Mobilisation française de 1939

Soldats français mobilisés sur la ligne Maginot en 1939.

La mobilisation française de 1939 est l'ensemble des opérations au début de la Seconde Guerre mondiale consistant à mettre l'armée de terre, l'armée de l'air et la marine françaises sur le pied de guerre, y compris le rappel sous les drapeaux de tous les Français mobilisables.

Déclenchée en raison de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne à partir du , la mobilisation française a commencé dès le lendemain, la veille de la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne. Elle marque le début de la « drôle de guerre ».

PréparationModifier

LégislationModifier

Loi du 7 août 1913 (loi Barthou) : service de trois ans, puis 11 ans de réserve et 14 ans de territoriale[1].

Loi du  : service de 18 mois, puis deux ans et demi de réserve et 24 de territoriale.

Loi du  : service de 12 mois, puis trois ans un quart de réserve et 25 de territoriale. Renforcement de l'armée de métier (+ 100000).

Loi du  : service de deux ans, puis trois ans un quart de réserve et 24 de territoriale.

FortificationsModifier

Il existe déja des places fortes anciennes,telles Lille, Verdun, Metz, Neuf Brisach, Belfort, Besançon, Briançon pour les plus grosses et des dizaines de forts datant des annèes 1870 ; on construit une ligne plus ou moins continue de Dunkerque à Menton avec de gros vides notamment face à la Belgique. La ligne "Maginot". 40 gros ouvrages de 400 à 800 hommes profondément enterrés, à plusieurs étages, avec usine souterraine pour l'eau et l'électricité, casernes souterraines, postes de tir espacés de plusieurs kilomètres, avec tourelles à éclipse pour canons de 75 jumelés, postes d'observation, tourelles de guet, postes de mitrailleuses jumelées, le tout desservi par un petit chemin de fer à wagonnets. Fantastique; Mais aussi 70 gros ouvrages d'intervalle de 200 à 400 hommes et des centaines de casemates pour sections de 20 à 40 hommes. Sans compter des abris légers pour 2 à 4 hommes, voire individuels (plus de 2 000 !).

Chacun des ouvrages devrait être soutenu par des voisins de droite et de gauche (tir croisé) distants de 6 km.

Les effectifs y sont d'environ 30 000 hommes en propre, infanterie, artillerie de forteresse et Génie pour la maintenance. Les intervalles sont tenus par des régiments d'artillerie de position, et par les divisions d'Infanterie avec leur propre artillerie divisionnaire.

Apport colonialModifier

Il y aura en France initialement 8 Divisions provenant d'Afrique et stationnées en métropole : - 4 Divisions d'Infanterie Nord-Africaine ou DINA d'Active - 4 Divisions d'Infanterie Coloniale ou DIC d'Active (environ 58 000 h); 1re, 2e, 3e, 4e DIC (toutes de type Montagne, seule la 2e le restera au bénéfice de l'armée des Alpes à Nice, les autres seront transformées durant l'hiver 39 en type Nord-est). Les Régiments sont dits "Sénégalais" mais en fait proviennent de tout AEF, AOF, Madagascar, indochinoises, créoles (Antilles, Réunion) et une très forte proportion métropolitaine (par ex le 12e TRS entièrement blanc). les DINA seront portées ensuite à 7 (de 1 à 7) et les DIC théoriquement à 9 (environ 159 000 h), 5e, 6e, 7e mais la 8e créée en av/mai 40 à Mérignac sera "éclatée sur d'autres (notamment 7e DIC), et la 9e ne sera créée qu'en juin 40 et restera incomplète. Notons aussi la 1e Division Marocaine ou 1re DM, et théoriquement 4 divisions d'Infanterie Africaine ou DIA (ne pas confondre avec Divisions Alpines) 81e, 82e, 83e, 84e stationnées initialement en AFN mais dont je ne trouve trace que de la 82e à la IVe Armée. (AFN où il reste encore les 85e, 86e, 87e, 88e Divisions formées avec algériens et tunisiens et 180e, 181e, 182e avec Sénégalais-unités médiocres, de maintien de l'ordre). la technique consistant à faire monter en Métropole et au Levant les Unités plutôt blanches d'AFN pour les remplacer par des unités noires du coeur de l'Afrique. Plus les unités dispersées dans l'Artillerie et les Services, et 20 000 travailleurs pour l'Intérieur.

DéclenchementModifier

La première mise en alerte des forces françaises a lieu de mars à , à la suite de la remilitarisation de la Rhénanie par le gouvernement allemand. La deuxième alerte se déroule de mars à mai 1938, à cause de l'Anschluss.

Crise des SudètesModifier

La crise des Sudètes entraine une nouvelle mise en alerte en , suivie d'une mobilisation partielle à partir du jusqu'au 6 octobre de la même année.

Crise de DantzigModifier

À partir de la mi- commence la crise diplomatique du corridor de Dantzig. Le , l'Allemagne décrète la mobilisation générale pour le 26. Le 1er septembre, à la suite de l'attaque allemande contre la Pologne, la mobilisation générale française est décidée, applicable à partir du 2 à minuit ; la frontière avec l'Allemagne est fermée, les habitants de la zone frontalière sont évacués (notamment Strasbourg).

Le à 17 h, la France déclare la guerre à l'Allemagne. Le ministre français des Affaires étrangères, Georges Bonnet, charge l'ambassadeur de France à Berlin, Robert Coulondre, de rencontrer le Reichsminister des Auswärtigen Joachim von Ribbentrop à midi le pour lui notifier l'état de guerre entre les deux pays pour 17 h le même jour[2].

DéroulementModifier

Appel sous les drapeauxModifier

Cinq millions d'hommes sont mobilisés, dont la moitié seulement est combattante : 2 274 000 h aux Armées, 2 224 000 h à l'Intérieur, dont 700 000 servent de main d'œuvre à l'industrie (affectés spéciaux), 300 000 restent à l'instruction, 250 000 restent chez eux pour les besoins de l'agriculture, 650 000 sont affectés aux services et 150 000 à des postes divers[3]. La mobilisation se passera sans heurts; les hommes sont plutôt résignés ; il n'y aura que 3 700 réfractaires.[réf. nécessaire]

Mesures préventivesModifier

Dès le , les unités de forteresse sont mises en alerte. C'est la « mesure 10 » : les casemates et ouvrages des fortifications du Nord-Est sont occupés et la moitié de l'armement est prêt à tirer (leurs servants sont en place).

Le , est ordonnée l'alerte renforcée : les réservistes frontaliers affectés aux unités de forteresse sont appelés, ce qui permet d'armer l'intégralité de l'armement. Le même jour est transmis l'ordre de mise en sûreté : c'est le tour des réservistes non-frontaliers affectés aux unités de forteresse ; toutes les positions de combat le long des frontières du Nord-Est doivent être occupées sous trois jours[4].

Concentration aux frontièresModifier

Le 27 à minuit commence l'application de la mobilisation partielle, appelée « couverture générale » : les jeunes réservistes affectés aux unités d'active sont appelés, ce qui permet de constituer 25 divisions qui doivent se concentrer le long de la frontière en six jours.

AnnexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Loi du 7 août 1913 modifiant les lois des cadres de l'infanterie, de la cavalerie, de l'artillerie et du génie, en ce qui concerne l'effectif des unités et fixant les conditions du recrutement de l'armée active et la durée du service dans l'armée active et ses réserves, Journal officiel de la République française no 213 du 8 août 1913, p. 7138–7143, sur Gallica.
  2. Pierre-Jean Rémy, Diplomates en guerre : La Seconde Guerre racontée à travers les archives du Quai d'Orsay, Paris, Jean-Claude Lattès, , 1079 p. (ISBN 978-2-7096-2895-2), p. 144-148.
  3. Sylvère Vesnier, « L'armée et les soldats de France entre septembre 1939 et juin 1940 », Service départemental de l'ONAC de Maine-et-Loire, p. 6.
  4. Jean-Yves Mary, Alain Hohnadel et Jacques Sicard, Hommes et ouvrages de la ligne Maginot, t. 1, Paris, Histoire et collections, coll. « L'Encyclopédie de l'Armée française » (no 2), (ISBN 2-908182-88-2), p. 78-81.

Liens externesModifier

Articles connexesModifier