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Mobilisation française de 1939

Soldats français mobilisés sur la ligne Maginot en 1939.

La mobilisation française de 1939 est l'ensemble des opérations au début de la Seconde Guerre mondiale consistant à mettre l'armée de terre, l'armée de l'air et la marine françaises sur le pied de guerre, y compris le rappel sous les drapeaux de tous les Français mobilisables.

Déclenchée en raison de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne à partir du 1er septembre 1939, la mobilisation française a commencé dès le lendemain, la veille de la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne. Elle marque le début de la « drôle de guerre ».

Sommaire

PréparationModifier

LégislationModifier

Loi du 7 août 1913 (loi Barthou) : service de trois ans, puis 11 ans de réserve et 14 ans de territoriale[1].

Loi du 1er avril 1923 : service de 18 mois, puis deux ans et demi de réserve et 24 de territoriale.

Loi du 31 mars 1928 : service de 12 mois, puis trois ans un quart de réserve et 25 de territoriale. Renforcement de l'armée de métier (+ 100000).

Loi du 17 mars 1935 : service de deux ans, puis trois ans un quart de réserve et 24 de territoriale.

FortificationsModifier

Apport colonialModifier

DéclenchementModifier

La première mise en alerte des forces françaises a lieu de mars à avril 1936, à la suite de la remilitarisation de la Rhénanie par le gouvernement allemand. La deuxième alerte se déroule de mars à mai 1938, à cause de l'Anschluss.

Crise des SudètesModifier

La crise des Sudètes entraine une nouvelle mise en alerte en septembre 1938, suivie d'une mobilisation partielle à partir du jusqu'au 6 octobre de la même année.

Crise de DantzigModifier

À partir de la mi-août 1939 commence la crise diplomatique du corridor de Dantzig. Le 25 août, l'Allemagne décrète la mobilisation générale pour le 26. Le 1er septembre, à la suite de l'attaque allemande contre la Pologne, la mobilisation générale française est décidée, applicable à partir du 2 à minuit ; la frontière avec l'Allemagne est fermée, les habitants de la zone frontalière sont évacués (notamment Strasbourg).

Le à 17 h, la France déclare la guerre à l'Allemagne. Le ministre des Affaires étrangères français, Georges Bonnet, charge l'ambassadeur de France à Berlin, Robert Coulondre, de rencontrer le Reichsminister des Auswärtigen Joachim von Ribbentrop à midi le 3 septembre 1939 pour lui notifier l'état de guerre entre les deux pays pour 17 h le même jour[2].

DéroulementModifier

Appel sous les drapeauxModifier

Cinq millions d'hommes sont mobilisés, dont la moitié seulement est combattante : 700 000 servent de main d'œuvre à l'industrie (affectés spéciaux), 300 000 restent à l'instruction, 250 000 restent chez eux pour les besoins de l'agriculture, 650 000 sont affectés aux services et 150 000 à des postes divers[3].

Mesures préventivesModifier

Dès le 21 août, les unités de forteresse sont mises en alerte. C'est la « mesure 10 » : les casemates et ouvrages des fortifications du Nord-Est sont occupés et la moitié de l'armement est prêt à tirer (leurs servants sont en place).

Le 24 août, est ordonnée l'alerte renforcée : les réservistes frontaliers affectés aux unités de forteresse sont appelés, ce qui permet d'armer l'intégralité de l'armement. Le même jour est transmis l'ordre de mise en sûreté : c'est le tour des réservistes non-frontaliers affectés aux unités de forteresse ; toutes les positions de combat le long des frontières du Nord-Est doivent être occupées sous trois jours[4].

Concentration aux frontièresModifier

Le 27 à minuit commence l'application de la mobilisation partielle, appelée « couverture générale » : les jeunes réservistes affectés aux unités d'active sont appelés, ce qui permet de constituer 25 divisions qui doivent se concentrer le long de la frontière en six jours.

AnnexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Loi du 7 août 1913 modifiant les lois des cadres de l'infanterie, de la cavalerie, de l'artillerie et du génie, en ce qui concerne l'effectif des unités et fixant les conditions du recrutement de l'armée active et la durée du service dans l'armée active et ses réserves, Journal officiel de la République française no 213 du 8 août 1913, p. 7138–7143, sur Gallica.
  2. Pierre-Jean Rémy, Diplomates en guerre : La Seconde Guerre racontée à travers les archives du Quai d'Orsay, Paris, Jean-Claude Lattès, , 1079 p. (ISBN 978-2-7096-2895-2), p. 144-148.
  3. Sylvère Vesnier, « L'armée et les soldats de France entre septembre 1939 et juin 1940 », Service départemental de l'ONAC de Maine-et-Loire, p. 6.
  4. Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel et Jacques Sicard, Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 1, Paris, Histoire et collections, coll. « L'Encyclopédie de l'Armée française » (no 2), (ISBN 2-908182-88-2), p. 78-81.

Liens externesModifier

Articles connexesModifier