Ben Sasse

sénateur des États-Unis pour le Nebraska de 2015 à 2023

Benjamin Eric Sasse, dit Ben Sasse, né le à Plainview (Nebraska), est un homme politique américain, membre du Parti républicain et sénateur du Nebraska au Congrès des États-Unis de 2015 à 2023.

Ben Sasse
Illustration.
Portrait officiel de Ben Sasse (2016).
Fonctions
Président de l'université de Floride
En fonction depuis le
(1 an, 3 mois et 14 jours)
Prédécesseur Kent Fuchs
Sénateur des États-Unis

(8 ans et 5 jours)
Élection 4 novembre 2014
Réélection 3 novembre 2020
Circonscription Nebraska
Législature 114e, 115e, 116e, 117e et 118e
Groupe politique Républicain
Prédécesseur Mike Johanns
Successeur Pete Ricketts
Biographie
Nom de naissance Benjamin Eric Sasse
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Plainview (Nebraska, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Diplômé de Université Harvard
Université Yale
Religion Luthéranisme
Résidence Fremont (Nebraska)

Considéré comme un conservateur religieux, il affiche une certaine indépendance à l'égard du président Donald Trump durant sa présidence[1].

Biographie modifier

Carrière privée modifier

Diplômé des universités Harvard et Yale, Ben Sasse devient président de l'université Midland à Fremont, dans le Nebraska, en 2010.

Sénat des États-Unis modifier

 
Ben Sasse à la Conservative Political Action Conference (CPAC) de 2015.

Il se présente au Sénat des États-Unis lors des élections de mi-mandat de 2014. Soutenu notamment par des figures du Tea Party, il remporte la primaire républicaine avec 49 % des voix[2], loin devant le banquier Sid Dinsdale et le trésorier de l'État Shane Osborn qui rassemblent chacun environ 20 % des suffrages[3]. Le 4 novembre 2014, il est élu sénateur des États-Unis pour le Nebraska par 64,3 % des voix face au démocrate Dave Domina (31,5 %), dans un contexte très favorable aux républicains[4]. Il entre en fonction le .

Lors des primaires présidentielles de 2016, il ne soutient aucun candidat mais apparaît aux côtés des sénateurs Ted Cruz et Marco Rubio. Il annonce en février 2016 qu'il ne compte pas voter pour Donald Trump, même si celui-ci obtient l'investiture du Parti républicain[5]. Après que Trump remporte les primaires, il maintient cette position, ce qui lui vaut des critiques de nombreux électeurs et élus républicains[6],[7]. Il est alors considéré comme l'un des principaux opposants à Trump au sein du parti. Certains républicains vont jusqu'à lui demander de se présenter à l'élection présidentielle en tant qu'indépendant, ce qu'il refuse de faire[8]. Il vote finalement pour Mike Pence, en candidat write-in[9].

 
Sasse en 2020, faisant campagne au côté de Don Bacon à Omaha.

Après la victoire de Trump et en vue de l'élection présidentielle de 2020, Sasse affiche publiquement l'ambition de concourir face au président lors des primaires républicaines[10]. Il n'est finalement pas candidat et se montre moins critique du président à l'approche du scrutin[9],[11], estimant en particulier avoir créé une relation de travail avec ce dernier, dont il salue généralement les choix politiques conservateurs[12] mais se distancie quant à la forme. Soutenu par Trump, il remporte sa primaire sénatoriale en avec environ 75 % des voix, face à un candidat pro-Trump peu connu[11]. Il est aisément réélu au Sénat avec 62,7 % des voix lors des élections de novembre 2020, face au démocrate Chris Janick (24,4 %).

Alors que la pandémie de Covid-19 fait rage, il renouvelle cependant ses critiques vis-à-vis du président, ce qui déplaît à ce dernier, qui le qualifie de Republican In Name Only sur Twitter ; certains prêtent à Sasse l'intention de se présenter à la présidentielle de 2024[11]. Dans un enregistrement divulgué par le média conservateur Washington Examiner en , il critique sévèrement Donald Trump, déclarant que celui-ci est « médiocre, pas seulement en tant que républicain mais en tant qu'Américain », évoquant « la façon dont il traite les femmes et dont il jette l'argent par les fenêtres [...]. Il se moque des évangéliques dans leur dos, sa famille a profité de la présidence comme une opportunité commerciale, il a flirté avec les suprémacistes blancs » et condamnant encore sa gestion de la pandémie et sa politique étrangère[1],[12]. En décembre suivant, il dénonce les parlementaires républicains refusant de reconnaître la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle, les qualifiant d'« incendiaires institutionnels » (« institutional arsonist members of Congress »). Il ajoute : « Nous avons un groupe de politiciens ambitieux qui pensent qu'il existe un moyen rapide de puiser dans la base populiste du président sans causer de réels dommages à long terme[13] ».

Dès le , il déclare qu'il examinera les éventuels articles de destitution amenés au Sénat par la Chambre des représentants[14]. Le , il est l'un des cinq sénateurs républicains à voter pour tenir le procès de destitution le [15].

Ben Sasse est l'un des sept sénateurs républicains à voter avec les 50 sénateurs démocrates pour la condamnation de Donald Trump lors du second procès en destitution de ce dernier au Sénat, qui se termine par l'acquittement de l'ex-président, prononcé le , la majorité des deux tiers n'ayant pas été atteinte[16]. Les six autres républicains qui votent pour la condamnation sont Susan Collins (Maine), Lisa Murkowski (Alaska), Mitt Romney (Utah), Pat Toomey (Pennsylvanie), Richard Burr (Caroline du Nord) et Bill Cassidy (Louisiane)[16]. Après l'acquittement, la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis Nancy Pelosi déclare : « Je salue les sénateurs républicains qui ont voté selon leur conscience et pour notre pays. Le refus des autres sénateurs républicains de tenir Trump pour responsable d'avoir déclenché une violente insurrection pour s'accrocher au pouvoir sera considéré comme l'un des jours les plus sombres et des actes les plus déshonorants de l'histoire de notre nation »[17].

Publication modifier

  • (en) The Vanishing American Adult, New York, St. Martin's Press, .

Notes et références modifier

  1. a et b Le Figaro avec AFP, « Trump est un dirigeant « médiocre », affirme un sénateur républicain », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le )
  2. (en) Molly Ball, « What Ben Sasse's Win in the Nebraska Republican Primary Means », sur The Atlantic, (consulté le ).
  3. (en) Tarini Parti, « Sasse wins Nebraska GOP primary », sur politico, (consulté le ).
  4. (en) « Sen. Ben Sasse, R-Neb. », sur Roll Call (consulté le ).
  5. (en) Tom LoBianco, « Nebraska GOP senator won't vote for Trump in general election », sur CNN, (consulté le ).
  6. (en) Grant Schulte et Margery A. Beck, « Nebraska's Ben Sasse faces heat at home for Trump stance », sur Associated Press, (consulté le ).
  7. (en) Jennifer Steinhauermay, « Nebraska’s Ben Sasse: A ‘Never Trump’ Holdout in the Senate », sur The New York Times, (consulté le ).
  8. (en) Ben Terris, « As the GOP’s anti-Trump, Ben Sasse picked a big fight. What would it mean to win? », sur The Washington Post, (consulté le ).
  9. a et b (en) John McCormack, « Ben Sasse Defeats GOP Primary Challenger by 50 Points », sur nationalreview.com, National Review, (consulté le ).
  10. (en) « Sasse won't rule out a 2020 presidential run », sur CNN, .
  11. a b et c (en) Chris Cillizza, « Ben Sasse makes his 2024 move », sur edition.cnn.com, Cable News Network, (consulté le ).
  12. a et b (en) Nicholas Fandos, « Slamming Trump, G.O.P. Senator Warns of a ‘Republican Blood Bath’ », sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le ).
  13. (en) Kyle Cheney, « ‘Institutional arsonist members of Congress’: Sasse rips GOP lawmakers challenging 2020 results », sur politico.com, Politico,
  14. (en-US) Grace Segers, « GOP Senator Ben Sasse says he would "consider" impeachment articles brought by House » [archive du ], sur cbsnews.com, CBS News, (consulté le )
  15. (en-US) Mike DeBonis et Seung Min Kim, « Nearly all GOP senators vote against impeachment trial for Trump, signaling likely acquittal », The Washington Post,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  16. a et b (en) Sam Levine et Lauren Gambino, « Donald Trump acquitted in impeachment trial », The Guardian,
  17. (en) Amanda Holpuch, « Mitch McConnell savages Trump – minutes after voting to acquit », The Guardian,

Voir aussi modifier

Article connexe modifier

Liens externes modifier