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Combattants pour la liberté économique

(Redirigé depuis Economic Freedom Fighters)

Combattants pour la liberté économique
(en) Economic Freedom Fighters
Image illustrative de l’article Combattants pour la liberté économique
Logotype officiel.
Présentation
Président et commandant en chef Julius Malema
Fondation
Scission de Congrès national africain
Siège 82 Rue De Korte, Johannesbourg
Porte-parole Mbuyiseni Ndlozi
Organisation de jeunesse Economic Freedom Fighters Students' Command (EFFSC)
Positionnement Gauche[1][réf. à confirmer] à extrême gauche[2],[3],[4],[5]
Idéologie Anticapitalisme[6]
Antioccidentalisme[7],[8],[9]
Sankarisme[10]
Panafricanisme[11]
Nationalisme de gauche[12]
Populisme de gauche[13]
Adhérents 527 343 (2014)
Couleurs Rouge
Site web effonline.org
Représentation
Assemblée nationale
44 / 400
Conseil national des Provinces
7 / 90

Combattants pour la liberté économique (Economic Freedom Fighters en anglais) est un parti politique sud-africain, fondé en 2013 par d'anciens membres du Congrès national africain[14],[15]. Le parti est souvent décrit comme misogyne[16],[17],[18],[19] et incitant à la haine raciale[20],[21],[22].

Sommaire

HistoriqueModifier

En , Julius Malema, ancien membre du Congrès national africain (ANC) fonde un parti basé sur l'expropriation des terres et la nationalisation des mines sans compensation[23].

Le parti effectue une percée aux élections générales de 2014, entrant à l'assemblée nationale avec 6,35 % des suffrages et entrant dans toutes les assemblées provinciales.

L'EFF remporte 8,31 % des voix aux élections municipales de 2016 et rentre dans plusieurs majorités.

Lors des élections générales de 2019, le parti améliore son score, remportant 10,79 % des suffrages et progresse dans toutes les élections provinciales.


IdéologieModifier

L’EFF s’inspire de la « vaste tradition marxiste-léniniste et des courants de pensées fanoniennes pour analyser l’État, l’impérialisme, la culture et les contradictions de classe dans chaque société », selon l’une de ses déclarations[24].

Il critique le Congrès national africain et l'Alliance démocratique, pour leur position prétendument favorable aux entreprises, qui aurait vendu le peuple noir d'Afrique du Sud au capitalisme en tant que main-d'œuvre bon marché. Il promet de lutter contre la corruption, de fournir un logement social de qualité, de dispenser des soins de premières nécessités et une éducation pour tous gratuitement, tout en proposant d'exproprier les « terres volées », de nationaliser les secteurs minier et bancaire, de doubler les aides sociales et le salaire minimum et de supprimer le système de péage pour les autoroutes[25].

L'EFF se revendique des idées de Thomas Sankara en termes de style et d'idéologie[26].

L'EFF a vivement critiqué les chefs d'entreprise noirs et les propriétaires noirs de sociétés minières en Afrique du Sud. Dans une allocution prononcée devant l'Oxford Union en novembre 2015, Malema s'est élevé contre Patrice Motsepe, milliardaire et propriétaire d'une société minière[27],[28].

En , le parti reprend dans son programme une ancienne proposition panafricaniste demandant que l'Afrique du Sud soit rebaptisé « Azanie », que l'hymne national sud-africain soit expurgé de Die Stem van Suid-Afrika et que l'architecture des bâtiments soit revue et adaptée pour refléter l'histoire de la lutte des Africains contre le colonialisme. Il demande en outre, dans son programme pour les élections municipales de 2016, qu'une quarantaine de villes de la province du Cap-Occidental soient également rebaptisés (notamment Bredasdorp, Camps Bay, Durbanville, George, Hermanus, Oudtshoorn, Plettenberg Bay, Riebeek West, Stellenbosch, Swellendam, Tulbagh, Worcester, etc)[29],[30].

Le parti soutient la réintroduction de la peine de mort[31],[32], aboli en 1995 sous la présidence de Nelson Mandela.

L'EFF était le seul parti parlementaire à s'être opposé au projet de loi de financement du parti politique de 2018[33].

Résultats électorauxModifier

Assemblée nationaleModifier

Année Voix % Sièges
2014[34] 1 169 259 6,35
25 / 400
2019 1 881 521 10,79
44 / 400

Conseil national des provincesModifier

Élection Sièges +/-
2014
7 / 90
  7

Assemblées provincialesModifier

Année Cap-Oriental État libre d'Orange Gauteng KwaZulu-Natal Limpopo Nord-Ouest Mpumalanga Cap-du-Nord Cap-Occidental
2014
2 / 63
2 / 30
8 / 73
2 / 80
6 / 49
5 / 33
2 / 30
2 / 30
1 / 42
2019
5 / 63
4 / 30
11 / 73
8 / 80
7 / 49
6 / 33
4 / 30
3 / 30
2 / 42

Élections municipalesModifier

Élection Votes %
2016 3 202 679 8,31

PolémiquesModifier

Les féministes et l'Union nationale des métallurgistes d'Afrique du Sud ont critiqué le militarisme du parti[35],[36].

CorruptionModifier

Une enquête menée par le centre amaBhungane de journalisme d'investigation a révélé que l'EFF avait reçu 500 000 rands de pots-de-vin d'une entreprise en contrepartie d'un contrat de 1,26 milliard de rands pour la gestion d'une flotte de véhicules utilisés par la ville de Johannesburg avec l'accord tacite de l'Alliance démocratique[37].

Tensions racialesModifier

 
Le Horse Memorial à Port Elizabeth, qui rend hommage aux chevaux morts durant la seconde guerre des Boers, a été vandalisé en avril 2015 par des membres des Economic Freedom Fighters à la suite de l'appel lancé par leur chef Julius Malema à détruire les statues et monuments érigés durant la domination blanche de l'Afrique du Sud[38].

Le parti s'en prend frontalement à Jacob Zuma lors de la nouvelle session parlementaire de , provoquant l'expulsion de ses membres du parlement lors du discours présidentiel sur l'état de la nation[39].

En , à la suite de l'appel de Julius Malema à détruire tous les monuments et statues liés à l'histoire des Blancs sud-africains (monuments coloniaux, de l'Union d'Afrique du Sud ou de l'époque de l'apartheid), des membres des Economic Freedom Fighters mettent le feu au war memorial de Uitenhage, provoquant la consternation de nombreux résidents de la ville, inquiets pour la réconciliation entre les communautés sud-africaines[40]. Plusieurs autres monuments sont dans les jours suivants victimes de vandalisme (statues de Paul Kruger à Pretoria et à Rustenburg, Horse memorial à Port Elizabeth).

En 2016, les Economic Freedom Fighters participent et mènent plusieurs manifestations à l'université de Pretoria (pour que l'afrikaans ne soit plus une des langues alternatives d'enseignement et soit remplacé par des langues africaines[41],[42]) et à l'université de l'État-Libre (intrusions dans les bâtiments, vandalisme à la suite de bagarres entre manifestants noirs et étudiants blancs[43]), sur fond de persistance des tensions raciales en Afrique du Sud[44].

Appel aux meurtres des BlancsModifier

Lors du rassemblement politique de 2018, il déclara : « Allez après un homme blanc ... nous coupons la gorge à la blancheur »[45],[46]. Cela a conduit l'Alliance démocratique à accuser Malema de racisme[47]. Par la suite, l’EFF a déclaré que la référence à la « gorge de la blancheur » était une référence métaphorique à la destruction du supposé « privilège des Blancs » et ne faisait pas référence ni ne préconisait de causer un préjudice aux Blancs[48].

ViolencesModifier

Le , à la suite de la publication jugée raciste d'une photo publicitaire d'un enfant noir portant un pull sur lequel il est écrit « le singe le plus cool de la jungle », EFF saccage des magasins vestimentaires de la marque H&M en Afrique du Sud[49],[50].

Notes et référencesModifier

  1. Sabine Cessou, « L’ANC, aux origines d’un parti-État », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 11 octobre 2018).
  2. Joelle Palmieri, « Qu’est-ce qu’un « People’s Bae » ? », Colonialité : enjeux, paradoxes,‎ (lire en ligne, consulté le 11 octobre 2018).
  3. Chaos in parliament as party gets ejected for grilling Zuma over corruption in South Africa. Independent. Auteur - Lamiat Sabin. Publié le 13 février 2015.
  4. South African lawmakers disrupt parliament and demand Zuma #PayBackTheMoney. AlJazeera. Publié le 22 août 2014.
  5. South African parliament descends into chaos. Radio New Zealand. Publié le 13 février 2015.
  6. « Economic Freedom Fighters Party reignites debate (in English) » [archive du ], Al Jazeera, (consulté le 1er novembre 2013).
  7. John Campbell, Morning in South Africa, Indiana University Press, , p. 187.
  8. Megan Lewis, Performing Whitely in the Postcolony: Afrikaners in South African Theatrical and Public Life, University of Iowa Press, , p. 62.
  9. Jonathon, My Road to Redemption, (lire en ligne), p. 253.
  10. Alex Duval Smith, « 'Africa's Che Guevara': Thomas Sankara's legacy », British Broadcasting Corporation, Londres,‎ (lire en ligne[archive du ]).
  11. « "Julius Malema souhaite un président et une langue unique pour l'afrique" ».
  12. « "Afrique du Sud : comment les « nationalismes » se sont construits" ».
  13. « Red Tide: From 'economic freedom' to 'white genocide', extremism grabs the spotlight (in English) », Daily Maverick, (consulté le 1er novembre 2013).
  14. Afrique du Sud - Question des terres : Malema augmente la pression.
  15. Afrique du Sud : le plaidoyer de Julius Malema pour le grand projet des Etats-Unis d'Afrique.
  16. Floyd Shivambu: Despicable Me « https://web.archive.org/web/20131224084746/http://www.dailymaverick.co.za/article/2012-04-25-floyd-shivambu-despicable-me »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), , Sipho Hlongwane, The Daily Maverick, 2012.
  17. Remembering Thomas Sankara, the EFF’s muse « https://web.archive.org/web/20131224094726/http://www.dailymaverick.co.za/article/2013-11-05-remembering-thomas-sankara-the-effs-muse/ »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), , Rebecca Davis, The Daily Maverick, 2013.
  18. Elections Analysis: The Economic Freedom Fighters « https://web.archive.org/web/20140322090232/http://feministssa.com/2013/11/28/elections-analysis-the-economic-freedom-fighters-2/ »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), , Sonja Bornman, Feminist SA, 2013.
  19. EFF: Two senior party officials accused of involvement in 2008 gang rape « https://web.archive.org/web/20140322091542/http://www.dailymaverick.co.za/article/2013-11-25-eff-two-senior-party-officials-accused-of-involvement-in-2008-gang-rape »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), , Rebecca Davis, The Daily Maverick, 2013.
  20. The EFF and the Question of National Unity « https://web.archive.org/web/20140413154904/http://sacsis.org.za/site/article/1899 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), , Duncan, Jane, SACSIS WEBSITE, 29 JAN, 2014.
  21. « EXCLUSIVE: Why Anonymous 'hacked' the SABC, Gupta websites » [archive du ], sur Fin24 (consulté le 19 juin 2016).
  22. Raahil Sain, « ‘EFF must #PayBackTheMoney for damage to varsities’ », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne[archive du ]).
  23. Christophe Le Bec, « Négociations salariales à haut risque en Afrique du Sud », Jeune Afrique,‎ (ISSN 1950-1285, lire en ligne).
  24. « Declaration », effonline.org
  25. « Economic Freedom Fighters on rise in South Africa », The Irish Times,‎ (lire en ligne[archive du ])
  26. Alex Duval Smith, « 'Africa's Che Guevara': Thomas Sankara's legacy », British Broadcasting Corporation, Londres,‎ (lire en ligne[archive du ])
  27. « Business Day » [archive du ], sur www.bdlive.co.za (consulté le 27 novembre 2016)
  28. Buchule Raba And Nomahlubi Jordaan, « Patrice Motsepe has no power‚ says Malema » [archive du ], sur Times LIVE (consulté le 27 novembre 2016)
  29. (en) Rebecca Davis, « EFF: Now 40 Western Cape towns must fall », sur Daily Maverick, .
  30. (en) « EFF wants Cape free of colonial names », sur IOL, .
  31. « iafrica.com Juju wants death penalty » [archive du ], sur News.iafrica.com (consulté le 19 janvier 2016)
  32. « Malema wants death penalty #EFFlaunch | Economic Freedom Fighters - EFF » [archive du ], Economic Freedom Fighters, (consulté le 19 janvier 2016)
  33. https://citizen.co.za/news/south-africa/1871025/reasons-why-the-eff-rejects-the-political-party-funding-bill/
  34. (en) Norimitsu Onishi, « African National Congress Draws 62 Percent of the Vote in South Africa », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne).
  35. Shanti Aboobaker, « Numsa wary of ‘capitalist’ Malema » [archive du ], Sunday Independent,
  36. Siphokazi Magadla, « EFF & the Return of the Warrior Citizen » [archive du ], Thought Leader,
  37. (en) Micah Reddy and Stefaans Brümmer, « Firm that won R1bn Jo'burg fleet contract paid Malema-EFF 'slush-fund' - amaBhungane », sur amabhungane.org,
  38. EFF members damages PE horse memorial, News24, 7 avril 2015.
  39. South African parliament descends into chaos as Zuma gets hostile reception, Reuters, 12 février 2015.
  40. EFF members torch war memorial statue , SABC, 2 avril 2015.
  41. (en) « Afrikaans must fall at Tuks - EFF », IOL,‎ (lire en ligne, consulté le 12 novembre 2018).
  42. « Des facs sud-africaines fermées après des incidents racistes », RFI Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le 12 novembre 2018).
  43. (en) Jenni Evans, « EFF protesters enter closed UFS campus », News24,‎ (lire en ligne, consulté le 12 novembre 2018).
  44. (en) Todd Gillespie, « The racialism of Rhodes Must Fall », Spiked,‎ (lire en ligne, consulté le 12 novembre 2018).
  45. « South Africa politician vows to 'remove' white mayor », Mail Online, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  46. « 'We are cutting the throat of whiteness' – Malema on plans to remove Trollip », News24, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  47. « South Africans don't share Malema's racist views - Maimane | IOL News », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  48. (en) Sinawo Thambo, « OPINIONISTA: Empty analysis will not deter the EFF from its core task — reaching out to the electorate », sur Daily Maverick (consulté le 22 avril 2019)
  49. « Afrique du Sud: manifestations contre une publicité «raciste» de H&M », sur RFI, (consulté le 14 janvier 2018).
  50. « "Singe le plus cool de la jungle": manifestations contre la pub raciste de H&M », sur L'express, (consulté le 14 janvier 2018).

Article connexeModifier