Pandémie de Covid-19 aux États-Unis

impact aux États-Unis de la pandémie de Covid-19

La pandémie de Covid-19 aux États-Unis, désigne les manifestations de la maladie infectieuse émergente induite par le SARS-CoV-2, responsable du COVID-19, aux États-Unis, où le premier cas confirmé est annoncé en .

Pandémie de Covid-19 aux États-Unis
COVID-19 outbreak USA per capita cases map.svg
Cas confirmés pour 100 000 habitants par État et territoire au
COVID-19 Outbreak Cases in the United States (Density).svg
Carte des États des États-Unis touchées par le virus.
Cas confirmés au  :
  • aucun cas
  • < 75 000 cas
  • 75 000 à 149 999 cas
  • 150 000 à 299 999 cas
  • 300 000 à 599 999 cas
  • > 600 000 cas
Maladie
Agent infectieux
Origine
Localisation
Premier cas
Everett (premier signalement)[3]
Chicago (première arrivée)[4]
Date d'arrivée
Depuis le (1 an, 9 mois et 3 jours)[1]
Site web
Bilan
Cas confirmés
40 765 356 (cas probables inclus, )[5],[6],[7]
Cas soignés
31 299 924 ()[5],[6],[7]
Morts
665 858 (morts probables incluses, )[5],[6],[7]

De à , le pays est devenu l'épicentre de la pandémie, et selon l'OMS[8] le pays où la pandémie de Covid-19 a le plus rapidement progressé.

La seconde semaine de juillet, le nombre de mort par jour dus au Covid-19 est reparti à la hausse dans le pays[9], alors que Donald Trump tweetait encore le que la hausse des cas détectés était uniquement liée au nombre de tests effectués[10], alors même que les experts s’accordaient pour dire que les contaminations augmentaient bien plus vite que les tests. Et fin juillet, le nombre de décès y dépassait (d'environ 11%) celui de toute l'Union européenne[11] (pour une population de l'Union européenne supérieure à celles des États-Unis d'environ un tiers[12]).

Les moyennes nationales lissent d'importantes disparités géographiques et temporelles dues aux foyers d'infection, et en donnent une lisibilité limitée.

L’espérance de vie aux États-Unis chute d'un an au premier semestre 2020. Cette baisse est particulièrement marquée pour les minorités, les Afro-américains perdant 2,7 ans d’espérance de vie (passant de 74,7 à 72), les hispaniques 1,9 an (81,8 à 79,9), et les Blancs 0,8 an (à 78 ans)[13].

À l'été 2021, les États-Unis sont encore le pays le plus touché au monde avec, au 23 août, un total de 38 545 144 cas déclarés et un total de 645 058 décès[14].

ChronologieModifier

 
Nombre de cas (bleu) et nombre de morts (rouge) en échelle logarithmique.
 
Nombre de cas déclarés (échelle de l'axe du nombre des cas : logarithmique [en rouge] et linéaire [en bleu]). L'échelle logarithmique permet de visualiser l'évolution du taux de croissance relative de l'épidémie : ce taux évolue comme la pente de la courbe rouge.
 
Le métro de New York est désinfecté.
 
États, territoires et comtés ayant ordonné un confinement. Légende :
  • avec effet avant le 22 mars
  • avec effet avant le 29 mars
  • avec effet avant le 5 avril
  • avec effet avant le 12 avril
  • Carte complète incluant les municipalités

    Le premier signalement d'un cas de Covid-19 aux États-Unis a lieu le , chez un homme qui est revenu le d'une visite familiale à Wuhan, en Chine, à son domicile du comté de Snohomish. Il a consulté un médecin le [15]. Le deuxième signalement d'un cas de Covid-19 sur le sol américain a lieu le , chez une femme qui est revenue aux États-Unis le de sa visite à Wuhan[1],[4]. La femme a transmis le virus à son mari, et il a été confirmé qu'il avait le virus le , ce qui constitue le premier cas de transmission locale signalé aux États-Unis[16].

    Le , le gouvernement américain a exigé que les Américains rentrant de la Chine après avoir voyagé dans la province du Hubei soient mis en quarantaine pendant 14 jours. Les États-Unis refusent l'entrée aux non-Américains ayant voyagé en Chine pendant les deux dernières semaines. Le gouvernement américain a évacué ses employés ainsi que ses citoyens non employés du Hubei et du navire de croisière Diamond Princess, en quarantaine dans le port de Yokohama.

    Les autorités sanitaires américaines, y compris les CDC, exhortent les gouvernements locaux, les entreprises et les écoles à élaborer des plans tels que l'annulation des rassemblements de masse ou le passage au télétravail afin d'être prêt en cas de besoin[17],[18].

    Pour empêcher la propagation du coronavirus, les CDC recommandent de se laver les mains souvent avec du savon et de l'eau pendant au moins vingt secondes (ou d'utiliser un désinfectant pour les mains à base d'alcool avec au moins 60 % d'alcool à défaut de savon ou d'eau), d'éviter de toucher les yeux, le nez et la bouche, de couvrir la toux et les éternuements, de rester à la maison quand on est malade, d'éviter le contact avec les personnes malades, et de nettoyer et désinfecter les objets et les surfaces fréquemment touchés en utilisant un aérosol ou une lingette de nettoyage[19].

    Les 6 et , deux personnes décèdent du coronavirus, sans que la cause ne soit identifiée à cette époque[20].

    Le président Trump se montre sceptique quant à la dangerosité du virus. Le , en meeting dans le New Hampshire, il déclare : « En avril, dès que les températures auront un peu remonté, ce virus disparaîtra. Comme par miracle[21] ». »

    Le , dans un « établissement de soins infirmiers qualifié » de l'État de Washington, un agent de santé présentant les symptômes de la Covid-19 est testé positif[22]. Les 76 résidents subissent ensuite des tests rRT-PCR (échantillons nasopharyngés faits les et 19 et ) et ils sont interrogés sur les symptômes qu'ils auraient éventuellement manifesté les 14 jours précédents (symptômes classés en quatre catégories numérotées de 1 à 4 : 1) typiques [fièvre, toux et essoufflement], 2) atypiques, 3) présymptomatiques et 4) asymptomatiques). Sur 76 résidents, 63 % sont déjà positifs au test mais 56 % sont asymptomatiques ou encore présymptomatiques. Les auteurs constatent que les charges en SARS-CoV-2 sont élevées et identiques dans tous les groupes de symptômes. Et, pour les sujets asymptomatiques au moment du test, mais devenus ensuite symptomatiques : avant les premiers symptômes (1 à 6 jours avant), 71 % de ces sujets présymptomatiques excrétaient le virus (confirmé viable sur culture de cellules). Dans ce centre médicalisé, parmi les 57 résidents testés positifs, 15 (soit 26 %) vont mourir de la Covid-19. Dans ce centre de soins, plus de 50 % des résidents étaient asymptomatiques lors du test. Ce foyer épidémique a fait l'objet d'une étude qui a confirmé que les asymptomatiques jouent un rôle majeur dans la transmission du SARS-CoV-2. Dans ce cas le dépistage basé sur les symptômes ne pouvait pas détecter la proportion en réalité élevée des sujets infectieux, et n'a pas permis de contrôler la transmission. La mortalité élevée (> 25 %) montre aussi selon les auteurs le besoin d'adapter la stratégie de soins infirmiers qualifiés aux États-Unis pour protéger les populations vulnérables tant qu'un vaccin ou un médicament ne sont pas disponibles.

    Le , il y a au moins 236 cas confirmés et présumés de Covid-19 aux États-Unis, dont 14 décès[23][source insuffisante] (148 cas confirmés dont 10 décès selon les données de l'OMS[24]). L'étude du génome viral montre que le virus est venu principalement de l'Europe[25].

    Le , 164 cas positifs dont 11 morts (ce décompte ne concerne pas les cas importés lors des rapatriements de citoyens américains) sont remontés aux Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC)[26].

    Au , le nombre de personnes infectées passe à 1 010 cas dont 30 décès[27]. Environ une semaine plus tard, il passe à 13 816 cas testés positifs et 207 morts[28].

    Le , Donald Trump annonce interdire l'entrée des Européens provenant de l'espace Schengen sur le sol des États-Unis (le Royaume-Uni et l'Irlande n'étaient initialement pas concernés et le sont le )[29] « pour protéger la santé et le bien-être de tous les Américains »[30]. Le lendemain, vendredi , il déclare l'état d'urgence sanitaire nationale, après que plusieurs États eurent aussi déclaré l'état d'urgence au niveau local. 50 milliards de dollars seront débloqués[31]. Le nombre officiel de cas, sachant que peu de dépistages sont effectués, est au de 1 755 cas et 41 morts[31].

    Le , l'État de New York ferme tous ses établissements scolaires et universitaires[32], ses bars et ses restaurants, puis ses cinémas et ses salles de spectacle, le tout au moins jusqu'au . De nombreux autres districts scolaires, y compris ceux de Los Angeles, Seattle ou Washington, D. C., ont déjà pris cette mesure.

    Le , la Virginie-Occidentale enregistre son premier cas, et devient le dernier des 50 États de l'Union à être touché par la pandémie[33].

    Le , l'État de New York dénombre plus de 2 000 cas. Pour fournir une aide complémentaire aux hôpitaux civils, Donald Trump envoie un navire-hôpital de l'armée dans le port de New York, le USNS Comfort, avec mille chambres et salles d'opération[34].

    Le (jour qui coïncide avec le premier décès lié à la Covid-19 au Mexique), après des achats de panique ayant épuisé les stocks des supermarchés de Californie, des Américains traversent la frontière pour effectuer d'autres achats de panique au Mexique, ce qui provoque des pénuries dans plusieurs supermarchés de Tijuana[35]. Le même jour, Donald Trump annonce avoir approuvé le recours à l'hydroxychloroquine pour lutter contre la Covid-19. Le groupe israélien spécialisé dans les médicaments génériques Teva Pharmaceutical déclare qu'il allait offrir aux hôpitaux américains dix millions de doses de ce médicament[36].

    Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, décide le confinement de l'État à partir du [37]. Le 20, les États-Unis et le Mexique se mettent d'accord pour fermer leur frontière à tous les voyages non essentiels[38].

    La Russie envoie le 1er avril un avion chargé d'aide humanitaire aux États-Unis. Cette aide a été évoquée lors d'un entretien téléphonique quelques jours auparavant entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump. Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov : « Aujourd'hui, quand cette situation touche tout le monde sans exception et devient globale, il n'y a pas d'alternative aux actions dans l'esprit du partenariat et de l'assistance mutuelle »[39].

    Les quartiers pauvres sont plus exposés à l'épidémie que les riches. Au , les chiffres officiels faisaient état de plus de 1 100 cas de contamination repérés dans le seul quartier d'University Heights (situé dans le Bronx). En revanche, moins de 200 cas étaient recensés dans les centres de villégiature aisés comme Park Slope à Brooklyn, ou SoHo à Manhattan. Beaucoup d'habitants des quartiers pauvres exercent des professions ouvrières et, ne pouvant « télétravailler », sont contraints de continuer à se rendre sur leur lieu de travail. L'absence de couverture santé des plus démunis favorise également la propagation du virus[40].

    Le , le Secrétaire aux Relations Extérieures du Mexique Marcelo Ebrard annonce que 108 des morts aux États-Unis sont des citoyens mexicains, et que ce sont les consulats mexicains qui s'occupaient des ressortissants mexicains qui n'étaient pas pris en charge par les services de santé américains[41]. Le , il annoncera que ce chiffre est monté à 566[42]. Le , à 959[43].

    Donald Trump met en cause la gestion de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), jugeant cette dernière proche de la Chine, et menace de suspendre tout financement américain[44]. Les États-Unis avaient, en , déjà annoncé réduire de 53 % leur contribution au budget de l'OMS[45].

    Le , les États-Unis deviennent le pays au monde le plus endeuillé par la pandémie avec plus de 20 000 morts enregistrés pour plus de 500 000 cas répertoriés. La veille, le pays était le premier au monde a dépasser les 2 000 décès en 24 heures[46].

    Le , le Wyoming est le dernier État américain à enregistrer son premier décès dû à la Covid-19[47].

    Au , plus de 639 000 cas et plus de 30 000 décès sont recensés dans le pays[46].

    Le , Trump twitte sur son compte aux près de 80 millions d'abonnés : « Libérez le Minnesota ! » puis « Libérez le Michigan ! » et « Libérez la Virginie et sauvez votre formidable deuxième amendement. Il est assiégé ! » en référence au droit des citoyens américains de porter des armes[48]. Le même jour, le président mexicain Andrés Manuel López Obrador téléphone à Trump, ils se mettent d'accord pour que le Mexique puisse acheter 1 000 respirateurs artificiels aux États-Unis afin qu'ils puissent s'occuper de leurs propres malades en réanimation, et sur la possibilité d'en racheter d'autres si le besoin s'en fait sentir[49]. Le lendemain, ils se mettent d'accord pour prolonger les restrictions sur les passages à la frontière entre les deux pays[50].

    Au , le bilan atteignait 58 351 décès à cause de la pandémie aux États-Unis, ce qui fait que plus d'Américains sont morts de la covid-19 que durant toute la Guerre du Viêt Nam, alors que le nombre de personnes contaminées dépassait le million de cas[51]. Ce jour-là, le vice-président Mike Pence va visiter un hôpital, et déclenche une polémique en refusant de porter un masque médical[51]. Le même jour, le président Trump publie un décret qui classe les producteurs de viande de bœuf, de porc ou de volaille comme secteur crucial selon le Defense Production Act, ce qui dans les faits leur ordonne de maintenir leur activité, alors que dans les jours précédents les fermetures d'abattoirs s'étaient multipliées aux États-Unis à cause de la contamination de leurs salariés[51], obligeant les éleveurs à euthanasier leurs cheptelset faisant craindre une pénurie de viande dans les commerces d'alimentation[52].

    Le 30 avril, des manifestants anti-confinements armés et équipés de gilets pare-balles entrent dans le Capitole de l'État du Michigan pour exiger un assouplissement des mesures de déconfinement pendant que les parlementaires y étaient réunis[53].

    Une étude publiée mi-mai par les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies souligne que le nombre de décès causés par la Covid-19 dans l'État de New York est vraisemblablement sous-estimé de plusieurs milliers[54].

    Le , les États-Unis franchissent la barre symbolique des 100 000 morts[55].

    Le , le nombre de décès atteint le chiffre de 116 850 (origine : CDC), soit plus que de décès des États-Unis lors de la Première Guerre mondiale (116 500 environ)[56]. La Covid-19 a eu un impact négatif sur les contrats d'affaires[57]. Les États-Unis engagent officiellement leur procédure de retrait de l’Organisation mondiale de la santé en juillet (alors même que l'épidémie semble connaitre un important rebond dans le pays, la plupart du temps dans des États républicains)[58]. Cette décision est déplorée par la Fédération des scientifiques américains, pour qui ce retrait « ne fera que nuire à la lutte mondiale contre le Covid-19 »[59]. L’évolution de la situation dans les hôpitaux se dégrade. Selon The Washington Post, la remontée et synthèse de cette information étaient faites par les CDC et publiquement disponible sur internet, mais le ces données disparaissent du site internet des CDC, l'administration Trump ayant décidé de désormais confier ce travail à des organismes privés, suscitant une vive polémique dans le pays[60]. Concernant le taux d'occupation des lits de réanimation au  : pour certains États comme le Texas, la Floride et la Géorgie, ce taux était en hausse rapide ; et pour d'autres comme la Géorgie, il s'agit d'une seconde vague. Deux États antérieurement fortement touchés voient leur nombre de morts au contraire beaucoup diminuer (exemple États de New York et du New Jersey[58]. Ces chiffres montrent que l'espoir ou idée que l'épidémie soit uniquement saisonnier et/ou hivernal[61] était vain. Et d'autres statistiques (des CDC) montrent que « le risque d'hospitalisation pour cause de Covid-19 des Afro-Américains est cinq fois plus élevé que celui des Blancs »[62].

    Selon les données du CDC entre le et le , 299 028 personnes de plus que prévu sont décédées, environ les deux tiers de ces décès attribués au COVID-19[63].

    Le , le chiffre de 250 000 décès est atteint (à cette date 76 830 Américains sont hospitalisés selon le COVID tracking project) ; le pays pourrait bientôt signaler 2 000 décès par jour ou plus rapporte The New York Times sur base de témoignages d'expert, égalant ou dépassant le pic printanier ; 100 000 à 200 000 Américains supplémentaires pourraient mourir dans les mois à venir. Anthony Fauci avait en mars prédit que le virus pourrait tuer plus de 240 000 personnes, chiffre désormais dépassé[64],[65].

    Au 24 février 2021, 18 millions de personnes, soit 6 % de la population, ont été vaccinées. Les habitants des régions les plus socialement favorisées semblent avoir bénéficié dans de plus fortes proportions de la campagne de vaccination. Une enquête de Statnews, un site spécialisé en matière de santé, soutient que plusieurs États – Californie, Connecticut, Floride, New Jersey et Mississippi – « ont vacciné dans des plus fortes proportions les comtés parmi les 10 % les plus riches »[66]. En juin 2021, l’Etat de Washington offrent désormais joint de cannbis à toute personne qui acceptera de se faire vacciner («joints for jabs»)[67],[68].

    Les sentiments antivaccins seraient influencés par l'orientation politique des Américains. Ainsi, à l’échelle nationale, 41% des sympathisants républicains déclarent ne pas vouloir se faire vacciner, contre 11% des démocrates (mars 2021)[69].

    GraphiquesModifier

    Courbes de prévalenceModifier

    Courbes de prévalence des États les plus impactés par l'épidémie. États au taux le plus élevé (nombre de cas rapportés à la population) et non le nombre de cas le plus élevé de la Covid-19. Aux courbes pour ces États, sont jointes :

    • Courbe pour la ville de New York, au plus fort taux d'infection ;
    • Courbe pour les États-Unis.

    Note : le nombre de personnes guéries n'étant pas établi pour tous les États, il est actuellement fixé à zéro pour toutes les courbes.


    Légende :
      Entité géographique[tab- 1] Population[tab- 2] Nombre de
    cas actifs
    (au )
    Taux de
    prévalence
    (au )
    1        New York City (NYC) 8 700 000 hab. 149 409 cas 1717 pour 100 000 hab.
    2        New York (état) 19 600 000 hab. 280 785 cas 1433 pour 100 000 hab.
    3        New Jersey 9 000 000 hab. 111 424 cas 1238 pour 100 000 hab.
    4        Massachusetts 6 600 000 hab. 58 643 cas 889 pour 100 000 hab.
    5        Louisiane 5 000 000 hab. 26 096 cas 522 pour 100 000 hab.
    6        Michigan 10 000 000 hab. 37 590 cas 376 pour 100 000 hab.
    7        Washington (état) 7 600 000 hab. 13 513 cas 178 pour 100 000 hab.
    8        Californie 40 000 000 hab. 48 099 cas 120 pour 100 000 hab.
    9        États-Unis 330 000 000 hab. 1 006 428 cas 305 pour 100 000 hab.

    Notes du tableau :

    1. Ville et États, avec la plus forte proportion de cas par rapport à la population.
    2. Selon les chiffres de « États des États-Unis par population », arrondis en excès.

    Source de données : données consolidées[70] de l'université Johns-Hopkins (complétées, pour NYC du au , par les données[71] du site officiel de la ville de New York).

    Nombre de cas recensésModifier

    Cas de COVID-19 recensés aux USA
    (augmentation hebdomadaire en %)
      Décès   Cas rétablis   Autres cas   

      Janvier JanvierFévrier FévrierMars MarsAvril AvrilMai MaiJuin JuinJuillet JuilletAout AoutSeptembre SeptembreOctobre OctobreNovembre NovembreDécembre Décembre

    Date Nombre de cas
    11 (+120%)
    14 (+27%)
    6
    57 (+307%)
    26
    643 (+1028%)
    75
    4 372 (+580%)
    548
    43 518 (+895%)
    2 953
    160 020 (+168%)
    10 989
    368 376 (+130%)
    23 649
    582 594 (+58%)
    42 364
    787 960 (+35%)
    56 253
    988 469 (+25%)
    68 922
    1 180 288 (+19%)
    80 684
    1 347 936 (+14%)
    90 369
    1 508 957 (+12%)
    98 223
    1 662 768 (+10%)
    105 147
    1 811 277 (+9%)
    111 007
    1 961 185 (+8%)
    116 127
    2 114 026 (+8%)
    120 402
    2 312 302 (+9%)
    126 141
    2 590 582 (+12%)
    130 306
    2 938 624 (+13%)
    135 605
    3 363 056 (+14%)
    140 909
    3 831 430 (+14%)
    148 056
    4 294 770 (+12%)
    155 403
    4 713 562 (+10%)
    163 461
    5 094 394 (+8%)
    170 548
    5 443 162 (+7%)
    177 279
    5 740 909 (+5%)
    183 598
    6 031 013 (+5%)
    189 283
    6 306 412 (+5%)
    194 536
    6 554 821 (+4%)
    199 881
    6 857 967 (+5%)
    205 070
    7 148 044 (+4%)
    210 192
    7 458 550 (+4%)
    215 085
    7 804 197 (+5%)
    220 133
    8 214 755 (+5%)
    225 735
    8 704 524 (+6%)
    230 996
    9 207 362 (+6%)
    237 572
    9 971 651 (+8%)
    246 214
    11 037 061 (+11%)
    256 782
    12 246 909 (+11%)
    266 873
    13 383 321 (+9%)
    282 310
    14 756 998 (+10%)
    300 777
    16 334 000 (+11%)
    319 364
    17 845 000 (+9%)
    334 836
    19 309 000 (+8%)
    353 646
    20 905 000 (+8%)
    376 343
    22 650 000 (+8%)
    399 003
    24 102 000 (+6%)
    421 129
    25 299 000 (+5%)
    450 598
    26 321 000 (+4%)
    470 799
    27 097 000 (+3%)
    487 476
    27 698 000 (+2%)
    500 930
    28 163 000 (+2%)
    515 524
    28 637 000 (+2%)
    526 574
    29 108 000 (+2%)
    536 098
    29 495 000 (+1%)
    542 888
    29 867 689 (+1%)
    550 003
    30 331 025 (+2%)
    555 597
    30 784 405 (+1%)
    542 363
    31 267 359 (+2%)
    567 690
    31 737 347 (+2%)
    572 666
    32 124 385 (+1%)
    577 500
    32 470 920 (+1%)
    582 150
    32 743 300 (+1%)
    586 359
    32 994 339 (+1%)
    586 359
    33 143 246 (+0%)
    586 359
    33 264 380 (+0%)
    597 949
    33 377 696 (+0%)
    599 945
    33 474 692 (+0%)
    602 092
    33 554 275 (+0%)
    604 115
    33 640 493 (+0%)
    605 567
    33 723 095 (+0%)
    607 392
    33 886 713 (+0%)
    609 231
    34 132 071 (+1%)
    610 951
    34 533 058 (+1%)
    613 679
    35 131 393 (+2%)
    617 321
    35 948 131 (+2%)

    Historique des données consultable sur ECDC Europa et sur le site statistique privé [1]

    * Nombre total de cas : morts et malades ; augmentation hebdomadaire en pourcentage.
    Nombre de morts.

    Graphique journalier

    [72]

    Les premiers chiffres suggèrent qu'à la mi-, 3 % de la population de Californie a été exposée au coronavirus SARS-CoV-2[73].

    L'épidémie de la maladie à coronavirus a touché certains pans de la société américaine plus que d'autres :

    Mortalité par parties de population
    partie mortalité / 100 000 habitants
    Afro-Américains 50,3
    Blancs américains 20,7
    Latinos-Américains et hispaniques 22,9
    Asio-Américains 22,7
    Source: The Guardian[72]

    Plus de 20 000 Afro-Américains sont tués par le virus, soit un décès pour 2 000 habitants noir des États-Unis, selon The Guardian.

    Excès de mortalitéModifier

    Le CDC publie le Weekly number of deaths (from all cause)[74].

    Alentours de la ville de New YorkModifier

     
    Mortalité de la Covid-19 dans les quartiers de New York.

    Aux États-Unis, l'État de New York est l'un des plus touchés par la mortalité de la Covid-19, notamment dans et autour de la ville de New York. Cela est dû au pic épidémique qui a touché la région de mi- à fin .

    Covid 19 dans quelques comtés de l'État de New York
    Comté Surface terrestre
    (en km²)
    Population
    (2000)
    Densité
    (hab/km²)
    Siège Décès par comté de résidence
    au [75]
    Décès par million
    Albany 1 354 294 565 217,55 Albany
    Allegany 2 668 49 927 18,71 Belmont
    Bronx 108,9 1 332 650 12 237,37 Ville de New York 3169 2377.9687089633
    Broome 1 829 200 536 109,64 Binghamton
    Cattaraugus 3 362 83 955 24,97 Little Valley
    Cayuga 1 798 81 963 45,59 Auburn
    Chautauqua 2 751 136 409 49,59 Mayville
    Chemung 1 057 91 070 86,16 Elmira
    Chenango 2 317 51 401 22,18 Norwich
    Clinton 2 691 79 894 29,69 Plattsburgh
    Columbia 1 647 63 094 38,31 Hudson
    Cortland 1 295 48 599 37,53 Cortland
    Delaware 3 745 48 055 12,83 Delhi
    Dutchess 2 076 295 146 142,17 Poughkeepsie 135 457
    Érié 2 704 950 265 351,43 Buffalo 460 484.07549473042
    Essex 4 651 38 851 8,35 Elizabethtown
    Franklin 4 226 51 134 12,10 Malone
    Fulton 1 285 55 073 42,86 Johnstown
    Genesee 1 279 60 370 47,20 Batavia
    Greene 1 678 48 195 28,72 Catskill
    Hamilton 4 455 5 379 1,21 Lake Pleasant
    Herkimer 3 654 64 427 17,63 Herkimer
    Jefferson 3 294 111 738 33,92 Watertown
    Kings 182,9 2 465 326 13 479,10 Ville de New York 4805 1949.0322983654
    Lewis 3 302 26 944 8,16 Lowville
    Livingston 1 637 64 328 39,30 Geneseo
    Madison 1 699 69 441 40,87 Wampsville
    Monroe 1 707 735 343 430,78 Rochester 172 234
    Montgomery 1 046 49 708 47,52 Fonda
    Nassau 743 1 334 544 1 796,16 Mineola 2087 1564
    New York 59,5 1 537 195 25 835,21 Ville de New York 1979 1483
    Niagara 1 354 219 846 162,37 Lockport
    Oneida 3 028 235 469 77,76 Utica
    Onondaga 2 020 458 336 226,90 Syracuse 97 212
    Ontario 1 668 100 224 60,09 Canandaigua
    Orange 2 114 341 367 161,48 Goshen 360 1055
    Orleans 1 013 44 171 43,60 Albion
    Oswego 2 468 122 377 49,59 Oswego
    Otsego 2 598 61 676 23,74 Cooperstown
    Putnam 598 95 745 160,11 Carmel
    Queens 282,9 2 229 379 7 880,45 Ville de New York 4853 2176.839379935
    Rensselaer 654 152 538 233,24 Troy
    Richmond 151,5 443 728 2 928,90 Ville de New York 714 1609
    Rockland 451 286 753 635,82 New City 489 1705
    Saratoga 2 103 200 635 95,40 Ballston Spa
    Schenectady 534 146 555 274,45 Schenectady
    Schoharie 1 611 31 582 19,60 Schoharie
    Schuyler 850 19 224 22,62 Watkins Glen
    Seneca 671 33 342 49,69 Ovid et Waterloo
    St. Lawrence 6 957 111 931 16,09 Canton
    Steuben 3 608 98 726 27,36 Bath
    Suffolk 2 363 1 419 369 600,66 Riverhead 1822 1284
    Sullivan 2 512 73 966 29,45 Monticello
    Tioga 1 343 51 784 38,56 Owego
    Tompkins 1 191 96 501 81,03 Ithaca
    Ulster 2 916 177 749 60,96 Kingston
    Warren 2 253 63 303 28,10 Queensbury
    Washington 2 165 61 042 28,19 Fort Edward
    Wayne 1 564 93 765 59,95 Lyons
    Westchester 1 121 923 459 823,78 White Plains 1327 1437
    Wyoming 1 534 43 424 28,31 Warsaw
    Yates 875 24 621 28,14 Penn Yan
    Covid 19 dans quelques comtés de l'État de New Jersey
    Comté Surface terrestre
    (en km²)
    Population
    (2000)
    Densité
    (hab/km²)
    Siège Décès par comté de résidence
    au [76]
    Décès par million
    Hudson 121 608975 5032,85 1138 1868.7
    Essex 327 793633 2427,01 1588 2000.9
    Union 268 522541 1949,78 1022 1955.8
    Bergen 606 884118 1458,94 1521 1720.4
    Passaic 480 489049 1018,85 888 1815.8
    Middlesex 802 750162 935,36 942 1255.7
    Morris 1215 470212 387,01 590 1254.8
    Somerset 789 297490 377,05 397 1334.5

    Limites du système de santéModifier

    D'après Anthony Fauci, le directeur de la National Institute of Allergy and Infectious Diseases : « le système […] n'est pas vraiment adapté à ce dont nous avons besoin maintenant… C'est un échec, admettons-le »[note 1]. Ainsi au début de la crise, quelques critiques considèrent que le « public health system » n'est public qu'en tant que somme des intérêts privés, mais sans apporter de dimensions relatives au bien commun[77].

    Face à l'épidémie, même « les partisans les plus convaincus d'un système de santé individualisé et privé » constatent les risques que cause le modèle américain à l'ensemble des citoyens, écrit la journaliste Stéphanie Le Bars. En effet, « les personnes non (ou mal) assurées potentiellement touchées par le virus ont deux options : retarder leur prise en charge en espérant que la maladie recule ou, si leur état se dégrade, se rendre aux urgences d'un hôpital, sans connaître le montant de la facture qui leur sera ensuite adressée. Même assurés, nombre d'Américains sont traditionnellement enclins à reporter les soins faute d'assurance ad hoc[78]. »

    Selon le rapport de la base de données sur les coûts des soins de santé FAIR Health, les Américains non assurés atteints par la Covid-19 paieraient en moyenne 73 300 dollars pour un séjour à l'hôpital de six jours. En outre, certaines personnes finalement testées négatives et n'ayant pas été hospitalisées ont tout de même dû payer près de 3 000 dollars. Cette situation est aggravée par le creusement des inégalités sociales. Le système de santé américain était moins préparé à faire face à une crise que la plupart des systèmes de santé des pays développés[79].

    Pour l'universitaire Johanna Fernandez, concernant l'origine du New York mess (« chaos new-yorkais ») : « On s'attarde sur l'irresponsabilité de la gestion de Trump. Mais c'est bien plus profond. C'est toute une organisation de la société qui est en cause. » Elle ajoute, à l'absence de couverture maladie et au chômage, la submersion d'un système de santé dominé par le privé et son principe de « maximisation des profits ». Lequel a conduit les hôpitaux à fonctionner en flux tendus, donc à manquer aujourd'hui de personnel soignant comme de matériels « aussi essentiels que les respirateurs »[40].

    La journaliste d'investigation du New York Times, Sarah Kliff, a révélé que seuls 16 000 des 70 000 respirateurs commandés en 2006 « pour faire face à une pandémie de dimension modérée » ont été livrés. L'entreprise auxquels ils avaient été commandés avait été rachetée par le groupe Covidien, le géant du secteur de l'équipement médical, qui a considéré l'affaire comme pas suffisamment rentable financièrement « et a préféré rompre le contrat ». Quant aux lits d'hôpitaux, la recherche de rentabilité a conduit les États-Unis à se doter d'un nombre de lits « bien moins important que les autres pays développés ». Le taux d'occupation des hôpitaux new-yorkais était, avant la crise, fixé à 95 %, seuil indispensable pour qu'ils génèrent suffisamment de profits[80].

    À Los Angeles, le directeur de la santé publique a recommandé aux familles de rapidement retirer leurs proches des maisons de soins infirmiers[81] (ce qui est irréalisable pour de nombreuses familles ; en 2017, environ 1,4 million d'Américains étaient soignés dans ces lieux, dont 64 % comptant sur Medicaid pour payer leurs soins)[82].

    PolémiquesModifier

    Mesures de confinementModifier

    En Californie, où des mesures de confinement ont été adoptées par les autorités, quelques PDG d'entreprises des nouvelles technologies ont provoqué une polémique en affirmant que le confinement était inutile, voire que la panique autour du Covid-19 était injustifiée, et en forçant leurs salariés à venir au bureau plutôt que de télétravailler. Elon Musk a ainsi écrit à ses salariés pour leur affirmer qu'ils avaient « plus de chances de mourir dans un accident de la route que du coronavirus », après avoir publié un message sur les réseaux sociaux affirmant : « cette panique autour du coronavirus est débile ». Le bureau du shérif du comté d'Alameda est finalement intervenu pour demander aux usines Tesla de respecter les mesures de confinement, alors qu'elles demandaient à leurs salariés de continuer à venir sur place[83]. Michael Saylor, le PDG de Microstrategy a envoyé un message à tous ses employés afin de leur dire qu'il était nécessaire de « continuer à travailler depuis nos bureaux pour maintenir notre productivité[83]. »

    Nombreux sont ceux qui se sont indignés de l'attitude jugée désinvolte des autorités et de certains millionnaires. Le quotidien français Le Monde relève par exemple qu'« une vidéo de l'acteur et ancien gouverneur républicain de Californie, Arnold Schwarzenegger, appelant, cigare à la main et depuis son jacuzzi, les étudiants à rester chez eux, a accumulé des centaines de réponses sarcastiques ou injurieuses » de la part des internautes[83].

    Plusieurs personnalités conservatrices ont émis l'idée de « sacrifier » les personnes âgées afin de « sauver l'économie ». L'avocat Scott McMillan a ainsi publié un message vivement commenté sur les réseaux sociaux : « La vraie question est la suivante : allons-nous couler toute l'économie pour sauver 2,5 % de la population qui, en règle générale, 1/ coûtent cher à la société et 2/ ne sont pas productifs ? ». Le , le lieutenant gouverneur du Texas, Dan Patrick, a suggéré sur la chaîne Fox News que « les grands-parents, dont lui-même, seraient heureux de sacrifier leur vie pour préserver le bien-être financier de leurs enfants et petits-enfants ». Le lendemain, c'est l'animateur radio Glenn Beck qui évoquait « la possibilité de sacrifier des vies pendant l'épidémie de coronavirus pour sauver les États-Unis et leur économie »[84].

    Une partie de la droite religieuse a refusé de respecter les mesures de confinement ou de distanciation sociale dans certains États, y voyant une atteinte à la liberté religieuse et un complot contre Donald Trump[85]. Les organisations de lutte contre l'avortement ont également maintenu certains de leurs rassemblements. L'Alliance Defending Freedom (ADF), un groupe religieux conservateur, a porté plainte, estimant que les manifestations anti-IVG devaient être considérées comme « essentielles » et donc autorisées malgré les ordres de confinement[86]. À travers les États-Unis mais surtout dans la Bible Belt, plusieurs pasteurs et organisations religieuses encouragent leurs adeptes à ne pas respecter les consignes de sécurité et/ou à se rendre à la messe[87],[88]. Une étude du Religion News Service révèle qu'au , 20 % des évangélistes avaient reçu des incitations à participer physiquement à la messe dans une église, et que 17 % avaient continué de le faire[87],[88]. À nuancer cependant dans la mesure où, à la même date, 90 % des congrégations évangélistes avaient fermé leurs églises et encouragé les fidèles à prier chez eux[87],[88]. Au , une trentaine de pasteurs et représentants pentecôtistes qui minimisaient les dangers du Covid-19 et qui encourageaient à désobéir aux consignes de distanciation sociale pour se rendre à l'église en étaient morts[87],[88]. Ce qui inclut l'évêque de la New Deliverance Evangelistic Church, Gerald Glenn, mort du Covid-19, alors que dans son sermon du il déclarait : « Je crois fermement que Dieu est plus grand que ce virus redouté. »[87],[88] En Floride, le célèbre pasteur pentecôtiste Rodney Howard-Brown a été arrêté car il encourageait ses fidèles à ne pas respecter la distanciation sociale pour se rendre à l'église[87],[88]. Le pasteur du Life Tabernacle, Tony Spell, a été aussi arrêté car il voulait organiser une messe de Pâques de 2 000 personnes, alors que l'État de Louisiane avait interdit les grands rassemblements[87],[88].

    Port du masqueModifier

    Le port du masque parfois obligatoire dans certaines localités suscite une forte controverse et est sujet à une polarisation dans l'opinion. Des confrontations ont lieu dans l'espace public, particulièrement dans les commerces, et des bagarres sont recensées. Les opposants au port du masque invoquent notamment une atteinte à leur liberté[89],[90], et le port ou non-port du masque devient en partie un signe de ralliement politique[91]. Cette polémique suscite dans la presse une comparaison avec l'opposition au port du masque lors de la grippe espagnole, particulièrement la ligue anti-masque de San Francisco[92].

    Propos de Donald Trump sur le « virus chinois »Modifier

    L'usage, par le président américain Donald Trump, de l'expression « virus chinois » pour nommer le SARS-CoV-2 ne fait pas qu'ajouter de la tension aux relations diplomatiques entre les États-Unis et la Chine ; il renvoie aux stéréotypes du « péril jaune », ancrés dans la mémoire historique de l'Amérique. Il suscite l'inquiétude au sein de la communauté des Américains asiatiques dont des membres sont pris à partie et molestés[93],[94],[83]. L'expression « virus chinois » apparaît dans les interventions présidentielles publiques lorsque, après avoir minimisé la dangerosité du coronavirus, acclamé le professionnalisme de son homologue chinois Xi Jinping dans la gestion de la crise sanitaire et affirmé qu'aux États-Unis tout était sous contrôle, Trump est contraint à une volte-face par la réalité de la gravité de la pandémie qui se répand sur le territoire national. Selon une stratégie de communication bien éprouvée, il recourt alors à un vocabulaire martial et à la mise en avant d'un bouc émissaire[95],[96]. Fin mars, l'hôte de la Maison-Blanche renonce publiquement à employer l'expression décriée, tandis que, sur la scène internationale, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, persiste à utiliser le terme « virus de Wuhan »[94],[95].

    Opération Warp SpeedModifier

    L'administration Trump a publiquement refusé de rejoindre l'accord de collaboration international connu sous le nom de « Covax », en vertu duquel l'Organisation mondiale de la santé, GAVI Alliance; et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies ont uni leurs forces pour s'assurer que les pays riches et pauvres reçoivent simultanément de nouveaux vaccins contre le coronavirus. Au lieu de cela, l'Opération Warp Speed, traduisant l'effort unilatéral de l'administration Trump pour accélérer le développement de vaccins, a versé 11 milliards de dollars à six sociétés de vaccins en échange de garanties qu'au moins 100 millions de doses de chaque société, et des options pour des millions d'autres, soient exclusivement réservées aux États-Unis[97].

    AutresModifier

    Plusieurs sénateurs américains, dont des soutiens de Donald Trump, ont vendu des actions, parfois pour plusieurs millions de dollars, des semaines avant que le gouvernement n'admette la gravité de la crise du coronavirus et que la bourse ne s'effondre[98].

    Le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis souligne que des réseaux de militants néo-nazis et de suprémacistes blancs américains incitent à propager le virus, notamment contre les minorités et les forces de l'ordre[99].

    D'après la presse, les témoignages de personnes dont les proches sont morts se multiplient : ils sont officiellement classés comme morts de pneumonie, avant que les tests ne soient disponibles ou à un moment où ils étaient difficiles à obtenir. Certains États républicains ne remonteraient pas les informations réelles et les statistiques publiées par le Wyoming, le Dakota du Nord ou la Virginie Occidentale semblent trop faibles pour être réelles[réf. nécessaire].

    Une dizaine d'États, pour la plupart situés dans la « ceinture de la Bible », font interdire l'avortement à partir du mois d'avril[100].

    Le gouverneur démocrate de l'État de New York, Andrew Cuomo, a été l'initiateur d'un vaste plan d'austérité pour l'État,  associé à des coupes élevées dans le budget de la santé. L'exécutif new-yorkais a ainsi supprimé, en 2020, 400 millions de dollars dans le budget de Medicaid, qui vient en aide aux plus démunis, en plus d'acter la fermeture de milliers de lits d'hôpitaux. Alors que le gouverneur se montre très présent dans les médias et que certains lui prédisent même un destin national, l'aile gauche new-yorkaise du Parti démocrate rappelle sa responsabilité dans la détérioration du système de santé ; le sénateur Gustavo Rivera, président de la commission de la Santé de la Chambre haute de l'État, évoque ainsi publiquement un double jeu « tout simplement obscène »[101].

    DésinformationModifier

    La pandémie fait surgir de nombreuses théories concernant des produits miracles, qui sont vendus parfois en ligne ou promus par des célébrités.

    Le président américain Donald Trump et son principal conseiller économique Lawrence Kudlow ont été accusés de désinformer à propos du coronavirus, notamment concernant la création prochaine d'un vaccin[102], la réalité du taux de mortalité[103], le fait d'avoir côtoyé des personnes infectées[104], l'efficacité de la chloroquine (affirmation faite sans test clinique)[105] ou la fabrication de respirateurs par Ford et General Motors[106].

    La réaction de la Maison-Blanche a été d'une part d'accuser les médias de tenter de déstabiliser le gouvernement, d'autre part de prendre le risque de provoquer une panique, dangereuse en soi[107]. Pour le chroniqueur politique conservateur Rush Limbaugh, le coronavirus est une tentative de la Chine de déstabiliser le gouvernement des États-Unis[108].

    Début est publié un sondage (suspecté de tentative de désinformation[109]) montrant que 38 % des buveurs de bière américains refuseraient d'acheter de la bière de marque Corona[110]. La marque a cependant bénéficié d'un effet de mode et ses ventes ont augmenté[110].

    Plusieurs journalistes et invités de la chaîne conservatrice Fox News ont propagé des théories du complot selon lesquelles la gravité de l'épidémie serait exagérée pour nuire à Donald Trump. Le journal Slate estime que l'émission Fox & Friends, étant regardée par plus de 1,4 million de téléspectateurs chaque matin, « représente un réel danger de santé publique », une journaliste y affirmant notamment que c'était « le moment le plus sûr pour prendre l'avion »[111]. L'animatrice de la chaîne Fox Business Trish Regan a défendu avec virulence l'idée d'un complot démocrate dirigé contre Donald Trump, au point de contraindre sa direction à la retirer de l'antenne, puis à la licencier[85].

    Conséquences socio-économiquesModifier

    Hausse du chômage et recul du PIBModifier

    Au cours de la semaine du 15 au , le nombre de personnes ayant fait une première demande d'allocations-chômage atteint 3,3 millions, soit le niveau le plus élevé jamais vu aux États-Unis, le précédent record datant d' avec 695 000 nouvelles demandes[112]. Lors de la semaine du 22 au , le nombre de personnes ayant fait une première demande d'allocations-chômage atteint 6,6 millions[113],[114]. Pour la semaine du au , c'est une nouvelle fois 6,6 millions de personnes qui font une première demande d'allocations-chômage. Début avril, le nombre de salariés ayant perdu leur emploi dépasse donc les 16 millions en trois semaines[115]. Le Code du travail américain, considéré comme pro-business, permet au patronat de se séparer facilement de ses personnels pour éponger immédiatement une partie de ses pertes[40].

    En raison de la pandémie, des millions d'Américains ont perdu leur emploi et se retrouvent au chômage sur un marché du travail malmené[116]. Pour le mois d', le taux de chômage atteint 14,7 %, le niveau le plus élevé aux États-Unis depuis 1948[117]. Au cours du premier trimestre 2020, le produit intérieur brut chute de 4,8 %, soit le plus fort recul enregistré depuis la récession de 2008[118].

    Pauvreté et inégalitésModifier

    Selon le cabinet Amherst, 26 % des familles vivant en location auront besoin d'une aide temporaire pour payer leur loyer. Andrew Cuomo, le gouverneur de New York, ordonne la suspension des remboursements de crédits immobiliers pour les propriétaires. La représentante Alexandria Ocasio-Cortez, élue du Bronx et du Queens, a pour sa part dénoncé : « En offrant un traitement préférentiel aux propriétaires et à des gars qui sont déjà bien riches, sans rien donner aux locataires, nous sommes en train de créer une question de classe ! »[119]. Selon les chiffres du National Multifamily Housing Council, près d'un locataire sur trois n'a pas été en mesure de payer son loyer d'avril 2020[120].

    Le loyer médian aux États-Unis a grimpé de 8,1 % entre juin 2020 et juin 2021. Des millions de locataires ne sont pas en mesure de payer et risquent l'expulsion[121].

    D'après le magazine économique Forbes, entre le et le « la valeur nette des 600 plus grosses fortunes américaines a augmenté de 434 milliards de dollars », une augmentation de 15 %[122]. Début décembre, cette augmentation s'élève à plus de 1 000 milliards de dollars[123].

    Plans de relanceModifier

    En , Donald Trump signe une ordonnance demandant aux agences fédérales d'observer « la plus grande souplesse » dans l’application « des réglementations fédérales » pour « accompagner un prompt rétablissement de l’économie ». Sont ainsi visés le salaire minimum, la législation portant sur les heures supplémentaires, la sécurité au travail, ou encore la protection des consommateurs[124]. Le , le président américain rend public par décret un nouveau plan d'aide à des millions d'Américains, menacés d'expulsion et laissés au chômage pendant la pandémie de Covid-19. Trump avait signé quatre documents qui devaient prévoir un gel des charges salariales, une allocation chômage prolongée de 400 dollars par semaine, un report du remboursement des prêts étudiants et des protections pour les locataires menacés d'expulsion[125].

    Le , Donald Trump ratifie sous la pression de parlementaires de tous bords un plan de relance de 900 milliards de dollars, ainsi qu'une loi de financement de l'État fédéral, permettant d'éviter un shutdown des services publics[126].

    Le 11 mars 2021, le président américain, Joe Biden signe un nouveau plan de relance économique de 1 900 milliards de dollars[127]. Ce dernier a conduit de nombreux économistes à revoir à la hausse leurs prévisions de croissance si bien que le PIB pourrait renouer avec son niveau d'avant crise d'ici la fin du premier trimestre 2021[128].

    Conséquences sur la santé mentale de la populationModifier

    Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), dans un document titré Morbidity and Mortality Weekly Report, montre que du 24 au , les adultes américains ont présenté des problèmes de santé mentale considérablement élevés, associés au COVID-19[129], atteignant notamment la jeunesse[130]. L'isolement social, la peur de l'ostracisation, la maladie elle-même et l'accès limité aux soins peuvent conduire à une aggravation des maladies mentales[131].

    En , selon le site web de psychiatrie JAMA Network, la conséquence de la distanciation sociale mise en œuvre pour réduire fondamentalement les contacts humains, la diminution de l'accès au soutien communautaire et religieux, la difficulté d'accès aux soins psychologiques, augmentent les dépressions et les risques de suicides. On constate aussi une augmentation des ventes d'armes à feu[132].

    En août, toujours selon le CDC, plus de 60 % des jeunes adultes ont signalé des symptômes d'anxiété ou de troubles dépressifs[133].

    En septembre, l'Organisation panaméricaine de la santé (PAHO) estime que la politique sanitaire relative au coronavirus affecte la santé mentale de nombreuses personnes, en particulier les agents de santé, et évoque des données d'études récentes qui montrent un accroissement de la détresse, de l'anxiété et des dépressions[134].

    En octobre, CNN rapporte une nette augmentation des suicides au sein de l'armée américaine[135], dont un contexte où une augmentation générale de la violence et des surdoses est à craindre[136].

    Deux millions d'armes sont vendues au mois de mars 2020, soit le double du mois précédent. Cette frénésie est alimentée par la crainte que la pandémie aboutisse à des pénuries et des débordements. Le gouvernement américain décrète que les marchands d'armes sont des commerces « essentiels » pouvant bénéficier d'une dérogation au confinement[137].

    Notes et référencesModifier

    NotesModifier

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    AnnexesModifier

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    Articles connexesModifier

    Liens externesModifier

    Données officiellesModifier

    Données de référenceModifier

    Presse et institutions privéesModifier