Ouvrir le menu principal

Daniel Wildenstein

marchand d'art et historien

BiographieModifier

Origines : une famille de marchands d'artModifier

Daniel Wildenstein naît dans une famille d'amateurs d'art d'origine juive alsacienne. Son grand-père est Nathan Wildenstein, qui a commencé à vendre des peintures du XVIIIe siècle à la fin des années 1870, avant d'ouvrir une galerie à Paris, au 46 rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1890, puis à New York en 1903 et enfin Londres en 1925. Il ouvre pour son fils, Georges, au 21 de la rue La Boétie une galerie dédiée aux peintres modernes. Nathan meurt en 1934, laissant l'héritage, qui comprend entre autres une écurie de course, à son fils Georges (1892-1963) qui le transmet à Daniel en 1963.

FormationModifier

Daniel Wildenstein étudie à la Sorbonne et débute comme responsable des manifestations publiques du musée Jacquemart-André, à Paris, et au Musée de l'Abbaye de Chaalis, en forêt d'Ermenonville. Parmi les expositions qu'il suscita, citons « Dessins et manuscrits de Léonard de Vinci », « Le Second Empire de Winterhalter à Renoir », « Victor Louis à Varsovie » et « Chefs-d'œuvre de Toulouse-Lautrec ».

Une remarquable collectionModifier

De 1963 à 2001, il dirige la Gazette des Beaux-Arts, institution fondée un siècle plus tôt et appartenant à sa famille depuis le début des années 1930. La revue disparaît en 2002.

Dans le même registre, Wildenstein crée avec sa sœur Miriam Pereire, en 1970, une fondation d’histoire de l’art, le Wildenstein Institute, qui publie le catalogue raisonné de nombreux artistes, dont le catalogue complet des œuvres de Claude Monet, et qui est au début du XXIe siècle un centre documentaire d'histoire de l'art de tout premier plan, avec plus de 400 000 ouvrages.

Dans les années 1960, Wildenstein avait fermé ses bureaux parisiens et fait de New York le quartier général de son commerce : il réagit ainsi à la pression fiscale installée en France à l'initiative d'André Malraux qui visait l'exportation de peintures françaises hors du territoire.

En 1971, Daniel entre comme membre libre à l'Académie des beaux-arts au fauteuil numéro III.

Wildenstein possédait une remarquable collection de peintures impressionnistes bien qu'il ne se limitât pas à cette période. En 1978, sa collection est notamment constituée de 20 Renoir, 25 Courbet, 10 van Gogh, 10 Cézanne, 10 Gauguin, 2 Botticelli, 8 Rembrandt, 8 Rubens, 9 Le Greco, 5 Tintoret, et une grande quantité de Bonnard récupérés en défendant les enfants de Bonnard contre la famille de feue Mme Bonnard dont ils ignoraient l'existence, autour de sa succession, soit en tout environ 10 000 peintures.

En 1981, il fait donation au Musée Marmottan d'une collection de plus de 200 enluminures rassemblées par son père Georges Wildenstein.

Le turfModifier

Passionné de sport hippique comme son grand-père, Daniel Wildenstein investit aussi bien dans les chevaux de plat que de trot. Sa casaque bleue remporte quatre fois le prix de l'Arc de Triomphe (plat) mais aussi deux fois le prix d'Amérique (trot).

Passionné par les arts, ses chevaux de plat ont des noms tels que Allez France, Peintre Célèbre, Aquarelliste, Claude Monet, Leonardo da Vinci, Picasso, Seurat ou encore Goodbye Charlie (en référence au départ du général de Gaulle des affaires). Pour le trot, les plus célèbres sont Cocktail Jet et Kesaco Phedo.

En 2002, le prix du Rond Point a été renommé prix Daniel Wildenstein.

Dernières annéesModifier

En 1993, la Pace Gallery (New York) et Wildenstein & Company créent la filiale PaceWildenstein, galerie de Manhattan spécialisée dans l'art contemporain. La fin de la vie de Daniel Wildenstein est marquée par de nombreuses polémiques et par des procès, ceux intentés par les possesseurs d'œuvres de Modigliani ou de Kees van Dongen exclus des catalogues raisonnés publiés par le Wildenstein Institute, d'une part, et, d'autre part, ceux de familles juives dépossédées de leurs œuvres d'art par les nazis pendant la guerre et accusant la famille Wildenstein d'avoir collaboré à leurs dépens[1].

Vie privée et héritageModifier

Daniel a deux fils, Alec (1940-2008) et Guy (né en 1945 aux États-Unis), nés d'un premier mariage, ce dernier dirigeant actuellement l'entreprise familiale[2]. Un conflit de succession mettant aux prises les deux fils et la veuve de Daniel, Sylvia Roth (1933-2010), ancien mannequin israélienne d'origine ashkénaze ukrainienne, ayant vécu par la suite à New York, défraie la chronique mondaine et judiciaire depuis le « coma aréactif » et la mort par cancer de Daniel Wildenstein[3]. En l'absence de contrat de mariage et de testament, Sylvia Wildenstein a l’usufruit de la moitié de la fortune de son mari, mais ses deux beaux-fils lui font croire que leur père est ruiné et la font renoncer à son testament. L'avocate de Mme Wildenstein, Claude Dumont-Beghi, lui permet de récupérer sa part, mais elle met au jour la technique d'évasion fiscale, jugée légale, utilisée pour placer les avoirs du défunt Daniel Wildenstein dans des trusts logés dans des paradis fiscaux, les œuvres d'art étant déposées dans des ports francs[4].

Il vivait entre un penthouse parisien avenue Montaigne, un hôtel particulier à Manhattan, un ranch dans un domaine de 30 000 hectares au Kenya et la propriété de Xanadu, située sur l'île de Virgin Gorda (îles Vierges britanniques)[5].

PublicationsModifier

  • Monet, Taschen
  • Paul Gauguin, premier itinéraire d'un sauvage, Skira
  • Monet ou le triomphe de l'impressionnisme, Taschen
  • Monet, Catalogue raisonné, Taschen
  • Marchands d'Art(avec Yves Stavridès), Plon
  • Renoir, de Vergennes
  • Monet, de Vergennes
  • Seurat, de Vergennes
  • Gauguin (avec Raymond Cogniat)
  • Odilon Redon, portraits, Bibliothèque des arts

Sources et référencesModifier

NotesModifier

BibliographieModifier

  • Yves Stavridès, Marchands d'art (les Wildenstein), Plon, 1999
  • Magali Serre, Les Wildenstein, Paris, Lattès, (ISBN 9782709642507)
  • Claude Dumont-Beghi, Les milliards cachés des Wildenstein, L'Archipel, 2016

Liens externesModifier