Château de Couzan

château fort français

Château de Couzan
Image illustrative de l’article Château de Couzan
Type Château fort
Début construction XIIIe siècle
Propriétaire actuel La Diana
Destination actuelle vestiges
Protection Logo monument historique Classé MH (1890)[1]
Coordonnées 45° 43′ 41″ nord, 3° 58′ 09″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Commune Sail-sous-Couzan
Géolocalisation sur la carte : Loire
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Château de Couzan
Géolocalisation sur la carte : Auvergne-Rhône-Alpes
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Château de Couzan
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Couzan

Le château de Couzan est une forteresse bâtie sur un éperon rocheux à l'ouest de Sail-sous-Couzan (Loire) dans les monts du Forez au-dessus du Lignon du Forez. La châtellenie de Couzan était la plus importante du comté de Forez.

HistoriqueModifier

 
Le château de Couzan (1450)
Armorial de Guillaume Revel.

Le château de Couzan (ou Cousan) a été une enclave du Saint-Empire romain germanique dans le royaume de France par l'intermédiaire de la famille de Semur. Sa construction a été le résultat de l'opposition entre la famille de Beaujeu et les comtes de Forez à partir des années 900. Cette opposition a culminé avec la guerre entre le sire de Beaujeu et le comte de Forez entre 1150 et 1220. Face au château de Couzan, le comte de Forez a construit le château de Marsilly qui existe déjà en 1010. Le château de Couzan a d'abord été une tour carrée à angle arrondi construit par un cadet de la maison de Semur issu de Freelan de Chamelet[2] (Freelannus de Camiliaco, senior castri de Sinemuro), seigneur de Semur-en-Brionnais, vers 950. La seigneurie de Cousan a été démembrée de celle de Semur. La seigneurie de Couzan était plus petite que le Solore et ne comprenait que quatre paroisses. Hugues Damas (Dalmace ou Dalmas) est seigneur de Dyo, de Lugny, et de Cousan, croisé en 1118, tuteur de son neveu, Geoffroy IV de Semur après que son fait ait choisi d'être moine, en 1088. Le seigneur de Cousan pouvait amener avec lui quarante cavaliers du mandement ou d'Olliergues, en Auvergne. C'était la seigneurie la plus forte du Forez. Elle est inféodée au comte de Forez en 1220[3]. En 1231, le comte de Forez, Guigues IV, autorise Arnaud de Marcilly à construire un château à Chalmazel, enclavé dans les terres de Cousan, pour surveiller la seigneurie de Couzan, possession de la famille de Damas liée à l’empereur germanique, qui n'était pas un vassal sûr.

  • XIe siècle : la famille de Semur (Damas) fait construire le premier poste de défense.
  • XVe siècle : la famille de Lévis reprend la forteresse, à la suite du mariage en 1428[4] d'Eustache de Levis avec Alix de Couzan, fille de Hugues VI, baron de Damas-Couzan, dit « Hugues VI de Damas ».
  • Jean de Lévis-Cousan (mort après 1494), institué héritier universel de sa mère en 1459, à la charge de porter les nom et armes de Cousan, clause observée par ses descendants, seigneur de Cousan en 1469 souche de la branche des Lévis-Cousan[5], marié en premières noces avec Marie de Lavieu, fille de Guigues de Lavieu, seigneur de Feugerolles, Chalain-le-Comtal, Poleymieux et Curèze, et en secondes noces avec Louise de Breschard de Bressolles, fille d'Antoine de Breschard de Bessolles, sénéchal du Bourbonnais, et veuve de Charles de Lavieu,
  • Jean II de Lévis-Lavieu (mort en 1533), fils du précédent, seigneur de Lugny, marié en 1508 avec Adrienne Damas, fille de Jean II Damas, seigneur de Marcilly, et d'Anne de Digoine. Anne de France, duchesse douairière de Bourbon, l'a nommé bailli du Forez, capitaine des château et ville de Montbrison, ce qui l'a conduit à présider l'assemblée des trois États du pays et comté de Forez, le [6],
  • Gabriel de Lévis-Lavieu (mort en 1553), frère du précédent, seigneur de Cousan, marié en 1525 marié à Anne de Joyeuse, fille de Louis de Joyeuse (mort en 1498), seigneur de Bothéon en Forez, et de Jeanne de Bourbon, sans descendance, il teste en faveur de son neveu Claude de Lévis-Lavieu,
  • Claude de Lévis-Lavieu (1520-1553), fils de Jean II de Lévis-Lavieu, baron de Lugny, héritier de son oncle Gabriel de Lévis-Lavieu, marié en 1541 à Hilaire des Prez, fille d'Antoine Des Prez, maréchal de France[7],
  • Pierre de Lévis-Lavieu, fils du précédent, baron de Cousan, marié à Marguerite de Rostaing (1556-1612), sans descendance,
  • Jacques de Lévis-Lavieu (mort vers 1616), son frère, baron de Cousan, marié en premières noces à Paule de Gaste, et en secondes noces à Louise de Rivoire. Pendant les guerres de religion, il défend le Forez contre les Protestants, et Montbrison, en 1589. Il échappe à la mort pendant une embuscade, en 1594. Il a dépensé presque toute sa fortune pendant ces guerres. Il fait son testament en 1616 faisant de Balthazar de Lévis-Cousan son héritier universel,
  • Marguerite de Lévis-Cousan, du premier mariage de Jacques de Lévis-Lavieu, mariée en 1602 à Louis IV d'Urgel, (1578-1654), marquis de Saint-Priest en Jarez, seigneur de Saint-Étienne,
  • Balthazar de Lévis-Lavieu (mort en 1619), du second mariage, baron de Cousan par le testament de son père, sans postérité,
  • Gaspard de Lévis-Cousan, seigneur du Plessis, né du premier mariage, il fait un procès pour obtenir l'héritage de Balthazar de Lévis-Cousan qui est gagné par son beau-frère, Louis IV d'Urgel de Saint-Priest, marquis de Saint-Priest-en-Jarez, seigneur de Saint-Étienne, qui s'était marié en premières noces, en 1602, à Marguerite de Lévis-Cousan, et, en secondes noces, en 1630, avec Gabrielle-Isabeau de La Rochefoucauld. Louis de Saint-Priest a désigné son neveu, Gilbert de Chalus, comme héritier de la baronnie de Cousan dans son testament du . Gilbert de Chalus a vendu la baronnie de Cousan à Jean de Luzy, marquis de Pellissac (cf. Luzy), le [8],
  • XVIIe siècle : le château est acquis par la famille de Luzy. Cette dernière reprend le nom de marquis de Couzan et premier baron du Forez. Cette branche des Luzy s'éteint à la fin du XVIIIe siècle. Le château sera repris par Marthe de Luzy-Couzan, fille de Balthazar de Luzy-Couzan, qui épousera Antoine François de Thy de Milly. Le château restera dans la famille des comtes de Thy de Milly jusqu'en 1932.
  • 1932 : acquisition par la société savante La Diana, qui entreprend de gros travaux de restauration, le château étant resté inhabité depuis la Révolution.
 
Façade est du château.

DescriptionModifier

Le château est composé de quatre enceintes autour d'un donjon. Le haut-château auquel on accédait par une tour-porte comprend une tour maîtresse carrée (donjon) du XIIe siècle et une tour cylindrique du XIIIe siècle[9].

Le site est connu pour une pierre de taille, parallélépipédique de 42 cm de hauteur, la « pierre à dîme » dans laquelle est creusée au centre une cuvette. Sur chaque face de la pierre sont gravés des visages entourés d'un soleil. Elle servait dit-on de mesure à céréales ; chaque paysan devait au seigneur une partie de sa récolte qu'il jetait dans la dîme. Les années de bonnes récoltes, représentées par un soleil souriant et les années de famine par un soleil grimaçant.

Il s'agit en fait d'un bénitier probablement du XIIIe siècle[9]. La pierre est conservée dans la chapelle Notre-Dame de Couzan qui se dresse au pieds du château[9]. Cette pierre a inspiré en 1971 l'emblème de la commune de Sail-sous-Couzan, la tête solaire.

ProtectionModifier

Le site constitué par les abords du château a été inscrit monument historique le alors que les vestiges du château étaient classés depuis le [1].

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Notice n°PA00117572 », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Lucien Drouot, Recueil des actes des premiers seigneurs d'Olliergues et de Meymont: (1064-1330) : Essai de reconstitution d'une partie du Trésor des chartes d'Olliergues, Clermont-Ferrand, Faculté des Lettres et Sciences humaines de Clermont-Ferrand-II, coll. « Publications de l'Institut du Massif Central. Fascicule XVIII », (lire en ligne), p. 18.
  3. « Excursion de La Diana », Bulletin de la Diana, Montbrison, La Diana, t. XXXIV, no 4,‎ , p. 105-106 (lire en ligne).
  4. Christophe Mathevot, « Couzan », « L’Armorial Guillaume Revel, châteaux, villes et bourgs du Forez au XVe siècle », Documents d’archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne, DARA, no 35, Lyon, Alpara, 2011, p. 458-469.
  5. Bessey 1911, p. 57-64
  6. Bessey 1911, p. 59, 62
  7. Père Anselme de Sainte-Marie, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne, de la Maison du Roy et des anciens barons du royaume, t. 7, Paris, Compagnie des libraires, , 3e éd. (lire en ligne), p. 189-190
  8. Claude-Philippe Testenoire-Lafayette, « Chapitre XVII : Louis d'Urgel (1578-1654), seigneur de Saint-Priest er de Saint-Étienne », dans Histoire de Saint-Etienne: des origines à la Révolution, Cressé, Éditions des Régionalismes, (lire en ligne), p. 125-128
  9. a b et c Nicolas Mengus, Châteaux forts au Moyen Âge, Rennes, Éditions Ouest-France, , 283 p. (ISBN 978-2-7373-8461-5), p. 38.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Maurice Bessey, Le château de Couzan : notice historique et descriptive accompagnée de nombreux dessins, Châlons-sur-Marne, éditions A. Robat, (lire en ligne).
  • Christophe Mathevot, « Couzan », dans « L’Armorial Guillaume Revel, châteaux, villes et bourgs du Forez au XVe siècle », Documents d’archéologie en Rhône-Alpes et en Auvergne, DARA no 35, Lyon, Alpara, 2011, p. 458-469 [lire en ligne].  
  • Jean Mesqui, « La haute-cour du castrum de Couzan », Bulletin monumental, t. 170, no 1,‎ , p. 63 (lire en ligne)

FilmographieModifier

On peut voir le château de Couzan dans un documentaire sur le Forez au Moyen Âge, commenté par l'historienne, médiéviste et ingénieur Marguerite Gonon : Le Moyen Âge réalisé par Jean-Michel Barjol, raconté par Marguerite Gonon, 1986 réédité en DVD en 2008.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier