38e corps de réserve (Empire allemand)

Le 38e corps de réserve est une grande unité (corps d'armée) de l'armée impériale allemande qui a combattu pendant la Première Guerre mondiale. Créé en , il est connu à partir d'avril 1915 sous le nom de Beskidenkorps (corps des Beskides). Il fait la plus grande partie de la guerre sur le front de l'Est avant d'être transféré en sur le front de l'Ouest où il reprend sa première appellation.

HistoriqueModifier

Front de l'EstModifier

1914-1915Modifier

 
Officier allemand faisant une démonstration de fusées éclairantes à Suwałki, 1914-1918.
 
Château de Rytro dans le Beskid Sądecki (en), 2009.
 
Train de prisonniers russes dans les Carpates, 1915.
 
Photographie aérienne de Slonim, 1915-1918.
 
Convoi hippomobile de l'armée allemande à Slonim, 1916.
 
Monastère détruit à Kobryn, v.1915-1918.
 
Deux autos blindées russes capturées à Zolotchiv, v.1917.
 
Position allemande dans l'Argonne, v. 1917-1918.

Le 38e corps de réserve est créé en et envoyé en opérations à partir de , sous le commandement de Georg von der Marwitz. Il est rattaché à la 10e armée en Prusse-Orientale. Il comprend alors les unités suivantes :

  • 75e division de réserve (Max von Seydewitz)
    • 75e brigade d’infanterie de réserve
    • 75e brigade d'artillerie de campagne de réserve
    • 75e détachement de cavalerie de réserve
    • 75e compagnie de pionniers de réserve
  • 76e division de réserve (de) (Hugo Elstermann von Elster)
    • 76e brigade d’infanterie de réserve
    • 76e brigade d'artillerie de campagne de réserve
    • 76e détachement de cavalerie de réserve
    • 76e compagnie de pionniers de réserve
  • 2e, 3e et 4e escadrons mobiles du 1er corps d'armée
  • 38e bataillon d'artillerie à pied

Sa composition est modifiée plusieurs fois par la suite.

Il participe à la seconde bataille des lacs de Mazurie ( - ) où il perce les lignes russes à Suwałki et contribue à encerclement d'un corps de la 10e armée russe. Jusqu'à la fin de mars, il livre des combats de position sur la rivière Biebrza.

Le , il est détaché de la 10e armée et envoyé dans le massif des Beskides, en Galicie, pour soutenir l'armée austro-hongroise. Il reçoit alors le nom de corps des Beskides (Beskidenkorps). Il est constitué de deux nouvelles divisions :

Le Beskidenkorps est envoyé pour secourir le Xe corps austro-hongrois menacé d'effondrement par l'offensive de l'armée russe qui s'était emparé de Medzilaborce (en Slovaquie actuelle). Son commandant,Hugo Meixner von Zweienstamm (hr), avait vainement demandé à l'état-major austro-hongrois la permission de battre en retraite : le chef d'état-major Franz Conrad von Hötzendorf avait répondu en le démettant de ses fonctions et en confiant le commandement à son ancien adjoint, Joseph Krautwald von Annau (de). Svetozar Borojević von Bojna, chef de la 3e armée austro-hongroise, accepte de placer ce qui reste du Xe corps sous les ordres de Marwitz. Le corps allemand arrive en ligne le , jour du Dimanche de Pâques, juste à temps pour empêcher la débâcle de la 34e division qui s'accroche à la crête des Beskides. La contre-attaque du Beskidenkorps ramène les Russes à leur ligne de départ[1].

Le corps allemand, maintenu en un bloc unique, vient s'intercaler entre la 3e armée austro-hongroise (Svetozar Borojević von Bojna) et la 2e armée austro-hongroise (Eduard von Böhm-Ermolli) dans le secteur de Medzilaborce, le long du chemin de fer de Michaľany à Zagórz. Il mène une attaque locale vers Lesko, contribuant à faciliter la percée de la 11e armée allemande vers Sanok.

Le , avec la 11e division bavaroise, il participe à une opération dans le massif du Beskid Sądecki (en) pour dégager le XVIIe corps austro-hongrois (Karl Křitek).

Au début de juillet, le corps est rattaché au groupe d'armées von Mackensen, avec la 11e armée allemande et la 4e armée austro-hongroise, et participe à l'offensive du Boug (de) qui permet, en juillet-août, de repousser les Russes vers le Boug. Le , le Beskidenkorps, augmenté de la 4e division d'infanterie allemande, est rattaché à la nouvelle armée du Boug (général Alexander von Linsingen). Le , le commandement du Beskidenkorps est transmis à titre temporaire à Max Hofmann (de). Le corps combat autour de Chełm contre la 3e armée russe : les Allemands prennent la ville le .

Tandis que le reste de l'armée du Boug traverse la rivière à Włodawa et continue son avance vers l'est, le Beskidenkorps, aux côtés du VIe corps austro-hongrois (Arthur Arz von Straußenburg) et du 22e corps de réserve allemand (Eugen von Falkenhayn (de)), prend part au siège de Brest-Litovsk. La forteresse est prise le . Le Beskidenkorps continue la poursuite de l'ennemi vers les marais du Pripiat, aux côtés du 24e corps de réserve allemand (Friedrich von Gerok), et s'empare de Kobryn le .

Le Beskidenkorps est ensuite rattaché à l'Armeegruppe du général Remus von Woyrsch. Il combat autour de Slonim. Le , Max Hofmann est titularisé comme chef de corps et prend pour chef d'état-major le lieutenant-colonel von Lettow-Vorbeck.

1916-1917Modifier

Pendant l'année 1916, le Beskidenkorps livre une guerre de position entre le cours supérieur de la Chtchara et le Servetch (ru). En , il comprend les unités suivantes :

En , lors de l'offensive russe de Baranavitchy (de), il fait face à la 3e armée russe (Leonid Lech (en)) qui tente de déborder les positions de l'Armeeabteilung Woyrsch. Le , Manfred von Richthofen est nommé chef de corps par intérim.

En , le prince Léopold de Bavière, commandant en chef du front de l'Est, ordonne de renforcer le secteur de Galicie pour faire face à l'offensive Kerenski. Le 51e corps allemand est envoyé en soutien de la 3e armée austro-hongroise (Karl Křitek), en difficulté face à la 11e armée russe. Le Beskidenkorps est déplacé vers le saillant de Zolotchiv et rattaché au groupe d'assaut Winckler dépendant de l'armée du Sud (Felix von Bothmer) pour prendre part à part à l'offensive de Ternopil (de), destinée à briser les dernières forces de l'armée russe. Le Beskidenkorps comprend les unités suivantes :

L'armée russe en débâcle est repoussée jusqu'à l'ancienne frontière. Du au , le corps fait face à une dernière contre-offensive russe autour de Houssiatyn avant de s'établir dans une guerre de position entre le Zbroutch et le Siret.

Front de l'OuestModifier

1917-1918Modifier

Au milieu d'octobre, le commandement du Beskidenkorps est transféré sur le front de l'Ouest, en Lorraine, entre la Meuse et la Moselle. Reconstitué avec de nouvelles unités, il prend le nom de groupe Gorze. Il est rattaché à l'Armeeabteilung C (de) (Georg Fuchs (de)), à l'aile gauche du groupe d'armées commandé par le Kronprinz.

Le , le général Max Hofmann reprend le commandement du corps. Le , celui-ci retrouve son ancien nom de 38e corps de réserve. Il est alors rattaché à la 18e armée (Oskar von Hutier).

Le , le corps participe à l'offensive du Matz en direction de Noyon. Il s'empare des collines de Ribécourt et résiste à une contre-attaque française, ce qui vaut au général Hofmann, le , la croix Pour le Mérite avec feuilles de chêne. Le corps comprend alors les unités suivantes :

Le , Max Hofmann doit se retirer pour raisons de santé. Il remet le commandement par intérim à Arthur von Lüttwitz (de). Au début d'août, le corps est en position entre l'Oise et l'Aisne. Il comprend les unités suivantes :

Arthur von Lüttwitz est titularisé le , au début de l'offensive alliée des Cent-Jours qui oblige les Allemands à se replier vers la Meuse. Le corps s'efforce de tenir ses positions lors de l'offensive Meuse-Argonne et combat jusqu'à la fin de la guerre.

Chefs de corpsModifier

Grade Nom Date
General der Kavallerie Georg von der Marwitz -
Generalleutnant Max Hofmann (de) (par intérim) -
Generalleutnant Max Hofmann (titulaire) -
General der Kavallerie Manfred von Richthofen (par intérim) -
General der Infanterie Max Hofmann -
Generalleutnant Arthur von Lüttwitz (de) (par intérim) -
Generalleutnant Arthur von Lüttwitz (titulaire) -

Notes et référencesModifier

  1. (en) Prit Buttar, Germany Ascendant : the Eastern Front 1915, Londres, Bloomsbury Publishing Plc, , 464 p. (ISBN 978-1-4728-1937-6), p. 151-152
  2. (en) Prit Buttar, The splintered empires : the Eastern Front 1917-21, Oxford, UK, Osprey Publishing, , 480 p. (ISBN 978-1-4728-1985-7), p. 180

Sources et bibliographieModifier