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Brennos (IVe siècle av. J.-C.)

chef de guerre gaulois
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Ne doit pas être confondu avec Brennos (IIIe siècle av. J.-C.).

Brennos
Brennos (IVe siècle av. J.-C.)
Buste de Brennos provenant de la figure de proue du cuirassé Brennus (XIXe siècle), Musée national de la Marine.

Naissance IVe siècle av. J.-C.
Vers Agedincum, actuelle Yonne (Sens)
Décès IVe siècle av. J.-C.
Nord de l'actuelle Italie
Origine Sénons
Conflits Raids gaulois en Italie
Faits d'armes Siège de Clusium
Bataille de l'Allia
Sac de Rome (-390)

Brennos ou Brennus est un chef des Sénons du IVe siècle av. J.-C.. Il est principalement connu pour avoir vaincu les Romains à la bataille de l'Allia, puis attaqué Rome et pris une grande partie de la ville, la tenant pendant plusieurs mois, vers 387 av. J.-C. Le sac de Rome de Brennos fut la seule fois en 800 ans que la ville était occupée par une armée étrangère, jusqu'à la chute de la ville face aux Goths en 410.

Sommaire

ÉtymologieModifier

Il existe plusieurs hypothèses sur l'origine de son nom :

  • Il viendrait de la racine gauloise Brenn, signifiant « chef de guerre ». En effet, en cas de guerre, les druides se réunissaient pour désigner celui qui mènerait les tribus au combat : le Brennos.
  • Son nom pourrait également signifier corbeau. En effet, il était très fréquent pour les Celtes de donner aux personnes des noms d'animaux, que ce soit pour souligner une ressemblance physique ou a fortiori un trait de caractère commun à l'animal. Or, le dieu celtique Brennan, dieu de la guerre, était souvent représenté sous la forme d'un corbeau appelé « le corbeau béni ».
  • Enfin, certains auteurs affirment que c'est grâce aux exploits et à l'immense notoriété du chef gaulois que le mot Brennos a pris cette signification de chef de guerre, à l'instar par exemple du nom de César qui fut utilisé aussi ensuite par d'autres cultures pour nommer les plus hautes fonctions (Kaiser, Tsar...).

ContexteModifier

Article connexe : Sénons.

Les Sénons sont une tribu gauloise provenant de la partie de la France actuellement connue sous le nom de Seine-et-Marne, Loiret et Yonne, qui s'était étendue pour occuper le nord de l'Italie. Vers 400 av. J.-C., une branche des Sénons traversa les Alpes et, ayant chassé les Ombriens, s'établit sur la côte est de l'Italie, d'Ariminum à Ancône, dans le soi-disant Ager Gallicus, et fonda la ville de Sena Gallica (Sinigaglia) qui est devenu leur capitale.

En 391, ils envahirent l'Étrurie et assiégèrent Clusium. Les Clusiens ont fait appel à Rome. Quintus Fabius Ambustus et ses deux frères ont été envoyés pour négocier avec les Sénons. Ils auraient violé leur serment de neutralité en participant à des hostilités en dehors de Clusium. Tite-Live et Plutarque disent que les Sénons ont marché à Rome pour exiger des représailles[1].

Il est possible que toute l’histoire des événements de Clusium soit une fiction, Clusium n’ayant aucune raison de faire appel à Rome pour obtenir de l’aide, et les Sénons n’avaient pas besoin de provocation réelle pour mettre à sac Rome. L'hypothèse est que l'histoire existe pour fournir une explication à une attaque par ailleurs non motivée contre Rome et pour représenter Rome comme un rempart de l'Italie contre les Gaulois[1]. Alternativement, il a été théorisé que Brennos travaillait de concert avec Denys de Syracuse, qui cherchait à contrôler toute la Sicile. Rome avait de fortes alliances avec Messana, une petite ville de la Sicile, que Denys voulait contrôler. L'armée de Rome se faisant encercler par Brennos, ses efforts aideraient la campagne de Denys[2].

BiographieModifier

OriginesModifier

On connaît très peu de choses sur les origines de Brennos. Tout porte à croire que sa famille, appartenant à la tribu gauloise des Sénons, était originaire d'Agedincum[3], (l'actuelle ville de Sens, dans l'Yonne). Vers 400 av. J.-C., cette population migra vers le sud, rejoignant l'actuelle région de la Romagne et des Marches, en Italie.

Premiers exploitsModifier

Articles connexes : Siège de Clusium et Bataille de l'Allia.

En 6 ans, il réussit à unifier toutes les tribus Sénones en prenant le contrôle de la totalité de la Romagne et des Marches (région qui sera appelée ultérieurement ager gallicus, quand les Romains en prendront le contrôle). Pour cela, il assiège la ville étrusque de Clusium, qui, pour se défendre, demande l'aide de Rome. Le Sénat romain décide donc d'envoyer trois émissaires issus de la gens Fabia avec pour objectif, dans un premier temps, de jouer le rôle de médiateur entre les assiégés étrusques et les tribus gauloises. Néanmoins, Rome prend vite conscience du danger que représentent ces redoutables envahisseurs et décide de s'allier aux étrusques.

Brennos relève le défi. Après avoir pris et saccagé Clusium, il décide de marcher sur Rome à la tête de ses troupes. La tradition romaine a conservé un récit détaillé mais très suspect de cette invasion[4]. Lorsque le Sénat Romain est informé de ces événements, il lance un appel aux armes à tous les citoyens romains, afin de constituer une armée qui arrêterait les gaulois. L'affrontement entre les deux armées ennemies a lieu le 18 juillet -390 sur la rive gauche du Tibre, à l'endroit où se jette un modeste affluent, le ruisseau appelé Allia, (peut-être le Fosso Maestro, près de Marcigliana), qui donna son nom à la bataille (Bataille de l'Allia). L'armée romaine, mal préparée, est terrassée par l'armée gauloise, plus expérimentée et avide de vengeance. La défaite fut si grave que le 18 juillet (le Dies Alliensis) fut dès lors considéré comme un jour néfaste dans le calendrier romain.

Le sac de RomeModifier

Article détaillé : Sac de Rome (390 av. J.-C.).
 
Brennos, chef des Gaulois, et Marco Furio Camillo, après le sac de Rome.

Affolés et dispersés, les survivants de l'armée romaine préférèrent pour la plupart se réfugier dans les villes voisines de Caere et Véies, laissant la défense de la Ville aux quelques citoyens romains restés à Rome. Ces derniers décident de se retrancher dans la partie de la ville la plus facilement défendable : le Capitole. Lorsque les Gaulois entrèrent dans Rome, ils ne trouvèrent pour les accueillir que les sénateurs romains dans la Curie. Après les avoir massacrés, les Gaulois pillèrent la ville, puis cherchèrent à prendre le Capitole par surprise, de nuit. Des écrits romains racontent que les oies bénies par Junon auraient alerté les défenseurs romains de la citadelle , qui étaient endormis, de l'arrivée des assaillants gaulois, leur permettant ainsi de les repousser. On pense généralement aujourd'hui que cette histoire a été inventée de toutes pièces par les Romains désireux d'effacer la honte subie et de redorer l'image de l'armée romaine. Néanmoins, à l'endroit où cet événement aurait eu lieu fut édifié un temple appelé Iuno Moneta (Junon surveillante), lieu où seront plus tard frappées les premières monnaies romaines, leur donnant ainsi son nom moneta qui donnera plus tard le mot français « monnaie ». De plus, il fut dédié à cet épisode une fête religieuse ayant lieu le 3 août, durant laquelle les oies étaient portées en triomphe lors d'une procession.

Résolution du conflit et la fin de BrennosModifier

 
Le Brenn et sa part de butin, de Paul Jamin, 1893.

RançonModifier

En proie à la famine, les assiégés finissent par négocier leur reddition contre rançon. La tradition rapporte que celle-ci est de 1000 livres d'or. Lors de la pesée de la rançon, les historiens rapporteront également que les Gaulois utilisent à cette occasion des poids truqués, des pierres en plomb alourdissant alors le tribut des romains. Aux protestations romaines, Brennos répondra de manière éloquente en ajoutant son épée aux poids incriminés, se justifiant du droit des vainqueurs par la phrase « Vae Victis » (« Malheur aux vaincus ») ; l'historien Polybe rapporte une tradition différente d'après laquelle, les Vénètes envahissant leur pays, les Gaulois sont forcés d'interrompre le siège du Capitole[5].

Victoire finale de CamilleModifier

Camille, nommé dictateur interviendra ensuite, en contestant la légalité de la rançon. Cette position provoque un combat avec les gaulois, qui seront battus.

Néanmoins, l'historicité de cet événement reste sujette à caution :

  1. Tite-Live rapporte un second combat (« plus régulier » selon ses propres dires) sur le chemin de Gabies, remporté par Camille.
  2. Plutarque, s'écartant quant à lui de l'historien romain, conteste la première victoire romaine, mais il atteste également un combat sur le chemin de Gabies. Dans sa version, les Romains sont également victorieux, quoique de manière moins complète.
  3. Pour Strabon et Polybe, les gaulois quittèrent Rome avec la rançon, et seront défaits en Étrurie par l'armée de Caeré, qui restituera la rançon aux romains, cette ville obtenant en retour certains droits de citoyenneté romaine.

Cette dernière version est la plus probable, car Rome, lors de la conquête de l'Étrurie, épargnera Caeré et son territoire.

Brennos et ses guerriers survivants parviendront cependant à se replier dans le nord de l'Italie, où le chef gaulois s'éteindra.

RéférencementModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b (en) Simon Hornblower et Antony Spawforth, The Oxford classical dictionary, Oxford University Press, , 3e éd. (ISBN 019866172X, 9780198661726 et 0195216938, OCLC 45857759, lire en ligne), « Fabius Ambustus, Quintus »
  2. (en) Mike Duncan et Peter D. Campbell, The History of Rome: The Republic, Herodotus Press, (ISBN 978-0-473-36101-3, lire en ligne), p. 125
  3. Georges Duby, Histoire de la France : Naissance d'une nation, des origines à 1348, vol. 1, Paris, Larousse, 1970, p. 104.
  4. André Piganiol, La Conquête romaine, Presses universitaires de France, 1967, p. 142.
  5. Laurent Avezou, « Gaulois, l’histoire d’un mythe, Métarécit de l’histoire nationaliste française », conférence à la cité des Sciences et de l'Industrie, 31 janvier 2012.

BibliographieModifier

Sources primairesModifier

  • Tite-Live (trad. Désiré Nisard), Histoire romaine (lire sur Wikisource), p. 5.34-49
  • Diodore de Sicile (trad. Ferd Hoefer), Bibliothèque Historique, Paris, (lire en ligne), p. 14.113-117
  • Plutarque (trad. Dominique Ricard), Vies parallèles, t. 3 et 4, Paris, Bureau des éditeurs, (lire sur Wikisource), « Vie de Camille », p. 71-146 (15-30)
  • Polybe (trad. Dom Thuillier), Histoire de Polybe, t. II, (lire sur Wikisource), chap. IV, p. 409
  • (en) Denys d'Halicarnasse (trad. Earnest Cary), Antiquités romaine, Loeb Classical Library, (lire en ligne), p. 13.6-12

AnnexesModifier