Chemins de fer nogentais

La société des Chemins de fer nogentais (CFN) est une société de tramways qui exploitait un important réseau dans la banlieue est de Paris depuis la porte de Vincennes, entre 1887 et 1921.

La station de la mairie de Rosny-sous-Bois vers 1910, avec son kiosque à voyageurs.
Le dépôt des Nogentais et la centrale électrique à la Maltournée.

HistoireModifier

Le décret portant déclaration d'utilité publique et concession de la première ligne entre Vincennes et Ville-Évrard date du . La « Compagnie des chemins de fer nogentais » constituée dans ce but, fut autorisée à figurer au décret de la concession le .

Le , les Chemins de fer nogentais (CFN) ouvrent 11,6 km de ligne entre Vincennes et l'hôpital de Ville-Évrard à Neuilly-sur-Marne en passant par le pont de Mulhouse et le quartier de La Maltournée (boulevard Gallieni, Neuilly-Plaisance)[1].

Au début de l'exploitation, le Nogentais utilisait des automotrices Mékarski à air comprimé, à l'instar des tramways Nord de Paris[2] et des tramways de Nantes.

Cette ligne eut un grand succès, dans la mesure où elle facilita le trafic mais permit aussi aux Parisiens de visiter le bois de Vincennes le dimanche.

L'itinéraire est modifié le ,par ajout d'un embranchement de Nogent-sur-Marne (Pont de Mulhouse) vers Bry-sur-Marne, et d'une seconde voie, le entre La Maltournée et Rosny-sous-Bois.

En 1892, la ligne est prolongée de Vincennes à Paris jusqu'à la (Porte de Vincennes).

En 1900, le Nogentais électrifie au moyen de lignes aériennes son réseau. La compagnie crée de nouvelles lignes ayant leur terminus à la Porte de Vincennes et donnant correspondance au métro.

Le , les Chemins de fer nogentais sont intégrés aux autres compagnies de tramways parisiens au sein de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), ancêtre de la RATP.

Le réseauModifier

En 1902, le réseau des CFN était constitué des lignes suivantes[3] :

En 1904, le terminus de la porte de Vincennes fut déplacé sur le cours de Vincennes, afin de donner une correspondance aisée avec la ligne 1 du métro de Paris.

Les lignes furent raccourcies le jusqu'à la station Château de Vincennes, lorsque le métro y fut prolongé.

Une ligne 10 (122) sera créée le entre le Cours de Vincennes et Fontenay-sous-Bois, en utilisant un ancien tronçon de la ligne 2 de la Compagnie des tramways de l'Est parisien.

Fin du réseau des chemins de fer NogentaisModifier

 
Le Cours de Vincennes était l'un des terminus des Nogentais.
Après la reprise des Nogentais par la STCRP, on voit au premier plan le tramway 121 (ex-9) en direction de Gagny, et un bus BA de la ligne Fontenay (Les Rigollots) - Mairie de Vincennes - Opéra - Rue Taitbout.

Comme l'ensemble du premier réseau de tramway parisien, les lignes des chemins de fer Nogentais sont transformées par la STCRP en lignes de bus dans les années trente :

  • 113 (ex-1) le
  • 114 (ex-2) le
  • 115, ligne créée par la STCRP en 1924 (Porte de Vincennes - Mairie de Montreuil et prolongée à la Porte des Lilas en 1925, supprimée le .
  • 116 (ex-4) le
  • 117 (ex-5) le
  • 118 (ex-6) le
  • 119 (ex-7) le
  • 120 (ex-8) le
  • 121 (ex-9) le
  • 122 (ex-10) le .

Le tracé actuel du réseau de bus RATP dans le secteur reprend encore aujourd'hui le tracé de ces lignes du Nogentais.

Matériel roulantModifier

Automotrices à air compriméModifier

Automotrice à impériale de « type Mékarski »Modifier

  • Automotrice à traction mécanique à air comprimé
  • 19 véhicules
  • Capacité de 50 voyageurs (20 à l’intérieur, 24 sur l’impériale, 6 sur la plate-forme)
  • Châssis à deux essieux de 1,90 m d’empattement
  • Voie à écartement normal de 1,44 mètre
  • Longueur : 7,53 m
  • Poids à vide : 10 t

Automotrices électriquesModifier

Motrice à impériale « type 54 places »Modifier

  • Motrice électrique alimentée par fil aérien
  • 51 véhicules numérotés nos 1 à 51
  • Capacité de 54 voyageurs
  • Châssis à deux essieux de 2,13 m d’empattement
  • Moteur « type TH2 »

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Motrice à impériale « type 74 places »Modifier

 
Automotrice type 74 sur le boulevard Voltaire à Paris.
  • Motrice électrique alimentée par fil aérien, caniveau ou accumulateurs
  • 41 véhicules numérotés nos 52 à 93
  • Capacité de 74 voyageurs
  • Châssis à deux bogies comportant chacun un moteur
  • Moteur « type TH2 »

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Motrice « type 150 »Modifier

  • Motrice électrique alimentée par fil aérien
  • 14 véhicules numérotés nos 150 à 163
  • Capacité de 44 voyageurs
  • Châssis à deux essieux de 3,40 m d’empattement
  • Longueur : 10,15 m
  • Poids à vide : 14,5 t
  • Moteur « type TH523 »
  • Portes en bout

Motrice « type 202 » (prototype)Modifier

  •  
    Motrice 202 attelée à des remorques ouvertes, à Neuilly-Plaisance.
    Motrice électrique alimentée par fil aérien
  • 1 seul véhicule
  • Châssis à deux essieux
  • Longueur : 7,92 m
  • Poids à vide : 10,5 t
  • Moteur « type TH2 »
  • Portes aux extrémités

Motrice « type 250 » (prototype)Modifier

  • Motrice électrique alimentée par fil aérien
  • 1 seul véhicule
  • Châssis à deux bogies
  • Portes en bout

Motrice « du service funéraire »Modifier

 
Tramway funéraire en service entre l'église et le nouveau cimetière de Vincennes.
  • Motrice électrique alimentée par fil aérien
  • 1 seul véhicule
  • Châssis à deux essieux
  • Pouvait contenir deux cercueils

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) www.tramwayinfo.com - Le chemin de fer nogentais
  2. AMTUIR, Les tramways à air comprimé
  3. Après le numéro de la ligne dans l'exploittaion par le CFN figure, entre parenthèses, le numéro qu'elle portera après 1921, dans l'exploitation de la STCRP.
  4. NOTA : la ligne 114 (ex-2) fut prolongée à Châtelet le 6 octobre 1924, puis le service entre Château de Vincennes et Châtelet supprimé le 25 mars 1934, peu de temps avant la transformation en ligne de bus du tronçon banlieue de la ligne
  5. NOTA : la ligne 117 (ex-5) a été supprimée par la STCRP en novembre 1922

BibliographieModifier

  • Louis Berrier, En souvenir des Chemins de fer Nogentais, article publié dans la revue Chemins de fer régionaux et urbains no 199 (1987) édité par la FACS-UNECTO
  • Jean Robert, Les tramways parisiens, ed. Jean Robert, 3e édition 1992

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier