Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir eczéma.
Dermatite atopique
Description de cette image, également commentée ci-après
Dermatite atopique
Spécialité DermatologieVoir et modifier les données sur Wikidata
CISP-2 S87Voir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 L20
CIM-9 691.8
OMIM 603165
MedlinePlus 000853
eMedicine 762045, 1049085, 911574 et 1197636Voir et modifier les données sur Wikidata
eMedicine emerg/130  derm/38 ped/2567 oph/479
MeSH D003876
Médicament Pimecrolimus (en), cidoxepin (en), methdilazine (en), triprolidine, bétaméthasone, tacrolimus, fluocinolone (en), alimémazine et désonideVoir et modifier les données sur Wikidata

Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

La dermatite atopique (ou eczéma atopique, ou dermite du nourrisson, anciennement eczéma constitutionnel) est une maladie touchant la peau et atteignant préférentiellement les enfants, évoluant par poussée, de diagnostic clinique et dont le traitement est symptomatique.

Sommaire

ÉpidémiologieModifier

Un peu moins du tiers des enfants est concerné. La dermatite atopique peut atteindre jusqu'à 10 % des adultes. Elle débute dans près de la moitié des cas avant le sixième mois et dans la majorité des cas, avant la cinquième année de l'enfant. Elle s'améliore spontanément ou se guérit avant l'adolescence dans près de 3 cas sur 4[1].

PhysiopathologieModifier

  • La dermatite atopique survient dans le spectre de l'atopie, c'est-à-dire chez des sujets génétiquement prédisposés à l'allergie et à ses manifestations (formes allergiques de l'asthme, de la rhinite, de la conjonctivite, de l'urticaire, et l'allergie alimentaire) mais n'est pas en elle-même une maladie allergique.
  • Dans 60 % des cas, un des parents est atopique. L'étude génétique montre une prévalence plus grande de certaines mutations, la plus importante semblant se situer sur le chromosome 1q21[2].
  • Un des facteurs prédominants dans la genèse de la dermatite atopique est la sécheresse cutanée.
  • Des facteurs extérieurs tels que le climat (temps froid et sec) ou le stress ont été incriminés.

CliniqueModifier

 
Un enfant atteint de dermatite atopique.

L'eczéma est la forme de la maladie atopique survenant au plus jeune âge : il peut apparaître vers l'âge de 3 mois. Les lésions sont situées chez le nourrisson sur les convexités des joues, des membres et du cuir chevelu. Chez l'enfant plus âgé et l'adulte, les lésions siègent sur les plis de flexion des membres.

Ces lésions se caractérisent par une sécheresse cutanée importante (xérose) ou par des lésions inflammatoires : éruption érythémateuse papuleuse et vésiculeuse, squameuses, et très prurigineuses (démangeaisons).

Par ailleurs, l'inflammation cutanée peut se maintenir voire s'aggraver sous l'effet d'autres facteurs qui ne sont pas des allergènes souvent des irritants : produits cosmétiques, vêtements synthétiques en polyester notamment… Cet axe de compréhension est fondamental dans la prise en charge d'une dermatite atopique[3].

DiagnosticModifier

L'United Kingdom Working Party a proposé des critères diagnostiques précis :

  • un critère obligatoire : présence d'une dermatose prurigineuse (maladie de la peau qui gratte)
  • associé à 3 ou plus des critères suivants :
    • antécédents personnels d'eczéma des plis de flexion et/ou des joues ;
    • antécédents personnels d'asthme ou de rhinite allergique (ou antécédents familiaux chez les enfants de moins de 4 ans) ;
    • antécédents de xérose (peau sèche généralisée) au cours de la première année de vie ;
    • eczéma des grands plis ou eczéma des joues, du front, des convexités des membres chez l'enfant au-dessous de 4 ans ;
    • début des signes avant l'âge de 2 ans.

Il n'y a aucun examen complémentaire à faire en cas de dermatite atopique. Des tests allergiques transcutanés (prick test) ne sont indiqués qu'en cas de maladie atopique associée, telle que l'asthme, une allergie alimentaire ou une rhinite. Des tests allergiques épicutanés (patch test) ne sont réalisés qu'en cas de suspicion d'eczéma de contact.

HistologieModifier

La biopsie d'un morceau de peau n'est généralement pas indispensable pour faire le diagnostic. En microscopie, on trouve un infiltrat de lymphocytes, monocytes et de polynucléaires éosinophiles autour des petits vaisseaux et capillaires. À un stade chronique, l'épiderme est épaissi, essentiellement au niveau de la couche cornée[1].

Évolution de la maladieModifier

La dermatite atopique est une maladie chronique qui évolue par poussées, entrecoupées de périodes calmes où les lésions sont minimales.

La DA comporte au minimum 3 phases différentes. Une première phase, apparaissant comme de l’eczéma (aussi nommée phase intrinsèque) sans signes de sensibilisation, peut durer toute la vie chez 20 à 30 % des patients atteints de DA. Une deuxième phase, qui se présente comme la véritable DA, avec sensibilisation, affecte 70 à 80 % des patients. Une troisième phase qui semble toucher seulement les patients atteints d'une véritable DA (c’est-à-dire ceux avec sensibilisation) et se caractérise par des signes de sensibilisation médiée par IgE à une «self-protein» (autosensibilisation). Ensuite peut venir une phase variante d’auto-immunité.[réf. nécessaire]

Dans la majorité des cas, la maladie régresse spontanément après quelques années d'évolution.

ComplicationsModifier

TraitementModifier

Il est exclusivement symptomatique et préventif :

  • Traitement des complications :
    • utilisation d'antibiotique ou antiseptique pour les surinfections bactériennes ;
    • utilisation d'antiviral pour les surinfections virales, en hospitalisation ;
    • changement ou arrêt d'un produit topique pour les dermites de contact.

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Bieber T, Atopic Dermatitis, N eng J Med, 2008;358:1483-1494
  2. Cookson WO, Ubhi B, Lawrence R, et als Genetic linkage of childhood atopic dermatitis to psoriasis susceptibility loci, Nat Genet, 2001;27:372-373
  3. De Prost Y et Dubertret L, « Dermatite atopique », sur www.therapeutique-dermatologique.org,
  4. (en) Tzu-Kai Lin (Kaohsiung Chang Gung Memorial Hospital et Chang Gung University College of Medicine - Taiwan), Lily Zhang (California State University - Los Angeles) et Juan Luis Santiago (Hospital General Universitario - Ciudad Real), « Anti-Inflammatory and Skin Barrier Repair Effects of Topical Application of Some Plant Oils », International Journal of Molecular Sciences, vol. 19, no 1,‎ (ISSN 1422-0067, PMID 29280987, PMCID 5796020, DOI 10.3390/ijms19010070, lire en ligne, consulté le 13 juillet 2019)
  5. E.T. Masters, J.A. Yidana, P.N. Lovett, « Rendre la gestion plus rationnelle grâce au commerce : les produits du karité en Afrique », UnaSylva, vol. 55, 2004, pp. 46-52 [PDF] Lire en ligne
  6. (en) N. Olson, D. Stechschulte et S. Essengue Belibi, « The Use of Shea Butter as an Emollient for Eczema », Journal of Allergy and Clinical Immunology, vol. 123, no 2,‎ , S41 (ISSN 0091-6749 et 1097-6825, DOI 10.1016/j.jaci.2008.12.1100, lire en ligne, consulté le 14 juillet 2019)
  7. E.T. Masters, J.A. Yidana et P.N. Lovett, FAO - Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, « Le commerce et la gestion forestière durable », Vol. 55 2004/4, sur www.fao.org, Revue internationale des forêts et des industries forestières, (consulté le 7 juillet 2019)
  8. http://www.cbip.be/Folia/Index.cfm?FoliaWelk=F34F04B
  9. (en) Tacrolimus (marketed as Protopic Ointment) Information