4e régiment de zouaves

ancien régiment d'infanterie français

Le 4e régiment de zouaves (4e RZ) est un régiment d'infanterie français de l'armée d'Afrique, ayant existé entre 1854 et 1962.

4e régiment de zouaves
Image illustrative de l’article 4e régiment de zouaves
Image illustrative de l’article 4e régiment de zouaves
Insignes régimentaires du 4e Zouaves

Création 1854
Dissolution 1962
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Régiment de Zouaves
Rôle Infanterie
Garnison Alger et Aumale
Tunis 1919
Le Kef et Bizerte 1940
Ouala des Beni AhMechta Bichara,Hodna (Algérie)
Ancienne dénomination Régiment de zouaves de la Garde impériale
Devise Être Zouave est un honneur le rester est un devoir
Inscriptions
sur l’emblème
Sébastopol 1854
Magenta 1859
Solférino 1859
La Marne- L’Yser 1914
Verdun 1916
La Malmaison 1917
Noyon-Sur-l’Oise 1918
Soissonnais 1918
Royan 1945
Guerres Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Guerre d’Algérie
Fourragères aux couleurs du ruban de la Médaille militaire et du ruban de la Légion d'honneur
Décorations Légion d'honneur
Croix de Guerre 1914-1918
sept palmes
Croix de guerre 1939-1945
Deux palmes
Médaille d'or de Milan

Il est l'un des régiments les plus décorés de l'armée française. Il se distingue particulièrement lors de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est cité sept fois à l'ordre de l'Armée et obtient la Légion d'honneur. Puis, lors de la Seconde Guerre mondiale, il est à nouveau cité deux fois à l'ordre de l'Armée. Commandé par le colonel Granger, il s'illustre particulièrement au cours de l'« opération Vénérable », en , destinée à réduire la poche de Royan.

Création et différentes dénominations

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  •  : formation avec des détachements des trois premiers régiments de zouaves. Il se considéra comme l'héritier du régiment de zouaves de la Garde impériale, 4e régiment chronologiquement créé en
  •  : réorganisé
  •  : reconstitué
  • 1962 : dissolution

Vous, Garde aussi

Chefs de corps

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Avant la Première Guerre mondiale

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  • 1870 : colonel Fournes[1]
  • 1870-1876 : colonel Méric
  • 1876-1881 : colonel Gand
  • 1881-1884 : colonel Verrier
  • 1884-1889 : colonel Faure Biguet
  • 1889-1894 : colonel Jeannerod
  • 1894-1896 : colonel Oudard
  • 1896-1897 : colonel Maury
  • 1897- 1901: colonel Cauchemez
  • 1901-1903 : colonel Fonsart
  • 1903-1905 : colonel Henri Micheler
  • 1907 -: colonel Revertégat

Première Guerre mondiale

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  • du 2 août 1914 au 6 septembre 1914 : colonel Pichon
  • du 6 septembre 1914 au 14 juillet 1915 : chef de bataillon puis lieutenant-colonel Eychene
  • du 14 juillet 1915 au 19 août 1917 : lieutenant-colonel Richaud
  • du 27 août 1917 au 15 avril 1918 : lieutenant-colonel Besson[2].
  • du 16 avril 1918 au 25 septembre 1919 : lieutenant-colonel Duplantier
  • du 25 septembre au 31 décembre 1919 : lieutenant-colonel Garcin

Seconde Guerre mondiale

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Historique des garnisons, campagnes et batailles du 4e zouaves

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Driant alors qu'il servait au 4e Zouave, fin XIXe siècle, Musée E. Driant .

De 1870 à 1914

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Par décret du 20 novembre 1870 le 4e régiment de zouaves est renforcé par l'amalgame du quatrième bataillon 128e régiment d'infanterie de ligne.

Première Guerre mondiale

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Le 4e de marche de zouaves est constitué à quatre bataillons le 3e Commandant Ballivet, 4e Commandant Daugan, 5e Commandant Bézu et 11e Commandant Eychène[4], ce dernier dissous en . Sous le commandement du colonel Pichon, le régiment embarqua ses deux premiers bataillons à Bizerte et Tunis et trouva les deux autres en France, à Rosny-sous-Bois. Il fut affecté à la 38e division d'infanterie et au 3e corps d'armée[5].

Il reçut le baptême du feu à Charleroi le , dans la région de Tarciennes, puis battit en retraite jusqu'au , où dans le cadre de la bataille de Guise il se battit à Ribemont. Après la bataille de la Marne, le 4e zouaves reprit la marche en avant et pour battre durement à la ferme d'Hurtebise[5].

 
Le drapeau pendant la bataille d'Ypres.

On le trouve en position à proximité de Nieuport-Ville, où il mène, dans la boue, de sanglants combats pour la défense d'Ypres[5]. Le , le régiment quitte la région de Bergues-Quaedypre, et, en deux étapes, par Hondschoote et Furnes, gagne la région des Dunes. Avec quelle joie, officiers et hommes virent les premiers monticules de sable qui, à leurs yeux, après l'expérience de Pypegaele et d'Ypres, représentaient surtout des tranchées propres, exemptes de boue et d'eau où l'on pourrait enfin se coucher, dormir. Leur bonheur fut cependant de courte durée ; le secteur des Dunes était affecté au 1er régiment de Zouaves. Au 4e, à droite, fut confié la garde du Polder entre les Dunes et la route de Lombaertzyde - Nieuport - ville. La brigade de fusiliers marins de l'amiral Ronarc'h continuait la ligne vers Saint Georges et Ramscapelle. Dans la nuit du 4 au 5 , après avoir traversé Nieuport en ruines, deux bataillons du régiment, les 3e et 11e, prenaient possession de leur nouveau domaine.

2e bataille d'Ypres : le à h, 1re utilisation par les Allemands du gaz de combat[pertinence contestée].

Le régiment combat à la bataille de Lizerne au mois de .

Il prend une part glorieuse à la bataille de Verdun, livre des combats acharnés à la cote 304, à Souville, au bois de Vaux-Chapitre il reçoit sa première citation à l'ordre de l'armée. À la reprise du fort de Douaumont il reçoit sa deuxième citation à l'ordre de l'armée. Il enlève Louvemont et la ferme des Chambrettes et les conserve malgré de furieuses contre-attaques là, il reçoit sa troisième citation à l'ordre de l'armée. Il a perdu les deux tiers de son effectif dans la bataille de Verdun. Le le régiment d'élite le 4e zouaves déjà quatre fois cité à l'ordre de l'armée[5].

Il gagne sa quatrième citation et le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire en combattant autour de la ferme et du monument d'Hurtebise en avril, il reçoit sa cinquième citation pour la prise de la Malmaison[5].

 
Plaque commémorative à Hainvillers

Du 27 au , le 4e zouaves prend sa part de lutte contre l'offensive allemande à Orvillers-Sorel, Hainvillers... Il arrête l'ennemi et gagne sa 6e citation et la fourragère aux couleurs du ruban de la Légion d'honneur.

Le , le régiment libère Ourscamps.

Il perd pendant la campagne 9 351 officiers, sous-officiers et soldats.

Par décret du , son drapeau reçoit la croix de la Légion d'honneur.

Entre-deux-guerres

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  • 1919 : il rejoint ses garnisons traditionnelles de Tunis (caserne Saussier et de la Casbah), La Goulette et Le Kef (camp des oliviers).
  • 1925-1926 : le bataillon met sur pied un bataillon pour les opérations du Rif.

Seconde Guerre mondiale

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Campagnes de France 1939-1940

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À la mobilisation de 1939, la division de Tunis à laquelle appartient le 4e régiment de zouaves est dissoute et devient la 84e division d'infanterie d'Afrique. Cette division embarque fin pour venir en renfort dans la bataille de France. Début juin 1940, Maintenon et la vallée de la Voise sont tenus par le 4e régiment de zouaves (4e RZ)[6].

Sous les assauts allemands, le régiment ne compte plus que l'effectif de deux compagnies le [6]. Le 4e zouaves retarde à nouveau l’avance allemande en faisant sauter le pont de La Roche-Posay sur la Creuse, ce qui permet d’évacuer l’or entreposé dans la Banque de France de Poitiers[7]. Il reçoit une huitième palme à la Croix de Guerre de son drapeau.

Campagnes de la libération 1943-1945

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Après le débarquement allié en Afrique du Nord en et la reformation de l'armée française, les zouaves à cause de la crise des effectifs recrutent aussi des musulmans et deviennent des unités mixtes[8]. Lors de la campagne de Tunisie, le 4e zouaves est directement rattachée au 19e corps d'armée pour l'offensive de [9].

Le 4e RZ prend part à la libération de la France. Il est rattaché au détachement d’armée de l'Atlantique, grande unité commandée par le général de Larminat et chargée de la liquidation des poches de résistance allemande de la pointe de Grave, à Royan et à La Rochelle sur la côte atlantique[10].

Au cours de l'« opération Vénérable » qui se déroule du 14 au et destinée à réduire la poche de Royan, le 4e RZ prend la plus large part dans la victoire[11]. Le total des pertes de l'opération pour ces quatre journées est de 154 tués et 700 blessés. Le 4e RZ compte à lui seul 60 tués, dont 45 musulmans (principalement tunisiens), et 250 blessés. Il fait plus de 2 000 prisonniers et reçoit une neuvième palme à la Croix de Guerre de son drapeau pour ces faits d'armes[12],[13],[14],[11].

Depuis 1945

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garde d'honneur du drapeau pendant les années 1960.
 
Commando de chasse V66 du 4e régiment de zouaves durant la guerre d'Algérie entre 1960 et 1962. Il est équipé d'un fusil-mitrailleur MAC 24/29.
Le 4e zouave fait partie du corps d'armée de Constantine, zone ouest.
  • Il disparaît définitivement en 1962.

Au cours de la protection de la mise en place du pipeline, base à M'zita, puis à Oued Amizour, la base arrière étant toujours à M'sila. Le 4e zouaves est ensuite basé dans les Monts du Hodna dans les Maadids à Mechta Bichara. Il s'installe dans de grands bâtiments en préfabriqué mais garde pour les services les « Sofaco », préfabriqués légers à montage rapide qui lui avaient servi au cours de la protection du montage du pipeline. Ont été construits en dur, le mess des officiers et les douches, regroupant la CCAS et l'abri pour les trois groupes électrogènes et les batteries de la section de transmissions.

Inscriptions portées sur le drapeau du régiment

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Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[15] :

 

Décorations

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Citations militaires

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Être Zouave est un honneur le rester est un devoir

Marche du 4e Zouaves

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Comme pour tous leurs camarades des autres régiments de Zouaves, les zouzous du "4" ont pour chant de tradition : Pan Pan l'Arbi !. Notons que les zouaves d’après 1945 entonnent aussi Les Africains.

Personnalités ayant servi au 4e RZ

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Émile Driant y a servi en tant que capitaine en Tunisie à partir de 1888.

En juin 1904, Philippe Anselme (futur général) rejoint le 4e Zouave au Maroc comme chef de bataillon.

Au début de la guerre de 14, le futur général Giraud est colonel au régiment.

Pierre Teilhard de Chardin, jésuite, célèbre anthropologue et écrivain, a rejoint le régiment lors de sa mobilisation comme brancardier en 1915 dans le régiment. Il a été quatre fois cité à l'ordre de l'armée pour son dévouement et son courage et décoré de la médaille militaire, la croix de guerre (et légion d'honneur en 1921), refusant les honneurs pour être plus proche de la troupe, il restera dans le régiment comme caporal brancardier jusqu'à l'armistice de .

Notes et références

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  1. « Historique 4e regiment de zouaves », sur military-photos.com (consulté le ).
  2. Cité par le capitaine Élie de Galard-Terraube, commandant en 1918 le 6e groupe d'automitrailleuses et autos-canons (Service Historique de la Défense, GR 16 N 1601).
  3. Le colonel Pierre Granger était le gendre du général Giraud. Il avait épousé sa fille ainée, déportée en Allemagne avec ses quatre jeunes enfants et morte dans un camp d'internement en décembre 1944.
  4. Historique du 4me régiment de zouaves 1914-1918
  5. a b c d et e « Les régiments de zouaves 1914-1918 », Historama, no HS 10 « Les Africains 1830-1960 »,‎
  6. a et b « Les troupes d'Afrique dans la guerre 39-40 », Historama, no HS 10 « Les Africains 1830-1960 »,‎
  7. Jean-Henri Calmon, Occupation, Résistance et Libération dans la Vienne en 30 questions, La Crèche, Geste éditions, coll. « 30 questions », , 63 p. (ISBN 2-910919-98-6), p. 10.
  8. Anthony Clayton (trad. de l'anglais par Paul Gaujac), Histoire de l'armée française en Afrique : 1830-1962 [« France, soldiers and Africa »], Paris, A. Michel, , 550 p. (ISBN 978-2-226-06790-6, OCLC 30502545), .258
  9. « De la Tunisie à Rome, en Alsace, au Rhin et au Danube 1942-1945 », Historama, no HS 10 « Les Africains 1830-1960 »,‎
  10. Stéphane Simonnet, Claire Levasseur (cartogr.) et Guillaume Balavoine (cartogr.) (préf. Olivier Wieviorka), Atlas de la libération de la France : 6 juin 1944- 8 mai 1945 : des débarquements aux villes libérées, Paris, éd. Autrement, coll. « Atlas-Mémoire », (1re éd. 1994), 79 p. (ISBN 978-2-746-70495-4 et 2-746-70495-1, OCLC 417826733, BNF 39169074), p. 51.
  11. a et b « De nombreux combattants sont décorés, dont Larminat, Anselme, Rue, Corniglion-Molinier, Adeline et le 4e Zouaves, qui a pris la plus large part dans cette victoire et fait « plus de 2 000 prisonniers dont l'amiral commandant en en chef et tout son étatmajor », compte 60 tués et 250 blessés... », Guy Binot, Histoire de Royan et de la presqu'île d'Arvert , Le Croît vif, 1994, p.347
  12. a et b Nécropole de Rétaud
  13. a et b Militaires décédés durant le conflit (1939-1945)
  14. La Poche de Royan 1944-1945
  15. Décision no 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, no 27, 9 novembre 2007.
  16. Bulletin des lois de la République française, éd. Imprimerie royale, Paris, 1919, p. 2026

Sources et bibliographie

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  • Livre d'or du 4e régiment de zouaves, Tunis, Weber, , 22 p., lire en ligne sur Gallica.
  • Historique du 4e régiment de zouave 1914-1918, Anonyme, Imp. Française, sans date
  • Les Africains 1830-1960, Historama, hors-série no 10, 1970
  • Anthony Clayton (trad. de l'anglais par Paul Gaujac), Histoire de l'armée française en Afrique : 1830-1962 [« France, soldiers and Africa »], Paris, A. Michel, , 550 p. (ISBN 978-2-226-06790-6, OCLC 30502545)

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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