Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir McGovern.

George McGovern
Illustration.
Fonctions
Sénateur des États-Unis
pour le Dakota du Sud

(18 ans)
Prédécesseur Joseph Bottum
Successeur James Abdnor
Représentant des États-Unis

(4 ans)
Circonscription 1er district du Dakota du Sud
Prédécesseur Harold Lovre
Successeur Ben Reifel
Biographie
Nom de naissance George Stanley McGovern
Date de naissance
Lieu de naissance Avon (Dakota du Sud, États-Unis)
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Sioux Falls (Dakota du Sud, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Eleanor Stegeberg
Enfants 5
Diplômé de Université Dakota Wesleyan
Université Northwestern
Profession Historien
Auteur

George Stanley McGovern (né le à Avon, dans le Dakota du Sud, et mort le à Sioux Falls) est un historien, auteur, et homme politique américain. Il fut membre du congrès des États-Unis, sénateur et candidat malheureux du Parti démocrate contre Richard Nixon à l'élection présidentielle américaine de 1972.

McGovern gradit à Mitchell au Dakota du Sud où il s'est fait connaitre pour ses qualités de débatteur. Il est volontaire dans l'US Army Air Forces lors de l'entrée de son pays dans la Seconde Guerre mondiale et, comme pilote d'un B-24 Liberator, il fait 35 missions au dessus de l'Europe, alors sous l'occupation de l'Allemagne nazi. Parmi ses distinctions figure la Distinguished Flying Cross pour avoir effectué un atterrissage d'urgence avec un avion endommagé. Cette action sauve la vit de l'équipage. Suite à son service militaire, il fait ses études à l'université Dakota Wesleyan puis à l'Université Northwestern. Ces études culmine avec un doctorat en histoire qui le mène à une carrière professorale. Il est élu représentant du 1er district du Dakota du Sud en 1956 et réélu deux ans plus tard. Il est défait dans une première élection sénatorial en 1958, mais mène un campagne victorieuse pour l'autre siège de l'état deux ans plus tard.

Comme sénateur, McGovern devient une figure du libéralisme contemporain. Il se fait entre autres remarqué pour son opposition à la participation américaine à la guerre du Viêt Nam. Il est brièvement candidat à la primaires démocrates de 1968 en remplacement du récemment assassiné Robert F. Kennedy. La commission McGovern-Fraser, qu'il préside avec Donald M. Fraser, change les procédures de nominations en augmentant le pouvoir des membres par apport aux dirigeants du parti en augmentant le nombre de caucus et de primaires. L'amendement McGovern-Hatfield, qu'il a proposé avec Mark Hatfield, vise à mettre fin à la guerre du Viet Nâm, mais est battu au congrès en 1970 et en 1971. En 1972, McGovern lance une candidature basée sur un support des militants du parti. Cette campagne permet à McGovern de remporté la primaire et de représenter le parti lors des élections de 1972. Cette primaire laisse cependant le parti démocrate divisé d'un point de vue idéologique. Son choix de Thomas Eagleton comme candidat à la vice-présidence lui retire également de la crédibilité. Ceci mène à la défaite du duo McGovern-Eagleton dans l'élection générale face au républicain Richard Nixon. Il est réélu sénateur en 1968 et 1974, mais est défait en 1980.

Durant son mandat, McGovern est impliqué dans l'agriculture, la nourriture, la nutrition et la faim. En tant que premier directeur de Food and Peace en 1961, il supervise la distribution de surplus américains à l'étranger et est instrumental dans la création du Programme alimentaire mondial. Entre 1968 et 1977, comme chairman du comité sénatorial sur la nutrition et les besoins humains, il publicise les problèmes liés à la malnutrition aux États-Unis dans son rapport McGovern. Entre 1998 et 2001, il est ambassadeur auprès des agences des Nations unies liés à la nutrition et l'agriculture. En 2001, le Programme alimentaire mondial le nomme comme ambassadeur global sur le sujet de la famine mondiale. Le programme international alimentaire McGovern-Dole pour l'éducation et la nutrition infantile nourrit des enfants dans une douzaine de pays depuis 2000. Ce programme permet à McGovern de remporté avec Bob Dole le Prix mondial de l'alimentation en 2008.

Sommaire

JeunesseModifier

McGovern est né à Avon au Dakota du Sud, une communauté d'environ 600 habitants[1],[2]. Son père, Joseph C. McGovern, est le pasteur de l'église méthodiste Wesleyan locale[2],[3]. Joseph, fils d'un immigré irlandais ayant des problèmes d'alcoolisme[4], grandi dans plusieurs états travaillant dans les mines de charbons. Il devient orphelin à 13 ans[5]. Joseph joue quelques années dans les ligue mineure de baseball[5],[6], mais met fin à sa carrière dû à la relation de ses coéquipiers avec l'alcool, le jeu et les femmes. Il décide alors de rentré au séminaire[4]. Quant à elle, sa mère, Frances McLean, grandit en Ontario avant de déménagé à Calgary en Alberta. Plus tard, elle déménage au Dakota du Sud à la recherche d'un emploi[4],[7],[8]. George est le second enfant de quatre du couple[4]. Son père n'attend jamais un salaire mensuel de 100$ et survit en étant payer sous la forme de patates, laitue et autres aliments[2],[9]. La famille McGovern est alors républicaine, mais n'est pas active politiquement[10],[11].

À l'âge de trois ans, la foyer McGovern déménage à Calgary où ils rejoignent la grand-mère maternelle de George qui est alors malade. Cette expérience marque la jeunesse de George McGovern, parmit les événements important ce trouve le Stampede de Calgary[7],[12]. À l'âge de six ans, il déménage de nouveau au Dakota du Sud, cette fois à Mitchell, petite ville d'environ 12 000 habitants[2]. C'est dans cette ville que McGovern commence son parcours scolaire[1]. Il est alors un étudiant moyen[9], mais timide[13]. Seul sa présence dans les cinémas, prohibé chez les méthodistes Weslayens, lui est alors reproché[9]. Son enfance est aussi marqué par le Corn Palace, élément touristique de Mitchell[13]. Il déclare plus tard qu'il y avait « une sensation d'appartenance à une place particulière et de savoir que tu en fait parti »[Note 1],[8]. Son enfance est également marquée de façon négative par le Dust Bowl et les infestation de locuste que la région connait à l'époque[14]. La famille McGovern vit à la limite de la pauvreté dans les années 1920 et 1930[15]. Cette enfance vécue dans l'insécurité financiaire est créditée pour la sympathie de McGovern pour les ouvriers et fermiers[2]. Son développement politique est influencer par le populisme, le sentiment de révolte agraire et les enseignements de John Wesley sur le combat contre la pauvreté, l'injustice et l'ignorance[16].

McGovern étudie dans son adolescence à l'école sécondaire de Mitchell[1] où il devient membre de l'équipe d'athlétisme[17]. En dixième année, son professeur d'anglais lui recommande de rejoindre l'équipe de débat, où il devient un membre actif[13]. L'entraineur de l'équipe, un professeur d'histoire, est une personne influente dans la vie de McGovern alors qu'il s'entraine pour imiter le style de débat de ce dernier[11],[18]. McGovern remporte avec cette équipe des compétitions locales et gagne une certaine renommée puisque le débat est alors une discipline populaire dans le Dakota du Sud[11],[19]. Cette période est celle d'une exploration de nouvelles idées pour McGovern. Il s'agit également du moment où il gagne une certaine confiance à s’adresser à un publique[8],[11]. Il gradue en 1940 dans le premier décile de sa classe[1],[20].

McGovern épouse Eleanor Stegeberg (1921-2007) de Woonsocket, le .

À son retour de la guerre, il reçoit un doctorat en histoire de l'université Northwestern et devient professeur à l'université Dakota Wesleyan.

Bien que ses deux parents aient été républicains, il décida de ne s'affilier à aucun parti politique jusqu'en 1948, durant les élections, lorsqu'il joignit le nouveau Parti progressiste et devint indépendant. Durant la campagne, il prit part à la première convention comme délégué et s'investit pour la campagne de l'ancien vice-président Henry Wallace. Quatre ans plus tard, en 1952, il entend le discours du gouverneur Adlai Stevenson acceptant sa nomination pour diriger les troupes du Parti démocrate pour les prochaines élections. Immédiatement, il se rend en ville pour s'inscrire comme démocrate et devient bénévole pour le candidat. Malgré la défaite de Stevenson aux élections, McGovern reste actif pour le parti. En 1956, il se présente et remporte un siège à la Chambre des représentants.

Carrière politiqueModifier

En 1960, il brigue le siège de sénateur du Dakota du Sud, mais échoue face au républicain sortant Karl Mundt avec 48 % des voix. Il devient alors directeur du programme Food for Peace mis en place par le président John Fitzgerald Kennedy.

En 1962, il retente sa chance à l'autre siège de sénateur du Dakota du Sud et est cette fois-ci élu. Le 18 mai 1963 il écrit un article dans le New York Times dans lequel il demande implicitement à toute la classe politique d'accepter la révolution cubaine qui accapare "l'énergie de nos fonctionnaires" pour donner la priorité à la lutte contre la misère en Amérique latine[21]. En septembre 1963, il pousse le président Kennedy à tenter secrètement une réconciliation avec Cuba[21]. Cette tentative sera interrompue deux mois plus tard par l'assassinat du Président, juste au moment où Fidel Castro envoyait un accord écrit à l'ouverture de pourparlers.

Très vite, il devient un opposant à la guerre du Viêt Nam, critiquant âprement la politique du président Lyndon Johnson.

Lors de la Convention démocrate de 1968, il apporte son soutien à Robert Kennedy, puis, après l'assassinat de ce dernier, au sénateur Eugene McCarthy, un pacifiste, auquel sera finalement préféré le vice-président Hubert H. Humphrey, finalement battu par Richard Nixon.

En 1972, McGovern se présente sur un programme prônant la fin de l'engagement américain au Viêt Nam et la mise en place d'un revenu minimum inconditionné (il était conseillé par James Tobin et Robert Solow). Prêtre méthodiste et sénateur d'El Paso, il soutient alors les ouvrières grévistes de Farah, qui ont entamé une grève pour obtenir le droit de se syndiquer ainsi qu'une hausse des salaires. Il renouvelle son intention de normaliser les relations avec Cuba.

Mais les difficultés dans le choix du colistier (Thomas Eagleton doit être remplacé par R. Sargent Shriver), et la campagne républicaine le dépeignant comme un gauchiste radical lui ôtent ses chances, et il est sévèrement battu par Richard Nixon. Sa défaite est une des plus larges de l'histoire des États-Unis, avec seulement 38 % des voix contre 61 % à Nixon et 17 voix sur les 538 du Collège électoral.

Après cette défaite, McGovern reste sénateur jusqu'à sa défaite en 1980 face au républicain James Abdnor.

Il se présente aux primaires démocrates de 1984, sans succès. De 1998 à 2001, il est représentant permanent des États-Unis auprès de la FAO à Rome[22].

En 2004, il soutient le candidat aux primaires démocrates Wesley Clark, qui échouera face à John Kerry. Il meurt le à l'âge de 90 ans[22].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La citation originale est : « [A] sense of belonging to a particular place and knowing your part in it »

RéférencesModifier

  1. a b c et d Moritz 1968, p. 265.
  2. a b c d et e (en) « Man in the News: George Stanley McGovern: Senatorial Price Critic », The New York Times,‎ , p. 10 (lire en ligne)
  3. (en) « Man in the News: George Stanley McGovern: Friend of Farmers », The New York Times,‎ , p. 8 (lire en ligne)
  4. a b c et d Ambrose 2001, p. 27; 29.
  5. a et b Anson 1972, p. 15–16.
  6. Knock et 2016 3.
  7. a et b (en) Kevin Sylvestor, « George McGovern interview », The Sunday Edition, CBC Radio One,‎ (lire en ligne[archive du ]).
  8. a b et c (en) Christopher Lydon, « Man in the News: George Stanley McGovern: Mild-Spoken Nominee With a Strong Will to Fight », The New York Times,‎ , p. 24 (lire en ligne)
  9. a b et c Ambrose 2001, p. 30.
  10. Miroff 2007, p. 28.
  11. a b c et d Anson 1972, p. 27–31.
  12. Anson 1972, p. 17.
  13. a b et c Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées airjourn
  14. McGovern 1974, p. 19–20.
  15. Anson 1972, p. 24–25.
  16. Mann 2001, p. 292–293.
  17. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées ambrose-31
  18. Knock 2003, p. 86.
  19. McGovern 1974, p. 52.
  20. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées anson-33
  21. a et b Manuela Semidei, Kennedy et la Révolution cubaine, Paris, Gallimard, .
  22. a et b « Mort de George McGovern, cible du Watergate », sur Le Figaro, (consulté le 27 avril 2018).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) Stephen Ambrose, The Wild Blue : The Men and Boys Who Flew the B-24s Over Germany 1944–45, Simon & Schuster, (ISBN 0-7432-0339-9).
  • (en) Robert Sam Anson, McGovern: A Biography, New York, Holt, Rinehart and Winston, .
  • (en) Tom Brokaw, The Greatest Generation, New York, Random House, .
  • (en) Bill Clinton, My Life, Vintage, (ISBN 1-4000-3003-X).
  • (en) Rhodes Cook, The Presidential Nominating Process: A Place for Us?, Lanham, Rowman & Littlefield, (ISBN 0-7425-2594-5).
  • (en) Richard Dougherty, Goodbye, Mr. Christian: A Personal Account of McGovern's Rise and Fall, Garden City, Doubleday & Company, (ISBN 0-385-01546-1).
  • (en) James N. Giglio, « The Eagleton Affair: Thomas Eagleton, George McGovern, and the 1972 Vice Presidential Nomination », Presidential Studies Quarterly, vol. 39, no 4,‎ , p. 647–676.
  • (en) Gary Hart, Right from the Start: A Chronicle of the McGovern Campaign, New York, Quadrangle, (ISBN 0-8129-0372-2).
  • (en) Thomas J. Knock, Architects of the American Century: Essays on American Foreign Policymakers and the Organizations They Have Shaped, Chicago, Imprint Publications, , 98–120 p., « Feeding the World and Thwarting the Communists: George McGovern and Food for Peace ».
  • (en) Thomas J Knock, Vietnam and the American Political Tradition: The Politics of Dissent, New York, Cambridge University Press, , 82–120 p. (ISBN 0-521-81148-1), « 'Come Home, America': The Story of George McGovern" ».
  • (en) Thomas J Knock, The Rise of a Prairie Statesman: The Life and Times of George McGovern, vol. 1, Princeton, Princeton University Press, (ISBN 0-691-14299-8).
  • (en) Jon K Lauck, « George S. Mcgovern and the Farmer: South Dakota Politics, 1953–1962 », South Dakota History, vol. 32, no 4,‎ , p. 331–353.
  • (en) Robert Mann, A Grand Delusion: America's Descent Into Vietnam, New York, Basic Books, (ISBN 0-465-04369-0).
  • (en) Richard Michael Marano, Vote Your Conscience: The Last Campaign of George McGovern, Praeger Publishers, (ISBN 0-275-97189-9).
  • (en) Eleanor McGovern, Uphill: A Personal Story, Boston, Houghton Mifflin Company, (ISBN 0-395-19414-8).
  • (en) Bruce Miroff, The Liberals' Moment: The McGovern Insurgency and the Identity Crisis of the Democratic Party, University Press of Kansas, (ISBN 0-7006-1546-6).
  • (en) Charles Moritz (éditeur), Current Biography Yearbook 1967, H. W. Wilson Company, .
  • (en) Richard Reeves, President Nixon: Alone in the White House, New York, Simon and Schuster, (ISBN 0-7432-2719-0).
  • (en) A. James Reichley, The Life of the Parties: A History of American Political Parties, Lanham, Rowman & Littlefield Publishers, (ISBN 0-7425-0888-9).
  • (en) Arthur M. Schlesinger, A Thousand Days: John F. Kennedy in the White House, Houghton Mifflin, (ISBN 0-618-21927-7).
  • (en) Hunter S. Thompson, Fear and Loathing on the Campaign Trail '72, Warner Books, (ISBN 0-446-31364-5).
  • (en) Robert P. Watson (éditeur), George McGovern: A Political Life, A Political Legacy, South Dakota State Historical Society Press, (ISBN 0-9715171-6-9).
  • (en) Stephen J. Wayne, The Road to the White House 2008: The Politics of Presidential Elections, Boston, Thomson Wadsworth, (ISBN 0-495-09632-6).
  • (en) Gordon L. Weil, The Long Shot: George McGovern Runs for President, New York, W. W. Norton & Company, (ISBN 0-393-05498-5).
  • (en) Theodore H. White, The Making of the President 1968, Antheneum Publishers, .
  • (en) Theodore H. White, The Making of the President 1972, Antheneum Publishers, (ISBN 0-689-10553-3).
  • (en) Jules Witcover, Party of the People: A History of the Democrats, New York, Random House, (ISBN 0-375-50742-6).