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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Barrère.

Camille Barrère, né à La Charité-sur-Loire le 23 octobre 1851 et mort à Paris le 7 octobre 1940, est un diplomate français.

BiographieModifier

Fils d'un instituteur républicain, proscrit après le coup d'État du 2 décembre 1851, il est élevé en Angleterre, devient parfaitement anglophone et y rencontre Martin Nadaud, ancien et futur député républicain d'extrême gauche. Rentré en France en 1870, il doit à nouveau s'exiler à Londres, l'année suivante, car considéré comme ancien communard.

Il devient un temps secrétaire de Martin Nadaud à la préfecture de Guéret, puis journaliste. Enfin, il rejoint la diplomatie par volonté des différents gouvernements de la Troisième République d'élargir un peu la base sociale de ce corps jusque-là réservée à l'aristocratie (la dynastie des Margerie ou des Saint-Aulaire) ou la haute bourgeoisie (les frères Jules et Paul Cambon). Il est successivement consul général au Caire (1883/1885), puis ministre plénipotentiaire à Stockholm (1885/1888), avant d'être nommé à Munich. Sa parfaite connaissance de l'anglais et de la mentalité britannique le fait apprécier au Quai d'Orsay en ce temps d'Entente cordiale.

Il est ambassadeur de France à Rome de 1897 à 1924. Il favorise la signature d'un traité de commerce entre la France et l'Italie, élabore un règlement amiable pour le contentieux colonial en Libye puis agit pour maintenir l'Italie dans la neutralité en septembre 1914 avant de lui faire renverser ses alliances au profit de l'Entente franco-britannique en 1915. C'est à cause de lui que Guillaume II écrit dans son journal, en septembre 1914 : « Nos alliés se détachent de nous comme des poires pourries… » [1].

Sous les auspices d'Albert Besnard, alors directeur de l'Académie de France à Rome, il a en 1916 une entrevue à la Villa Médicis avec le cardinal belge Mercier[2], chef de file de la résistance morale à l'occupation allemande.

En juillet 1924, il est démis de son poste par Édouard Herriot, après la victoire électorale du Cartel des Gauches, car considéré comme un proche de Raymond Poincaré, Président du Conseil sortant. En 1926, il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques.

Il rentre au conseil d'administration de la Société de construction des Batignolles en 1929, qu'il quittera en 1936 pour raison de santé. Il est également administrateur de la Compagnie du canal de Suez et président de la Société financière française et coloniale (SFFC).

Dans sa correspondance en anglais avec Lady Violet Milner, la belle-fille de Lord Salisbury, pour la période 1931-1935, il exprime sa colère devant le manque de vision d'homme d'État de la part du personnel politique, notamment devant les menaces de l'Allemagne contre l'Autriche ; d'autre part, il y proteste vigoureusement contre l'accord naval germano-britannique de 1935, négocié sans concertation préalable avec la France, entre John Allsebrook Simon Secrétaire au Foreign Office et Ribbentrop Reichminister sans-portefeuille. Il y écrit : " L'absence d'amis est préférable aux faux-amis."

Il était aussi un violoniste accompli et le possesseur de plusieurs violons historiques ; en particulier un Amati, un Guarneri del Gesù, et un Stradivarius de 1727, le violon « Barrère » joué aujourd'hui par Janine Jansen, la célèbre musicienne néerlandaise.

Albert Besnard a exécuté en 1906 son portrait en pied dans la galerie du Palais Farnèse.

À sa mort, en 1940, il était l'avant-dernier communard encore en vie.

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BibliographieModifier

  • Jules Laroche, Quinze ans à Rome avec Camille Barrère : 1898-1913, Paris, Plon 1948
  • Léon Noël, Camille Barrère, ambassadeur de France, Tardy, 1948
  • (en) J. Fred MacDonald, The Man Who Saved France: Camille Barrère, Ambassador Extraordinaire (2012) online free of charge at http://www.jfredmacdonald.com/camillebarrere
  • Anne Burnel, La Société de construction des Batignolles de 1914-1939: histoire d'un déclin, 1995

Notes et référencesModifier

  1. Pierre Renouvin, La crise européenne et la Première Guerre mondiale, PUF, 1969, p. 209
  2. Albert Besnard, Sous le ciel de Rome, Editions de France, Paris 1925