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Evguéni Guéguétchkori

homme politique géorgien
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guéguétchkori (patronyme).

Evguéni Guéguétchkori
ევგენი გეგეჭკორი
Illustration.
Evguéni Guéguétchkori
Fonctions
Haut-Commissaire à la Transcaucasie (Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie)

(4 mois)
Président du Comité exécutif de la Transcaucasie

(2 mois)
Successeur Akaki Tchenkéli
Président du gouvernement en exil de la République démocratique de Géorgie

(1 an)
Prédécesseur Noé Jordania
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Martvili (Géorgie)
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Date de décès (à 73 ans)
Lieu de décès Paris
Drapeau de la France France
Sépulture Carré géorgien du cimetière de Leuville-sur-Orge
Nationalité russe, puis géorgienne
Parti politique Parti ouvrier social-démocrate, menchevik
Profession Avocat

Evguéni Guéguétchkori

Evguéni Guéguétchkori[1], parfois Evgueni Gueguetchkori (en géorgien : ევგენი გეგეჭკორი ; en russe : Евгений Петрович Гегечкори), né le 20 janvier 1881 à Martvili en Géorgie et mort le 5 juin 1954 à Paris, était un homme politique russe, transcaucasien, et géorgien, membre du Parti ouvrier social-démocrate géorgien.

BiographieModifier

L'apprentissage politiqueModifier

En 1903, durant ses études de droit à l'Université de Moscou, il participe aux mouvements étudiants et rejoint la tendance menchévique du Parti ouvrier social-démocrate russe.

En 1905, en Géorgie, il s'implique dans la révolution.

Député de l'Empire russe (1907 à 1912)Modifier

De 1907 à 1912, il siège sur les bancs de l'opposition à la IIIe Douma russe accordée par le tsar Nicolas II, au titre de représentant de la circonscription de Koutaîssi (Géorgie occidentale). Il lui est attribué une appartenance maçonnique au Grand Orient de l’Empire russe[2], par un historien polonais[Note 1].

Homme d'État transcaucasien (1917 & 1918)Modifier

Après la révolution de février 1917, il est nommé au Haut-commissariat à la Transcaucasie par le Gouvernement provisoire russe, confirmé le dans ses fonctions de président de l'exécutif transcaucasien par une assemblée parlementaire transcaucasienne provisoire[3], fonctions qu'il occupe jusqu'au , date de la proclamation de la République démocratique fédérative de Transcaucasie par l'Assemblée parlementaire transcaucasienne[4]. Il est ensuite ministre du Travail, puis ministre de la Guerre, du nouvel exécutif jusqu'au 1918, date de proclamation de la République démocratique de Géorgie.

Ministre géorgien (1919 à 1921)Modifier

Après la proclamation de la République démocratique de Géorgie, le 26 mai 1918, et l'élection de l'Assemblée constituante géorgienne, en février 1919, il est nommé ministre des Affaires dans le 3e gouvernement géorgien présidé par Noé Jordania. Il occupe également -brièvement- le poste de ministre de la Justice (laissé par son titulaire Rajden Arsénidzé pour se consacrer exclusivement au poste de secrétaire général du Parti ouvrier social-démocrate géorgien).

En mars 1921, après l'invasion du territoire géorgien par les armées de la Russie soviétique, il s'exile avec la classe politique géorgienne d'abord à Constantinople, puis à Paris.

Exilé (1921 à 1954)Modifier

Introduit dans les milieux radicaux-socialistes par son appartenance à la franc-maçonnerie et auprès de la SFIO par l'accueil qu'il avait réservé à la délégation de la IIe internationale socialiste en Géorgie en 1919, il poursuit son travail diplomatique pour la cause géorgienne.

En 1942, ce réseau lui permet d'être informé du traitement que l'occupant allemand réserve aux Juifs en général, et aux Juifs géorgiens en particulier : grâce à l'appui de différentes personnes, à Paris (Sossipatré Assathiany et Sacha Korkia), à Vichy (Adrien Marquet) et à Berlin (Michel Kédia), non seulement les Juifs géorgiens exilés en France sont dispensés de porter l'étoile jaune, mais au total 250 familles juives de différentes origines géographiques voient leurs noms "géorgianisés" et seront sauvées de la déportation[5]. Il lui est parfois attribué par certains historiens, Françoise Thom en particulier, une entrevue secrète, à Genève, en 1952, avec Lavrenti Beria : outre le fait que ce dernier avait épousé sa nièce et que les deux hommes auraient entretenu des relations personnelles par émissaires interposés durant plusieurs décennies, une coïncidence d'agenda validerait cette hypothèse. Aucune preuve concrète n'en a jusqu'à présent été apportée.

De janvier 1953 à juin 1954, Evguéni Guéguétchkori dirige le gouvernement géorgien en exil.

Il repose au carré géorgien du cimetière de Leuville-sur-Orge[6].

NotesModifier

  1. Ludwik Hass (1918-2008), historien, spécialiste de la franc-maçonnerie, estime qu’en 1913, il existe environ 400 francs-maçons dans l’Empire russe, regroupés en 40 loges dont une à Tiflis et une autre à Koutaïssi, dans lesquelles cohabitent certains K.D., certains sociaux-révolutionnaires et certains sociaux-démocrates : Evguéni Guéguétchkori est l’un de ces derniers

RéférencesModifier

  1. Colisée : « Biographie d'Evguéni Guéguétchkori » consulté le 12 mars 2014
  2. (en) Ludwik Hass, « The Russian masonic movement in the years 1906-1918 », sur Acta Poloniae Historica, , p. 113.
  3. Histoire de Géorgie par Alexandre Manvelichvili, Paris, 1951, Nouvelles Éditions de la Toison d'Or, page 419
  4. Histoire de Géorgie par Alexandre Manvelichvili, Paris, 1951, Nouvelles Éditions de la Toison d'Or, page 421
  5. Colisée : « L'Office des réfugiés géorgiens en France » consulté le 12 mars 2014
  6. Luc Méloua : "Les tombes géorgiennes du cimetière de Leuville-sur-Orge Site Samchoblo consulté le 4 novembre 2015

Voir aussiModifier