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Élections législatives roumaines de 2016

Élections législatives roumaines de 2016
329 députés et 136 sénateurs
Participation
39,78 %  −2
Conferinta de presa la sediul PSD Arad - 22.05 (3) (14279137510) (cropped).jpg PSD – Liviu Dragnea
45,48 %
Députés élus 154
Sénateurs élus 67
Alina Gorghiu - Crin Antonescu (8760663906) (cropped).jpg PNL – Alina Gorghiu
20,04 %
Députés élus 69
Sénateurs élus 30
Nicușor Dan candidatura bgiu.jpg USR – Nicușor Dan
8,87 %
Députés élus 30
Sénateurs élus 13
EPP Congress 5719 (8099356346).jpg UDMR – Hunor Kelemen
6,19 %
Députés élus 21
Sénateurs élus 9
Călin Popescu-Tăriceanu & Daniel Constantin.jpg ALDE – Călin Popescu-Tăriceanu et Daniel Constantin
5,62 %
Députés élus 20
Sénateurs élus 9
EPP Summit; Meise, Dec. 2013 (11449226465) (cropped 2).jpg PMP – Traian Băsescu
5,35 %
Députés élus 18
Sénateurs élus 8
Premier ministre
Sortant Élu
Dacian Cioloș
Indépendant
Sorin Grindeanu
PSD

Les élections législatives roumaines de 2016 se tiennent le afin d'élire la huitième législature du Parlement roumain.

Sommaire

Mode de scrutinModifier

Le mode de scrutin pour l'élection des députés et des sénateurs a été modifié en 2015. La nouvelle loi électorale, promulguée le 20 juillet 2015 par le président Klaus Iohannis, accorde un député pour 73 000 habitants et un sénateur pour 168 000 habitants[1]. Par conséquent, 308 députés et 135 sénateurs sont à élire, auxquels s'ajoutent les 18 députés représentants les minorités nationales et les quatre députés et les deux sénateurs représentants la diaspora[2]. Néanmoins en novembre 2016, le représentant de la minorité tatare voit sa candidatures rejettée par le Bureau électoral central[3].

La nouvelle loi électorale marque le retour à un scrutin proportionnel plurinominal dans le cadre des județe tant pour le Sénat que pour la Chambre des députés[4].

Les partis doivent dépasser le seuil électoral de 5 % des suffrages exprimés pour obtenir une représentation parlementaire, alors que les alliances électorales doivent atteindre 8 à 10 % de ces suffrages. Pour la première fois, les Roumains vivant à l'étranger peuvent voter par correspondance, afin d'éviter les difficultés d'organisation de vote ayant eu lieu lors de l'élection présidentielle de 2014[4].

ContexteModifier

Victor Ponta, membre du Parti social-démocrate (PSD), devient Premier ministre le . Lors des élections législatives de décembre 2012, l'Union sociale-libérale, qui regroupe le PSD, le Parti national libéral (PNL), l'Union nationale pour le progrès de la Roumanie (UNPR) et le Parti conservateur (PC), remporte une large victoire. Mais, en , le PNL quitte la coalition, ce qui met en minorité le gouvernement Ponta. Celui-ci réussit à reconstituer un gouvernement avec une coalition nommée « Union sociale-démocrate », composée du PSD, du PC, de l'UNPR et soutenue par l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR).

Les relations de Victor Ponta sont houleuses avec le président Traian Băsescu, mais également avec l'Union européenne, qui lui reproche notamment ses réformes judiciaires, qui menaceraient l'État de droit[5]. Au second tour de l'élection présidentielle de 2014, le candidat du centre-droit, Klaus Iohannis, l'emporte à la surprise générale face à Victor Ponta[6].

Le , la Direction nationale anticorruption lance une procédure pénale contre Victor Ponta, qui est notamment soupçonné de corruption, d'évasion fiscale, de complicité de blanchiment d'argent, de conflit d'intérêts. Le président Klaus Iohannis dit redouter une crise politique et appelle à la démission du Premier ministre[7]. Celui-ci refuse mais démissionne, le , de la présidence du PSD, qu'il occupait depuis 2010. Ponta démissionne finalement de son poste de Premier ministre le , après des manifestations de grande ampleur en réaction à l'incendie d'une discothèque de Bucarest[8].

L'économiste et ancien commissaire européen Dacian Cioloș lui succède et forme un gouvernement technique.

Principaux partis politiquesModifier

Partis et coalitions Présidents Sièges en 2012 Remarques
Députés Sénateurs
Parti social-démocrate (PSD) Liviu Dragnea 150 59
Parti national libéral (PNL) Alina Gorghiu
Vasile Blaga
102+52 51+22 A absorbé le PDL en 2014.
Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) Hunor Kelemen 18 9
Alliance des libéraux et démocrates (ALDE) Călin Popescu-Tăriceanu
Daniel Constantin
nouveau Fusion du PC et du PLR (scission du PNL en 2014).
Parti Roumanie unie (PRU) Bogdan Diaconu nouveau
Parti Mouvement populaire (PMP) Traian Băsescu nouveau Scission du PDL en 2013. Il absorbe l'UNPR en 2016.
Union sauvez la Roumanie (USR) Nicușor Dan nouveau

CampagneModifier

SondagesModifier

Intentions de vote en pourcentage (en vert les partis pouvant entrer au Parlement, en rouge ceux ne le pouvant pas et en gras le parti recevant le plus d'intentions de votes)
Institut Date Échantillon PNL PSD PLR UDMR PRM PMP M10 PNȚCD PPDD Autres
INSCOP 1-6 juillet 2014 1 055
29,8
43,5
5,4
3,3
7
1,2 2,8
INSCOP 30 août-4 septembre 2014 1 058
31,5
42,6
4,4
5,8
3,3
7,1
0,8 3,4
INSCOP 27 novembre-2 décembre 2014 1 076
41,7
38,8
3,3
5,1
1,2
5,6
0,6 2,3
CSOP 13-18 décembre 2014 1 044
47
34
6
3 3 2
CSOP 27 janvier-4 février 2015 1 036
49
32
6
2 3 2
INSCOP 5-10 février 2015 1 065
44,2
37,4
3,3
5
1,1 4 0,9 1,4
Avangarde 18-26 février 2015 900
40
37
5
5
4 3 3
CSOP 3-10 mars 2015 1 007
49
31
7
2 2 2
CSCI 24-28 mars 2015 1 073
39
37
6
5
2 3 2
ARP 30 mars-3 avril 2015 1 100
44
34
3
5
2,5 2,5 1 2
CSCI 20-24 avril 2015 1 090
42
39
5
4 1 3 1
Avangarde 21-29 avril 2015 950
43
40
5
4 1 2 2 1
INSCOP 23-30 avril 2015 1 085
44,7
39,1
2,2
5,2
2 2,8 1 1
Institut Date Échantillon PNL PSD-UNPR ALDE UDMR PRM PMP M10 PNȚCD PRU Autres
CIADO 20-25 juin 2015 1 050
36,6
38,6
8,8
15,8
INSCOP 9-14 juillet 2015 1 075
44,5
37,1
3
5,1
2,2 2,4 2,3 1,2 2,3
CSCI[9] 10-17 juillet 2015 1 021
41
37+2
3
5
3
5
3 1
INSCOP[10] 10-15 septembre 2015 1 085
42
35+5,1
2,6
5
1,3 2,5 2 1 1 2,5
CSICI[11] 2-4 novembre 2015 1 071
35
39+2
5
4
5
5
3 2
INSCOP[12] 21-28 mars 2016 1 068
37,2
39,2
5,3
5
1
5,1
2,2 0,4 1,2 1,6
Institut Date Échantillon PNL PSD ALDE UDMR PRM PMP M10 USR PRU Autres
Ciado[13] 1er-12 août 2016 1 357
32,3
35,76
8,2
5,1
7,6
8,1
2,9
Kantar TNS[14] 14-23 septembre 2016 1 000
25
45
7
5
4
8
3 1
Agenția de Rating Politic[15] 17-24 septembre 2016 1 170
30
38
5
5
3 4
9
5,5
Kantar TNS[16] 14-23 septembre 2016 1 000
25
45
7
5
4
10
3 1
Ciado[17] 6-30 octobre 2016 4 500
29,3
44,6
6,5
5,2
4,9
5,7
2,5 1,3
CCSB[18] 1er-7 novembre 2016 1 261
27,2
40,2
5,2
5,4
5
11
4,2 1,8
Kantar TNS[19] 11-21 novembre 2016 1 003
18
40
7
3
7
19
3 3
IRES[20] 6-7 décembre 2016 1 100
23
44
6
5
6
7
4 5

RésultatsModifier

Résultats à la Chambre des députés et au Sénat[21]
Partis et coalitions Chambre Sénat
Voix % Sièges Voix % Sièges
Parti social-démocrate 3 204 846 45,48 154 3 221 786 45,68 67
Parti national libéral 1 412 377 20,04 69 1 440 193 20,42 30
Union sauvez la Roumanie 625 154 8,87 30 629 375 8,92 13
Union démocrate magyare de Roumanie 435 969 6,19 21 440 409 6,24 9
Alliance des libéraux et démocrates 396 386 5,62 20 423 728 6,01 9
Parti Mouvement populaire 376 891 5,35 18 398 791 5,65 8
Parti Roumanie unie 196 397 2,79 0 207 977 2,95 0
Parti de la Grande Roumanie 73 264 1,04 0 83 568 1,18 0
Parti écologiste roumain 62 414 0,89 0 77 218 1,09 0
Alliance notre Roumanie 61 206 0,87 0 66 774 0,95 0
Parti socialiste roumain 24 580 0,35 0 32 808 0,47 0
Partis des minorités ethniques 94 028 1,33 17
Indépendants 76 782 1,01 0 21 395 0,30 0
Autres 7 090 0,10 0 7 944 0,11 0
Total des voix exprimées 7 047 384 100,00 329 7 052 966 100,00 136
Blancs et nuls 213 916 2,92 205 973 2,81
Total/Participation 7 323 368 39,79 7 323 368 39,79
Inscrits 18 403 944 100 18 403 944 100

ConséquencesModifier

Le , le PSD et l'ALDE signent un accord créant le « gouvernement de coalition pour le développement et la démocratie ». Les deux formations s'engagent alors à soutenir le même candidat au poste de Premier ministre et le PSD indique chercher un accord de collaboration avec l'UDMR pour renforcer sa majorité parlementaire[22]. Dès le lendemain, Liviu Dragnea est élu président de la Chambre des députés[23] tandis que Călin Popescu-Tăriceanu est réélu président du Sénat[24]. Le même jour, le PSD et l'ALDE indiquent au président Klaus Iohannis qu'ils proposent le nom de l'ancienne ministre du Développement régional Sevil Shhaideh pour exercer les fonctions de Première ministre ; elle serait alors la première femme et la première personne de confession musulmane à occuper cette responsabilité[25]. Une semaine plus tard Klaus Iohannis refuse de nommer Sevil Shhaideh déclarant avoir « bien analysé les arguments pour et contre et [avoir] décidé de ne pas accepter cette proposition »[26]. Bien que le président de la République n'aie pas justifié son refus, les liens de l'époux de Sevil Shhaideh, ressortissant syrien naturalisé roumain, avec le régime de Bachar el-Assad sont évoqués par la presse, ainsi que le fait que Sevil Shhaideh ne serait que la « femme de paille » de Liviu Dragnea[26]. Le 30 décembre, Klaus Iohannis nomme Sorin Grindeanu, seconde proposition des sociaux-démocrates, au poste de Premier ministre[27]. Le 3 janvier 2017, Liviu Dragnea annonce la composition du nouveau gouvernement, qui remporte le vote de confiance au Parlement le lendemain.

Notes et référencesModifier

  1. (ro) Paul Filimon, « Legea ALEGERILOR PARLAMENTARE pe LISTE, promulgată de Iohannis », România Liberă, 20 -7-2015.
  2. (ro) Iulia Rosca, « Presedintele Klaus Iohannis a promulgat Legea alegerilor parlamentare », HotNews.ro, .
  3. (ro) « ALDE, braţ la braţ cu tătarii, în campania electorală, vizează un scor de 15% », Observator de Constanta,‎ (lire en ligne, consulté le 15 décembre 2016).
  4. a et b (en) Mihai Pelin et Ana-Maria Popescu, « New Election Law in Romania », Radio România Internaţional,‎ (lire en ligne).
  5. « La Roumanie tancée par l'Union européenne », sur Lefigaro.fr, (consulté le 30 mai 2015).
  6. « Klaus Iohannis, héraut de l'anti-corruption, élu président de Roumanie », sur Lemonde.fr, (consulté le 30 mai 2015).
  7. « Le premier ministre roumain visé par une enquête pour corruption », sur Lemonde.fr, (consulté le 14 juillet 2015).
  8. « Le premier ministre roumain démissionne après l’incendie de la discothèque de Bucarest », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  9. (ro) « Un nou sondaj CSCI, institut care lucrează cu PSD, arată câtă încredere au românii în Iohannis. SURPRIZA de la parlamentare », sur Gandul.info, (consulté le 13 novembre 2015).
  10. (ro) « Barometrul Adevărul despre România » [PDF], .
  11. (ro) « Pe cine ar vota românii la parlamentare? - sondaj », sur Ziare.com, (consulté le 15 juin 2016).
  12. (ro) « Situația în sondaje înainte de alegeri: PNL în scădere, PSD și PMP în creștere - Someșeanul.ro », sur Someșeanul.ro, (consulté le 15 juin 2016).
  13. (ro) « CIADO, SONDAJ privind alegerile parlamentare. Surpriza momentului », sur dcnews.ro, (consulté le 19 août 2016).
  14. (en) « ROMANIA, September 2016. Kantar TNS poll », sur electograph.com, (consulté le 7 octobre 2016).
  15. (en) « ROMANIA, September 2016. Agenția de Rating Politic poll », sur electograph.com, (consulté le 7 octobre 2016).
  16. (ro) « Sondaj alegeri parlamentare 2016: PSD conduce detaşat cu 45% intenţie de vot. Partidul lui Nicuşor Dan are 10% », romaniatv.net,‎ (lire en ligne, consulté le 11 décembre 2016).
  17. (ro) « Sondaj alegeri parlamentare 2016. Cum stau partidele la intenţia de vot - HUFF », huff.ro,‎ (lire en ligne, consulté le 11 décembre 2016).
  18. (ro) « Cele mai noi CIFRE: Cum stau PARTIDELE după prima săptămână de campanie / SONDAJ », stiripesurse.ro,‎ (lire en ligne, consulté le 11 décembre 2016).
  19. (ro) « Alegeri parlamentare/ USR prezinta un sondaj in care se afla pe locul doi la nivel national, dupa PSD/ Ce arata un sondaj la comanda PNL », HotNewsRo,‎ (lire en ligne, consulté le 11 décembre 2016).
  20. (ro) « SONDAJ IRES. Cum spun alegătorii că vor vota duminică », sur www.digi24.ro, (consulté le 11 décembre 2016).
  21. (ro) « Rezultate », sur parlamentare2016.bec.ro (consulté le 15 décembre 2016).
  22. (en) Romania Insider, « Romania’s PSD and ALDE sign coalition protocol », sur romania-insider.com, (consulté le 20 décembre 2016).
  23. (en) Romania Insider, « Social-Democrat leader Liviu Dragnea voted president of Romania’s Chamber of Deputies », sur romania-insider.com, (consulté le 22 décembre 2016).
  24. (en) Romania Insider, « Former Romanian PM gets new mandate as Senate president, promises to strengthen Parliament », sur romania-insider.com, (consulté le 22 décembre 2016).
  25. (en) Romania Insider, « Romania may appoint a Muslim woman Prime Minister », sur romania-insider.com, (consulté le 22 décembre 2016).
  26. a et b « Roumanie : veto présidentiel sur le choix du premier ministre », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 5 janvier 2017).
  27. « Roumanie : le président nomme le social-démocrate Sorin Grindeanu premier ministre », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 5 janvier 2017).

Voir aussiModifier