Diversité culturelle

constatation de l'existence de différentes cultures

La diversité culturelle est l'existence de différentes cultures au sein d'une organisation ou une société. Elle désigne le fait d’inclure différentes perspectives culturelles dans une organisation ou une société.

CaractéristiquesModifier

 
37e Assemblée générale de l’UNESCO en 2013, Paris.

Selon certains anthropologues et sociologues, c'est un concept servant à décrire l'existence de différentes cultures au sein d'une société, en fait à l'intérieur d'un État-nation[1].

La « défense de la diversité culturelle » peut prendre plusieurs acceptions[2]:

  • un rééquilibrage à obtenir : ainsi, l'idée de défense de la diversité culturelle passe par la promotion d'actions en faveur de « minorités culturelles » défavorisées ;
  • la préservation de « minorités culturelles » menacées de disparition ;
  • dans d'autres cas, on parle de « protection culturelle », ce qui renvoie au concept d'« exception culturelle ». Cela fait le lien entre la vision sociale de la culture et la vision commerciale de sa diffusion. L'exception culturelle met en avant une spécificité des productions et services culturels, spécificité reconnue entre autres par l'Union européenne dans sa Déclaration sur la diversité culturelle. Dans cette optique, l'objectif est de défendre, contre ce qui est vu comme une « marchandisation » jugée néfaste, ce qui incarne une culture, en soutenant son développement (par des subventions, par des opérations de promotion) ; on parle aussi, dans le cas français notamment, de protectionnisme culturel.

HistoireModifier

 
Pays classés par niveau de diversité ethnique et culturelle (James Fearon, 2003).

Au niveau international, la notion de diversité culturelle a été défendue par l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture dès sa fondation en 1945 par divers pays[3].

La journée mondiale pour la diversité culturelle, le dialogue et le développement a été établie en par l'Assemblée générale des Nations unies à la suite de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle de l'Unesco [4]. Elle a pour objectif de faire la promotion de la diversité culturelle, du dialogue et du développement. Elle se tient les 21 mai.

En la ville de Porto Alegre au Brésil a organisé une réunion mondiale pour la culture, rassemblant des maires et directeurs techniques de culture de différentes villes du monde, avec la participation d'observateurs de la société civile[5]. Les villes de Porto Alegre et de Barcelone ont proposé la rédaction d’un document de référence pour l’élaboration des politiques culturelles locales, s’inspirant d’Agenda 21, créé en 1992 pour le domaine de l’environnement. L’Agenda 21 de la culture a ainsi été conçu dans le but d’inclure la diversité Culturelle à l’échelle locale. Le document a été approuvé le lors de la première édition du Forum universel des cultures à Barcelone (Espagne).

En 2003, James Fearon, professeur américain de l’université Stanford, a publié la "Ethnic and Cultural Diversity by Country" dans le Journal of Economic Growth, une liste des pays en fonction de la diversité des ethnies, langues et religions [6].

En 2005, la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles a été adoptée en octobre 2005 par l’UNESCO afin de protéger la diversité culturelle face à l’homogénéisation de la culture par la mondialisation, le libre-échange et le commerce international [7].

Diversité culturelle au sein de la francophonieModifier

La diversité culturelle est partie intégrante de la francophonie, puisque la quasi-totalité des pays qui composent l'espace francophone sont multilingues. Dans les pays d'Afrique francophone notamment, le français, perçu comme langue de culture[8], cohabite avec les langues régionales. D'autre part, la langue française est, avec l'anglais, l'une des deux seules langues parlées sur les cinq continents.

Ces raisons ont poussé les responsables de la Francophonie à inclure la diversité culturelle dans les missions de l'Organisation internationale de la francophonie en 2004. La déclaration de Ouagadougou (27 novembre 2004), définissant la Francophonie comme un « espace solidaire pour un développement durable », s'attache à ce que le développement soit « attentif à la diversité culturelle et linguistique »[9].

RéférencesModifier

  1. Janet M. Bennett, The SAGE Encyclopedia of Intercultural Competence, SAGE Publications, USA, 2015, p. 586
  2. Stephen Tierney, Accommodating Cultural Diversity, Ashgate Publishing, USA, 2013, p. 126
  3. Richard T. Schaefer, Encyclopedia of Race, Ethnicity, and Society, volume 1, SAGE Publications, USA, 2008, p. 558
  4. Roberto Blancarte Pimentel, Robert Charles Elliot, Robert Holton, Religion, culture and sustainable development -volume II, EOLSS Publications, USA, 2010, p. 340
  5. Helmut K Anheier, Yudhishthir Raj Isar, Cultures and Globalization: Cities, Cultural Policy and Governance, SAGE Publications, USA, 2012, p. 80
  6. James Fearon, « Ethnic and Cultural Diversity by Country », Journal of Economic Growth, vol. 8,‎ , p. 195–222 (DOI 10.1023/A:1024419522867)
  7. Charlotte Waelde, Catherine Cummings, Mathilde Pavis, Research Handbook on Contemporary Intangible Cultural Heritage: Law and Heritage, Edward Elgar Publishing, UK, 2018, p. 109
  8. Léopold Sédar Senghor, Le français langue de culture, revue Esprit, n° 311, novembre 1962, p. 844
  9. Déclaration de Ouagadougou

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Mario d'Angelo, Diversité culturelle et dialogue des civilisations : l'évolution des concepts de 1990 à 2001, coll. Innovations & Développement, no 7, Idée Europe, Paris, 2002 (ISBN 2-909941-06-X)
  • Mario d'Angelo, Les Groupes médiatico-culturels face à la diversité culturelle, coll. Innovations & Développement, no 6, Idée Europe, Paris, rééd. 2002 (ISBN 2-909941-05-1)
  • Jean-Christophe Barbato, « La diversité culturelle en droit communautaire. Contribution à l'analyse de la spécificité de la construction européenne », Aix-en-Provence, PUAM, 2008 et thèse de doctorat, Université Nancy 2, 2005.
  • Françoise Benhamou, Les Dérèglements de l'exception culturelle, Paris, seuil, 2006
  • Mohamed Othman Benjelloun, La question de la diversité culturelle à l’aune de l’accord de libre-échange entre le Maroc et les États-Unis, colloque international « Développement durable : leçons et perspectives », Organisation internationale de la francophonie, 1-4 juin 2004, Ouagadougou, Burkina Faso, [1], [2].
  • Ludovic Bottallo, La Diversité culturelle dans un cadre économique et technologique en mutation, thèse de doctorat, Université Paris-II Panthéon-Assas, 2006.
  • John Baird Callicott, article « Diversité culturelle », in Dominique Bourg et Alain Papaux, Dictionnaire de la pensée écologique, Presses universitaires de France, 2015 (ISBN 978-2-13-058696-8).
  • Frédéric Martel, De la Culture en Amérique, Gallimard, 2006 (chapitre 11 : « La diversité culturelle », p. 454-513).
  • Marie-Cécile Naves, « La lutte des classes est-elle sexiste ? », sur bibliobs.nouvelobs.com,
  • Marie-Cécile Naves et Olivier Pégard, « Diversité culturelle, diversité urbaine ? », revue Urbanisme, no 366, mai-juin 2009, p. 79-81.
  • Danic Parenteau, « Diversité culturelle et mondialisation », Politique et Sociétés, vol. 26, no 1,‎ , p. 133-145 (lire en ligne)
  • Philippe Poirrier, L'État et la culture en France au XXe siècle, Paris, Le Livre de Poche, 2006.
  • Philippe Poirrier, Les Politiques culturelles en France, Paris, La Documentation française, 2002.
  • Serge Regourd, L'Exception culturelle, Paris, Puf, 2002.
  • La diversité, une idée à la mode, Politique, revue de débats, Bruxelles, n°56, octobre 2008. Un dossier de 30 pages sur le concept de diversité tel qu'il est décliné dans le monde des entreprises en Belgique.
  • Walter Benn Michaels (trad. de l'anglais), La Diversité contre l'égalité [« The Trouble with Diversity: How We Learned to Love Identity and Ignore Inequality »], Paris, Liber-Raisons d'agir, , 155 p. (ISBN 978-2-912107-45-9)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier