Eveline Widmer-Schlumpf

femme politique suisse

Eveline Widmer-Schlumpf
Illustration.
Portrait officiel (2011).
Fonctions
110e conseillère fédérale

(8 ans)
Élection 12 décembre 2007
Réélection 14 décembre 2011
Prédécesseur Christoph Blocher
Successeur Guy Parmelin
Cheffe du Département fédéral des finances

(5 ans et 2 mois)
Prédécesseur Hans-Rudolf Merz
Successeur Ueli Maurer
Présidente de la Confédération suisse

(1 an)
Élection 14 décembre 2011
Prédécesseur Micheline Calmy-Rey
Successeur Ueli Maurer
Cheffe du Département fédéral de justice et police

(2 ans et 10 mois)
Prédécesseur Christoph Blocher
Successeur Simonetta Sommaruga
Conseillère d'État du canton des Grisons

(9 ans)
Élection
Réélection
Députée au Grand Conseil du canton des Grisons

(4 ans et 11 mois)
Législature 1994-1998
Biographie
Nom de naissance Eveline Schlumpf
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Felsberg (Suisse)
Origine Mönchaltorf (ZH)
Felsberg (GR)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Parti politique UDC (jusqu'en 2008)
PBD[1] (2008-2021)
Père Leon Schlumpf
Diplômée de Université de Zurich
Profession Avocate
Notaire
Religion Protestante
Conseillers fédéraux de Suisse
Présidents de la Confédération suisse
Conseillers d'État du canton des Grisons

Eveline Widmer-Schlumpf, née le à Felsberg, est une femme politique suisse, membre de l'Union démocratique du centre[1] puis du Parti bourgeois démocratique. Elle est conseillère fédérale du au et présidente de la Confédération en 2012.

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Originaire de Mönchaltorf et Felsberg, fille de Leon Schlumpf, conseiller fédéral de 1980 à 1987, elle grandit avec ses deux sœurs[2] à Felsberg, où elle réside encore. En 1976, elle obtient sa maturité fédérale au gymnase de Coire. Elle étudie ensuite le droit à l'Université de Zurich, obtenant sa licence en 1981 puis son doctorat[3] en 1990. Durant son adolescence, elle milite pour le droit de vote des femmes[4]. Plus tard, elle soutient l'adhésion de la Suisse à l'ONU et s'oppose à l'impôt dégressif[4].

Carrière professionnelleModifier

Elle travaille d'abord comme greffière auprès du Tribunal cantonal des Grisons de 1981 à 1987[5], puis comme avocate et notaire entre 1987 et 1998. Élue en parallèle à la cour de district de Trin dès 1985, elle en est présidente (première femme à ce poste) entre 1991 et 1997[6].

En , elle est élue présidente de l'association Pro Senectute, organisation de services destinés aux personnes âgées et à leurs proches en Suisse, et prend ses fonctions le [7].

Carrière politiqueModifier

De 1989 à 1998, elle est vice-présidente de la section grisonne de l'UDC[5].

Elle est élue au Grand Conseil du canton des Grisons en 1994, avant de devenir le 15 mars 1998[2] la première femme élue au gouvernement du canton des Grisons puis sa première présidente en 2001 et 2005.

En 2003, Ueli Maurer la qualifie, dans un entretien accordé à un hebdomadaire suisse alémanique, de candidate potentielle très valable pour le Conseil fédéral et ajoute qu'elle est l'une des politiciennes les plus compétentes du pays[8].

De mai 2004 à 2007, elle est membre du Conseil de banque de la Banque nationale suisse[9] et présidente de la Conférence des directeurs cantonaux des finances dès 2001[6]. À ce titre, elle se bat en 2004 contre le « paquet fiscal » proposé par la Confédération[10] et qui est finalement rejeté en votation populaire[6].

Conseillère fédéraleModifier

Le , elle est élue par l'Assemblée fédérale au Conseil fédéral en obtenant, au deuxième tour de scrutin, 125 voix contre 115 à Christoph Blocher, conseiller fédéral sortant, sans être officiellement candidate à ce poste[11],[12]. Après quelques heures de suspension de séance, l'Assemblée fédérale lui accorde un délai de réflexion jusqu'au pour indiquer si elle accepte ou non son élection. Le 13 au matin, elle confirme qu'elle accepte son élection, devenant ainsi officiellement conseillère fédérale[13]. Le , elle prend la tête du Département fédéral de justice et police.

Le comité directeur de son parti lui demande de quitter son poste, mais elle refuse[14]. Le , une manifestation réunissant plus de 12 000 personnes, principalement des femmes, sur la Place fédérale à Berne lui apporte son soutien[8]. Elle est directement mise en cause dans un documentaire appelé La chute de Christoph Blocher, réalisé par la télévision suisse allemande[15], puis considérée comme « traîtresse » par son parti pour avoir « comploté pour son élection au Conseil fédéral »[16]. Dans l'incapacité de l'exclure de l'UDC, la direction nationale du parti décide alors, à la suite d'une consultation des différentes sections, d'exclure l'ensemble de la section grisonne le [17]. Le , les délégués de la section décident de changer de nom pour prendre celui de Bürgerliche Partei Schweiz, formant ainsi la première section de ce qui deviendra le Parti bourgeois démocratique[18].

Le , elle est nommée à titre intérimaire à la direction du Département fédéral des finances pendant l'indisponibilité d'Hans-Rudolf Merz empêché pour raison de santé[19]. Après son rétablissement et une cure, Merz reprend ses activités le [20].

Le , à la suite de l'élection de Simonetta Sommaruga et de Johann Schneider-Ammann, elle se voit attribuer le Département fédéral des finances[21]. Le , elle est réélue au premier tour au Conseil fédéral, sous les couleurs du PBD et non plus de l'UDC comme en 2007, et par la même occasion élue présidente de la Confédération pour l'année 2012.

Le , à la suite du succès de l'UDC (11 sièges supplémentaires) et du recul du PBD (2 sièges en moins)[22] aux élections fédérales 10 jours plus tôt, elle annonce qu'elle ne se représentera pas lors du renouvellement du Conseil fédéral prévu le [23]. Elle quitte donc ses fonctions le suivant.

DistinctionsModifier

Le , elle devient la première lauréate de la "pelle de l'humour" du Festival de l'humour d'Arosa[24] pour avoir su garder le sourire malgré des circonstances difficiles[25].

Le , elle est nommée « Suisse de l'année 2008 » lors de l'émission SwissAward[26].

Vie privéeModifier

Elle est mariée à un ingénieur, Christoph Widmer[5], qui est président du PBD de la commune de Coire depuis fin 2020[27].

Elle est mère de deux filles et d'un fils. Elle a nommé sa première fille du prénom de sa sœur Carmen, décédée d'un accident de voiture à 23 ans[8].

Elle est de religion protestante[5].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Le 1er juin 2008, la section grisonne de l'UDC, dont Madame Eveline Widmer-Schlumpf est membre, est exclue de l'UDC suisse. Le 16 juin, les délégués de la section décident de changer de nom pour prendre celui de Bürgerliche Partei Schweiz, formant ainsi la première section de ce qui devrait devenir le Bürgerlich-Demokratische Partei Schweiz (Article de Swissinfo consulté le 29 juin 2008). Début juillet, la section prend le nom de Bürgerlich-Demokratische Partei Graubünden.
  2. a et b Département fédéral de justice et police, « Eveline Widmer-Schlumpf », sur www.ejpd.admin.ch (consulté le )
  3. Eveline Widmer-Schlumpf, Voraussetzungen der Konzession bei Radio und Fernsehen, Basel : Helbling und Lichtenhahn, 1990. Thesis (doctoral)--Universität Zürich, 1990. (OCLC 27688646)
  4. a et b « Eveline Widmer-Schlumpf, collégiale mais tête de mule », [[24 heures (Suisse)|]],
  5. a b c et d « Widmer-Schlumpf, Eveline », sur hls-dhs-dss.ch (consulté le )
  6. a b et c Foppa 2019, p. 701.
  7. Eveline Widmer-Schlumpf présidera l'association Pro Senectute, Radio télévision suisse, 27 octobre 2016
  8. a b et c (de) « Schweiz - Das war Widmer-Schlumpfs politische Laufbahn », sur Schweizer Radio und Fernsehen (SRF), (consulté le )
  9. « Eveline Widmer-Schlumpf, une politicienne reconnue », sur swissinfo.ch (consulté le )
  10. Conférence des gouvernements cantonaux, « Modification de la loi fédérale sur l’impôt fédéral direct (prise en compte de la progression à froid dans le cadre de la réforme de l’imposition du couple et de la famille prévue par le paquet fiscal) », sur kdk.ch, (consulté le ).
  11. « Le récit de l'élection du Conseil fédéral, scrutin après scrutin ». Le Temps,
  12. Détails des votes sur le site de l'Assemblée fédérale
  13. « Eveline Widmer-Schlumpf accepte d'entrer au gouvernement », sur swissinfo.ch (consulté le )
  14. « La droite nationaliste a trouvé sa cible », sur swissinfo.ch (consulté le )
  15. « Des incertitudes demeurent », sur swissinfo.ch (consulté le )
  16. « L'UDC a exclu sa section grisonne », sur rsr.ch (consulté le )
  17. « L'UDC grisonne exclue », sur swissinfo.ch (consulté le )
  18. « Un nouveau parti bourgeois sur la scène politique », sur swissinfo.ch (consulté le )
  19. « Hans-Rudolf Merz : Eveline Widmer-Schlumpf à l'intérim », sur rsr.ch (consulté le )
  20. « Le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz a repris ses fonctions », sur admin.ch (consulté le )
  21. Yves Petignat, « La grande rocade », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  22. Office fédéral de la statistique, « Élections au Conseil national 2015 - L'évolution du paysage politique depuis 1971 | Publication », sur Office fédéral de la statistique, (consulté le )
  23. « Les partis réagissent au départ d'Eveline Widmer-Schlumpf », sur rts.ch (consulté le )
  24. (de) « Arosa Humor-Festival », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  25. « Une pelle de glace pour une dame de fer », sur 20 minutes, (consulté le )
  26. (en) « Andthe winner is... Eveline Widmer Schlumpf », sur swissinfo.ch (consulté le )
  27. (de) « Gescheiterte BDP-Auflösung in Chur: Vorstand wechselt zur FDP », sur SWI swissinfo.ch (consulté le )
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Eveline Widmer-Schlumpf » (voir la liste des auteurs).

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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