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Brahim Ghali
إبراهيم غالي
Illustration.
Brahim Ghali en février 2018.
Fonctions
Président de la République arabe sahraouie démocratique
En fonction depuis le
(3 ans, 2 mois et 9 jours)
Élection
Premier ministre Abdelkader Taleb Oumar
Mohamed Wali Akeik
Prédécesseur Khatri Addouh (intérim)
Mohamed Abdelaziz
Biographie
Nom de naissance Brahim Ghali
Date de naissance (72-73 ans)
Lieu de naissance Es-Semara, Sahara occidental (selon le Polisario)
Marrakech, Maroc (selon le Maroc)[1]
Nationalité Sahraouie
Parti politique Front Polisario
Religion Islam
Résidence camp de réfugiés d'Ausserd, Tindouf, Algérie[2]

Brahim Ghali
Présidents de la République arabe sahraouie démocratique

Brahim Ghali, (en arabe : إبراهيم غالي), né en 1946, est un militant indépendantiste sahraoui, élu président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et du Front Polisario le 9 juillet 2016. Il a été auparavant ministre de la Défense[3], un des membres fondateurs du Front Polisario et ancien ambassadeur de la RASD à Madrid et Alger. Partisan de la ligne dure du mouvement qui prône soit l’autodétermination, soit la lutte armée[4].

Un mandat d'arrêt est émis contre lui en novembre 2016 par la justice espagnole pour génocide, torture et viol[5].

BiographieModifier

Brahim Ghali est issu de la tribu du Reguibat, né à Samra en 1946 au Sahara occidental (à l'époque encore colonie espagnole) selon le Polisario, ou à Marrakech selon le Maroc[1]. D'autres sources le donnent né en 1945[6] ou en 1949[7]. Un des membres fondateurs du Front Polisario en mai 1973[8] et un ancien chef militaire dont il a été le premier secrétaire général du Front. Avant son départ du Maroc, l’homme acquiert une réputation de contestataire, en participant aux différentes grèves générales organisées par les militants indépendantistes. Il organise les premiers raids contre l'armée espagnole qui occupait le territoire encore colonie espagnole. Après le retrait des espagnols en février 1976, il mène la guérilla contre les armées marocaine et mauritanienne, revendiquant, comme ses compagnons d’armes, l’indépendance du Sahara occidental[8].

Epaulé par El-Ouali Moustapha Sayed, leader historique du Polisario, ce dernier le nomme en 1976, ministre de la Défense, poste qu’il occupera de 1976 à 1991, Il avait perdu ce portefeuille à la suite de dissensions politiques au sommet et avait été nommé chef d'une région militaire[4]. Ensuite désigné en 1999, ambassadeur de la RASD en Espagne un pays où « la cause sahraouie » bénéficie de nombreux soutiens. En 2008 il prolonge encore sa fonction d'ambassadeur à Alger[9], la capitale algérienne, pays qui soutient l'autodétermination des Sahraouis.

Il était le seul candidat à la succession de Mohamed Abdelaziz à la tête du Front Polisario.

AccusationsModifier

Une plainte a été déposée à son encontre en 2013 pour viol et abus sexuels à l’encontre de la jeune Khadijatou Mahmoud Mohamed Zoubeir. Par ailleurs, des prisonniers sahraouis ont porté plainte contre lui pour torture[10],[11]. C’est le cas d’El Kabch Mohamed Nafee, El Kharchi Lahbib et Chouiaar Mohamed Mouloud qui avaient décrit avec des détails poignants, en mars 2014 devant l’Audience nationale espagnole les souffrances qu’ils ont endurées pendant des années dans la prison dite « Errachid » (sud-ouest de l’Algérie). Ils ont été soumis par la suite à une expertise médicale pour constater les stigmates de la torture subie. Ces rescapés avaient déclaré devant le juge qu’ils ont été témoins de l’assassinat de plusieurs personnes sous la torture pratiquée par des milices du Polisario[12],[13].

Le 20 octobre 2017, Khadijatou Mahmoud a pris la parole devant les tribunaux espagnols, lors d'une conférence de AIDE fédération pour raconter son calvaire et son viol commis par Brahim Ghali au consulat du Polisario a Alger.

« Je me présente à 9 heures du matin mais on me fixe un rendez-vous pour 19:00. J’arrive avec une amie que le concierge refoule à la porte », raconte-t-elle. « Il n’y avait personne. Je passe directement au bureau de Brahim Ghali. Je présente mes documents qu’il met de côté, et commence tout de suite à me toucher en répétant :"laisse-moi faire après je te donne le visa, de l’argent, tout ce que tu veux". Je crie, je me débats », poursuit la jeune femme les larmes aux yeux, avant d’évoquer son viol d’une voix tremblante. « Il me viole avec une telle brutalité que j’ai commencé à saigner abondamment. ».

« J’ai compris par la suite que tout était préparé et qu’il avait l’habitude d’abuser des filles des camps de passage à Alger », dit-elle en colère, dénonçant la complicité de l'Algérie. "Les hauts responsables algériens sont responsables. Ils savent tout ce qui se passe dans les camps de Tindouf qui sont sous leur autorité. C'est eux qui soutiennent le Polisario et ses exactions[12].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Sahara occidental : Brahim Ghali seul candidat pour succéder à Mohamed Abdelaziz à la tête du Polisario, Jeune Afrique, 6 juillet 2016
  2. https://www.voaafrique.com/amp/le-nouvel-emissaire-de-l-onu-attendu-dans-les-camps-de-tindouf-au-sahara/4075567.html
  3. Nouvelle visite du Front Polisario à Rabat. Le Monde, 19 octobre 1996
  4. a et b Formation d'un nouveau gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique. Le Monde, 2 septembre 1993
  5. Thierry Oberlé, « Sahara occidental : les déboires judiciaires du chef du Polisario », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  6. Paul Balta, « Le " mur " du triangle utile », Le Monde,‎ , p. 5 (lire en ligne)
  7. (es) Francisco Peregil, « Un militar y diplomático de la vieja guardia, nuevo líder del Frente Polisario », El Pais,‎ (lire en ligne)
  8. a et b L’homme s’en est allé, la lutte continue. El Watan, le 5 juin 2016
  9. Brahim Gali ambassadeur de la RASD à Alger. Le Soir d'Algérie, 17 août 2008
  10. Qui est Brahim Ghali, le candidat unique à la succession de Mohamed Abdelaziz?. Huffington Post, 5 juillet 2016
  11. Western Sahara-Polisario: New Leader Wanted by Spanish Justice, MedAfrica Times, 12 juillet 2016
  12. a et b Atlasinfo, « #BalanceTonPorc : Khadijatou Mahmoud dénonce son viol par le chef du Polisario, Brahim Ghali », sur Atlasinfo.fr (consulté le 12 décembre 2017).
  13. "Procès à Madrid contre des tortionnaires du Polisario", La Nouvelle Tribune, 11 mars 2014.

Voir aussiModifier