Chartreuse de Montebenedetto

La Chartreuse Notre-Dame du Mont-Benoit, en italien : Certosa di Montebenedetto, est un ancien monastère chartreux, situé près de Villar-Fouchard, dans le Piémont, en Italie.

Chartreuse Notre-Dame du Mont-Benoit
Eglise de la chartreuse de Montebenedetto
Eglise de la chartreuse de Montebenedetto

Identité du monastère
Nom local Certosa di Montebenedetto
Diocèse Diocèse de Turin
Présentation du monastère
Type Chartreuse d'hommes
Culte Catholique
Province cartusienne Lombardie
Origine de la communauté Chartreuse de Losa
Date de la fondation 1200
Fermeture 1498 (transfert à Banda)
1630-1642 retour à Montebenedetto ou à Banda
1642 (transfert à Turin)
Armes du fondateur
Image illustrative de l’article Chartreuse de Montebenedetto
Armoiries du monastère
Architecture
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Drapeau du Piémont Piémont
Ville métropolitaine Turin
Commune Villar-Fouchard
Coordonnées 45° 05′ 42″ nord, 7° 11′ 26″ est
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Chartreuse Notre-Dame du Mont-Benoit
Géolocalisation sur la carte : Piémont
(Voir situation sur carte : Piémont)
Chartreuse Notre-Dame du Mont-Benoit

HistoireModifier

En 1197, la chartreuse de Losa, en difficulté, est transférée en aval dans la vallée de la Doire Ripaire, à Montebenedetto[note 1], sur des terres données par le comte Thomas Ier de Savoie[note 2].

En 1198, les chartreux sont toujours à Losa, mais déjà en possession de Montebenedetto, il semble qu'ils y ont ouvert une succursale « Domui de Montebenedicto de Losa ». La même année, l'abbaye Saint-Just de Suse leur cède le domaine de l'Alpe Civina ou Zuvina situé à Monpantier[1].

Deux familles nobles, qui dominent Villar-Fouchard et ses dépendances territoriales, sous la haute souveraineté du comte Thomas, font des donations aux chartreux de Losa : « Viscontea di Baratonia (it) » et « Signori di Reano ». La chartreuse reconnaît pour fondateurs Henri, vicomte de Baraton, Palmier de Reggiano (Reano)[note 3] et Bozon Corbonello[2].

En juin 1200, Enrico, vicomte de Baratonia, Palmerio di Reano et Boso Carbonello donnent à la chartreuse de Losa, une «montagne» ou «alpe»[note 4] au-dessus de Villar-Fouchard « depuis les douves de Salbasino, jusqu'à Tollo Reposatore et Alpe di Moschiglione[3] », aujourd'hui Mustione (Alpe) d'Adret, entre le col de Malanotte et le col de Vento dans le Vallon du Gravio (it).

Les constructions élevées par les chartreux sont très modestes ; ils rencontrent les mêmes difficultés qu'à Losa, à constituer leur « désert » et la maison reste très pauvre. La chartreuse est dotée par la famille de Bertrand qui domine le Val de Suse.

En 1202, le comte de Savoie, Thomas, confirme à Montebenedetto les dons et privilèges déjà accordés à la chartreuse de Losa [4]. La même année, Boniface de Montferrat, avant de partir pour la quatrième croisade fait une généreuse oblation aux chartreux préférant ceux ci à plusieurs monastères célèbres existant dans ses États[5].

En 1205, la chartreuse, déjà propriétaire de la vallée de l'Orsiera, acquiert le terrain de Banda, situé à une altitude plus basse et plus accessible. En 1216, le comte Thomas fait don du droit de pêche dans le ruisseau Gravio, tout au long de son cours[note 5].

Raimond-Bérenger V de Provence, époux de Béatrice de Savoie, fille de Thomas Ier de Savoie, accepte d'exporter une quantité de sel[note 6], dont le monastère à besoin tant pour l'usage domestique que pour les services ruraux, correspondant à la charge de douze bêtes de somme, sans être soumis à des péages ou taxes de toute nature[6].

En 1226, les seigneurs de Piossasco accordant à la chartreuse la liberté de pâturage et du transit sur les terres de leur seigneurie, renouvelé en 1258 avec dérogation des impôts[7].

En 1233, Amédée IV confirme toutes les dispositions de son père en faveur des chartreux de Losa et de Montebenedetto, renouvelées le 20 juin 1250[8].

En 1243, Guigues VII de Viennois renouvele la charte de protection et de liberté de transit déjà accordé par son ancêtre et par ses parents[9]

En 1268, Béatrix, comtesse de Vienne et d'Albon, demande à tous ses châtelains, mistraux et bailes de garder et défendre la chartreuse de Montebenedetto[10]

En 1290, Amédée V donne l'ordre de protéger et de défendre la chartreuse de Montebenedetto[5].

En 1281, Guillaume VII de Montferrat accorde la liberté de faire paître les troupeaux sur ses terres et l'exemption des péages et d'autres privilèges similaires[11].

Au cours du XVe siècle, la pression interne pour déplacer la communauté en aval augmente. En 1473, une inondation désastreuse du torrent Gravio affecte l'ensemble du monastère, détruisant presque toute la maison-haute, seule la petite église reste debout et provoque un glissement de terrain imposant qui entraîne la maison-basse, 50 mètres plus en aval.

En 1498, les moines s'installent à la chartreuse de Banda, plus en aval, qui est devenue leur centre économique le plus important au cours du même siècle, grâce à la proximité avec des terres plus riches et plus productives du fond de la vallée. Après cette date, les restes du monastère de Montebenedetto deviennent une grange monastique utilisée comme ferme, puis s'installent à Veillane. Après la destruction de la chartreuse d'Avigliana en 1630, les moines reviennent à Montebenedetto ou à Banda, jusqu'à la construction de la chartreuse de Turin en 1642.

Moines notablesModifier

PrieursModifier

Le prieur est le supérieur d'une chartreuse, élu par ses comprofès ou désigné par les supérieurs majeurs.
Liste des prieurs d'après Provana di Collegno[12] :

  • 1200 : Guido, premier prieur de Montebenedetto.
  • 1210 : Pierre
  • ...
  • 1223 : Clarino ou Clarerio
  • 1227 : Pietro
  • 1232 : Falcone
  • ...
  • 1250 : Gonterio
  • ...
  • 1281 : Giacomo
  • 1289 : Emerico ou Aimerico al Beroardo

EcrivainsModifier

Aujourd'huiModifier

Grâce à la création du parc naturel Orsiera-Rocciavrè, des travaux de restauration et de consolidation sont lancés en 1987, notamment l'église abbatiale. Le plancher d'origine, toujours présent, est protégé en 1990 par un plancher en bois au-dessus. À l'intérieur, il y a une petite exposition permanente sur l'histoire de l'ordre des Chartreux et du monachisme. Une fois les restaurations terminées en 2000, les structures environnantes sont récupérées au cours des années suivantes, avec la création d'une petite maison d'hôtes pour les randonneurs.

L'ancienne chartreuse est actuellement sur le circuit de randonnée pédestre dans les Alpes du Piémont : GTA du Tour de l’Orsiera et non loin du Sentiero dei Franchi (it), et peut également être atteinte depuis le bas de la vallée grâce à divers sentiers de randonnée.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le nom de Montebenedetto semble indiquer un ancien établissement de moines bénédictins.
  2. D'après, Saverio di Collegno, la région alpine, décrite dans la charte de donation, du 29 mai 1197, dans laquelle la vallée de l'Orseria, est donnée aux chartreux, est bordée au sud par Val Cluson, au nord avec les terres cultivées de Mattie, à l'est avec la rivière Puntet, à l'ouest avec les rivières Adret et Scaglione (née dans la Vallone degli Adretti dans le Parc naturel Orsiera-Rocciavrè), plus le territoire de Montebenedetto, qui se situe, plus à l'est de la vallée de l'Orseria, sur le versant nord de la même chaîne alpine, sur le territoire de Villar-Fouchard qui est séparé de celui de Mattie par les territoires de Bussolin et Saint-Joire.
  3. Au XIIIe siècle, les seigneurs de Reano, fidèles alliés de la Maison de Savoie, étaient une famille riche et puissante dont le représentant le plus célèbre, Palmerio, détenait des droits sur plusieurs centres de la région (par exemple Cumiana, Rivalta et Villar-Fouchard) et était étroitement lié. avec les familles les plus importantes de la région, comme les vicomtes de Baratonia et les comtes de Rivalta.
  4. Dans la documentation médiévale, ce terme peut, selon les cas, signifier les montagnes au naturel avec leur géographie physique et leurs lignes de crêtes, mais aussi, voire surtout, les montagnes humanisées, avec leurs alpages et leurs pâturages d’altitude.
  5. Torrente Gravio (Punta Cristalliera-Villar Focchiardo).
  6. Le sel fait depuis longtemps l'objet d'un monopole gouvernemental. En Provence, il y avait un régime spécial. Le long de ses plages, il y avait des bâtiments dédiés à la production de sel et à son exportation, soumise à une gabelle appelée « saunaria » ou « salinaria »

RéférencesModifier

BibliographieModifier

  • Lefebvre, F.A., Saint Bruno et l’Ordre des chartreux, t. 2, Paris, Librairie catholique internationale, , 682 p. (lire en ligne), p. 242.
  • (it) Saverio di Collegno, Francesco, « Le certose di Losa, Montebenedetto, Banda ed Avigliana », Miscellanea di storia italiana, Regia deputazione sovra gli studi di storia patria per le antiche province e la Lombardia, vol. 32, no 1,‎ , p. 14-41 (lire en ligne, consulté le ).  .
  • (it) Bosco, M., «Cartario della certosa di Losa e Montebenedetto, dal 1189 al 1259 », Biblioteca storica subalpina 195, Turin, 1974, 271 p.
  • (it) Guglielmotti, Paola, « Certosini in Piemonte: una innovazione circoscritta », Il monachesimo italiano nell’età comunale,‎ , p. 139-161 (lire en ligne, consulté le ).
  • (it) Guglielmotti, Paola, « Le origini delle certose di Pesio, Casotto e Losa - Monte Benedetto », Certosini e Cistercensi in Italia (secoli XII-XV), vol. XXVI,‎ .
  • (it) Guido Castelnuovo, « Les monastères et leurs alpes », Attraverso le Alpi. S. Michele, Novalesa, S. Teofredo e altre reti monastiche. Atti del convegno di Cervère-Valgrana,‎ 12-14 mars 2004.
  • Devaux, Augustin et Van Dijck, Gabriel, Nouvelle Bibliographie Cartusienne : Cartusiana, Grande Chartreuse, 2005, Maisons de l'Ordre, , 785 p..

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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