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Comté de Sermorens

Entités précédentes :

Le comté de Sermorens (latin pagus Salmorincensis) —  dont on trouve les formes Salmourenc, Salmorenc ou encore Selmorenc — est un comté issu probablement de la partition des comtés de Vienne et de Grenoble au IXe siècle.

Sommaire

TerritoireModifier

Le comté de Sermorens est situé au débouché de la cluse de l'Isère, au pied du massif de la Chartreuse et à l'extrémité du diocèse de Vienne. D'une taille restreinte, le comté couvre une centaine de communes actuelles. On en garde le souvenir par un quartier, quartier de Sermorens, groupé autour de l'église Saint-Pierre de Voiron.

HistoireModifier

Le comté de par sa position géographique aux confins du diocèse de Vienne a joui d'une certaine autonomie politique. Il est en 800 cité comme archidiaconé, et vers 850 comme comté - « pagus ». Il est administré à partir de la « villa » carolingienne « villa salmoringa » ou en 858 se tient l'assemblée des Trois Provinces (Lyon, Vienne, Arles).

Intégré au royaume de Provence - royaume d'Arles - puis de Bourgogne, il eut à subir comme ses voisins, les comtés de Vienne et de Grenoble, les aléas de l'histoire de cette entité géopolitique. Objet de contestation entre l'archevêque de Vienne, Guy de Bourgogne, et l'évêque de Grenoble, saint Hugues, quant à sa possession, le comté de Sermorens disparaît au XIIe siècle.

Le comté avait dû être cédé - à titre temporaire - vers 950 par les archevêques de Vienne aux évêques de Grenoble afin d'aider ces derniers à relever leur Église des raids « sarrasins ». La querelle atteint son paroxysme entre 1094 et 1107 et le pape est contraint de trancher en 1107 en faisant un partage équitable du territoire. Curieusement ce partage ne se fit pas sur le dénombrement des églises mais sur les « castra » et « mandamenda ». Cette énumération relève vingt-deux châteaux et mandements et chaque partie en reçoit onze. Ce partage scellera la fin du comté de Sermorens.

Le , le roi de Bourgogne Rodolphe III rédige à Aix, en Savoie, un acte en faveur de son épouse (douaire). La reine Hermengarde ou Ermengarde reçoit ainsi plusieurs terres dont les comtés de Vienne et de Sermorens ou Salmorenc[1],[2]. Le comte Humbert, proche parent de la reine, semble dominer la partie septentrionale du Viennois avant 1025, ainsi que la majeure partie de Salmorenc/Salmourenc[3],[4], dont il portera le titre de comte.

Cette région frontière entre Dauphiné et Savoie sera un peu plus tard l'objet de nombreux conflits, de 1150 à 1350, entre comte de Savoie et Dauphin à travers les guerres delphino-savoyardes.

Le pays de Sermorens est intégré dans le bailliage de Novalaise, dont le centre est le château de Voiron[5].

Liste des comtesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Acte du , FOR 267, « Rodolphe III » sur le site digi-archives.org.
  2. Charles William Previté-Orton, The Early History of the House of Savoy : 1000-1233, Cambridge, Cambridge University Press (réimpr. 2013) (1re éd. 1912), 512 p. (lire en ligne), p. 105.
  3. André Palluel-Guillard, « La Maison de Savoie » (consulté le 29 avril 2015) Fiche page 4 « Humbert Ier » sur le site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org.
  4. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3).
  5. Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno, André Palluel-Guillard, Histoire des communes savoyardes : Chambéry et ses environs. Le Petit Bugey (vol. 1), Roanne, Éditions Horvath, , 475 p. (ISBN 978-2-7171-0229-1, lire en ligne), p. 353. ([PDF] lire en ligne).

BibliographieModifier

  • Laurent Ripart, « Du comitatus à l’episcopatus : le partage du pagus de Sermorens entre les diocèses de Vienne et de Grenoble (1107) », dans Florian Mazel (sous la dir.), L'espace du diocèse. Genèse d'un territoire dans l'Occident médiéval (Ve-XIIIe siècle), Presses universitaires de Rennes, , 434 p. (ISBN 978-2-75350-625-1, lire en ligne)
  •   Action thématique programmée en archéologie métropolitaine : "Inventaire des fortifications de terre" (groupe Rhône-Alpes), Château de Terre : de la motte à la maison-forte - histoire et archéologie médiévales dans la région Rhône-Alpes, juin 1987-décembre 1988, 72 p.

Voir aussiModifier