Cryptomonnaie

monnaie électronique pair à pair et décentralisée se basant sur les principes de la cryptographie pour valider les transactions et la génération de la monnaie elle-même
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Cryptomonnaies les plus utilisés en 2020.

Une cryptomonnaie[1], dite aussi cryptoactif, cryptodevise, monnaie cryptographique[1] ou encore cybermonnaie[2],[3], est une monnaie émise de pair à pair, sans nécessité de banque centrale, utilisable au moyen d'un réseau informatique décentralisé. Elle utilise les principes de la cryptographie et associe l'utilisateur aux processus d'émission et de règlement des transactions[4],[5],[6].

Principes de fonctionnementModifier

Preuve de travailModifier

Les cryptomonnaies utilisent un système de validation tel que la preuve de travail pour les protéger des contrefaçons électroniques. Plusieurs variétés de cryptomonnaies sont développées depuis la première diffusée : le bitcoin[4],[6],[7],[8],[9],[10],[11], introduite en 2009.

Sauf exceptions, la majorité des cryptomonnaies est conçue pour que la création de nouvelles unités de monnaie soit graduelle, tout en fixant, pour la plupart d'entre elles, un plafond (une quantité maximale) à la masse monétaire qui sera à terme en circulation. Ce plafonnement vise à imiter la rareté (et la valeur) des métaux précieux et à éviter l'hyperinflation[12]. Comparées aux monnaies pourvues d'un cours légal émises par des institutions financières ou gardées en espèce, les cryptomonnaies sont gérées par un registre (ou grand livre de comptes) consultable par tous (la blockchain) qui répertorie l'ensemble des transactions depuis l'origine. Les transactions sont en principe supposées infalsifiables et inviolables, grâce au recours intensif à la cryptographie (faillible via une attaque des 51%). Notons qu'il existe des exceptions à la règle de l'anonymat, comme le Monero, le Dash[13], le Zerocoin[14],[15],[16],[17], le Bytecoin[réf. nécessaire] et le Black Coin[réf. nécessaire].

Génération de blocs et création crypto-monétaire par minageModifier

Lorsqu'une transaction est émise, elle est transmise et validée par les ordinateurs qui composent le réseau. Cette validation découle d'un calcul auquel toute personne (ou ordinateur) peut participer. Dès lors qu'une transaction est validée, chaque ordinateur ayant participé à sa validation, se voit attribuer un montant de cryptomonnaie, au prorata de sa participation au calcul. Participer au calcul des transactions de cryptomonnaie requiert un investissement important, puisqu'il est indispensable d'investir dans des systèmes spécialisés tels que FPGA ou ASIC (FPGA ou ASIC constituent deux technologies ; les systèmes spécialisés réunissent le besoin de puissance de calcul nécessaire). D'autres cryptomonnaies basées sur des algorithmes différents, permettent à des systèmes moins puissants de participer au calcul. En effet les GPU (processeurs de carte graphique), voir CPU pour certaines cryptomonnaies, sont suffisamment puissants pour effectuer les calculs rapidement. La participation à la création monétaire, appelée « minage », suit un schéma logarithmique qui a pour objectif de reproduire la découverte de l'or (ou autres métaux précieux) :

  • Au début, peu de personnes cherchent de l'or, en trouver est donc relativement simple.
  • Puis comme l'information se répand et que de plus en plus de personnes cherchent, l'or devient de plus en plus difficile à trouver et de plus en plus rare.
  • En conséquence, l'investissement des acteurs est de plus en plus important, repoussant les limites et contraignant les petits chercheurs à abandonner.
  • Du fait que la ressource est épuisable et de plus en plus coûteuse à obtenir, sa valeur augmente, tandis que sa chance de découverte décroît.

Les cryptomonnaies matures atteignent des phases où la complexité (nombre de personnes participant à la génération de blocs et de leurs outils) demande un investissement soutenu en matériel[18]. Les nouvelles cryptomonnaies, ou celles qui n'ont pas encore atteint un volume suffisant, sont encore dans leur phase de lancement. La génération de blocs soulève la question de l'énergie dépensée pour créer de la cryptomonnaie. Selon les configurations de matériel, la consommation d'électricité peut s'avérer élevée. Rejoindre un groupe (pool) de générateurs de blocs reste la méthode la plus adéquate pour mettre des moyens en commun et pour obtenir des revenus grâce à l'activité de minage. Les cryptomonnaies (alt coin) affichent des ratios de rendement variables (notamment le Litecoin et le bitcoin). En effet, les cryptomonnaies secondaires, telles que le Monero ou l'Ethereum étant moins répandues, la génération de blocs est plus accessible et moins concurrentielle. D'autres cryptomonnaies, comme le Gridcoin, reversent une partie du calcul à des projets scientifiques.

Histoire des cryptomonnaiesModifier

Origine du terme de cryptomonnaieModifier

Le terme de « cryptomonnaie » se fonde sur le mécanisme de chiffrement assorti à cette monnaie d'une nature particulière (en grec ancien kruptos (κρυπτός) : « caché ».)[19].

En France, le terme de « crypto-actif » fait référence à « des actifs virtuels stockés sur un support électronique permettant à une communauté d’utilisateurs les acceptant en paiement de réaliser des transactions sans avoir à recourir à la monnaie légale. »[20]. Depuis le , le terme juridique et fiscal consacré dans la loi est celui d'actif numérique, qui contient techniquement les cryptomonnaies. Auparavant, d'autres termes ont été successivement utilisés par diverses autorités de régulation (voire la section "cadre légal en France").

La Banque de France réfute le terme de « cryptomonnaie », considérant que les cryptomonnaies ne remplissent pas toutes les fonctions d'une monnaie[21]. Qu'il s'agisse de cryptomonnaie ou de cryptoactif, le radical « crypto » renvoie à la présence d'un élément « caché »[22], avec le glissement possible vers la connotation négative de « dissimulé » ou d'occulte, alors que tel n'est pas le cas[23], puisque l'intégralité des transactions sont consultables sur un registre public, exhaustif et mondial, précisant l'horodatage et le montant échangé entre deux clés cryptographiques publiques (faisant fonction de comptes).

1998-2009 : les origines, une diffusion confidentielleModifier

Le concept de cryptomonnaie est un concept qui existait déjà bien avant la création du Bitcoin. L’entreprise, DigiCash Inc. fondée en 1989 par David Chaum, le fut dans le but de créer la première monnaie virtuelle utilisée dans le monde entier. DigiCash était une entreprise de monnaie virtuelle. Elle a créé un protocole de paiement anonyme basé sur la cryptographie. Néanmoins Digicash a échoué dans son projet d’adoption massive de sa cryptomonnaie. L’entreprise a été forcée de déclarer faillite en 1998[24].

En 1998, Wei Dai a publié une description de « b-money », un système électronique de trésorerie anonyme. Peu après, Nick Szabo a créé le « Bit Gold » qui demandait aux utilisateurs de compléter une fonction de preuve de travail dont les solutions étaient chiffrées, mises ensemble et publiées. Le Bitcoin, créé en 2009 par un développeur (ou un groupe de développeurs) utilisant le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, exploite l'algorithme SHA-256 comme système de preuve de travail[7],[25],[26]. D'autres cryptomonnaies se proposent, comme le Litecoin (qui utilise scrypt comme preuve de travail et repose sur des confirmations plus rapides des transactions), le Peercoin (qui utilise un système hybride de preuve de travail et connaît une inflation annuelle de 1 %) et le Namecoin (qui sert de DNS décentralisé, qui rend la censure d'internet plus difficile[réf. nécessaire])[4]. Plusieurs autres cryptomonnaies ont été créées : toutes n'ont pas connu le succès, notamment celles apportant peu d'innovation.

2011-2017 : l'adoption par un public large de trois générations de cryptomonnaiesModifier

Durant les premières années d'existence, les cryptomonnaies ont gagné peu à peu l'attention des médias et du public[27]. Depuis 2011, l'intérêt a rapidement augmenté, notamment durant la rapide montée du cours du Bitcoin en avril 2013. À partir de 2014, une deuxième génération de cryptomonnaies est apparue, comme Monero, Ethereum et Nxt avec de nouvelles fonctionnalités telles que des adresses de furtivité, des contrats intelligents, le recours à des chaînes de bloc latérales ou adossées à des actifs physiques tels que l'or. Les représentants de plusieurs banques centrales ont déclaré que l'utilisation de cryptomonnaies pose des défis importants pour les équilibres économiques. Notamment, du point de vue du prix du crédit[réf. nécessaire]. Ils ont également estimé que la popularité croissante des cryptomonnaies commerciales risque de faire perdre la confiance des consommateurs dans les monnaies fiduciaires. Gareth Murphy, un représentant de la banque centrale américaine, a déclaré que « l'utilisation généralisée [des cryptomonnaies] rendrait plus difficile pour les organismes statistiques de recueillir des données sur l'activité économique, elles-mêmes utilisées par les gouvernements pour orienter l'économie ». Il avertit que les cryptomonnaies constituent un nouveau défi pour le contrôle des fonctions importantes de la politique monétaire et de change des banques centrales[28].

Les cryptomonnaies de 1re, de 2e et de 3e génération[29],[30] :

  1. La première génération est représentée par le Bitcoin (2009). Solidement implanté, initiateur de l'engouement médiatique et public pour les cryptomonnaies, il souffre de lacunes régulièrement pointées, comme sa lenteur, sa taille de bloc relativement faible, notamment.
  2. Une deuxième génération (2011) présente soit des améliorations mineures, soit des innovations technologiques permettant de nouvelles fonctions. L'archétype de cette deuxième génération est l'Ethereum (qui est dérivé du code source de Bitcoin), qui fait usage de contrats intelligents (smart contracts)[31].
  3. La troisième génération (depuis 2017)[32]: constatant de nouvelles limitations, notamment de capacité, de sécurité et de gouvernance, de nouvelles cryptomonnaies ont vu le jour, comme EOS.IO, Cardano, (ADA), AION, ICON (ICX) et Raiden Network (RDN), pour les plus connues. EOS.IO est elle-même dérivée d'Ethereum. Elles apportent des innovations, mais, en août 2018, aucune n'a pris l'ascendant sur les autres.

Le premier stablecoin (en) (« monnaie stable »), bitUSD, est introduit en 2014[33]. Le lancement de cryptomonnaies ayant un prix fixe se fonde sur les avantages revendiqués par ce type de monnaie (confiance supérieure des consommateurs envers une monnaie au cours fixe et moins spéculative, ou des ressortissants des pays où l'instabilité monétaire du système conduit à des restrictions sur le contrôle de leurs capitaux)[34].

Un entrepreneur, fondateur de Robocoin, a lancé le premier distributeur automatique de bitcoins aux États-Unis le 20 février 2014. Le kiosque, installé à Austin dans le Texas, est similaire aux guichets automatiques bancaires, mais dispose de scanners pour lire les cartes d'identité afin de confirmer l'identité des utilisateurs[35].

En 2018, le marché est en baisse en comparaison à sa fin d'année 2017. Cependant, le nombre d'offres d'emploi dans le secteur ne cesse de progresser[36].

Le 21 aout 2019, des employés de la centrale nucléaire d'Ukraine du Sud qui l'ont connectée à internet pour miner de la cryptomonnaie se sont fait arrêter par les services secrets.

Typologies de cryptomonnaiesModifier

Fin 2019 on dénombre près de 2 400 cryptomonnaies sur le site coinmarketcap[37]. Parmi ces cryptomonnaies on distingue certaines typologies.

Les StablecoinsModifier

Les stablecoins ont pour objectif de répliquer la valeur d'un actif, du dollar, de l’or ou de l’euro. L'objectif est de ne pas être soumis à la volatilité du marché.

Parmi les stablecoins notables, on peut citer :

Cadre légal en FranceModifier

Le cadre légal applicable aux cryptomonnaies nécessite de les qualifier juridiquement : il faut pour cela distinguer la monnaie ayant cours légal, la monnaie électronique, et enfin la nouvelle catégorie d'actif numérique, cette dernière notion correspondant aux cryptomonnaies.

En France, les cryptomonnaies sont définies et encadrées par la loi depuis le 1er janvier 2019[39]. Après une période de relative insécurité, elles font partie de la catégorie plus large des actifs numériques[40], et leur régime fiscal est défini[41] et précisé par la direction générale des finances publiques[42].

La volonté d'entreprises privées comme Facebook ou Télégram de lancer une cryptomonnaie fait aussi émerger des inquiétudes au sein des États. Leur danger potentiel a été abordé lors G7 Finances en 2019. Le secrétaire du Trésor américain, Steven Mnuchin, avait alors fait état de « très grandes inquiétudes sur le Libra, qui peut être mal utilisé pour blanchir de l’argent ou financer le terrorisme[43] ». Les ministres des Finances des pays membres avaient alors convenu d'avancer rapidement sur la question.

Suite à la publication d'un rapport publié le 2 octobre 2020[44], la Banque Centrale Européenne a indiqué lancer une consultation sur la création d'un "euro numérique". Il consisterait en une monnaie virtuelle "différente" des cryptomonnaies, celles-ci étant considérée comme vouées à être très volatiles et risquées puisque non adossées à une Banque centrale[45].

Qualification juridiqueModifier

L'article L111-1 du code monétaire et financier[46] pose le principe selon lequel la monnaie ayant cours légal en France est l'euro : un commerçant peut refuser un paiement en Bitcoin alors qu'il n'a pas le droit de refuser un paiement en euro.

L'article L315-1 du code monétaire et financier[47] définit la monnaie électronique comme « une valeur monétaire qui est stockée sous une forme électronique, y compris magnétique, représentant une créance sur l'émetteur, qui est émise contre la remise de fonds aux fins d'opérations de paiement définies à l'article L. 133-3 et qui est acceptée par une personne physique ou morale autre que l'émetteur de monnaie électronique ». Une cryptomonnaie n'a donc pas la nature d'un instrument de paiement qui serait une monnaie électronique, telle que définie par la législation européenne[48], transposée en France dans le code monétaire et financier[49], en l'absence de garantie légale de remboursement.

L'article L54-10-1 du code monétaire et financier[50] définit les actifs numériques, qui comprennent les cryptomonnaies, comme « toute représentation numérique d'une valeur qui n'est pas émise ou garantie par une banque centrale ou par une autorité publique, qui n'est pas nécessairement attachée à une monnaie ayant cours légal et qui ne possède pas le statut juridique d'une monnaie, mais qui est acceptée par des personnes physiques ou morales comme un moyen d'échange et qui peut être transférée, stockée ou échangée électroniquement ».

L'article L552-2 du code monétaire et financier [51] définit un jeton numérique comme « tout bien incorporel représentant, sous forme numérique, un ou plusieurs droits pouvant être émis, inscrits, conservés ou transférés au moyen d'un dispositif d'enregistrement électronique partagé permettant d'identifier, directement ou indirectement, le propriétaire dudit bien ».

La qualification juridique de "monnaie" est contestée par les États et les banques, qui favorisent par défaut la notion d'actif, soumise aux mêmes fluctuations et risques (et potentiellement taxation) que les autres actifs financiers. Le terme de « crypto-actif », obsolète, était recommandé par la Banque de France (Banque de France Focus n°16, du 5 mars 2018)[52]. En tant qu'institution de supervision et de contrôle, cette institution ne possède pas de pouvoir législatif et cette définition indicative n'a pas de valeur juridique. La cour de cassation, de manière indirecte, a qualifié le bitcoin de « monnaie virtuelle » (cour de cassation, chambre criminelle, du 20 février 2019, n°18-86.951[53]).

Les cryptomonnaies échappent à la gestion étatique, mais affectent l'économie, elle-même objet des politiques publiques : elles ne peuvent pas entrer dans les politiques monétaires. De plus, leur pseudonymat (anonymat pour certaines comme Monero) rend possible, au même titre que l'argent liquide, les transactions illicites. À travers diverses réglementations, elles font l'objet d'une surveillance par les autorités monétaires selon deux axes[54] :

  • contrôler la légalité des biens ou des services achetés grâce aux cryptomonnaies et ainsi éviter les achats illicites,
  • surveiller la conversion en devises légales et ainsi détecter le blanchiment d'argent.

Cryptomonnaie et titre de créanceModifier

L'article L54-10-1 du code monétaire et financier précise en 1° que les actifs numériques contiennent également les jetons numériques, dits tokens, « à l'exclusion de ceux remplissant les caractéristiques des instruments financiers mentionnés à l'article L. 211-1 (qui contiennent notamment les titres de créance) et des bons de caisse mentionnés à l'article L. 223-1».

Régime fiscal applicableModifier

Les cryptomonnaies ont connu une relative période d'insécurité juridique avant que le législateur n'intervienne dans le cadre du vote de la loi de finances pour 2019.

Le premier régime entre en vigueur avec l'instruction fiscale du 11 juillet 2014[55] : les cryptomonnaies sont alors qualifiées d' « unités de compte virtuelles stockées sur un support électronique », imposables au barème progressif de l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (ou bénéfices industriels et commerciaux, en cas d'activité habituelle).

Le second régime entre en vigueur avec l'arrêt rendu par le Conseil d'état le 26 avril 2018 (8e et 3e chambres, n°417809[56]) : les cryptomonnaies sont qualifiées de "biens meubles incorporels" au sens du droit civil des biens, imposables dans la catégorie des plus-values sur biens meubles relevant de l'article 150 UA du CGI, ou à défaut des bénéfices non-commerciaux (pour les activités de minage) ou de bénéfices industriels et commerciaux (pour le trading, à titre habituel). Outre les prélèvements sociaux, un taux forfaitaire de 12,9% (article 200A du CGI) était appliqué à la plus-value, qui bénéficiait en plus d'une franchise d'imposition pour toute cession (valeur de la revente, et non valeur de la plus-value) inférieure à 5000€.

Le régime actuel, voté avec la loi de finances du 28 décembre 2018[57], définit les cryptomonnaies comme des actifs numériques à l'article L54-10-1 du Code monétaire et financier : les actifs numériques sont civilement des biens meubles incorporels, imposables à l'impôt sur le revenu, sur le fondement de l'article 150 VH bis du code général des impôts[58]. Les plus-values de cession d'actifs numériques bénéficient du même prélèvement forfaitaire unique que les revenus de capitaux mobiliers : taux forfaitaire de 12,8% auquel il faut ajouter 17,2% de prélèvements sociaux (flat tax total de 30%). Une franchise d'imposition s'applique lorsque le montant annuel brut des cessions (et non des plus-values) est inférieur à 305€.

Déclaration de tout compte détenu sur une plateformeModifier

Depuis le 1er janvier 2020, tout compte ouvert, détenu ou clos sur une plateforme ou intermédiaire d'échange d'actifs numérique est à déclarer[59] en même temps que le contribuable complète sa déclaration de revenus : il faut remplir l'imprimé 3916 bis, un formulaire différent de l'imprimé 3916, prévu pour les comptes bancaires étrangers classiques.

Encadrement juridique des levées de fonds : ICO (Initial coin offering)Modifier

Une ICO de l'anglais Initial coin offering, en référence aux propositions de titres de capital par des bourses de valeurs (IPO), est une forme de financement, à mi-chemin entre la levée de fonds et le financement participatif, par la prévente d'une nouvelle cryptomonnaie. La première Initial coin offering notable est celle d'Ethereum en 2014[60].

En 2017, ce marché est encore peu régulé, ainsi en septembre la Chine interdit les ICO sur son territoire[61]. En Russie, Vladimir Poutine approuve l'utilisation des ICO en exigeant la mise en place d'une réglementation appropriée afin de contrôler le marché des cryptomonnaies[62],[63].

Une Security Token Offering ou STO est une Initial Coin Offering encadrée par des normes juridiques[64].

En France, en septembre 2017, Domraider est la première entreprise française à pratiquer une levée de fonds par ce moyen, à travers sa cryptomonnaie, le DRT (DomRaider token)[65]. La start-up, basée à Clermont-Ferrand lève 56 millions d'euros afin de créer une plateforme décentralisée dédiée aux enchères en temps réel sur la blockchain. Les DRT servent de moyen de paiement sur la Blockchain d'enchères et sont échangeables sur les places de marché de cryptomonnaies[66].

Quelques cryptomonnaiesModifier

Cryptomonnaies communautairesModifier

Code Monnaie Date de création Équivalent de la masse monétaire en USD Algorithme Quantité de monnaie émise Quantité maximum de monnaie pouvant être émise Note
BTC, XBT Bitcoin 2009 216 milliards USD au 07/08/2020[67] SHA-256
(preuve de travail)
18 millions au 18/10/2020 21 millions La première monnaie décentralisée.
ETH Ethereum 2015 44 milliards USD au 07/08/2020[67] Ethash 112 millions au 07/08/2020 Non limitée La première monnaie basée sur une chaîne de blocs (Ethereum) permettant la création de contrats intelligents.
BCH, BCC Bitcoin Cash 2017 5 milliards USD au 07/08/2020[67] SHA-256
(preuve de travail)
18 millions au 07/08/2020 21 millions Fork de la chaîne de blocs Bitcoin avec augmentation de la taille maximale d'un bloc. Le but est de mieux faire face à la croissance du nombre d'utilisateurs.
XRP Ripple 2012 13 milliards USD au 07/08/2020[67] ECDSA 44 milliards au 07/08/2020 [68] 100 milliards Les transactions sont vérifiées par consensus entre les membres du réseau, plutôt que par le processus de minage utilisé par bitcoin.
LTC Litecoin 2011 3 milliards USD au 07/08/2020[67] Scrypt
(preuve de travail)
65 millions au 07/08/2020 84 millions La première cryptomonnaie fondée sur Scrypt.
NANO Nano 2015 120 millions USD au 02/03/2019 DAG (Graphiques acycliques dirigés) 133 248 290 NANO (limite atteinte) 133 248 290 NANO Monnaie utilisant le système de bloc-tressés : elle ne nécessite pas de minage, ne présente aucuns frais de transaction et sa scalabilité est infinie.
MIOTA IOTA (cryptomonnaie et technologie) 2015 814 millions USD au 02/03/2019[67] SHA-256
(preuve de travail)
  IOTA
(limite atteinte)
  IOTA Au lieu d'utiliser une blockchain, le protocole IOTA est basé sur un graphe orienté acyclique (Directed acyclic graph).
OMG OmiseGo 2017 179 millions USD au 02/03/2019[67] 102 millions au 16/05/2018 140,25 millions Première Application prévue sous le réseau Plasma[69]
MAID MaidSafeCoin 2014 57 millions USD au 02/03/2019[67] -8,73 % 452,5 millions au 04/08/2017 4,3 milliards Proof of Ressource (POR).
DASH Dash 2014 723 millions USD au 02/03/2019[67] X11 8 millions au 02/03/2019 18,9 millions[70] Ex-Darkcoin, première cryptomonnaie anonyme.
DOGE Dogecoin 2013 236 millions USD au 02/03/2019[67] -4,59 % Scrypt
(preuve de travail)
118 milliards au 02/03/2019 5,2 milliards par an perpétuellement cryptomonnaie dérivée de Litecoin et la première à être fondée sur un mème Internet : Doge.
XMR Monero 2014 820 millions USD au 02/03/2019[67] Preuve de travail 16 millions au 02/03/2019 18,3 millions puis production perpétuelle minimale de 0,3 XMR par minute Lorsque les 18,3 millions de XMR seront produits, l'inflation maximale est de 1 %, puis décroit exponentiellement jusque 0.
AFRO AFRO 2017 2,09 milliards USD au 04/01/2019[67] DASH - Preuve d'enjeu (PoS) 750 milliards au 04/01/2019 750 milliards puis production annuelle maximale de 0,584% de l’émission initiale soit, 4,4 milliards d’Afros par an L’AFRO est une crypto-monnaie panafricaine, au service du développement sociétal du continent.
FCT Factom (en) 2015 0,157 millard USD au 16/05/2018[67] -8,4 % 8,7 millions au 16/05/2018
BTS BitShares (en) 2014 0,637 millard USD au 16/05/2018[67] -4,81 % 2,64 milliards au 16/05/2018 3 600 570 502 2 500 millions sont créés puis croissance asymptotique de 6,3 % en année 1 pour atteindre 0,9 % en année 100.
PPC Peercoin 2012 0,64 milliard USD au 16/05/2018[67] -8,77 % SHA-256
(preuve de travail/preuve d'enjeu)
24 764 006 au 16/05/2018 Pas de limite Inflation annuelle : 1 %
NMC Namecoin 2011 29 788 896 USD au 16/05/2018[67] -4,67 % SHA-256
(preuve de travail)
14,7 millions au 16/05/2018 21 millions Namecoin a pour but d'agir comme un DNS décentralisé, qui rend la censure d’Internet très difficile. Namecoin se sert du nom de domaine .bit.
LSK Lisk (en) 2016 1,29 millard USD au 10/05/2018[67] DPOS (preuve de participation des délégués) 110,4 millions au 04/08/2017 Première crypto monnaie modulaire utilisant des Sidechain.
SLR SolarCoin 2014 1 069 366 545 USD au 16/05/2018[67] -7,69 % Proof-of-Stake-Time (PoST) 105 951 307 au 16/05/2018 121 201 144[67] L'essentiel des SolarCoins sont attribués à des producteurs d'énergie solaire.
ONION DeepOnion 2017 29 511 492 USD au 16/05/2018[67] +0,67 % Proof of Stake (PoS) et X13 Proof of Work (PoW) 15 100 490 au 16/05/2018 25 000 000[67] cryptomonnaie entièrement anonyme utilisant le réseau Tor.
DRT DomRaider Token 2017 14 313 886 EUR au 16/05/2018 +5,03 % 591,5 millions au 16/05/2018 1,3 milliard[67] Plateforme d'enchères utilisant la blockchain
ECA Electra 2017 61 393 773 USD au 16/05/2018 -12,14 % Nist5 (PoS) 25 milliards en 16/05/2018 30 milliards Monnaie rapide avec frais de transactions faible, gérée par la communauté-même.
Ğ1 June 8 mars 2017 N/A signatures : Ed25519
hashes : SHA-256
Plus de 17 million de Ğ1 au 27/06/2020


Moyenne de 5000 Ğ1 / membre co-créateur

Pas de limite Co-création monétaire par Dividende Universel respectant une symétrie spatio-temporelle entre les membres de la Toile de confiance.

Taux de croissance de 10 % / an.

Conforme à la Théorie Relative de la Monnaie (Stéphane Laborde, 2010), la Ğ1 est la 1ère Monnaie Libre

PIT Paypite[71] 2018 620 000 € au 16/05/2018 ERC20 2 000 000 au 16/05/2018 247 000 000 Monnaie francophone, pour les 274 millions de francophones du monde
KMD Komodo 2016 101 010 557 € au 17/09/2018 D-POW, Delayed Proof-of-Work 109 755 311 au 17/09/2018 200 000 000 Son mécanisme de consensus est unique, propose des atomic swaps. 5 % d'intérêt annuel.
DERO Dero [72] 2017 6 337 622 € au 17/04/2019 Cryptonight[73] Preuve de travail (Pow) 7 049 662 au 17/04/2019 18 400 000 pendant les 8 premières années, suivie d’un taux d’émission infini d’environ 157 000 DERO/an. Blockchain traditionnelle combiné à un dag, ce qui en fait un blockDAG (insensibles aux doubles dépenses et évolutive).
LIBRA Libra [74] 2019 Projet de cryptomonnaie initié par Facebook, pour le développement d'un porte-monnaie électronique[75].
XMG Magi 2014 M7Mhash (preuve de travail),

mPoS (preuve d'enjeu)

9 678 056 au 22/03/2020 Pas de limite Blockchain concue pour favoriser les "petits mineurs" en utilisant une preuve de travail cpu-only, et en utilisant une preuve d'enjeu favorisant les petits montants.
XVG Verge 2014 2 017 297 € au 01/06/2020 16 555 000 000 Cryptomonnaie décentralisée, basée sur le respect de la vie privée
GRC Gridcoin 2014 PoR (Preuve de recherche) 145 millions au 07/06/2020 Pas de limite Cryptomonnaie récompensant le calcul scientifique effectué via la plateforme BOINC.
OZP Ozaphyre 2019 9 073 480 USD au 09/07/2020 ERC-20 8 millions au 09/07/2020 Pas de limite Stablecoin de la marketplace ozalentour.com[76]

Cryptomonnaies d'états souverainsModifier

  • En , la banque d’Angleterre annonce souhaiter créer une cryptomonnaie indexée sur la monnaie britannique[77],[78].
  • Au Canada et à Singapour, des institutions envisagent également de développer des systèmes de paiement officiels en cryptomonnaie[77].
  • En 2018, les Îles Marshall deviennent le premier pays au monde à lancer une cryptomonnaie légale[79].
  • En 2018, le président vénézuélien Nicolas Maduro crée une cryptomonnaie, le petro, ancré sur le prix du baril de pétrole, dans le but de contourner les sanctions américaines[80].
  • En 2018, la Turquie envisage elle aussi sa monnaie, le Turkcoin, pour dynamiser l'économie[81].
  • En 2018, l'Iran pense créer une cryptomonnaie nationale, basée sur le bitcoin, pour contrer la chute de la monnaie nationale du fait du retour des sanctions américaines[82],[83].
  • En 2019, la Chine populaire considère être sur le point de lancer sa cryptomonnaie pour supprimer l'argent liquide, après avoir initié le mouvement en 2014 et déposé 80 brevets[84]. Elle porte le nom de DCEP ou Digital Currency Electronic Payment.

Principales plateformes d'échangesModifier

Actives

Inactives

  • Mt. Gox (actuellement fermé, la société s'étant déclarée en faillite au Japon)[85]
  • Cryptsy (actuellement fermé à la suite d'un vol d'un nombre important de bitcoins)[86]
  • Vault of Satoshi (fermé en 2015)[87],[88]


Caractéristiques, avantages et inconvénientsModifier

Avantages

  • Conçues pour Internet, elles offrent des alternatives aux systèmes de paiement reposant sur des monnaies avec cours légal. Elles permettent d'augmenter l’accessibilité du commerce en ligne dans les pays en voie de développement[89],[90].
  • Transparence : toutes les transactions sont publiques, les propriétaires et les destinataires de ces transactions étant identifiés par des adresses[91].
  • La cryptomonnaie ne peut pas être contrefaite ou usurpée[92]. Le protocole de chiffrement est aussi conçu pour être très résistant contre la plupart des menaces informatiques connues, incluant les attaques par déni de service distribué.
  • Frais de transfert parfois nuls et inférieurs à ceux des établissements de paiement ou à ceux des sociétés de transfert de fonds (type Paypal, Western Union).
  • Transferts rapides de quelques secondes à quelques minutes par rapport aux virements bancaires (quelques heures à quelques jours).
  • Transferts possibles à l'échelle mondiale indépendamment du pays.
  • Absence d'intermédiaire (établissement de paiement, intermédiaire en services de paiement, banque, dépositaire) : la somme créditée est porté directement à l'adresse de réception.
  • N'importe quel particulier ou société peut transférer de la cryptomonnaie.
  • Stockage de la cryptomonnaie à distance sur un serveur ou en téléchargement sur un support (clé USB, par exemple).
  • Pour certaines cryptomonnaies, la quantité totale pouvant être créée est plafonnée, rendant ce type de monnaie déflationiste par essence (la quantité de monnaie ne peut que décroitre dans le temps)

Inconvénients

  • Faible impact des cryptomonnaies sur le grand public[93] (~ 150 millions USD / jour en mars 2016 pour Bitcoin).
  • Réseau de paiement peu développé bien qu'en croissance[94].
  • Différentes cryptomonnaies, incompatibles entre elles, avec le développement de plusieurs types de cryptomonnaies en parallèle.
  • Volatilité élevée.
  • Risque de déflation/hyperinflation due à création monétaire insuffisante ou trop importante (quantité de bitcoins limitée à terme par exemple)[95],[96].
  • Sécurisation nécessaire (comme n'importe quel compte de dépôt ou de paiement) : mot de passe, double authentification.
  • Illégalité dans certains pays.
  • La cryptomonnaie perdue (à la suite d'un téléchargement sur une clef USB ou disque dur) est définitivement perdue.
  • Consommation d'énergie due aux activités de minage de plus en plus importante.

Autres caractéristiques :

  • Monnaies ne dépendant pas de banques centrales.
  • Irréversibilité des transactions : le réceptionnaire de la monnaie ne peut pas subir d'annulation. Inversement, le donneur d'ordre ne peut rétracter son paiement.
  • Lobby bancaire s'opposant a l'utilisation de ce type de monnaie et défendant les systèmes de paiement utilisant les monnaies dotées de cours légal.
  • Absence de plafond et de minima dans les transferts.

Notes et référencesModifier

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Cryptocurrency » (voir la liste des auteurs).
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AnnexesModifier

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Articles connexesModifier