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Emma Calvé
Description de cette image, également commentée ci-après
Couverture du magazine Musica de novembre 1903.
Nom de naissance Rosa Noémie Emma Calvet
Naissance
Decazeville, Empire français
Décès (à 83 ans)
Millau, État français ou Montpellier
Activité principale artiste lyrique
soprano
Style opéra
Années d'activité 1882-1926
Collaborations Jules Massenet
Formation Théâtre de la Monnaie, Bruxelles
Maîtres Jean-Baptiste Caylus
Distinctions honorifiques Légion d'honneur

Répertoire

Rosa Noémie Emma Calvet, dite Emma Calvé, est une cantatrice française (soprano), née à Decazeville (Aveyron) le et morte à Millau (Aveyron) ou à Montpellier le .

Elle s'illustra notamment dans le rôle-titre de Carmen de Georges Bizet.

Sommaire

BiographieModifier

 
Emma Calvé vers 1885.

Née à Decazeville en 1858[1] et élevée dans les Causses du Larzac, elle suit les cours de Mathilde Marchesi et de Rosine Laborde à Paris et les derniers cours de Jean-Baptiste Caylus à Bruxelles où elle débute à La Monnaie en 1882 dans le rôle de Marguerite de Faust.

À partir de 1892, elle chante régulièrement au Royal Opera House de Londres et au Metropolitan Opera de New York. Elle crée le rôle de Suzel dans L'amico Fritz de Mascagni à Rome, le [2].

Sa large tessiture lui permet de passer des emplois de soprano lyrique à ceux de soprano dramatique. Massenet crée pour elle le rôle d'Anita dans La Navarraise et lui confie celui de Sapho dans l'opéra du même nom[Note 1]. Carmen, qu'elle chante plus de mille fois, suffit à établir sa célébrité, notamment aux États-Unis. Elle entonne ainsi La Marseillaise à New York en 1916, devant 30 000 personnes.

Adulée dans le monde entier, Calvé vit « comme une reine ». Elle chante en Inde, au Japon, en Australie. Elle fréquente régulièrement le salon littéraire de Geneviève Halévy où elle rencontre Réjane, Lucien Guitry et le romancier Paul Bourget. On trouve même sa photographie dans les tablettes de chocolat Poulain. C’est en 1904, à l’occasion de la millième de Carmen, qu’elle renonce à l’opéra, tout en continuant jusqu’en 1926 à donner des concerts dans le monde entier.

Elle meurt pourtant dans le dénuement, après avoir consacré ses dernières saisons à l’enseignement de son art dans le château de Cabrières, près d'Aguessac, qu'elle avait acquis en 1894, avant de le revendre à un industriel gantier quelques années plus tard. Elle séjourna à Peyreleau (Aveyron), dans la maison nommée Le Vieux Logis de 1935 à 1939.

Réputée pour sa personnalité dynamique, passionnée d'hindouisme et d'occultisme[3],[Note 2], elle passe pour fréquenter le cabaret du Chat Noir, à Paris, en compagnie d’Alfons Mucha, de Papus, qui en 1893 l'initie au martinisme[4], et de Camille Flammarion.

La cantatrice aurait fréquenté le mystérieux abbé Bérenger Saunière, curé du village audois de Rennes-le-Château. Le prêtre l'aurait rencontrée, selon Gérard de Sède, lors de son voyage à Paris pour faire décrypter les parchemins trouvés dans l'église Marie-Madeleine. Ils se seraient revus dans l'Aude. Néanmoins, aucune preuve formelle ne vient attester cette liaison.

Elle vécut une longue liaison tumultueuse avec l'écrivain Jules Bois.

La Principauté de Monaco lui a rendu hommage en émettant un timbre-poste à son effigie, en 2017, car elle avait chanté à l'Opéra de Monte-Carlo. Le dessin est dû à Cyril de La Patellière.

DécèsModifier

En novembre 1941, elle entre à la clinique du Dr Parès à Montpellier. Michel de Bry (journaliste à Radio Cité) l'enregistre le 4 janvier 1942, lisant une page de ses Mémoires, celle où elle raconte qu'au Au bazar des Alliés, à New-York, en juin 1916, 30.000 personnes vinrent l'entendre chanter La Marseillaise[5].

Elle meurt le , âgée de 83 ans. Selon certaines sources, elle meurt à Millau[6],[7]. D'autres situent son décès à Montpellier : « Minée par la maladie, elle s’éteignit dans une quasi-solitude le 6 janvier 1942 à Montpellier, dans la clinique du docteur Parès, avenue Gambetta, à quelques centaines de mètres de la somptueuse villa Harmonie, qu’elle avait habitée au temps de sa splendeur insouciante. On lui diagnostiqua un cancer du foie. Emma Calvé fut enterrée dans le cimetière de Millau. »[8]. « Three days later, on 5 January 1942, Emma Calvé died in Dr Parès's clinic. Her corpse was taken from Montpellier to Millau where it was buried the day after »[9]. « La Diva est morte le 6 janvier. Son corps selon sa volonté fut ramené en Aveyron par les soins de Madeleine Hubin. »[10].

DécorationModifier

  • 1931 : Chevalier de la Légion d'honneur[11].

Dans la culture populaireModifier

La version fictive d'Emma Calvé joue un rôle important dans le film d'animation de Michel Ocelot Dilili à Paris, sorti en 2018[12].

AutobiographieModifier

  • Emma Calvé, Sous tous les ciels j'ai chanté : souvenirs, Paris, Plon, , In-8°, V-299 p., pl., portraits, couv. ill. 33 fr. (notice BnF no FRBNF31900375)

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. À ne pas confondre avec l'opéra-homonyme de Charles Gounod (1851).
  2. Selon les auteurs de L'Énigme sacrée et de plusieurs autres, elle a été en relation avec l'abbé Saunière (p. 44).

RéférencesModifier

  1. « Mort d'Emma Calvé », Le Figaro, 6 janvier 1942 disponible sur Gallica
  2. Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique », , 1819 p. (ISBN 978-2-2136-0017-8), p. 852.
  3. Jeannette Blum, Sous le ciel de Rennes-le-Château : Emma Calvé, la diva de l'esotérisme, Bérenger Saunière, le prêtre initié : unis dans le même secret, Quillan, J. Blum, , 1 vol. (68 f.) ; 21 x 30 cm (notice BnF no FRBNF42251347).
  4. Richard Raczynski, Un dictionnaire du Martinisme, Paris, Dualpha éd., 2009, p. 139-140.
  5. Contrucci, p. 9.
  6. « Mort d'Emma Calvé », Le Figaro, 6 janvier 1942 disponible sur Gallica
  7. « L'illustre Emma Calvé est morte », Comoedia, 10 janvier 1942 disponible sur Gallica
  8. Aveyronnaise et Montpelliéraine : la diva Emma Calvé
  9. The Record Collector: A Magazine for Collectors of Recorded Vocal Art, vol. 53, 2008, p. 274 lire sur Google Livres
  10. Contrucci, p. 371.
  11. « Dossier dans l'ordre de la Légion d'honneur de Rosa Noémie Emma Calvet », base Léonore, ministère français de la Culture.
  12. Philippe Guedj, « Les secrets de fabrication de Dilili à Paris par Michel Ocelot », sur Le Point, (consulté le 13 octobre 2018).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

 
Emma Calvé (Théobald Chartran, 1894).

BiographiesModifier

  • André Lebois, « Hommage à Emma Calvé (1858-1942) », Littératures 14, septembre 1967, p. 107-129 [lire en ligne]
  • Georges Girard, Emma Calvé : étoile dans tous les cieux, cigale sous tous les ciels, Rodez, Cahiers rouergats, coll. « Les Cahiers rouergats » (no 5), , 111 p., ill. ; 22 cm (ISSN 0184-5365, notice BnF no FRBNF37439948)
  • Georges Girard, Emma Calvé, la cantatrice sous tous les ciels, Millau, Éd. Grandes Causses, , 195 p. (notice BnF no FRBNF34860634)
  • Jean Contrucci, Emma Calvé, la diva du siècle, Paris, A. Michel, , 378 p., couv. ill. en coul. ; 23 cm (ISBN 2-226-03541-9, notice BnF no FRBNF34998909)
  • Association internationale de chant lyrique Titta Ruffo, Kathleen Schlesinger et Jean-Pierre Mouchon (Éditeur scientifique) (trad. Jean-Pierre Mouchon), Calvé: Artist and Woman : The Strand Magazine - juillet 1902, volume XXIV, n° 139, pp. 15-23,, Marseille, Association internationale de chant lyrique Titta Ruffo, coll. « Étude » (no 15), , n° ; 30 cm (ISSN 2267-0068, notice BnF no FRBNF43509129)
  • Jeannette Blum, Sous le ciel de Rennes-le-Château : Emma Calvé, la diva de l'ésotérisme, Bérenger Saunière, le prêtre initié : unis dans le même secret, Quillan, J. Blum, , 1 vol. (68 f.) ; 21 x 30 cm (notice BnF no FRBNF42251347)

CatalogueModifier

  • Musée de Millau et des Grands Causses et François Leyge (Directeur de publication), La collection Emma Calvé, Millau, Éd. Ville de Millau, , 71 p., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 29 cm (ISBN 978-2-9503269-4-2, notice BnF no FRBNF42291220)

RomanModifier

Bande dessinéeModifier

  • Jérôme Félix et Paul Gastine, Le Secret du Mont-Saint-Michel : L'héritage du diable ; 2, Charnay-lès-Mâcon, Bamboo éd., coll. « Grand angle », , 1 vol. (49 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 32 cm (ISBN 978-2-35078-934-7, ISSN 1635-5482, notice BnF no FRBNF42488671) Bande dessinée dans laquelle Emma Calvé tient un rôle de « méchante ».

IllustrationModifier

  • Cautin-Berger, Couverture de "Musica", novembre 1903, c. 1902, 1 impr. photoméc. : photogravure, coul. ; 25 x 18 cm (notice BnF no FRBNF39603059)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier