12e division SS Hitlerjugend

Division blindée de la Waffen-SS des jeunesses hitlérienne

12e division SS « Hitlerjugend »
Appellation allemande :
12. SS-Panzer-Division « Hitlerjugend »
Image illustrative de l’article 12e division SS Hitlerjugend
Emblème de la division.

Création
Dissolution 8 mai 1945
Pays Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Branche Flag of the Schutzstaffel.svg Waffen-SS
Type Division SS
Rôle Guerre blindée
Fait partie de 1er SS-Panzerkorps
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Bataille de Normandie
Opération Wacht am Rhein
Opération Frühlingserwachen
Commandant historique Fritz Witt (1943-1944)
Kurt Meyer (1944)
Hubert Meyer (1944)

La 12e division SS « Hitlerjugend » ou la division « Hitlerjugend » (appellation allemande complète : la 12. SS-Panzer-Division « Hitlerjugend » ; soit en français : la « 12e division blindée SS « Hitlerjugend ») est l'une des 38 divisions de la Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale. Elle fut engagée sur les fronts de l'Est et de l'Ouest. La plupart de ses membres étaient issus des Jeunesses hitlériennes (la Hitlerjugend) et étaient de la classe 1926.

HistoriqueModifier

CréationModifier

Au mois de janvier 1943, le SS-Gruppenführer Gottlob Berger propose au Reichsführer-SS Heinrich Himmler de constituer une division SS composée de membres des Jeunesses hitlériennes. Celui-ci approuve de manière enthousiaste et, dès le , un décret est émis pour l'incorporation des jeunes de la classe 1926 afin de constituer la division SS « Hitlerjugend ». Au poste de commandant de la division, Himmler désigne le SS-Oberführer Fritz Witt issu de la « Leibstandarte SS Adolf Hitler » (LSSAH), unité aguerrie au combat qui fournit également d'autres cadres pour la nouvelle division.

À la suite d'un concours, on adopte l'emblème de la division suivant : la rune Sōwilō[a] (emblème de la Hitlerjugend ; cette rune lorsqu'elle est doublée devient l'emblème de la SS :  ) associée à la clé de la LSSAH (qui elle-même est une référence à Sepp Dietrich, son premier commandant, car le mot allemand Dietrich signifie « passe-partout »).

 
Le Generalfeldmarschall von Rundstedt inspectant la division à la frontière franco-belge (-).

L'unité est créée le [1] comme SS-Panzergrenadier-Division pour être la jumelle de la SS-Panzergrenadier-Division LSSAH dans le 1er SS-Panzerkorps[2]. Jusqu'au , plus de 16 000 membres des Jeunesses hitlériennes sont appelés dans ses rangs, et reçoivent durant six semaines une formation militaire de base. Pendant leur formation au camp de Beverlo à Bourg-Léopold dans le secteur d'Anvers en Belgique, il est décidé de transformer la division, initialement prévue pour devenir une division de Panzergrenadiers, en une division blindée (Panzerdivision).

À la suite de la numérotation des unités de la Waffen-SS au , l'unité reçoit le numéro « 12 » et les deux régiments de Panzergrenadiers les numéros 25 et 26. En , la division est prête pour le baptême de feu. En , elle est transférée à Caen, en Normandie, où elle est placée au sein du Panzergruppe West.

Durant son transfert, quatre-vingt-six civils âgés de 15 à 85 ans, et sans aucun lien avec la Résistance, sont massacrés à Ascq par des membres de la division, sous le commandement de l'Obersturmführer Walter Hauck, en représailles à une attaque de train dans la nuit du 1er au , qui n'avait néanmoins fait aucune victime[3].

Engagements en NormandieModifier

 
Un membre de la division Hitlerjugend en Normandie ()

Le débute avec l'opération Overlord la libération de la Normandie par les Alliés. La division « Hitlerjugend » est alors, avec la 21e Panzerdivision, l'unité de réserve blindée stationnée le plus près des plages du débarquement. Mais à la suite des bombardements aériens intensifs dans cette zone, elle ne peut engager le combat que vers 22 h près d'Évrecy.

Le 7 juin, la 21e Panzerdivision et la « Hitlerjugend » lancent une contre-offensive qui barre aux Britanniques et aux Canadiens la route de Caen[4]. La Hitlerjugend bloque ensuite l'offensive britannique vers Cuverville et Démouville[5]. Le 8 juin, le 26e régiment de Panzergrenadiers SS, sous le commandement du SS-Obersturmbannführer Wilhelm Mohnke, atteint sa position à l'ouest de la troupe de Kurt Meyer. Le régiment fonce en direction de Norrey-en-Bessin et occupe ce village d'importance stratégique. Dans le même temps, des éléments de la division sous le commandement de Kurt Meyer massacrent des prisonniers de guerre canadiens à l'abbaye d'Ardenne[6].

Le , la Royal Navy ouvre le feu sur le PC de la division, situé à Venoix, et son commandant Fritz Witt est tué. Il est alors remplacé par Kurt Meyer qui, à l'âge de 33 ans, devient le plus jeune commandant d'une division de la Seconde Guerre mondiale.

Au cours du mois de juin, 178 prisonniers et des dizaines de civils sont assassinés par des membres de la division « Hitlerjugend », qui « brille par sa barbarie »[7]. Meyer va être condamné pour crimes de guerre par la suite car il a ordonné à ses unités de « ne pas faire de prisonniers ». La division se trouve ensuite engagée lors de l'opération Epsom.
Durant les trois premières semaines de la bataille, la division détruit 23 blindés alliés en combat rapproché.

La division reçoit ensuite l'ordre de reprendre Caen dans les quatre semaines suivantes, alors qu'elle a des effectifs moindres que l'ennemi et qu'elle ne peut compter sur aucun soutien aérien. Durant la première semaine de juillet, la division subit des pertes importantes, lors des opérations Windsor et Charnwood, et Meyer ignore les ordres qui étaient de tenir une ligne au nord de Caen. Une partie de la division part en direction de Saint-Lô qu'elle a l'ordre de défendre, puis elle se replie en direction du sud et se retrouve emprisonnée dans la poche de Falaise.

Le , la patrouille blindée de l‘Obersturmführer Walter Hauck est anéantie lors de combats dans la plaine de Caen[8]. Hauck est capturé mais parvient à s'échapper[8].

Durant la bataille de Normandie, les pertes de la division Hitlerjugend atteignent 31 % de son effectif, soit 8 000 hommes. Si ce taux est important, parmi les 36 divisions de la Heer (armée de terre), de la Luftwaffe (armée de l'air) et de la Waffen-SS engagées sur ce front, 14 divisions, dont aucune n'appartient à la Waffen-SS, ont des taux de pertes dépassant les 50 % de leur effectif, voire les 100 % pour la 709e division d'infanterie[9].

La retraiteModifier

Dans la nuit du 1er au , alors que la « Hitlerjugend » repasse dans le Nord, un de ses camions bascule dans la rivière Thon à Étréaupont[10]. Ce camion rempli d'archives contient tous les rapports des gradés responsables du massacre d'Ascq[10], qui vont pouvoir servir au procès qui se tiendra après-guerre.

Durant les semaines qui suivent, les restes de la division reculent jusqu'à la frontière franco-belge. Kurt Meyer est fait prisonnier par des résistants belges le . En , le SS-Obersturmbannführer Hubert Meyer est nommé à la tête de la division, et poursuit sa remise en état dans l'Eifel en lien avec la 7e armée.

En novembre, la division est transférée à Nienburg où elle est reconstituée. Meyer est remplacé par le SS-Obersturmbannführer Hugo Kraas. Sous son commandement, la division est intégrée à la 6e armée blindée, commandée par le SS-Oberst-Gruppenführer Sepp Dietrich, au sein de laquelle elle participe à la bataille des Ardennes.

L'opération Wacht am Rhein, qui débute le , est rapidement stoppée par la solide résistance des troupes américaines. Malgré de nombreuses tentatives, les Allemands ne parviennent pas à percer en profondeur leurs lignes de défense. La division participe alors au siège de Bastogne jusqu'au , mais elle est, comme les autres unités allemandes, refoulée sur sa position de départ.

Hongrie et AutricheModifier

Le , la 6e armée blindée est transférée en Hongrie afin de reprendre Budapest où 45 000 hommes du IXe corps de montagne de la Waffen-SS sont encerclés.

La division atteint la ville au mois de février, quelques jours seulement avant que celle-ci ne soit prise par les Soviétiques. La division continue de combattre près de la ville de Gran située sur le Danube.

Elle doit ensuite participer à l'opération qui consiste à reprendre les champs de pétrole du lac Balaton (opération Frühlingserwachen). Hitler était soucieux de tenir cette action secrète et il ordonna de ce fait de ne pas effectuer de reconnaissance sur le champ de bataille avant l'attaque[réf. nécessaire]. Après quelques succès initiaux, l'opération est arrêtée à la suite de la contre-offensive soviétique.

La division bat ensuite en retraite jusqu'à Vienne qu'elle atteint à la mi-mars. En , elle est capturée en Autriche par les Américains.

Crimes de guerreModifier

  • Massacre d'Ascq (France).
  • Exécution de prisonniers de guerre canadiens les 7 et en France.
  • Massacre de civils, pillages et incendies à Anhée (Belgique) le [11].

CompositionModifier

  • SS-Panzer-Grenadier-Regiment 25
  • SS-Panzer-Grenadier-Regiment 26
  • SS-Panzer-Regiment 12
  • SS-Panzer-Artillerie-Regiment 12
  • SS-Kradschützen-Regiment 12
    • SS-Flak-Artillerie-Abteilung 12
    • SS-Nebelwerfer-Abteilung 12
    • SS-Panzer-Aufklärungs-Abteilung 12
    • SS-Panzerjäger-Abteilung 12
    • SS-Panzer-Pionier-Bataillon 12
    • SS-Panzer-Nachrichten-Abteilung 12
    • SS-Versorgungseinheiten 12
    • SS-Instandsetzungstrupp 12
    • SS-Nachschubtruppen 12
    • SS-Wirtschafts-Battalion 12
    • SS-Sanitäts-Abteilung 12
      • SS-Kriegsberichter-Zug (motorisé) 12
      • SS-Feldgendarmerie-Trupp 12
      • SS-Feldpostamt (motorisé) 12

Commandants successifsModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

(de)/(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en allemand « 12. SS-Panzer-Division „Hitlerjugend“ » (voir la liste des auteurs) et en anglais « 12th SS Panzer Division Hitlerjugend » (voir la liste des auteurs).
  1. En allemand Siegrune, ou « rune de la victoire ».

RéférencesModifier

  1. Jean-Luc Leleu 2007, p. 51.
  2. Historica, 1944 Les Panzers Tome 2.
  3. Louis Jacob, "Crimes Hitleriens": ... Ascq le Vercors., Editions Mellottée, coll. « Liberation », , 128 p. (OCLC 970829039), « Les dégâts », p. 21 à 23.
  4. Olivier Wieviorka 2010, p. -.
  5. Olivier Wieviorka 2010, p. 241.
  6. Jacques Henry, Général Jean-V. Allard (préface) et Raymond Triboulet (préface), La Normandie en flammes : journal de guerre du capitaine Gérard Leroux, officier d'intelligence au régiment de la Chaudière, Condé-sur-Noireau, éditions C. Corlet, , 454 p. (ISBN 978-2-854-80078-4, OCLC 406785223).
  7. Olivier Wieviorka 2010, p. 288-289.
  8. a et b Brochure 60e anniversaire du massacre d'Ascq, dossier pédagogique, textes : Sylvain Calonne, publication de la mairie de Villeneuve-d'Ascq, 2004
  9. Jean-Luc Leleu 2007, p. 1165.
  10. a et b Louis Jacob 1946, p. 8.
  11. « La tragédie du 4 septembre 1944 à Anhée », sur residencesainte-anne2.skynetblogs.be, Résidence Sainte-Anne, (consulté le 2 décembre 2013).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Études historiquesModifier

  • Bibliographie en langue française consacrée à la 12. SS-Panzer-Division "Hitlerjugend".
  • Yves Buffetaut, La Bataille de Caen, de la cité martyre à la ville libérée, in Militaria Magazine Hors Série no 60, Histoire & Collections, .
  • Stephan Cazenave, Les unités de Flak de la 12. SS-Panzer-Division "Hitlerjugend" en Normandie 1944, in 39/45 Magazine no 293, Éditions Heimdal, .
  • Stéphane Delogu, La division Waffen-SS Hitlerjugend, de l'endoctrinement de masse aux combats en Normandie, in Ligne de Front no 10, Éditions Caraktère, .
  • Stéphane Delogu, Les jeunes "lions" de Kurt Meyer, enquête sur les massacres de prisonniers canadiens en Normandie, in Ligne de Front no 10, Éditions Caraktère, .
  • Jean-Philippe Mavournel, Le baptême du feu de la "jeune garde" d'Hitler, la 12. SS-Panzer-Division "Hitlerjugend" en Normandie, in Batailles & Blindés no 53, Éditions Caraktère, .
  • Jean-Luc Leleu, La Waffen-SS : soldats politiques en guerre, Paris, Perrin, (ISBN 978-2-262-02488-8, OCLC 521531733).
  • Olivier Wieviorka, Histoire du débarquement en Normandie des origines à la libération de Paris, 1941-1944, Paris, Éd. du Seuil, coll. « Histoire » (no 429), , 441 p. (ISBN 978-2-757-81781-0, OCLC 690258742).
  • Jean-Claude Perrigault, Le SS-Obersturmbannführer Hubert Meyer, in 39/45 Magazine no 280, Éditions Heimdal, .

Sur le massacre d'AscqModifier

  • Docteur Jean-Marie Mocq La 12e SS Hitlerjugend massacre Ascq, cité martyre (album historique), Ed. Heimdal, 1994.

Récits historiques romancésModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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