Christian VIII

roi de Norvège, puis roi du Danemark
(Redirigé depuis Christian VIII de Danemark)

Christian VIII
Christian 8
Kristian Fredrik
Illustration.
Titre
Roi de Danemark

(8 ans, 1 mois et 17 jours)
Prédécesseur Frédéric VI
Successeur Frédéric VII
Roi de Norvège

(4 mois et 23 jours)
Prédécesseur Frédéric VI
Successeur Charles II
Vice-roi de Norvège

(9 mois et 5 jours)
Prédécesseur Frédéric, Prince de Hesse
Successeur Hans Henrik von Essen
Biographie
Dynastie Maison d'Oldenbourg
Nom de naissance Christian Frederik af Oldenborgske
Date de naissance
Lieu de naissance Copenhague (Danemark-Norvège)
Date de décès (à 61 ans)
Lieu de décès Copenhague (Danemark)
Sépulture Cathédrale de Roskilde
Père Frédéric, prince héréditaire de Danemark
Mère Sophie-Frédérique de Mecklembourg-Schwerin
Conjoint 1) Charlotte-Frédérique de Mecklembourg-Schwerin
2) Caroline-Amélie de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg
Enfants Frédéric VII Red crown.png
Religion Luthéranisme danois

Christian VIII Christian VIII
Monarques de Danemark
Monarques de Norvège

Christian-Frédéric[1], né le [2] à Copenhague[2] où il est mort le [2], fut brièvement roi de Norvège de mai à [2], puis sous le nom Christian VIII (en danois : Christian 8) roi de Danemark du à sa mort[3],[2].

BiographieModifier

Premières annéesModifier

Naissance et familleModifier

 
Le prince héritier Frédéric et la princesse héritière Sophie-Frédérique avec leurs trois aînés. Le prince Christian-Frédéric est à côté de son père. Portrait par Jens Juel, 1790.

Le prince Christian-Frédéric de Danemark voit le jour le au palais de Christiansborg, résidence principale de la monarchie danoise sur l'île de Slotsholmen au centre de Copenhague. Il est le fils ainé du prince héréditaire Frédéric de Danemark (1753-1805) et de son épouse la princesse Sophie-Frédérique de Mecklembourg-Schwerin. Son père était un fils cadet du roi Frédéric V, tandis que sa mère était la fille du duc Louis de Mecklembourg-Schwerin. Il a ensuite deux sœurs, les princesses Julienne-Sophie et Louise-Charlotte, et un frère cadet, le prince Frédéric-Ferdinand.

À la naissance du prince Christian-Frédéric, son oncle Christian VII était le roi de Danemark et de Norvège. Cependant, en raison de la maladie mentale du roi, le vrai régent des pays était son cousin, le prince héritier Frédéric (le futur roi Frédéric VI). La famille de Louise Charlotte avait à l'epoque une relation tendue avec le prince héritier Frédéric et sa famille en raison des luttes de pouvoir autour du roi, mais peu à peu la relation entre les deux branches de la famille royale s'est normalisée. Après la mort de son oncle Christian VII en 1808, le prince Christian-Frédéric est l’héritier des couronnes danoise et norvègienne.

Enfance et jeunesseModifier

 
Le prince Christian-Frédéric. Portrait par Jens Juel, 1802.

Le prince Christian-Frédéric passe ses premières années au vaste et magnifique palais baroque de Christiansborg. Comme résidence d'été, la famille bénéficie du palais de Sorgenfri située sur les rives du petit fleuve Mølleåen à Kongens Lyngby au nord de Copenhague.

L'année 1794 sera une année mouvementée pour le jeune prince et sa famille. En février 1794, une incendie détruit le palais de Christiansborg, et la famille est obligée à déménager au palais Levetzau[note 1], un hôtel particulier rococo qui fait partie du complexe palatiale d'Amalienborg dans le quartier de Frederiksstaden au centre de Copenhague. Et en novembre de la même année, alors que le prince Christian-Frédéric a huit ans, sa mère, en mauvaise santé, décède à l'âge de 36 ans seulement.

Le prince Christian-Frédéric est confirmée le dans la chapelle du palais de Frederiksberg avec ses sœurs la princesse Juliane Sophie et la princesse Louise-Charlotte.

Vice-roi et roi de NorvègeModifier

 
Christian-Frédéric, prince héréditaire de Danemark, par Johan Ludvig Lund (1813).

En 1813, il est envoyé en Norvège par Frédéric VI, en tant que vice-roi. Il y gagne rapidement une grande popularité qui facilite son élection sur le trône norvégien, en mai 1814, sous le nom de Christian-Frédéric (en norvégien : Kristian Fredrik).

 
L'assemblée constituante de Norvège à Eidsvoll en 1814.

Mais le traité de Kiel, signé en janvier 1814, met fin aux guerres napoléoniennes dans la région et prévoit la rétrocession de la Norvège à la Suède. Le souverain tente en vain de s’opposer à la pression des soldats français de Jean-Baptiste Bernadotte (futur Charles XIV) lors de la guerre suédo-norvégienne. À la fin d’un conflit plus subi que voulu, la convention de Moss est signée à Moss le . Durant les négociations de paix, Christian-Frédéric consent à renoncer à la couronne norvégienne et à retourner au Danemark si la Suède accepte la mise en œuvre de la constitution démocratique proposée par l'assemblée constituante et le principe d'une union personnelle entre les deux pays, garante d'une certaine indépendance pour la Norvège. Après son abdication le , il rentre au Danemark. Le , le Parlement norvégien choisit le roi de Suède Charles XIII pour le trône de Norvège. Christian-Frédéric obtient le poste de gouverneur de l’île de Fionie (1819).

Roi de DanemarkModifier

 
Le roi Christian VIII, par Johan Vilhelm Gernter (1845).
 
L'onction du roi Christian VIII et de la reine Caroline-Amélie à la chapelle du château de Frederiksborg en 1840.

Après vingt années d’éclipse, à la mort de son cousin Frédéric VI en 1839, Christian est désigné roi de Danemark (officiellement « roi de Danemark, des Vandales et des Goths, duc du Schleswig, de Holstein, de Stormarn, de Dithmarse, de Lauenbourg et d'Oldenbourg »). Il gouverne dans le plus scrupuleux respect des règles absolutistes, accordant néanmoins une constitution autonome à l’Islande[réf. nécessaire] et favorisant une vie culturelle et intellectuelle féconde, étant lui-même auteur de plusieurs ouvrages scientifiques. Au total cependant, il méconnaît l’aspiration des Danois à une démocratisation de la vie politique et à une réforme menant vers une monarchie constitutionnelle.

Christian VIII s’efforce par ailleurs de resserrer la dépendance du Schleswig et du Holstein, duchés héréditaires de la couronne, mais situés dans la sphère d’influence prussienne. Là encore, il œuvre dans une perspective absolutiste et dominatrice en instituant le danois comme langue officielle, au grand dam des germanophones des duchés. En 1846, il évince les Augustenborg de la succession aux duchés en y étendant la loi danoise permettant la transmission héréditaire par les femmes.

La question des duchés, loin d’être close, est le principal legs de Christian VIII à son fils Frédéric, dernier souverain en ligne directe de la dynastie des Oldenbourg, qui lui succède en janvier 1848, sous le nom de Frédéric VII.

Mariage et descendanceModifier

Il se maria à deux reprises, tout d'abord en 1806 avec sa cousine Charlotte-Frédérique de Mecklembourg-Schwerin (1784 – 1840), fille du grand-duc Frédéric-François Ier de Mecklembourg-Schwerin ; ils divorcent en 1810. Un enfant est né de cette union : Frédéric VII de Danemark. Il se remarie cinq ans plus tard avec Caroline-Amélie de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1796-1881), fille de Frédéric-Christian II de Holstein. Plusieurs enfants illégitimes naissent de ses liaisons avec ses maîtresses dont la comtesse Elisa von Ahlefeldt.

Il fut président de l'Académie royale danoise des sciences et des lettres de 1838 à 1848.

GénéalogieModifier

Christian VIII de Danemark appartient à la première branche de la maison d'Oldenbourg. Cette lignée donna des rois à la Suède, à la Norvège et au Danemark ; elle s'éteignit en 1863 à la mort de Frédéric VII de Danemark.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. actuellement appelée le palais Christian VIII.

RéférencesModifier

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier