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Classe Typhoon
Projet 941 « Akula »
Image illustrative de l'article Classe Typhoon
Caractéristiques techniques
Type Sous-marin nucléaire lanceur d'engins
Longueur 170 m (TK-208, Tk-202, TK-13)
172,6 m (TK-12, TK-17)
173,1 m (TK-20)
Maître-bau 23,3 m
Tirant d'eau 11 m
Tirant d'air 17 m
Déplacement 21 500 t en surface, 48 000 t en plongée
Propulsion 2 réacteurs OК-650b de 190 MW chacun
2 turbines à vapeur VM-5 d'une puissance totale de (73 500 kW) pour deux hélices de 5,40 m de diamètre
4 turbo-alternateurs de 3 200 kW unitaire
2 Diesel-alternateurs de secours DG-750 de 800 kW unitaire
Puissance 100 000 cv
Vitesse TK-13 : 28 nœuds en plongée
TK-17 : 26,6 nœuds en plongée
TK- : 27,1 nœuds en plongée
13 à 14 nœuds en surface
Profondeur 400 m (opérationnelle)
600 m (destruction)
Caractéristiques militaires
Armement 20 missiles mer-sol balistique stratégique R-39 Rif (en) (SS-N-20 Sturgeon)
8 missiles surface-air 9K310 / 9K38 (SA-14 Gremlin / SA-16 Gimlet)
6 tubes lance torpilles de 533 mm
22 missiles ASM porte-torpilles de 533 mm 83-R Vodopad et torpilles de 533 mm
ou 40 mines marines
Rayon d’action 120 jours en mer, extensible à 160
Autres caractéristiques
Électronique Système de combat tactique : Omnibus-941
Radar de veille surface : MRKP-58 "Buran"
Deux ALR VLF
Équipage Patrouille courante : 168 hommes (171 hommes sur TK-17 et TK-20)
Maximum : 179 hommes
Histoire
Constructeurs Sevmash-Severodvinsk
A servi dans Naval Ensign of the Soviet Union (1950–1991).svg Marine soviétique
Naval Ensign of Russia.svg Marine russe
Période de
construction
1976 - 1989
Période de service 1981 - actuel
Navires construits 6
Navires prévus 7
Navires annulés 1
Navires en activité 1 en décembre 2017[1]
Navires démolis 3 en décembre 2017[1]
Navires retirés du service 2 en décembre 2017[1]

La classe Typhoon (code OTAN) est une classe de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) soviétique puis russe. Développée par le bureau d'étude Rubin[2] de Saint-Pétersbourg sous le nom officiel de projet 941 « Akula[3] » (Тяжёлые ракетные подводные крейсеры стратегического назначения abrégé en ТРПКСН, littéralement « croiseur sous-marin lourd lanceur d'engins »). Les sous-marins de cette classe sont de loin les plus imposants au monde, longs de 173 mètres et hauts de 16,50 mètres (sans les 9,50 mètres du massif), avec un maître-bau de 23 mètres, le tout pour une masse supérieure à 25 000 tonnes en plongée[4].

Les sous-marins de la classe Typhoon sont déployés dans les années 1980 dans la marine soviétique, puis russe. La classe Typhoon compte six unités construites et un chantier annulé. Ils étaient, pendant la période de la Guerre froide, le cauchemar des sous-mariniers américains : rapides (25 nœuds en plongée), ils étaient à leur état neuf d'un silence presque parfait. Il ne reste, en 2018, qu'un seul exemplaire en service, le TK-208 Dmitri Donskoï, utilisé pour des tests du missile R-30 Boulava[1]. Bien que toujours performante et redoutable, cette classe de SNLE soviétique puis russe est en passe d'être remplacée par la nouvelle classe classe Boreï, dont plusieurs unités sont déjà en service.

Historique - La genèse du Projet 941Modifier

Dans le début des années 1970, les États–Unis lancent un programme de recherche ambitieux pour se doter d'un nouveau missile nucléaire, le Trident, à propulsion par carburant solidifié et d'une portée de plus de 7 000 km. Par la même occasion, ils créent un nouveau type de SNLE pouvant emporter 24 exemplaires de ce nouveau missile, la classe Ohio. 18 exemplaires au total sont construits sur les 34 prévus. Ces nouveaux vecteurs de dissuasions surpassent de loin les projets 667A-AM et 667B-BD (Yankee I et II puis Delta I et II). Les dirigeants soviétiques demandent alors à leurs industries de fournir une réponse adéquate à cette nouvelle menace pour l'Union soviétique.

Les données techniques et tactiques spécifiées dans le cahier des charges pour le nouveau sous-marin lanceur d'engin Projet 941 « Akula » sont proposées au Parti communiste de l'Union soviétique en décembre 1972. Un an plus tard, le 19 décembre 1973, le projet 941 est adopté par décret et un nouveau missile est mis en chantier. Le projet est développé par le Bureau central d'étude Rubin, sous la gestion du concepteur général L.D. Spassky, sous la direction directe du concepteur en chef Sergueï Nikititch Kovalev (ru) et sous la supervision de V. N. Levachov, chef de la marine[réf. nécessaire].

Le développement de ces nouveaux missiles stratégiques navals est confié au concepteur en chef V. P. Makeeva en 1971. Le travail sur les D-19 (version terrestre) et les R-39 (RSM-52) (version marine) commence en 1973. Les Soviétiques savent que les Américains ont une avance technologique importante dans la construction des missiles à ergols solides (beaucoup d'entre eux s'inquiètent de l'avance indéniable de la technologie américaine dans ce domaine)[5].

Le cahier des charges du Projet 941 se profile. Le futur sous-marin doit pouvoir se faufiler sous les glaces de l'Arctique, percer des épaisseurs de plus de 2,5 m de glace, tirer ses missiles en plongée et en surface, et disposer d'une importante capacité de détection hydro-acoustique. Le sous-marin K-153 (classe Golf) est modifié en 1976 en projet 619 GOLF V afin de mener une série intensive de tests conduisant à l'acceptation par la marine, en 1984, du missile R-39 Rif (en) (code OTAN : SS-N-20 Sturgeon).

 
Comparaison des missiles mer-sol R-29, R-29RL, R-39, R-29RM, JL-1 et JL-2 (Chine)

Les Soviétiques savent que, pour le nouveau projet 941, le silence, donc la furtivité, constitue une donnée capitale. En effet, grâce à des indiscrétions de quelques marins de l'US Navy et de leurs familles, ils savent que les Américains arrivent sans trop de problèmes à traquer pendant de longues périodes les SNLE soviétiques de la classe Yankee. Ils savent aussi que les barrières SOSUS ont été renforcées et qu'elles permettent aux Américains d'estimer les routes tactiques que vont emprunter les sous-marins sortant des ports de la mer Blanche ou de la mer Baltique. Il devient alors nécessaire d'opérer des ajustements dans la doctrine nucléaire de l'Union soviétique. Deux axes majeurs sont proposés :

  • augmenter les portées des missiles stratégiques afin de rapprocher au maximum les zones de patrouilles des SNLE des eaux territoriales de l'Union soviétique ;
  • lancer la troisième génération de SNLE et de SNA, plus rapide, plus silencieuse.

Il semblerait que l'Union soviétique était plus intéressée par une doctrine défensive que ce que les États-Unis ont voulu faire croire. En effet, le nombre de missiles stratégiques navals répond pratiquement à un ratio de un pour trois, ce qui portait à plus de 3 000 têtes nucléaires américaines l'arsenal embarqué dans la flotte de leurs SNLE à la fin des années 1980.

Quelque 1 219 personnes travaillent sur la construction de TK-208, plus de 1 000 entreprises sont mises à contributions pour la fournitures des pièces, des ensembles et des éléments de conception du projet[6].

Lorsque le projet est décidé, Léonid Brejnev déclare lors du XXVIe Congrès du PCUS : « Les Américains viennent de lancer leurs sous-marins Ohio et leur missiles Trident ! Nous leur répondrons avec notre Typhoon ! »[7]. Le nom même de « Typhoon » vient de Leonid Brejnev : lors de l'évocation du projet de futur SNLE, le premier secrétaire utilise ce mot pour donner une image de la puissance de feu du futur submersible.

La construction des sous-marins de la classe Typhoon a lieu au chantier no 402 Sevmach de Severodvinsk. Elle ne peut se faire qu'après la construction du plus grand dock couvert au monde, établi à plus de 800 mètres de l'accès à la mer afin d'induire en erreur l'espionnage par satellite. À la fin de la construction du premier Typhoon, une armada d'engins de terrassement creuse en un temps record un canal par lequel le sous-marin est tracté jusqu'au port lui-même.

Le premier sous-marin de classe Typhoon est lancé le 12 décembre 1981. Chaque nouvelle unité bénéficie d'améliorations technologiques. Leur coût exorbitant engendre des discussions très vives. Il est donc décidé de limiter à sept puis six exemplaires l'effectif produit. Le coût du programme n'est pas le seul élément mettant en péril l'avenir du projet 941 : la taille gigantesque et inhabituelle du sous-marin engendre de très grosses difficultés d'organisation et d'intendance. Cette taille l'empêche en effet de rejoindre les ports stratégiques de la mer Blanche. Entretenir et gérer ces engins et leur armement est très délicat et nécessite la création d'infrastructures colossales que beaucoup estiment inutiles.

CaractéristiquesModifier

Descriptions généralesModifier

 
TK-202 part en patrouille
 
Le TK-202 le 1er mai 1985.

Le concept des sous-marins de classe Akula/Typhoon consiste en deux coques internes de SNLE classe Delta IV (de 7,2 m de diamètre) juxtaposées. Cette disposition s'apparente à celle d'un catamaran. Deux capsules de sauvetage peuvent accueillir l'ensemble de l'équipage, qui sont installées de chaque côté du massif. La salle des torpilles et le PCNO servent de zones de jonction entre les deux coques. Chaque coque est en liaison avec l'autre par des coursives de jonction. Avec un total de 19 compartiments étanches, les zones vie et opérationnelles sont clairement séparées. La coque épaisse du PCNO et celle de la salle des torpilles sont réalisées en alliage de titane pour plus de résistance et de discrétion magnétique grâce au savoir-faire accumulé depuis les 661 et projet 705. Les barres de plongée avant s'escamotent dans la coque tandis que la forme des barres arrière a été étudiée pour augmenter la stabilité du sous-marin.

Contrairement à ce que pensaient les Américains, les Soviétiques ont développé une technique d'écoute sonar similaire à celle présente sur les Ohio grâce aux ALR (Antenne linéaire remorquée), permettant ainsi au Typhoon de traquer les sous-marins au-delà des perturbations provoquées par son sillage (bafle) et le rendant beaucoup moins sourd que les SNLE de génération précédente.[réf. nécessaire]

Les locaux vie ont été pensés pour le bien-être de l'équipage. Finies les installations rustiques des projets 658). À bord se trouvent cabines spacieuses pour les officiers, bania (bain traditionnel russe composé d'un bain de vapeur et d'une petite piscine), salle de détente avec télévision et air climatisé, salle pour fumeurs, sauna, solarium, petite boutique, salles de sport, etc. Le projet 949A a lui aussi bénéficié de ce même genre d'aménagements pour l'équipage, ce qui lui permet de garder toute son efficacité durant les missions de longue durée (plus de 90 jours).

Bien que le cahier des charges soviétique ait prévu des missions dépassant les 120 jours, les missions de plus de deux mois ont été rares, probablement pour des raisons de logistique. Néanmoins, les cycles opérationnels des sous-marins de la classe Typhoon sont remarquables. Au moins un Typhoon a effectué une mission de plus de trois mois à la mer sans interruption, un échange d'équipage et un réapprovisionnement ayant été réalisés à partir d'un brise-glace qui avait rejoint le sous-marin.

Les sous-marins de classe Typhoon emportent 20 missiles balistiques mer-sol R-39 (RSM-52) (code OTAN : SS-N 20 Sturgeon) d'une portée de 11 000 km. Celui-ci possède 10 têtes indépendantes (chaque tête peut atteindre une cible différente). La puissance unitaire de ces têtes est de 100 kilotonnes (environ six fois la bombe atomique d'Hiroshima, Little Boy). Les missiles sont logés à l'avant du massif, ce qui en fait un sous-marin unique, tous les autres types de SNLE emportant leurs missiles sur l'arrière.

 
Schéma général de la disposition interne du projet 941 :
1 - coque hydrodynamique ; 2 - tubes lance-torpilles de 533 mm ; 3 - coque résistante de proue ; 4 - barres de plongée avant escamotables ; 5 - sas de sauvetage ; 6 - compartiment torpilles ; 7 - compartiment sonar ; 8 - Tubes lance-missiles P-39 ; 9 - poste central de navigation ; 10 - capsules de sauvetage ; 11 - dispositifs rétractables ; 12 - kiosque ; 13 - compartiment radio ; 14 - compartiment réacteur ; 15 - écoutilles des antennes de communication ; 16 - pare-glace des hélices ; 17 - compartiment turbines ; 18 - compartiment moteur ; 19 - guides hydrodynamiques ; 20 - plan vertical ; 21 - safran ; 22 - pompe-hélice ; 23 - barres de plongée arrière ; 24 - sonar ; 25 - propulseurs rétractables ; 26 - compartiment missiles ; 27 - compartiment équipage ; 28 - réacteurs nucléaires OК-650 ; 29 - lignes d'arbres ; 30 - stabilisateur ; 31 - coque résistante de proue ; 32 - coque résistante tribord ; 33 - coque résistante bâbord ; 34 - coque résistante centrale ; 35 - coque résistante de poupe ; 36 - réservoir de plongée rapide

i - périscope d’attaque ; ii - périscope de navigation ; iii - radio-sextant ; iv - mât radar et surveillance électronique ; v - schnorchel ; vi, viii - antennes radio ; vii - radiogoniomètre ; ix - antenne de communication satellitaire et GLONASS ; x - flûte sonar

ModificationsModifier

De nombreuses modifications ont été apportées au cours de la vie opérationnelle des six sous-marins : modifications des systèmes acoustiques, installation d'un dispositif de correction astrale sur les missiles, modification des conduites de tir, amélioration du système de navigation par satellite GLONASS pour le tir multi-cibles (Projet 941-U).

Les dernières grandes modifications ont été apportées par la version 941-UM, dont seul le TK-208 Dmitry Donskoï aura bénéficié. Début 2010, il est prévu que la classe Boreï remplace définitivement les derniers Typhoon en 2017.

Armes et systèmesModifier

 
Profil d'un Classe Typhoon
 
Maquette d'un Classe Typhoon

Encore aujourd'hui, le projet 941 est doté de systèmes qui n'ont pas à rougir face à leurs équivalents occidentaux, et ce d'autant moins depuis la refonte du TK-208 Dmitri Donskoï. Afin de rendre la partie nucléaire du sous-marin plus compacte et de faciliter sa maintenance, il a été décidé d'utiliser deux réacteurs à eau pressurisée VM-5 du réacteur nucléaire OК-650 d'une puissance unitaire de 190 MW.

Deux turbines à vapeur permettent d'assurer la propulsion du sous-marin. L'ensemble de la structure supportant les machines a été placé sur vérins et berceaux afin de réduire le bruit et les vibrations transmis à la coque. Le protocole de sécurité des réacteurs a été revu à la hausse, à la demande des autorités (contrôle du niveau d'énergie, triple système de secours, bouclier anti-radiations). Quatre turbo-générateurs autonomes de 3 200 kW unitaires assurent la fourniture d'énergie électrique, et deux diesel-alternateurs DG-750 peuvent prendre la relève en cas de panne. Deux propulseurs électriques de 750 kW, un au centre à l'arrière et un à l'avant tribord permettent d'assurer le déplacement latéral. À la création du projet 941, beaucoup d'efforts ont été déployés pour augmenter sa discrétion acoustique, notamment par une insonorisation accrue de toutes les parties du sous-marin (y compris les cuisines et les toilettes). Il en résulte, selon certains analystes, un niveau acoustique semblable aux Ohio américains.

Le projet 941 est équipé d'un système de combat tactique Omnibus-941, permettant la fusion des données des divers senseurs du bord. Il dispose aussi d'une nouvelle centrale inertielle Simfonya, d'un sonar de coque actif/passif MGK-500 Skat KS comportant notamment quatre antennes latérales et pouvant assurer la poursuite simultanée de 12 pistes, d'un sondeur des glaces MG-518 Arfa, d'un sonar anti-mines MG-519 Sever, d'un radar de veille surface MRKP-58 Buran, d'un système de surveillance vidéo externe MTK-100, de deux périscopes (attaque et veille), de deux ALR (antenne linéaire remorquée) de plus de 150 m chacune permettant la réception radio sous la surface. Cet équipement est complété par deux antennes sonars linéaires remorquées , sur les TK-208, TK-17 et TK-20.

Le sous-marin emporte 20 missiles R-39 pouvant être lancés jusqu'à une profondeur de 55 mètres, avec un intervalle très court (inférieur à 70 secondes selon certains analystes), sans limitation engendrée par l'état de la mer ou de la météo. La portée dépasse les 10 000 km. Chaque missile emporte 10 têtes nucléaires de 100 kt chacune, avec un système inertiel d'entrée dans l'atmosphère. Elles présentent un Cercle d'Erreur Probable (CEP) de 500 m. L'armement des sous-marins de la classe Typhoon comprend aussi 6 tubes lance-torpilles de 533 mm avec système de chargement rapide. La plupart des armements sous-marins de ce diamètre peuvent être lancés (torpilles, missiles ASM…).

Statut actuelModifier

Les six sous-marins de la classe Typhoon ont été regroupés dans une des divisions de sous-marins de la flotte du Nord. Ils sont basés dans la baie Nerpichia, à la base navale de Zapadnaïa Litsa, entièrement reconfigurée en 1977 pour accueillir le centre de commandement stratégique de la division des Typhoon. De nouveaux quais ont été installés et la base a été dotée d'un véhicule de transport des missiles R-39, ainsi que d'un complexe de maintenance courante (dock flottant) et de bâtiments hébergeant les équipes de maintenance à terre.

Comme les sous-marins occidentaux, chaque sous-marin de la classe Typhoon est armé par deux équipages. Les Typhoon ont le plus haut rendement de la flotte du Nord. En effet, à l'époque où les six Typhoons étaient opérationnels, deux étaient en permanence à la mer et chacun faisait en moyenne trois à quatre patrouilles de trois mois par an.

En 1989, la construction du septième Typhoon, le TK-210, est annulée et il est démantelé avant son achèvement. Pour certains, les problèmes financiers de la Russie ont été déterminants dans ce choix, pour d'autres ce sont les traités de désarmement bilatéraux SALT I et SALT II. La situation politique de la Fédération de Russie entre 1990 et 2000 a certes laissé la flotte du Nord dans un état déplorable, avec un budget de fonctionnement insuffisant pour assurer le maintien en condition opérationnelle de la flotte.

Pour les mêmes raisons, les TK-202 puis TK-12 et enfin TK-13 sont retirés de la liste des bâtiments actifs de la marine. Certes décision accompagne notamment l'arrivée en fin de vie opérationnelle du missile R-39 qui les équipe. En mars 2009, les trois sont démantelés, dont un grâce à des fonds américains et canadiens[8].

Le 21 mai 2013, la Russie annonce le retrait et le démantèlement du TK-17 Arkhangelsk et du TK-20 Severstal. Seul restera en service le TK-208 Dmitri Donskoï, exemplaire modernisé à des fins d'essais de missiles balistiques[9].

Entre 2000 et 2010 environ, en prévision du désarmement des Typhoons, les chantiers navals Rubin ont étudié leur possible refonte pour en faire des cargos minéraliers sous-marins, qui auraient permis de désenclaver des sites miniers ou sidérurgiques dont les ports sont bloqués par les glaces plusieurs mois par an, en aménageant des terminaux accessibles sous la surface de la mer. Ces projets ne sont plus d'actualité.

Liste des naviresModifier

# Nom Mise sur cale Lancement Mise en service Flotte Statut
TK-208 Dimitri Donskoï 30 juin 1976 27 septembre 1979 23 décembre 1981 Flotte du Nord Service actif, modifié en 2003 en Projet 941-UM, depuis 2005 plate-forme d'essai du SS-N-30 Bulava[1],[1]
TK-202 22 avril 1978 23 septembre 1982 28 décembre 1983 Retiré du service actif en juin 1999, ferraillé avec le soutien financier des États-Unis
TK-12 Simbirsk 19 avril 1980 17 décembre 1983 26 décembre 1984 Retiré du service actif en 1996, ferraillé entre 2006–2008
TK-13 23 février 1982 30 avril 1985 26 décembre 1985 Retiré du service actif en 1997, démoli entre 2007 et 2009[10]
TK-17 Arkhangelsk 9 aout 1983 12 décembre 1986 15 décembre 1987 Flotte du Nord Retiré du service actif en 2006[11], officiellement en réserve[1]
TK-20 Severstal 27 août 1985 11 avril 1989 19 décembre 1989 Flotte du Nord Retiré du service actif en 2004[11], officiellement en réserve[1]
TK-210 1986 Jamais terminé, démoli sur cale

AnecdotesModifier

  • Le Président Vladimir Poutine a invité l'équipage du TK-17 pour ses 57 ans (7 octobre 2007).
  • L'eau des deux piscines est pompée directement en mer à une profondeur minimale de 250 m et est renouvelée toutes les six heures.

Culture populaireModifier

LittératureModifier

  • Octobre rouge : roman de Tom Clancy de dont l'action tourne autour d'un sous-marin de classe Typhoon, Octobre rouge.

CinémaModifier

Jeux vidéoModifier

DocumentairesModifier

  • Nuclear Submarine : documentaire de la série Break It Down (2008), diffusé par National Geographic, sur le démantèlement du Typhoon TK-13, qui s'est déroulé de 2007 à 2009[14].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g et h Vincent Groizeleau, « Le plus gros sous-marin du monde a 35 ans », sur Mer et Marine, (consulté le 22 décembre 2017).
  2. (en) Site du bureau d'étude Rubin
  3. Mot russe pour « requin »
  4. Les 48 000 tonnes citées couramment dans les statistiques ne correspondent pas à la masse du sous-marin mais à celle du volume de l'eau déplacée.
  5. (ru) Historique du Projet 941, 2007
  6. (ru) 25 Ans et de nombreuses récompenses pour les constructeurs, 2007
  7. «НЕ БОЛИТ «БУЛАВА» У ДЯТЛА»(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), П. Фельгенгауэр, «Новая Газета», sur novgaz.ru (consulté le 18 septembre 2007)
  8. (fr) « Démantèlement d’un sous-marin de l’époque soviétique », 29 mai 2009
  9. (fr) Annonce du démantèlement du TK-17 et du TK-20, 2013
  10. Text: Trude Pettersen, « One sub out, another one in » [archive du ], BarentsObserver, (consulté le 14 août 2011)
  11. a et b « Russia, USA Liquidated Entire Class of Ballistic Missiles », Marine russe, (consulté le 22 décembre 2017)
  12. (en) « Mission Invisible », sur ZED (consulté le 30 juillet 2016).
  13. (en) « Full record for 'AUF UNSICHTBARER MISSION MISSION INVISIBLE' (8144) », sur Moving Image Archive catalogue (consulté le 26 février 2019).
  14. (en) « Break It Down - Nuclear Submarine », National Geographic (consulté le 23 août 2010).

Articles connexesModifier