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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir McGovern.

George McGovern
Illustration.
Fonctions
Sénateur des États-Unis
pour le Dakota du Sud

(18 ans)
Avec Karl Mundt (1963-1973)
J. Abourezk (1973-1979)
Larry Pressler (1979-1981)
Élection 6 novembre 1962
Réélection 5 novembre 1968
5 novembre 1974
Prédécesseur Joseph H. Bottum
Successeur James Abdnor
Représentant des États-Unis

(4 ans)
Élection 6 novembre 1956
Réélection 4 novembre 1958
Circonscription 1er district du Dakota du Sud
Prédécesseur Harold Lovre
Successeur Ben Reifel
Directeur de Food for Peace

(1 an, 5 mois et 27 jours)
Président John Fitzgerald Kennedy
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Richard W. Reuter
Biographie
Nom de naissance George Stanley McGovern
Date de naissance
Lieu de naissance Avon (Dakota du Sud, États-Unis)
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Sioux Falls (Dakota du Sud, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Eleanor Stegeberg
Enfants 5
Diplômé de Université Dakota Wesleyan
Université Northwestern
Séminaire théologique Garrett
Profession Historien
Auteur

George Stanley McGovern (né le à Avon au Dakota du Sud et mort le à Sioux Falls) est un historien, auteur, et homme politique américain. Il fut membre du congrès des États-Unis, sénateur et candidat malheureux du Parti démocrate contre Richard Nixon à l'élection présidentielle américaine de 1972.

McGovern grandit à Mitchell au Dakota du Sud où il s'est fait connaitre pour ses qualités de débatteur. Il est volontaire dans l'US Army Air Forces lors de l'entrée de son pays dans la Seconde Guerre mondiale et, comme pilote d'un B-24 Liberator, il fait 35 missions au-dessus de l'Europe, alors sous l'occupation de l'Allemagne nazi. Parmi ses distinctions figure la Distinguished Flying Cross pour avoir effectué un atterrissage d'urgence avec un avion endommagé. Cette action sauve la vie de l'équipage. Après son service militaire, il fait ses études à l'université Dakota Wesleyan puis à l'Université Northwestern. Ses études culminent avec un doctorat en histoire qui le mène à une carrière professorale. Il est élu représentant du 1er district du Dakota du Sud en 1956 et réélu deux ans plus tard. Il est défait dans une première élection sénatorial en 1960, mais mène un campagne victorieuse pour l'autre siège de l'État deux ans plus tard.

Comme sénateur, McGovern devient une figure du libéralisme contemporain. Il se fait entre autres remarquer pour son opposition à la participation américaine à la guerre du Viêt Nam. Il est brièvement candidat à la primaires démocrates de 1968 en remplacement du récemment assassiné Robert Francis Kennedy. La commission McGovern-Fraser, qu'il préside avec Donald M. Fraser, change les procédures de nominations en augmentant le pouvoir des membres par rapport aux dirigeants du parti en augmentant le nombre de caucus et de primaires. L'amendement McGovern-Hatfield, qu'il a proposé avec Mark Hatfield, vise à mettre fin à la guerre du Viêt Nam, mais est battu au congrès en 1970 et en 1971. En 1972, McGovern lance une candidature basée sur le soutien des militants du parti. Cette campagne permet à McGovern de remporter la primaire et de représenter le parti lors des élections de 1972. Cette primaire laisse cependant le parti démocrate divisé d'un point de vue idéologique. Son choix de Thomas Eagleton comme candidat à la vice-présidence abîme sa crédibilité, participant à la défaite du duo George McGovern-Sargent Shriver, ce dernier remplaçant Eagleton sur le ticket, dans l'élection présidentielle face au républicain Richard Nixon. Il est réélu sénateur en 1968 et 1974, mais est défait en 1980.

Durant son mandat, McGovern est impliqué dans l'agriculture, la nourriture, la nutrition et la faim. En tant que premier directeur de Food and Peace en 1961, il supervise la distribution de surplus américains à l'étranger et est instrumental dans la création du Programme alimentaire mondial. Entre 1968 et 1977, comme chairman du comité sénatorial sur la nutrition et les besoins humains, il publicise les problèmes liés à la malnutrition aux États-Unis dans son rapport McGovern. Entre 1998 et 2001, il est ambassadeur auprès des agences des Nations unies liés à la nutrition et l'agriculture. En 2001, le Programme alimentaire mondial le nomme comme ambassadeur global sur le sujet de la famine mondiale. Le programme international alimentaire McGovern-Dole pour l'éducation et la nutrition infantile nourrit des enfants dans une douzaine de pays depuis 2000. Ce programme permet à McGovern de remporter avec Bob Dole le Prix mondial de l'alimentation en 2008.

BiographieModifier

JeunesseModifier

McGovern est né à Avon au Dakota du Sud, une communauté d'environ 600 habitants[1],[2]. Son père, Joseph C. McGovern, est le pasteur de l'église méthodiste Wesleyan locale[2],[3]. Joseph, fils d'un immigré irlandais ayant des problèmes d'alcoolisme[4], grandi dans plusieurs états travaillant dans les mines de charbons. Il devient orphelin à 13 ans[5]. Joseph joue quelques années dans les ligue mineure de baseball[5],[6], mais met fin à sa carrière dû à la relation de ses coéquipiers avec l'alcool, le jeu et les femmes. Il décide alors de rentrer au séminaire[4]. Quant à elle, sa mère, Frances McLean, grandit en Ontario avant de déménager à Calgary en Alberta. Plus tard, elle déménage au Dakota du Sud à la recherche d'un emploi[4],[7],[8]. George est le second enfant de quatre du couple[4]. Son père n'attend jamais un salaire mensuel de 100 $ et survit en étant payé sous la forme de patates, laitue et autres aliments[2],[9]. La famille McGovern est alors républicaine, mais n'est pas active politiquement[10],[11].

 
Le Corn Palace de Mitchell, lieu où McGovern a passé la majorité de son enfance.

À l'âge de trois ans, la foyer McGovern déménage à Calgary où ils rejoignent la grand-mère maternelle de George qui est alors malade. Cette expérience marque la jeunesse de George McGovern, parmi les événements important se trouve le Stampede de Calgary[7],[12]. À l'âge de six ans, il déménage de nouveau au Dakota du Sud, cette fois à Mitchell, petite ville d'environ 12 000 habitants[2]. C'est dans cette ville que McGovern commence son parcours scolaire[1]. Il est alors un étudiant moyen[9], mais timide[13]. Seul sa présence dans les cinémas, prohibée chez les méthodistes Weslayens, lui est alors reprochée[9]. Son enfance est aussi marquée par le Corn Palace, élément touristique de Mitchell[13]. Il déclare plus tard qu'il y avait « une sensation d'appartenance à une place particulière et de savoir que tu en fait partie »[Note 1],[8]. Son enfance est également marquée de façon négative par le Dust Bowl et les infestations de locuste que la région connait à l'époque[14]. La famille McGovern vit à la limite de la pauvreté dans les années 1920 et 1930[15]. Cette enfance vécue dans l'insécurité financière est créditée pour la sympathie de McGovern pour les ouvriers et fermiers[2]. Son développement politique est influencé par le populisme, le sentiment de révolte agraire et les enseignements de John Wesley sur le combat contre la pauvreté, l'injustice et l'ignorance[16].

 
Exemple des ravages causés par un Dust Bowl, catastrophe naturelle que McGovern vit dans son durant la Grande Dépression.

McGovern étudie dans son adolescence à l'école secondaire de Mitchell[1] où il devient membre de l'équipe d'athlétisme[17]. En dixième année, son professeur d'anglais lui recommande de rejoindre l'équipe de débat, où il devient un membre actif[13]. L'entraineur de l'équipe, un professeur d'histoire, est une personne influente dans la vie de McGovern alors qu'il s'entraine pour imiter le style de débat de ce dernier[11],[18]. McGovern remporte avec cette équipe des compétitions locales et gagne une certaine renommée puisque le débat est alors une discipline populaire dans le Dakota du Sud[11],[19]. Cette période est celle d'une exploration de nouvelles idées pour McGovern. Il s'agit également du moment où il gagne une certaine confiance à s’adresser à un public[8],[11]. Il gradue en 1940 dans le premier décile de sa classe[1],[20].

McGovern s'inscrit à la petite université Dakota Wesleyan basée à Mitchell[1] et y devient un étudiant en vue[21]. Pour financer ses études, il complémente ses bourses avec des emplois étudiants[20]. Pendant ce temps, la Seconde Guerre mondiale est en cours outre-atlantique et, se sentant insécure vis-à-vis son courage depuis un incident avec son enseignant d'éducation physique de septième année[17], McGovern prend des leçons de vol à bord d'un Aeronca et reçoit son permis de vol par le Civilian Pilot Training Program[13],[17]. De cette époque, McGovern déclare : « Franchement, j'étais mort de peur lors de ce premier vol solo. Cependant, quand j'en suis sorti, un grand sentiment de satisfaction m'habitait pour avoir fait voler cette chose et l'avoir fait atterrir sans lui arracher les ailes. »[Note 2],[13] En fin 1940 ou début 1941, McGovern a une aventure avec une connaissance qui mène à la naissance d'un fille durant l'année 1941. Cet événement n'a cependant pas été connu du public durant la vie de McGovern. À l'époque, des rumeurs existent dans les milieux politiques[22] et l'information est connue du FBI et l'administration Nixon, qui refuse de l'utiliser contre lui[23]. Il révèle plus tard l'information à son biographe, Thomas J. Knock, en exprimant des regrets par rapport à l'événement[22]. L'histoire devient connue en 2015 lorsque les dossiers du FBI concernant McGovern sont rendus publics[23]. En avril 1941, McGovern débute une fréquentation avec Eleanor Stegeberg, une étudiante originaire de Woonsocket[24],[25]. Leur première rencontre date d'un compétition de débat où Eleanor et sa jumelle Ila ont défait le duo dont McGovern fait partie à l'époque[8].

Alors qu'il écoutait une diffusion de l'Orchestre philharmonique de New York pour un cours d'appréciation musicale, McGovern apprend le bombardement de Pearl Harbor[26]. Le mois suivant, en janvier 1942, il prend la route avec neuf autres étudiants pour Omaha au Nebraska dans le but de s'enlister dans l'United States Army Air Forces[27]. Il est admis dans les rangs, mais l'armée ne possède pas à ce moment assez d'équipement pour entrainer tous les volontaires. Pour cette raison, McGovern retourne temporairement à Dakota Wesleyan[24]. Il se fiance alors avec Eleonor Stegeberg, mais le couple décide initialement de ne pas ce marier avant la fin de la guerre[24]. Durant sa seconde année universitaire, McGovern remporte la compétition intercollègiale à l'échelle de l'État South Dakota Peace Oratory Contest avec un discours dénommé « My Brother's Keeper ». Le National Council of Churches désigne plus tard dans l'année le texte comme l'une des douze meilleurs orations du pays pour l'année 1942[3],[28]. Cette même année, McGovern est élu président de sa cohorte. Il est voté comme Glamour Boy l'année suivante[29]. En février 1943, il remporte en duo en tournoi régional de débat à l'université d'État du Dakota du Nord qui comprenait des compétiteurs de trente-deux institutions couvrant une douzaine d'états. À son retour au campus de Mitchell, il apprend que l'armée l'a appelé aux armes[21],[29].

Service militaireModifier

Peu après, McGovern devient soldat à Fort Snelling au Minnesota[30]. Il passe un mois au Jefferson Barracks Military Post au Missouri, puis cinq mois à l'université du Sud de l'Illinois à Carbondale en Illinois pour un entrainement académique. McGovern déclare par la suite que ce travail physique et académique est le plus dur qu'il a vécu[31]. Il passe deux mois dans une base à San Antonio au Texas et par la suite a fait son entrainement de vol de base à l'aérodrome militaire de Hatbox à Muskogee en Oklahoma. Son entrainement se fait dans un Fairchild PT-19[31]. McGovern épouse Eleanor Stegeberg le durant une permission de trois jours. La cérémonie est dirigé par le père de McGovern et se tient dans une petite église méthodiste à Woonsocket[32],[33]. Après trois mois à Muskogee, McGovern est envoyé à l'aérodrome militaire de Coffeyville au Kansas pour un entrainement de trois mois sur un Vultee BT-13 Valiant[34]. Dans les environs d'avril 1944, McGovern va dans une école d'aviation avancée à l'aérodrome militaire de Pampa au Texas pour faire des entrainements sur le Cessna AT-17 Bobcat et le Curtiss-Wright AT-9 Jeep[34]. Durant son entrainement, McGovern est considéré comme un pilot talentueux, particulièrement pour sa bonne perception de la profondeur[31]. Eleanor McGovern l'accompagne durant ses déplacements and est présente quand il reçoit le grade de sous-lieutenant[34].

 
L'aérodrome militaire de Liberal, où McGovern après à conduire un appareil B-24

À la suite de sa promotion, McGovern est assigné à l'aérodrome militaire de Liberal au Kansas pour apprendre à piloter un Consolidated B-24 Liberator[34]. McGovern dit de cette période: « Apprendre à conduire un B-24 était la partie la plus difficile de l'entrainement. C'était un appareil difficile physiquement à piloter car, au début de la guerre, il n'y avait pas de contrôle hydraulique. Si vous pouvez imaginer conduire un Mack Trucks sans direction ou freins assistés, c'est à peu près comme ça que c'était la conduite. C'était le plus gros bombardier qu'on avait à l'époque. »[Note 3],[13] Eleanor est à l'époque dans la peur constante que McGovern soit impliqué dans un accident avec son appareil durant l'entrainement. Ce type d'accident étant particulièrement courant durant le conflit[35]. Sa formation est suivie par un passage à l'aérodrome militaire de Lincoln au Nebraska. C'est à cet endroit que McGovern rencontre ceux qui deviendront son équipage à bord du B-24[36]. Ses voyages à travers le pays où il rencontre des personnes issues de milieux différents permet à McGovern comme à plusieurs autres jeunes d'élargir leurs horizons[36]. Dû à des lourdes pertes lors de missions en Europe, l'USAAF accélère la formation de nouvelles recrues, dont fait partie McGovern[37]. Compte tenu des risques associés aux combats dont McGovern s'apprête à devenir participant actif, le couple décide d'avoir un enfant et Eleanor devient enceinte[38]. En juin 1944, McGovern et son équipage reçoivent leur dernier entrainement à la Mountain Home Air Force Base en Idaho[36]. Ils prennent ensuite le chemin de Camp Patrick Henry en Virginie où McGovern acquiert des livres d'histoire pour passer le temps durant son déploiement[39].

En septembre 1944, McGovern rejoint le 741e escadron du 455th Bombardment Group, membre de la 15th USAAF. Celle-ci est basé à l'aérodrome de San Giovanni près de Cerignola dans la région des Pouilles en Italie[40]. À cette endroit, McGovern et ses compagnons trouvent des troupes en déploiement en manque de vives et dans des conditions pires que ceux que McGovern côtoie durant la Grande Dépression[40],[41]. Ces conditions sont considérés comme ayant conduit McGovern a s'impliquer dans la lutte à la faim[42]. À partir du , McGovern participe à 35 missions en territoires ennemis depuis la base de San Giovanni. Ses cinq premières missions se firent avec McGovern comme copilote d'un équipage plus expérimenté. Les missions subséquentes voient McGovern piloté l'appareil qu'il baptise Dakota Queen en honneur à sa femme[43]. Ses missions se font au-dessus de l'Autriche, la Tchécoslovaquie, l'Allemagne nazi, la Hongrie, la Pologne et la République sociale italienne. Les cibles de ces missions sont souvent des raffineries de pétrole et des gares de triage dans le cadre de la campagne de bombardements stratégiques des alliés au-dessus de l'Europe. Ses missions, généralement durant autour de huit ou neuf heures, sont des tests d'endurance pour McGovern et son équipage. La menace de l'artillerie antiaérienne reste également présente malgré la faiblesse de la Luftwaffe à cette étape de la guerre[44].

Lors de la mission du au-dessus de Linz, il évite d'être blessé fatalement par un morceau de shrapnel qui a entré l'appareil à travers le pare-brise[45]. Le jour suivant, dans une autre mission survolant Brüx, il passe près d'accrocher un autre bombardier lors d'un vol en formation serrée alors que la vision est réduite par un ciel nuageux[46]. Le jour suivant, il est recommandé pour une médaille après avoir survécu à une crevaison sur son B-24 lors de son décollage, complété sa mission et atterrit sans dommage supplémentaire à l'avion[47]. Lors d'une mission le contre les usines Škoda à Pilsen en Tchécoslovaquie, l'appareil dirigé par McGovern a un moteur en panne et un autre prit des flammes. Ceci empêche un retour en Italie pour McGovern qui doit donc atterrir à Vis, où est situé une base britannique alors que l'île est sous contrôle des Partisans. L'aérodrome n'a pas les dimensions adaptées pour un B-24. Cependant, McGovern réussit l'attérissage là où d'autres ont perdu leur vie. Pour cette manœuvre, il reçoit la Distinguished Flying Cross[48],[49].

 
Un B-24 Liberator issu de la 15th USAAF faisant partie du 451th Bombardment Group, également stationné en Italie.

En janvier 1945, McGovern utilise une permission pour visiter autant que possible la ville de Rome, il réussit également à obtenir une audience avec le pape[50]. Les conditions météorologiques en hiver empêchent plusieurs missions d'avoir lieu. Lorsque cela arrive, McGovern passe son temps à lire et discuter de la guerre en cours. C'est alors qu'il décide de devenir professeur d'histoire s'il survit au conflit[51]. En février, il est promu au grade de first lieutenant[52]. Le , McGovern est victime d'un incident au-dessus de l'Autriche alors qu'il bombarde accidentellement une ferme familiale à cause à une bombe s'étant détachée de l'appareil. McGovern déclare avoir été traumatisé par l'accident[53]. Quatre décennies plus tard, après une apparition publique dans le pays, un propriétaire de ladite ferme déclare aux médias que personne ne fut blessé lors de l'explosion et qu'il considère que la destruction de la ferme en valait la peine si cela a aidé de quelque façon à la chute du régime nazi. McGovern déclare avoir été soulagé par la nouvelle[54],[55]. À son retour à la base, il lui est annoncé que sa fille Ann est née quatre jours plus tôt[53]. Le , lors de sa 35e mission, McGovern et la 15th USAAF survolent Linz, ville autrichienne bien défendue. Les débris et la fumée causés par les combats mènent McGovern à comparé cette situation à l'enfer. Le Dakota Queen est touché à plusieurs reprises durant la mission. Ceci laisse 110 trous dans le fuselage et les ailes de l'appareil. Le système hydraulique de l'avion est également rendu inutilisable. Un membre de son équipage est blessé dans les combats et son ingénieur de vol est victime de dommages psychologiques nécessitant une hospitalisation pour épuisement de guerre. L'appareil atterrit cependant sans dommage grâce à une technique d'atterrissage improvisée[49],[56].

En mai et juin, après la fin du théâtre européen, McGovern pilote des vols destinés à apporter de l'aide alimentaire dans le nord de l'Italie. Par la suite, il retourne aux États-Unis avec son équipage[57]. Il est démobilisé par l'armée en juillet 1945 avec le rang de first lieutenant[1]. Il reçoit alors la Air Medal ornée de trois feuilles de chêne[3] dont une pour son attérisage lors de sa dernière mission[58].

Retour à l'éducationModifier

Lors de retour aux États-Unis, McGovern retourne à Dakota Wesleyan avec l'aide du G.I. Bill. En juin 1946, il reçoit un baccalauréat en art de l'établissement avec la mention magna cum laude[1],[59]. Pour un certain temps, il est affecté par des cauchemars où il revit ses missions au-dessus de l'Europe. Dans ceux-ci, il traverse des barrages anti-aériens alors que son appareil est en feu[60]. Il continue à s'impliquer dans le débat, remportant à nouveau le Peace Oratory Contest de l'État avec un discours nommé « From Cave to Cave » (littéralement « De Cave en Cave ») qui présente une vision chrétienne influencé par l'idéalisme wilsonien[59]. Le couple accueille une seconde fille dans la famille, Susan, en mars 1946[59].

À cette époque, McGovern s'éloigne de la doctrine méthodiste Wesleyenne, généralement considéré plus fondamentaliste, pour une version plus standard du méthodisme[59]. Cette nouvelle orientation spirituelle est influencée entre autres par Walter Rauschenbusch et l'évangile social[8]. C'est alors que McGovern commence des études divines au séminaire théologique Garrett basé à Evanston, près de Chicago en Illinois[61]. Entre 1946 et 1947, il prêche comme ministre suppléant à l'église Diamond Lake à Mundelein. Cependant, il exprime de la frustration quant à la minutie des tâches ecclésiastiques[8],[61]. Vers la fin 1947, McGovern quitte ses fonctions religieuses pour poursuivre des études supérieures à l'université Northwestern où il devient assistant professeur[62]. Le programme de l'université en histoire est alors petit et l'un des meilleurs au pays[63]. Ceci lui permet de suivre des cours donnés par des expert de renommé tels Ray Allen Billington, Richard W. Leopold ou L. S. Stavrianos[64]. Il reçoit une maitrise en histoire de l'établissement en 1949[1],[2].

Par la suite, McGovern retourne à son alma mater, Dakota Wesleyan, et devient professeur en science politique et en histoire[1]. Graĉe à l'assistance de la communauté Hearst en 1949 et 1950, il continue des études supérieurs durant l'été et autres temps libres[1]. En juin 1949, les McGovern accueillent une troisième fille dans la famille, celle-ci nommée Teresa[65]. C'est alors qu'Eleanor commence à souffrir de dépression. Malgré cela, elle continue à assumer une large part des besoins ménagers de la famille[66]. McGovern reçoit son doctorat en histoire de Northwestern en 1953[1]. Ceci lui permet plus tard d'être seulement le second candidat à la présidentiel de l'histoire des États-Unis à posséder un doctorat. L'autre étant Woodrow Wilson[67]. Sa dissertation contient 450 pages et s'intitule The Colorado Coal Stike, 1913-1914. Il s'agit d'un reportage sympathique d'une révolte de mineur contre les intérêts des Rockefeller au Colorado durant la guerre des bassins miniers du Colorado[8],[66]. Son superviseur, Arthur S. Link, déclare par la suite que McGovern a été son meilleur étudiant en 26 ans de carrière[68]. L'approche de McGovern est influencé par Link et l'historiographie consensuelle à laquelle il est associé, mais aussi par l'historiographie progressive[63]. La majorité de ses analyses d'événements mondiaux sont influencés par sa formation d'historien ainsi que ses expériences durant la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale[69]. Pendant ce temps, McGovern devient un professeur populaire et qui ne mâche pas ses mots à Dakota Wesleyan. Les étudiants lui dédicaceront leur album de finissants en 1952[70].

Carrière politiqueModifier

DébutsModifier

Républicain de fait durant les premières années de sa vie, McGovern commence a admiré le président démocrate Franklin Delano Roosevelt durant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, il supporte quand même son adversaire républicain, Thomas Dewey, en 1944[71],[72]. À Northwestern, son introduction aux textes de John King Fairbank et Owen Lattimore le convainc que les conflits en Asie du Sud-Est sont d'origines locales et que la politique étrangère américaine vis-à-vis cette région est improductive[16]. Découragé par le début de la Guerre froide et n'ayant jamais été un partisan du président sortant Harry S. Truman, McGovern est attiré par la campagne de l'ancien vice-président Henry Wallace lors de l'élection de 1948[73],[74]. Il écrit des rubriques supportant ce dernier dans le Mitchell Daily Republic en plus d'être présent à la convention nationale progressiste de 1948 où il participe comme délégué[75]. C'est là qu'il développe une perception négative des conventions politiques et de l'atmosphère qui en échappe. Il déclare des décennies plus tard que les stratèges présents à celles-ci ont « une certaine rigidité et un fanatisme »[Note 4],[76]. Ce ne l'empêche cependant pas de rester un supporter de Wallace et du parti progressiste par la suite[72]. Puisque Wallace n'est pas inscrit sur le bulletin de vote en Illinois, où il est maintenant enregistré pour voté, McGovern ne vote pas durant cette élection[77].

Lorsque l'élection présidentielle de 1952 débute, McGovern se considère désormais comme un démocrate[78]. Le discours d'Adlai Stevenson lorsque celui-ci accepte la nomination démocrate pour la présidentielle le captive particulièrement[79]. Ceci le porte à s'impliquer dans la campagne de Stevenson, entre autres en publiant sept articles dans le Mitchell Daily Republic où il met de l'avant les divisions historiques entre démocrates et républicains[79]. C'est juste après la convention que les McGovern ont leur seul fils. Ce dernier reçoit le nom Steven en honneur du candidat démocrate[66],[80]. Fait à noter que l'admiration que McGovern porte envers Stevenson est partialement due à son antipathie face à Nixon, candidat républicain à la vice-présidence. Il déclare: « J'ai [l'ai] détesté depuis qu'il a fait son apparition dans la sphère politique nationale en brandissant une brosse rouge en 1946, mais je lui en voulais particulièrement pour ses attaques injustifiées envers Stevenson, celui qui était mon premier vrai héros politique »[Note 5],[81]. Même si Stevenson subit la défaite face au ticket républicain mené par Dwight D. Eisenhower, McGovern reste actif en politique. Ceci s'explique par sa conviction que « le moteur du progrès social aujourd'hui en Amérique est le parti démocrate »[Note 6],[71]. En 1953[80], McGovern quitte son poste à l'université[70] pour devenir secrétaire exécutif du parti démocrate du Dakota du Sud[82]. Le parti l'ayant recruté dû à ses articles qu'il publie en période électorale[79]. L'état du parti à cette époque est cataclysmique. Celui-ci ne compte aucun poste élu de façon pan-étatique et seulement deux membres de la législature sur les 110 élus[82]. Des amis et des figures politiques ont recommandé à McGovern de refuser l'offre, mais McGovern décide de prendre ce poste dû à ses ambitions politiques[83].

McGovern passe les prochaines années a revitalisé le parti en amassant des contacts à travers l'état lors de ses nombreux déplacements[8]. Ceci ce montre efficace puisque le nombre d'élus démocrates grimpe par 25 sièges après les élections de mi-mandat[84]. De 1954 à 1956, il est membre d'un groupe de conseiller en organisation politique auprès du Comité national démocrate[82]. Le dernier enfant du couple, Mary, nait en 1955[85].

Chambre des représentantsModifier

 
George McGovern à une date inconnue.

En 1956, il est candidat pour la première fois à une élection. Cette année, il se présente pour être le représentant du premier district congressionnel du Dakota du Sud. Ce district représente à l'époque les comtés à l'est de la rivière Missouri[82]. Son adversaire est le républicain Harold O. Lovre, qui a remporté quatre élections dans cette circonscription. À l'aide de la liste de contact obtenu lors de sa tenure à la tête du parti[84], McGovern peut se permettre de faire campagne sur un petit budget. Il ne dépense que 12 000 $ et n'emprunte que 5 000 $[8],[86]. Sa personnalité discrète connecte avec les voteurs. Au même moment, Lovre doit faire campagne alors que les politiques agricoles impopulaires du gouvernement Eisenhower[8],[82]. Quand les sondages indiquent une montée en support pour McGovern, Lovre débute une campagne négative en dépeignant McGovern comme un sympathisant communiste dû à son support pour l'adhésion de la république populaire de Chine à l'ONU et le support donné à Henry Wallace dans le passé[87]. En réponse, McGovern déclare lors d'un discours: « J'ai toujours détesté le communisme et d'outre autre forme de tyrannie sure l'esprit et l'âme de l'humanité. »[Note 7],[87] Le jour de l'élection, McGovern remporte une victoire surprise alors qu'il reçoit 116 516 votes contre les 105 835 de son adversaire. Ceci lui permet d'être le premier démocrate élu au Dakota du Sud à siéger au Congrès depuis 22 ans[82]. Pour ce faire, il déménage avec sa famille à Chevy Chase au Maryland, tout près de Washington[41].

Lors du 85e congrès des États-Unis, McGovern rejoint le United States House Committee on Education and Labor (Comité sur l'éducation et le travail de la Chambre des représentants des États-Unis)[82]. Comme représentant, McGovern garde une certaine attention envers son district[8]. Il soutient une hausse des prix des commodités[88]. Il soutient également des prix plus élevés pour les produits agricoles, des programmes de entreposage de grain et des contrôles sur les importations de bœufs[8]. Il favorise le développement rural, l'aide fédéral aux petites entreprises et à l'éducation et la couverture médicale pour les personnes âgées[82],[88]. En 1957, il voyage sous les frais de l'American Christian Palestine Committee pour étudier les conditions dans lesquelles ce trouve le Moyen-Orient[82]. À son retour, McGovern tisse ses premiers liens avec la famille Kennedy en supportant à la chambre la proposition de réforme du travail présenté par le sénateur John Fitzgerald Kennedy. Cette tentative de réforme échoue[82].

Lors de sa campagne de réélection en 1958, McGovern doit faire face à une recrue d'envergure de la part des républicains alors que le gouverneur de l'état et récipiendaire de la Medal of Honor Joe Foss ce présente contre lui[8]. Foss est initialement considéré comme favoris[89]. Cependant, McGovern mène une campagne basée sur ses convictions politiques où il met à profit ses compétences en débat[89],[90]. Ceci lui permet le soir de l'élection d'augmenter légèrement sa marge de victoire par apport à la précédente élection[82],[89].

Lors du 86e congrès des États-Unis, McGovern est assigné au United States House Committee on Agriculture (Comité sur l'agriculture de la Chambre des représentants des États-Unis)[82]. Le président du comité, Harold D. Cooley, déclare au sujet de McGovern que: « Je n'arrive pas à me rappeler d'un seul membre du Congrès qui s'est battu aussi férocement et intelligemment pour les fermiers américains que le représentant McGovern. »[Note 8],[3] Durant son passage au comité, il passe une nouvelle législation sur les bons alimentaires[88]. Il est également l'un des neuf représentants du Congrès aux conférences des l'Assemblée parlementaire de l'OTAN en 1958 et 1959[82]. Avec le sénateur Hubert Humphrey, McGovern fait campagne pour la réconstruction de la Public Law 480, une loi sur les surplus agricoles apparue sous Eisenhower, pour que celle-ci soit plus axée sur la lutte contre la famine à travers le monde. Il souhaite également l'institution d'un exécutif pour les opérations et que le but de l'organisation soit la promotion de la paix et de la stabilité à travers le monde[91],[92]. Durant ses mandats, McGovern est perçu comme libéral[82],[93] et vote en accord avec les positions de l'Americans for Democratic Action à 34 reprises contre seulement trois votes contres[94]. Deux des sujets phares de sa carrière à la chambres, l'amélioration des conditions de vie en Amérique rurales et la lutte contre la famine, le suivent tout au long de sa carrière[88].

En 1960 aux États-Unis, McGovern décide de se présenter au Sénat contre le républicain sortant, Karl Mundt[93], une figure importante de la politique du Dakota du Sud et figure du Maccarthysme[41],[95]. La campagne se base autour des enjeux ruraux, mais le catholicisme de John Fitzgerald Kennedy, candidat à la présidentielle cette même année, joue contre McGovern dans cet État protestant[93]. La campagne de McGovern est aussi affaiblit par des décisions peut réfléchis et la presse se retourne contre lui. Il déclare onze ans plus tard: « Ça a été ma pire campagne. Je détestais tellement [Mundt] que j'en ai perdu mes sens. »[Note 9],[95]. McGovern est défait le jour de l'élection. Il ne reçoit que 145 217 votes contre les 160 579 de Mundt. Cependant, la marge entre les deux candidats n'est que le tiers de la défaite de Kennedy contre Nixon dans l'état[82],[96].

Directeur de Food for PeaceModifier

 
McGovern avec le président John F. Kennedy lors de son passage à la tête de Food for Peace.

Ayant dû renoncer à ce représenter à la Chambre pour être candidat pour le Sénat, McGovern est disponible pour un poste dans l'administration Kennedy sans que cela ne coûte un siège au parti. Initialement pressenti pour le poste de secrétaire à l'Agriculture alors qu'il a le support de plusieurs groupes agricoles et de Robert Francis Kennedy, son âge cause des doutes chez le président-élu. Finalement, McGovern ce contente du poste de directeur du programme Food for Peace. Ce développement est vu d'un bon œil par McGovern qui voie le poste de secrétaire comme demandant et comme un endroit où les carrières politiques vont pour mourir[97],[98]. De plus, McGovern devient assistant spécial au président. En devenant le premier le premier directeur de Food for Peace, McGovern réalise plusieurs projets qu'il a lancé à la Chambre[82]. Il entre en poste le [99].

Comme directeur, McGovern dirige une plus grande part de la nourriture produit pour le développement économique internationale. Il déclare: « Nous devrions remercier Dieu pour notre abondance et utiliser nos surplus pour aider les plus démunis autant aux États-Unis qu'ailleurs. »[Note 10],[3]. Il trouve un emplacement pour le programme dans le bâtiment du bureau exécutif au lieu d'être mit sous la juridiction du département d'État ou celui de l'Agriculture[100]. McGovern travaille alors avec son adjoint James W. Symington ainsi que le conseiller du président Arthur Meier Schlesinger Jr. pour visiter le Sud pour discuter surplus agricoles. Il participe également à des entretiens avec l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture[82]. En juin 1961, McGovern est affecté par un cas majeur d'hépatite qu'il attrape par une syringe infectée utilisée par la Maison-Blanche pour lui administrer des inoculations en prévision d'un voyage en Amérique du Sud. Il doit être hospitalisé et ne peut exercé ses fonctions pour deux mois[101].

 
McGovern avec Arthur M. Schlesinger Jr. dans le sud de l'Inde en février 1962.

À la fin de 1961, le programme est actif dans douze pays[82] et nourrit dix millions de personnes de plus que l'année précédente[101]. En février 1962, McGovern visite l'Inde pour supervisé l'expansion d'un programme de repas scolaire financer par Food for Peace. Peut après, un enfant indien sur cinq est nourrit par le programme[101]. Durant l'été 1962, il nourrit 35 millions d'enfants à travers le monde[102]. Durant une audience à Rome, le pape Jean XXIII se montre admiratif face au travail de McGovern[101],[103]. Le programme est également populaire chez les fermiers du Dakota du Sud[8]. De plus, McGovern ce montre essentiel dans la création en décembre 1961 du Programme alimentaire mondial dirigé par l'ONU. Celui-ci débute ses opérations pour combattre la malnutrition l'année suivante et devient plus tard la plus grande organisation de ce genre au niveau mondial[104],[105].

 
Richard W. Reuter, à gauche, remplace McGovern à la tête de Food for Peace.

L'exécutif n'est cependant pas le point fort de McGovern. Il décide alors de retenter sa chance au Sénat[106]. Après l’approbation du président, il démissionne de son poste le [82],[99]. Kennedy déclare que, sous McGovern, le programme a pris une importance mondiale dans l'avancement des conditions de vie et l'économie dans les pays alliés aux États-Unis ce qui permet la création « d'un forte barrière contre la diffusion du Communisme »[Note 11],[99]. Drew Pearson écrit que le programme est l'un des « plus spectaculaire réalisations du début de l'administration Kennedy »[Note 12],[102]. Quant à lui, Schlesinger écrit plus tard que Food for Peace est « la plus grande arme cachée de la politique envers le tiers monde de l'administration Kennedy »[Note 13],[101].

Suite de la carrièreModifier

En 1960, il brigue le siège de sénateur du Dakota du Sud, mais échoue face au républicain sortant Karl Mundt avec 48 % des voix. Il devient alors directeur du programme Food for Peace mis en place par le président John Fitzgerald Kennedy.

En 1962, il retente sa chance à l'autre siège de sénateur du Dakota du Sud et est cette fois-ci élu. Le 18 mai 1963, il écrit un article dans le New York Times dans lequel il demande implicitement à toute la classe politique d'accepter la révolution cubaine qui accapare « l'énergie de nos fonctionnaires » pour donner la priorité à la lutte contre la misère en Amérique latine[107]. En septembre 1963, il pousse le président Kennedy à tenter secrètement une réconciliation avec Cuba[107]. Cette tentative sera interrompue deux mois plus tard par l'assassinat du Président, juste au moment où Fidel Castro envoyait un accord écrit à l'ouverture de pourparlers.

Très vite, il devient un opposant à la guerre du Viêt Nam, critiquant âprement la politique du président Lyndon Johnson.

Lors de la Convention démocrate de 1968, il apporte son soutien à Robert Kennedy, puis, après l'assassinat de ce dernier, au sénateur Eugene McCarthy, un pacifiste, auquel sera finalement préféré le vice-président Hubert H. Humphrey, finalement battu par Richard Nixon.

En 1972, McGovern se présente sur un programme prônant la fin de l'engagement américain au Viêt Nam et la mise en place d'un revenu minimum inconditionné[108] (il était conseillé par James Tobin et Robert Solow). Prêtre méthodiste et sénateur d'El Paso, il soutient alors les ouvrières grévistes de Farah, qui ont entamé une grève pour obtenir le droit de se syndiquer ainsi qu'une hausse des salaires. Il renouvelle son intention de normaliser les relations avec Cuba.

Mais les difficultés dans le choix du colistier (Thomas Eagleton doit être remplacé par R. Sargent Shriver), et la campagne républicaine le dépeignant comme un gauchiste radical lui ôtent ses chances, et il est sévèrement battu par Richard Nixon. Sa défaite est une des plus larges de l'histoire des États-Unis, avec seulement 38 % des voix contre 61 % à Nixon et 17 voix sur les 538 du Collège électoral.

Après cette défaite, McGovern reste sénateur jusqu'à sa défaite en 1980 face au républicain James Abdnor.

Il se présente aux primaires démocrates de 1984, sans succès. De 1998 à 2001, il est représentant permanent des États-Unis auprès de la FAO à Rome[109].

En 2004, il soutient le candidat aux primaires démocrates Wesley Clark, qui échouera face à John Kerry. Il meurt le à l'âge de 90 ans[109].

Récompenses et décorationsModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La citation originale est : « [A] sense of belonging to a particular place and knowing your part in it »
  2. La citation originale est : « Frankly, I was scared to death on that first solo flight. But when I walked away from it, I had an enormous feeling of satisfaction that I had taken the thing off the ground and landed it without tearing the wings off. »
  3. La citation originale est : « Learning how to fly the B‑24 was the toughest part of the training. It was a difficult airplane to fly, physically, because in the early part of the war, they didn't have hydraulic controls. If you can imagine driving a Mack truck without any power steering or power brakes, that's about what it was like at the controls. It was the biggest bomber we had at the time. »
  4. La citation originale est : « [A] certain rigidity and fanaticism on the part of a few of the strategists »
  5. La citation originale est : « I have loathed Richard Nixon since he first came on the national scene wielding his red brush in 1946, but I especially resented his cheap insults to Adlai Stevenson – my first genuine political hero »
  6. La citation originale est : « [T]he engine of progress in our time in America is the Democratic Party »
  7. La citation originale est : « I have always despised communism and every other ruthless tyranny over the mind and spirit of man. »
  8. La citation originale est : « I cannot recall a single member of Congress who has fought more vigorously or intelligently for American farmers than Congressman McGovern. »
  9. La citation originale est : « It was my worst campaign. I hated [Mundt] so much I lost my sense of balance. »
  10. La citation originale est : « We should thank God that we have a food abundance and use the over-supply among the underprivileged at home and abroad. »
  11. La citation originale est : « [A] powerful barrier to the spread of Communism »
  12. La citation originale est : « [M]ost spectacular achievements of the young Kennedy administration »
  13. La citation originale est : « [T]he greatest unseen weapon of Kennedy's third-world policy »

RéférencesModifier

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Voir aussiModifier