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Claire O'Petit

personnalité politique française
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Claire O'Petit
Illustration.
Claire O'Petit en 2017.
Fonctions
Députée française
En fonction depuis le
(2 ans, 5 mois et 16 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 5e de l'Eure
Législature XVe
Prédécesseur Franck Gilard
Biographie
Nom de naissance Clairette Hélène Marceline O'Petit
Date de naissance (70 ans)
Lieu de naissance Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis)
Nationalité Française
Parti politique PS (2000-2001)
UDF
MoDem (2007-2015)
LREM (depuis 2017)
Profession commerçante

Claire O'Petit, née le à Épinay-sur-Seine en Seine-Saint-Denis, est une femme politique française.

Ancienne commerçante, membre de La République en marche, elle est élue députée dans la 5e circonscription de l'Eure lors des élections législatives françaises de 2017.

BiographieModifier

OriginesModifier

Claire O'Petit est née à Épinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis[1]. Elle y passe une grande partie de sa vie avant de s'installer dans l'Eure en 2010. À l'état civil, son prénom est Clairette. Sa mère est une chef-cuisinière communiste, qui a quitté le PCF après la guerre en voyant le sort des femmes tondues mais qui est restée membre de la CGT[2].

Elle est mère d'une fille[2].

Carrière professionnelleModifier

Titulaire d'un CAP couture[3] et commerçante de ses 17 ans à sa retraite[1], elle a occupé plusieurs emplois : vendeuse de chaussures sur les Champs-Élysées, toiletteuse, ambulancière, VRP, patronne d'une boutique de lingerie, démonstratrice de robots de cuisine, etc.[3]

Elle suit une formation et devient ensuite directrice commerciale d'une entreprise de paramédical, ouvrant aussi un magasin de toilettage pour chiens à Saint-Denis dans les années 1990. Après avoir protesté auprès de la mairie contre une taxe sur les enseignes jugée excessive par rapport à celles des villes environnantes, elle s'engage dans la défense des commerçants et des artisans à travers une association locale[2]. Elle préside ainsi un « collectif des commerçants et artisans » de 1989 jusqu'à son entrée à l'Assemblée nationale[1],[4]. Elle est nommée chevalier de l'ordre national du Mérite pour son action au sein de ce collectif[1].

MédiasModifier

De 2005 à 2017, Claire O'Petit participe régulièrement à l'émission Les Grandes Gueules sur RMC[1]. Elle se fait remarquer par les animateurs en appelant régulièrement les Grandes Gueules pour fustiger les taxes lorsqu'elle était à la tête du collectif de commerçants[3],[5]. Elle intervient une ou deux fois par semaine[1] et se fait aussi remarquer pour ses propos sur divers corps sociaux ou minorités[6]. Après son élection à la députation, elle n'intervient plus que deux fois par mois en tant que chroniqueuse[1].

Entrepreneuriat et problèmes judiciairesModifier

Le , elle est condamnée par le tribunal de commerce de Bobigny à « une interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler directement ou indirectement toute entreprise commerciale ou artisanale […] pour une durée de cinq ans », le tribunal la jugeant coupable de fautes de gestion ayant contribué à l'insuffisance d'actifs et à la liquidation de la SARL ADCP[7], créée dans le cadre d'une action de commerçants contre le projet de construction d'un centre commercial. Elle fait appel de ce jugement[2].

Le , la cour d'appel de Paris confirme, en partie, le jugement de la première instance puisque la condamnation au remboursement des sommes litigieuses est infirmée[8].

Parcours politiqueModifier

Parti socialiste puis MoDemModifier

En 2001, Claire O'Petit est élue sur la liste du Parti socialiste aux élections municipales à Épinay-sur-Seine[1]. Elle démissionne au bout de six mois à la suite de l'accord passé par le PS avec le Parti communiste[1], qu'elle désapprouve.

Elle adhère ensuite à l'UDF, puis au MoDem[1]. En 2008, elle est tête de liste aux élections municipales à Saint-Denis pour le MoDem en obtenant 7,46 % des voix ; sa liste fusionne avec l'UMP[9],[10].

En 2012, elle se présente aux élections législatives dans la 5e circonscription de l'Eure sous l'étiquette MoDem. Elle n'obtient que 1,63 % des voix, ce qui l'élimine dès le premier tour. En 2015, elle quitte le parti à cause de désaccords avec plusieurs cadres locaux[1].

Selon un cadre du Front national qui s'exprime sous couvert d'anonymat, elle aurait sollicité l'investiture pour les élections régionales cette même année auprès du Front national sur une liste conduite par Nicolas Bay en Normandie. Claire O'Petit nie cette version, affirmant seulement avoir déjeuné avec Gilbert Collard, « un copain des Grandes Gueules », ajoutant : « Nicolas Bay est arrivé inopinément, mais jamais nous n'avons parlé d'investiture »[11]. Pour Christophe Delacour, secrétaire départemental adjoint du FN dans l’Eure : « Je n’ai jamais entendu dire que Claire O’Petit voulait intégrer notre liste des régionales, surtout dans l’Eure, où j’ai assisté à toutes les réunions préparatoires à la construction de notre liste »[7]. Nicolas Bay confirme des demandes faites par Claire O'Petit pour intégrer sa liste aux élections[12]. Un cadre du FN indique qu'elle « n'avait aucune conviction politique. Elle voulait surtout être assurée d'avoir une rémunération »[12].

Députée La République en marcheModifier

En 2017, elle se présente de nouveau dans la 5e circonscription de l'Eure sous l'étiquette La République en marche. Son investiture est contestée par des militants qui saisissent la commission nationale d’investiture du parti au motif qu'« en ayant tenu à la radio des propos outranciers ciblant des personnes aussi diverses que : certaines minorités dont les Roms, les professeurs, les socialistes, les écologistes et certains investisseurs étrangers, madame O’Petit est objectivement en contradiction avec la Charte des valeurs d’En Marche ! »[6]. Dans un contexte de forte abstention, elle arrive en tête au premier tour avec 28,56 % des voix. Elle est élue au second tour avec 55,98 % des suffrages face au candidat FN Vincent Taillieu[13].

Durant ses premiers mois à l'Assemblée, la presse note sa participation réduite aux débats[14].

En mars 2019, elle prend position contre la diminution du nombre de députés, proposition pourtant défendue par La République en marche[15].

Durant l'été 2019, ses permanences de Vernon et Etrépagny sont vandalisées. Elle reçoit également plusieurs menaces de mort[réf. souhaitée].

PolémiquesModifier

En , Claire O'Petit crée la polémique après avoir annoncé sur les ondes de RMC : « Très franchement, quand je vois un barbu en djellaba qui traverse au feu rouge, j’ai envie d’accélérer, je vous le dis »[16].

En , elle est l'objet d'une nouvelle polémique après avoir déclaré au sujet de la baisse des APL pour les étudiants que certains médias rapprochent avec une baisse prévue de l'impôt sur la fortune : « Si à 19 ans, 20 ans, 24 ans vous commencez à pleurer parce qu’on vous enlève 5 euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? » Elle ajoute : « C'est ça ou on augmente les impôts. [...] Cet argent il se fait pas comme ça. Il faut que tout le monde participe[17],[18]. » Elle déclare aussi que « les socialistes sont des racistes primaires et ils se servent des arabes[19] ». En août 2017, elle critique publiquement son président de groupe, Richard Ferrand[2].

Le 6 mars 2018, Claire O'Petit est interrogée par France Info [20] sur le mouvement social qui paralyse l'île de Mayotte. Elle répond que « Mayotte est une ville extrêmement particulière », qu'elle n'est pas au courant, car « on le [lui] a pas donné l'information ». Elle se justifie en déclarant que « c'est la première fois qu'on en entend parler »[21].

En octobre 2018, elle est accusée par l'opposition pour un important absentéisme à l'Assemblée nationale. En effet, au bout de six mois, elle est la 2e députée la moins active selon le classement établi par Capital qui relève qu'« elle n’a totalisé que 9 présences en commission (bien-en dessous de la moyenne qui est de 30), n’a pondu aucun amendement et n’est même jamais intervenue dans l’hémicycle »[22]. Elle répond que ses absences sont dues à des raisons médicales[23]. François de Rugy, président de l'Assemblée, propose d'« appliquer strictement » les pénalités financières prévues en la matière[24].

DistinctionModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j et k Clémentine Vergnaud, « Législatives : qui est Claire O'Petit, la nouvelle députée En Marche de la 5e circonscription de l'Eure ? », sur France Bleu Normandie,
  2. a b c d et e Thomas Pitel, « Claire O'Petit : Trop grande gueule », Society, no 64,‎ , p. 68-71.
  3. a b et c « Législatives : Claire O'Petit, 67 ans, la « grande gueule » de RMC, rejoint Macron », sur Le Parisien,
  4. « Claire O'Petit », sur Le HuffPost (consulté le 25 juillet 2017)
  5. Anthony Berthelier, « Les propos polémiques de Claire O'Petit, nouvelle députée En Marche! et ex-grande gueule de RMC déterrés », sur Le HuffPost,
  6. a et b « Claire O’Petit, cette députée En Marche qui enchaîne les polémiques », sur Sud Ouest, .
  7. a et b Celia Mick, « 5e circonscription de l’Eure : Claire O’Petit (LREM) encore contestée », Paris Normandie,‎ (lire en ligne)
  8. Celia Mick, « Info Paris Normandie : Claire O’Petit, députée LREM de la 5e circonscription de l’Eure, condamnée en appel », Paris Normandie,‎ (lire en ligne)
  9. « Élections municipales à Saint-Denis », sur Annuaire-Mairie (consulté le 27 juin 2017)
  10. « Claire O’Petit candidate du MoDem à Saint-Denis », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  11. Valérie Hacot, « Une candidate En Marche ! tentée par le FN ? », leparisien.fr, 30 mai 2017.
  12. a et b « Les SMS publiés par cette députée LREM suffiront-ils à lever les doutes sur ses liens passés avec le FN? », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le 24 janvier 2018)
  13. Ministère de l'Intérieur, « Élections législatives 2017 », sur elections.interieur.gouv.fr, (consulté le 19 mai 2018).
  14. La députée macroniste Claire O'Petit vante son travail… invisible à l'Assemblée, marianne.net, 15/08/2017
  15. BFMTV, « Claire O'Petit (LAREM): « Il ne faut surtout pas avoir moins de députés » et il faut qu'ils ne soient « que députés » », BFMTV (consulté le 23 mars 2019)
  16. « Claire O’Petit, cette députée En Marche qui enchaîne les polémiques », sur SudOuest.fr (consulté le 20 février 2019)
  17. « Aides au logement : La députée Claire O'Petit demande aux jeunes d’arrêter de « pleurer pour 5 euros » », sur 20 minutes, .
  18. Marc de Boni, « APL : la députée LREM Claire O'Petit demande aux jeunes « d'arrêter de pleurer » », sur Le Figaro, .
  19. « Le CV très chargé de Claire O'Petit, la députée qui demande aux jeunes d'arrêter de « pleurer » », sur Les Inrocks, (consulté le 9 mars 2018).
  20. « VIDEO. De Mayotte aux APL, on vous présente Claire O'Petit, la députée abonnée aux bourdes », sur France Info, (consulté le 9 mars 2018).
  21. « « Mayotte est une ville extrêmement particulière » : la députée LREM Claire O'Petit complètement à l'ouest sur la crise sociale à Mayotte », sur L'Obs (consulté le 9 mars 2018).
  22. « Les députés d'En marche, cancres de l'Assemblée... Notre classement », sur Capital.fr, (consulté le 22 décembre 2017).
  23. « Accusée d'absentéisme, Claire O'Petit (LREM) envoie un courrier rageur à tous les députés », sur Libération,
  24. AFP, « Absentéisme: le président de l'Assemblée en zone de turbulences », sur Le Point,
  25. Décret du portant promotion et nomination

Liens externesModifier

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