Les pagi bourguignons au IXe siècle

Le comté de Warasch (ou comté de Varais), (comitatu Guaraschensi dans les textes en latin) occupait l'arrondissement de Pontarlier dans le département du Doubs. Plus précisément il s'étendait de Rougemont à Poligny du nord au sud et des sommets des monts du jura jusqu'aux rives du Doubs d'est en ouest[1] ; sa capitale était Baume-les-Dames[2].

ÉtymologieModifier

Le mot Warasch tirerait son origine de l'allemand Wahren : garder, d'après Droz (dans Histoire de Pontarlier, page 29). Pour Gingins (Essai sur l'établissement des Bourguignons, page 33 et suivantes) ce mot serait dérivé de Varais ou Waresgau, Pagus Varascorum vient de Warhes ou Wahres man, capite civili proediti car ce canton avait été occupé par des soldats bourguignon auxquels avaient été assignés des lots de terres et que c'était ainsi qu'étaient nommés les chefs de familles pourvus de biens héréditaires et qui jouissaient de tous leurs droits civils et politiques. Quant à Bullet (dans mémoire sur la langue celte, tome &, page 139) il fait dériver ce mot de Var: montagne et Ac ou Asc qui signifie habitants[1].

L'origine du comtéModifier

Il avait été fondé avec l'arrivée des Burgondes en Séquanie dans le courant du Ve siècle et était l'un des cinq composants de l'actuelle Franche-Comté avec les comtés de Scoding, (ou Escuens), d'Amaous de Port et la ville de Besançon ; cette organisation a subsisté jusqu'au XIIIe siècle[3]. Le comté de Warasch comptait parmi ses gens de noblesse les familles de Montbéliard, de la Roche et de Montfaucon ; avec elles s'ajoutaient les baronnies d'Arguel, de Salins, de Granges, de Cusance, de Belvoir, de Rougemont, de Neuchâtel-Bourgogne et de Scey[2].

Saint SigismondModifier

Sigismond, roi des Burgondes, qui avait fondé en 515 ou 517 l'abbaye d'Agaune lui avait fait en donation une grande partie du comté de Warasch et du Scoding : In pago Bisuntinensi Salinum cum castro de Bracon, Miegens, Salins, Bracon et Mièges se trouvaient autour de Pontarlier. Charte de donation dans Histoire des sires de Salins, tome II, aux preuves, p. 1 et dans Histoire de Bourgogne, tome I, p. 321)[1].

Un autre texte atteste de son existence au XIe siècle, c'est l'acte de confirmation par lequel Rodolphe III, roi de Bourgogne, confirme à Ermengarde ou Ermenburge, femme d'Humbert II de Salins, les biens qu'il avait donné à son père Lambert comte de Vaud ecclesia quoe est in honore sancti Gorgonii in villa quoe dicitur albonna in episcopatu Vesonciensi in comitatu Guaraschensi[1].

En 870 Louis II de Germanie et Charles II le Chauve se partageaient le royaume de Lothaire II, Louis se voyait remettre le comté de Warasch entre autres ainsi que les abbayes de Faverney, Poligny, Luxeuil, Lure, Baume, Altapetra et Château-Chalon[2].

SourcesModifier

BibliographieModifier

  • Essai sur l'histoire de la Franche-Comté, volume 1, Édouard Clerc, 1840, p. 175, 233, 317, 318, 319, 320.
  • Les deux Bourgognes: études provinciales, volume 4 à 5, Bureau de la revue, 1837, p. 51.
  • Recherches historiques sur la ville et l'arrondissement de Pontarlier, Jean Ignace Joseph Bourgon, 1841, p. 28, 29, 38, 73, 74.

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Recherches historiques sur la ville et l'arrondissement de Pontarlier
  2. a b et c Essai sur l'histoire de la Franche-Comté
  3. Les deux Bourgognes