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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bataille de Chéronée.
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Bataille de Chéronée

Informations générales
Date
Lieu Chéronée en Béotie
Issue Victoire des Macédoniens, domination de Philippe II de Macédoine sur la quasi-totalité de la Grèce
Belligérants
Armée macédonienneCoalition des cités grecques
Commandants
Philippe II de MacédoineCharès
Forces en présence
30 000 fantassins
2 000 cavaliers
35 000 fantassins
Pertes
8 000 morts

Guerres sacrées

Coordonnées 38° 21′ 00″ nord, 22° 58′ 00″ est

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Bataille de Chéronée

La bataille de Chéronée est une bataille ayant opposé en Béotie, le , Philippe II de Macédoine à une coalition de cités grecques menée par Athènes et Thèbes. Remportée par l'armée macédonienne, cette bataille consacre le déclin des cités grecques face à l'expansionnisme macédonien.

ContexteModifier

 
Mouvements précédant la bataille.

Depuis sa victoire dans la troisième guerre sacrée en , Philippe est membre du conseil amphictyonique de Delphes, et en tant que tel partie prenante dans les affaires des Grecs. Entre 343 et 340, il s'en prend aux possessions athéniennes en mer Égée et en Chersonèse, et annexe la Thrace. En Grèce même, il parvient dans un premier temps à obtenir l'alliance de Thèbes. Mais Démosthène, inquiet de la montée en puissance macédonienne, engage une intense activité diplomatique pour détacher les Thébains de Philippe II et y parvient en 339

Le prétexte de l'intervention de l'armée macédonienne est fourni par les Locriens d'Amphissa qui sont accusés par le conseil amphictyonique d'usurper des terres sacrées : c'est le déclenchement de la quatrième guerre sacrée à l'automne 339, Philippe II étant chargé de punir Amphissa qui a fait appel à ses alliés athéniens.

Malgré l'initiative thébaine consistant à bloquer le défilé des Thermopyles pour empêcher l'invasion, l'armée de Philippe franchit les cols à l'ouest de l'Œta et prend Élatée à la frontière de la Béotie. Sous la houlette de Démosthène, une armée de coalisés venus de toute la Grèce se porte à sa rencontre et occupe une forte position à Parapotamioï que Philippe ne peut forcer. L'hiver force les deux armées à l'inaction. Au printemps, Philippe parvient à s'emparer d'Amphissa, de Delphes et de Naupacte. L'armée grecque se retire de Parapotamioï vers Chéronée, où le , Philippe accepte la bataille rangée.

Forces en présenceModifier

Selon Diodore de Sicile [1], l'armée macédonienne compte 30 000 fantassins et 2 000 cavaliers. Les effectifs de l'armée grecque sont moins connus, mais sont probablement supérieurs à ceux des Macédoniens. Les plus gros contingents viennent d'Athènes (environ 10 000 hommes) et de Thèbes (12 000 hommes) dont les 300 soldats d'élite du Bataillon sacré. D'autres cités alliées sont représentées : Corinthe, Mégare, les îles de Corcyre, l'Eubée et Leucade, pour un total d'environ 8 000 soldats. L'armée grecque était complétée par un contingent de 5 000 peltastes mercenaires (infanterie légère), soit un total approximatif de 35 000 hommes.

Déroulement de la batailleModifier

 
Schéma de la bataille.

Les Grecs occupent une position forte au pied de l'acropole de Chéronée et des pentes du mont Petrachos, couverte sur le flanc droit par le fleuve Céphise. Les Athéniens, sous le commandement de Charès forment l'aile gauche, le centre est lui composé des contingents moins importants d'Eubée, de Corinthe et de Mégare, tandis que les Thébains forment l'aile droite. Les mercenaires sont répartis de chaque côté de l'infanterie hoplitique de la ligne principale.

L'armée macédonienne est disposée en ligne oblique. Face aux Athéniens, Philippe prend le commandement des hypaspistes, tandis que le reste de sa phalange est disposé vers la gauche, la ligne se terminant par la cavalerie et les hétairoï commandés par le jeune Alexandre. Philippe progresse vers l'aile gauche athénienne, mais rompt l'engagement pour se replier dès le premier contact. Il est poursuivi par les Athéniens qui laissent ainsi une brèche dans la ligne grecque. Alexandre la met à profit en menant en personne une charge de la cavalerie formée en coin. Il enfonce le centre de la ligne grecque et se rabat vers la gauche et les arrières du contingent thébain. La ligne principale macédonienne entre alors en action et les hypaspistes cessent de reculer pour contre-attaquer. Le centre et l'aile gauche grecque sont ainsi rapidement repoussés et mis en déroute.

Le contingent thébain est encerclé par la cavalerie macédonienne. La cavalerie légère attaque et détruit le Bataillon sacré, complétant la déroute grecque. Les pertes grecques sont très lourdes : 2 000 Athéniens et alliés, 6 000 Thébains dont 254 des 300 soldats du Bataillon sacré.

ConséquencesModifier

Philippe sait se montrer habile politicien dans la victoire. Il se contente en effet de contraindre Athènes à entrer dans la ligue de Corinthe, une confédération d'États helléniques qu'il dirige. Thèbes doit renoncer à sa domination sur la Béotie. Cette victoire de Philippe marque un tournant dans l'histoire grecque en consacrant la défaite des derniers adversaires de poids à l'hégémonie macédonienne. Après la bataille de Chéronée, Philippe épargne Athènes et s'en prend essentiellement à Thèbes. Il propose de donner à Athènes un canton thébain qu’elle revendique. Athènes envoie Exenippos consulter l’oracle de Delphes. Mais celui-ci se montre très ambigu. Lycurgue l'attaque dans son Contre Exenippos car selon lui il aurait rapporté une réponse volontairement ambiguë. Seule Sparte résiste encore aux Macédoniens, étant alors la dernière cité libre de Grèce.

RéférencesModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Nicolas Corvisier, La Bataille de Chéronée, 2012, Economica.