse Fra Roland ou l’Abbé Gosselin à cause de sa spécialité. » Louis Roland-Gosselin aide financièrement à l’édification de dix-sept églises à Paris, dont la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Le pape Léon XIII propose, à la suite d’un don important au denier de Saint-Pierre, de lui remettre le titre de comte palatin du Latran, qu’il décline. Il est fait commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. Il est nommé chevalier de l'ordre de la Légion d’honneur le [1]. Marié en 1848 à Adeline Sophie Masse (1828-1889)[3]), ils ont eu treize enfants, parmi lesquels Eugène (1854-1919), qui lui succède, et François qui succédera à son aîné.

Généalogie simplifiéeModifier

Descendance de Jean Baptiste GosselinModifier

Autres personnalités de la famille Roland-GosselinModifier

GalerieModifier

Églises et bâtiments sociaux-médicaux financés par la famille Roland-GosselinModifier

HommagesModifier

Armes de la famille Roland-GosselinModifier

Les armes de la famille Roland-Gosselin se blasonnent ainsi :

« de gueules, au dextrochère de carnation, armé d'argent, tenant une épée du même garnie d'or, surmonté d'une croix fleurdelisée d'or, et accompagné sur chaque flanc d'une fleurdelys du même  »[5].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Augustin Hamon, Les maîtres de la France, volume 3, Paris, 1938.
  • André Delavenne, Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne, Paris, 1954
  • Joseph Valynseele, Les Maréchaux de Napoléon III : leur famille et leur descendance, Paris, 1980.
  • Pierre Nicolas, Jacques-Régis du Cray, Martyrologe du Bazar de la charité : les victimes de l'incendie du 4 mai 1897 et leurs familles : dictionnaire prosopographique, 2000.
  • Philippe Barbet, Les Roland-Gosselin : cinq siècles de souvenirs, 2003.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. a b c et d « Roland-Gosselin ».
  2. « Généalogie de Louis Roland-Gosselin »
  3. Société d'études de la province de Cambrai, Mémoires, (lire en ligne)
  4. Thérèse Lenôtre, Notes et souvenirs, 1940.
  5. Grand Armorial International