Augusta-Charlotte de Hanovre

princesse britannique
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Augusta-Charlotte de Hanovre
Description de cette image, également commentée ci-après
Augusta Charlotte de Hanovre, portrait de Johann Georg Ziesenis (en).
Biographie
Titulature Princesse de Hanovre
Duchesse de Brunswick-Lunebourg
Dynastie Maison de Hanovre
Naissance
Palais Saint James (Londres, Royaume-Uni)
Décès
Hanover Square, (Londres, Royaume-Uni)
Sépulture Chapelle Saint-Georges de Windsor
Père Frédéric de Galles,
duc d'Édimbourg, prince de Galles
Mère Augusta de Saxe-Gotha-Altenbourg
Conjoint Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick-Wolfenbüttel (1735-1806)
Enfants Augusta de Brunswick-Wolfenbüttel
Caroline de Brunswick
Frédéric-Guillaume de Brunswick-Wolfenbüttel
Charles-Georges-Auguste de Brunswick-Wolfenbüttel
...

Augusta-Charlotte de Hanovre () est une princesse britannique, petite-fille de George II et sœur aînée de George III. Elle s'est mariée au sein de la maison ducale de Brunswick-Lunebourg, dont elle faisait déjà partie de par sa naissance. Sa fille Caroline a épousé George IV.

JeunesseModifier

 
Augusta à l'âge de 14 ans, portrait de George Knapton.
 
Augusta Charlotte à l'âge de 17 ans, portrait de Liotard.

Augusta Charlotte de Hanovre est née à Londres au St. James's Palace. Son père est Frédéric de Galles, fils aîné du roi George II et de la reine Caroline d'Ansbach et sa mère est la princesse de Galles, Augusta de Saxe-Gotha-Altenbourg. À sa naissance, elle est en seconde place de l'ordre de succession au trône britannique derrière son père, ce qui changera l'année suivante en 1738 avec la naissance de son frère cadet George.

Elle est baptisée cinquante jours plus tard au St. James's Palace par l'archevêque de Cantorbéry John Potter. Ses parrains et marraines sont son grand-père paternel (c'est-à-dire le roi, représenté par son Lord Chambellan, le duc de Grafton Charles FitzRoy), et ses grands-mères la reine Caroline et Madeleine-Augusta d'Anhalt-Zerbst (également représentées par des mandataires[1]). Le jour de son troisième anniversaire eut lieu à Cliveden dans le Buckinghamshire la première représentation publique de Rule, Britannia!.

Augusta reçoit une bonne éducation. Elle n'est pas décrite comme étant particulièrement belle[2].

Dans les années 1761-1762, un projet de mariage avec le prince de Brunswick est discuté, mais les négociations s'éternisent car sa mère n'apprécie pas la maison Brunswick. Le mariage est finalement conclu essentiellement parce qu'Augusta n'était guère appréciée de sa mère, qui a finalement cherché à l'éloigner de la cour[3].

Le 16 janvier 1764, Augusta épouse Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick-Wolfenbüttel à la Chapel Royal du St James's Palace. Elle quitte l'Angleterre le 26 depuis le port d'Harwich[4].

Vie dans le Duché de BrunswickModifier

 
Portrait d'Augusta Charlotte par Angelica Kauffmann, 1767; Royal Collection, Londres

Augusta ne s'est jamais complètement adaptée à son nouveau cadre de vie dans le duché de Brunswick, et ce à cause de son patriotisme britannique et son dédain pour ce qui se passe « à l'est du Rhin »[2]. Cette attitude perdura au fil des années si bien que même 25 ans après son mariage elle était décrite comme « complètement anglaise par ses goûts, ses valeurs et son attitude à tel point que son indépendance presque cynique constitue avec l'étiquette des cours germaniques le contraste le plus saisissant que j'ai jamais vu »[2]. Augusta n'était pas appréciée en Brunswick également à cause du fait que ses fils aînés souffrait d'handicaps congénitaux.

Elle et Charles revinrent en Angleterre lors de sa première grossesse en 1764. Durant cette visite les époux furent acclamés par la foule dès qu'ils se montraient en public ce qui provoqua la méfiance de la cour. Sa belle-sœur la reine Charlotte leur refusa également plusieurs honneurs dont les saluts militaires. Cela dégrada la réputation du couple royal[5]. Trente ans plus tard lors des négociations concernant le mariage de sa fille avec le Prince de Galles, elle confie au négociateur anglais James Harris que la reine Charlotte ne l'aimait pas de même que sa fille à cause d'une jalousie remontant à son séjour de 1764[6].

Augusta considérait sa résidence au Brunswick comme trop peu raffinée et s'ennuyait à la cour, particulièrement les étés lorsque son mari était absent[2]. Une résidence privée, le Schloss Richmond (en), fut construite pour elle plus au sud à l'écart de la cour à Brunswick, là où elle passait la période estivale. Ce bâtiment construit par Carl Christoph Wilhelm Fleischer (de) fut nommé ainsi afin de lui rappeler l'Angleterre. Dans cette retraite, Augusta-Charlotte se divertit par la gastronomie, le partage de ragots et en jouant aux cartes ; elle reçoit souvent des invités anglais[2].

Bien qu'ayant contracté son mariage pour des raisons purement pragmatiques, Augusta-Charlotte apprécia au départ son mariage avec Charles : peu après la naissance de sa première fille elle écrivait : « Il n'y eut jamais deux êtres qui vécurent en meilleure harmonie que nous, et je me jetterais à travers l'eau et le feu pour lui" »[2], il semble qu'elle n'ait à l'époque pas su que son mari la trompait à Londres[2].

En 1771-1772, Augusta-Charlotte fut invitée par sa mère en Angleterre. Elle se retrouva de nouveau en conflit avec sa belle-sœur Caroline à cette occasion ; elle ne fut pas autorisée à résider à Carlton House ou à St. James Palace, pourtant inoccupés, mais dut au lieu de cela loger dans une petite maison de Pall Mall. Les désaccords portaient entre autres sur l'étiquette, et la reine refusa de laisser Augusta-Charlotte parler à son frère le roi en privé[7]. Selon Walpole, ce comportement était dû à la jalousie de la reine[7]. Augusta Charlotte veilla sa mère sur son lit de mort durant cette visite et à son retour en Brunswick elle prolongea sa période de deuil, ce qui la conduisit finalement à se désintéresser de la vie à la cour. Lorsque sa sœur Caroline-Mathilde de Hanovre fut exilée pour adultère à Celle non loin de Brunswick, Augusta-Charlotte alla très régulièrement lui rendre visite malgré la désapprobation de son mari et de sa belle-famille[2].

En 1777 Augusta annonce à Charles qu'elle se abandonne la vie de cour pour se consacrer à l'éducation de ses enfants et à la religion avec l'évêque de Fürstenberg[2]. L'une des raisons était sa désapprobation de l'installation à la cour de Louise Hertefeld, la maîtresse de son mari, ce qui n'avait pas été le cas avec Maria Antonia Branconi (en), sa maîtresse précédente[2].

En 1780 Charles succède à son père à la tête du Duché, et Augusta-Charlotte devient duchesse consort.

La princesse suédoise Hedwige-Élisabeth-Charlotte la mentionne ainsi que sa famille à l'occasion d'une visite en août 1799 : « Notre cousin le Duc arriva le matin suivant. En tant que militaire, il a remporté de nombreuses victoires, il est spirituel, cultivé et est de compagnie agréable, mais il est cérémonial à un point difficilement concevable. On le dit sévère, mais c'est un bon père attentif aux besoins de son peuple. Après qu'il nous ait laissés, je rendis visite à la duchesse douairière (Philippine Charlotte de Prusse), la tante de mon mon consort. Elle est agréable, de haute éducation et très respectée, mais elle est maintenant si vieille qu'elle a pratiquement perdu la mémoire. J'ai ensuite rencontré la duchesse, sœur du roi d'Angleterre et typiquement anglaise. Elle est habillée de manière très austère, comme la femme d'un vicaire, et je suis sure qu'elle est admirablement pleine de qualités mais elle manque totalement de manières. Elle pose les questions les plus étranges sans considérer à quel point il peut être difficile et désagréable d'y répondre. La princesse héréditaire (Frédérica Louise d'Orange) et la princesse Augusta (Augusta Dorothée de Gandersheim) — sœur du Duc souverain — son venues la voir lorsque j'y étais. La première est charmante, adorable, spirituelle et intelligente, pas une beauté mais tout de même fort jolie. De plus on dit d'elle qu'elle s'occupe bien de son ennuyeux consort. La princesse Augusta est pleine d'esprit et d'énergie, et est très divertissante. [...] La duchesse et les princesse m'ont accompagnée à Richmond, la maison de campagne de la duchesse située un peu à l'écart de la ville. Elle est petite et charmante avec un joli petit parc, le tout en style typiquement anglais. Comme elle a elle-même fait construire la résidence, elle aime la montrer aux autres. [...] Les fils du couple ducal sont quelque peu particuliers. Le prince héritier (Charles Georg Auguste de Brunswick), gros et potelé, presque aveugle, étrange et bizarre — pour ne pas dire stupide — essaie d'imiter son père mais ne parvient qu'à se rendre artificiel et désagréable. Il parle tout le temps, ne sait pas ce qu'il dit, et est absolument insupportable. C'est surtout un pauvre être, qui aime sa consort au point de la vénérer et d'être complètement commandé par elle. L'autre fils, le prince Georg, est la personne la plus ridicule que l'on puise imaginer, et tellement bête qu'on ne peut jamais le laisser seul et qu'il doit toujours être accompagné par un serviteur. Le troisième est aussi décrit comme un original. Je ne l'ai pas rencontré, car il est avec son régiment. Le quatrième est le seul à être normal, mais lui aussi tourmente ses parents avec son comportement immoral »[8],[N 1].

Dernières annéesModifier

En 1806 lorsque la Prusse déclare la guerre à la France, le duc de Brunswick, âgé de 71 ans, est nommé commandant-en-chef de l'armée prussienne. Le 14 octobre de la même année, Napoléon bat l'armée prussienne à la bataille d'Iena ; puis le même jour à la bataille d'Auerstaedt. Le duc de Brunswick est gravement blessé et meurt peu après. La duchesse de Brunswick fuit avec deux de ses enfants et une belle-fille à Altona. Elle reste avec sa belle-fille Marie de Bade au chevet de son mari jusqu'à sa mort[9]. Son autre belle-fille, Louise d'Orange-Nassau, part en Suisse avec sa mère[10]. L'avancée de l'armée française pousse Augusta et Marie à fuir dès la mort de Charles.

Elles sont invitées en Suède par le beau-frère de Marie Gustave IV Adolphe[9]. Marie accepte l'offre et part pour la Suède, tandis qu'Augusta part pour Augustenborg, petite ville de l'est du Jutland. La duchesse de Brunswick y reste avec sa nièce Louise Augusta de Danemark, fille de sa sœur Caroline-Mathilde de Hanovre jusqu'à ce que son frère George III revienne finalement sur sa position en septembre 1807 et l'autorise à venir à Londres. Elle vécut finalement à Blackheath (Greenwich) avec sa fille Caroline avec laquelle elle se brouille peu après. La duchesse de Brunswick finit sa vie à Blackheath et meurt en 1813 à l'âge de 75 ans.

Titres et armoiriesModifier

TitresModifier

  • 31 juillet 1737 – 16 janvier 1764: Son Altesse royale Princesse Augusta[11]
  • 16 janvier 1764 – 26 mars 1780: Son Altesse royale la Duchesse héréditaire de Brunswick-Lüneburg, princesse de Grande-Bretagne et d'Irlande, Princesse de Hanovre
  • 26 mars 1780 – 10 novembre 1806: Son Altesse royale la Duchesse de Brunswick-Lüneburg
  • 10 Novembre 1806 – 23 Mars 1813: Son Altesse royale la Duchesse douairière de Brunswick-Lüneburg

ArmoiriesModifier

L'usage des armoiries du royaume fut octroyé à Augusta-Charlotte, différenciées en ajoutant cinq points d'argent formant une croix[12].

AscendanceModifier

DescendanceModifier

Le couple a eu 7 enfants :

Nom Date de naissance Date de décès Notes
Augusta de Brunswick-Wolfenbüttel 3 décembre 1764 27 septembre 1788 mariée en 1780 à Frédéric Ier de Wurtemberg ; a eu une descendance
Charles-Georges-Auguste de Brunswick-Wolfenbüttel 8 février 1766 20 septembre 1806 marié en 1790 à Frederica Louise Wilhelmina d'Orange ; pas de descendance
Caroline de Brunswick 17 mai 1768 7 août 1821 mariée en 1795 à George IV; a eu une descendance
Georg Wilhelm Christian 27 juin 1769 16 septembre 1811 malvoyant et handicapé mental; exclu de la succession
August 18 août 1770 18 décembre 1822 malvoyant et handicapé mental; exclu de la succession
Frédéric-Guillaume 9 octobre 1771 16 juin 1815 marié en 1802 à Marie de Bade ; a eu une descendance
Amélie Caroline Dorothée Louise 22 novembre 1772 2 avril 1773

BibliographieModifier

  • Beckett, William A.: Universal Biography. London: Isaac, 1836.
  • Kwan, Elisabeth E.; Röhrig, Anna E.: Frauen vom Hof der Welfen. Göttingen: MatrixMedia 2006, (ISBN 3-932313-17-8), p. 115−126.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « Our cousin, the Duke, arrived immediately the next morning. As a noted military man he has won many victories, he is witty, literal and a pleasant acquaintance, but ceremonial beyond description. He is said to be quite strict, but a good father of the nation who attends to the needs of his people. After he left us, I visited the Dowager Duchess, the aunt of my consort. She is an agreeable, highly educated and well respected lady, but by now so old that she has almost lost her memory. From her I continued to the Duchess, sister to the King of England and a typical English woman. She looked very simple, like a vicar's wife, has I am sure many admirable qualities and are very respectable, but completely lacks manners. She makes the strangest questions without considering how difficult and unpleasant they can be. Both the Hereditary Princess as well as Princess Augusta — sister of the sovereign Duke — came to her while I was there. The former is delightful, mild, lovable, witty and clever, not a beauty but still very pretty. In addition, she is said to be admirably kind to her boring consort. The Princess Augusta is full of wit and energy and very amusing. [...] The Duchess and the Princesses followed me to Richmond, the country villa of the Duchess a bit outside of town. It was small and pretty with a beautiful little park, all in an English style. As she had the residence constructed herself, it amuses her to show it to others. [...] The sons of the Ducal couple are somewhat peculiar. The Hereditary Prince, chubby and fat, almost blind, strange and odd — if not to say an imbecile — attempts to imitate his father but only makes himself artificial and unpleasant. He talks continually, does not know what he says and is in all aspects unbearable. He is accommodating but a poor thing, loves his consort to the point of worship and is completely governed by her. The other son, Prince Georg, is the most ridiculous person imaginable, and so silly that he can never be left alone but is always accompanied by a courtier. The third son is also described as an original. I never saw him, as he served with his regiment. The fourth one is the only normal one, but also torments his parents by his immoral behavior »

RéférencesModifier

  1. Yvonne's Royalty Home Page: Royal Christenings
  2. a b c d e f g h i et j Fraser, Flora: The Unruly Queen: The Life of Queen Caroline
  3. Finch, Barbara Clay: Lives of the princesses of Wales. Part III. p. 46
  4. Finch, Barbara Clay: Lives of the princesses of Wales. Part III. p. 47
  5. Fitzgerald, Percy: The Good Queen Charlotte p. 58
  6. Fitzgerald, Percy: The Good Queen Charlotte
  7. a et b Fitzgerald, Percy: The Good Queen Charlotte p. 85
  8. (en) Hedvig Elisabeth Charlotta (trad. Cecilia af Klercker), Hedvig Elisabeth Charlottas dagbok, vol. VI 1797-1799, Stockholm, Cecilia af Klercker, , 219–220 p. (OCLC 14111333, lire en ligne) (search for all versions on WorldCat)
  9. a et b Hedvig Elisabeth Charlottas (trad. du suédois par Cecilia af Klercker), Hedvig Elisabeth Charlottas dagbok [« Le journal de Hedwige-Élisabeth-Charlotte »], vol. VII 1800-1806, Stockholm, Cecilia af Klercker, (OCLC 14111333, lire en ligne), p. 471 (toutes les versions sur WorldCat)
  10. Hedvig Elisabeth Charlottas (trad. du suédois par Cecilia af Klercker), Hedvig Elisabeth Charlottas dagbok [« Le journal de Hedwige-Élisabeth-Charlotte »], vol. VII 1800-1806, Stockholm, Cecilia af Klercker, (OCLC 14111333, lire en ligne), p. 458 (toutes les versions sur WorldCat)
  11. The London Gazette, 17 janvier 1764
  12. Marks of Cadency in the British Royal Family