William C. Bullitt

diplomate américain

William Christian Bullitt, Jr.
Illustration.
Fonctions
Ambassadeur des États-Unis en France
41e ambassadeur depuis 1776

(3 ans, 8 mois et 28 jours)
Prédécesseur Jesse I. Straus
Successeur William Leahy
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Philadelphie (États-Unis)
Date de décès (76 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine
Nationalité Américaine
Profession Diplomate
Ambassadeurs des États-Unis d'Amérique en France

William Christian Bullitt, Jr. ( Philadelphie) était un journaliste et diplomate américain.

BiographieModifier

Né dans une grande famille d’avocats de Philadelphie, il est diplômé de Yale en 1913 et commence sa carrière comme correspondant de guerre pour le Philadelphia Public Ledger durant la Première Guerre mondiale.

En 1919, il participe à une mission en Russie bolchévique pour établir des relations diplomatiques avec les États-Unis. Nommé par le président Woodrow Wilson, il fait partie de la délégation américaine à la Conférence de paix de Paris. Il démissionne en jugeant les conditions du traité de Versailles inacceptables pour les vaincus et porteurs des germes de futurs conflits.

En 1933, il est nommé par le président Franklin Roosevelt premier ambassadeur américain auprès de l'Union soviétique. Il restera en poste jusqu’en , lorsqu'il est nommé ambassadeur à Paris.

Le , il refuse de quitter la capitale et est nommé maire de Paris[1] à titre provisoire par Paul Reynaud. Paris étant déclaré ville ouverte, il négocie, accompagné de Robert Murphy avec le général Georg von Küchler, qui menace de bombarder la ville. Cela est reproché par Roosevelt, et Bullitt répondra le au Département d’État : « La tradition veut que l’ambassadeur américain ne quitte pas Paris. Souvenez-vous de Gouverneur Morris, et de sa jambe de bois sous la terreur, de Washburne sous la Commune, de Herrick (pendant la Première Guerre mondiale)».

En juin, après avoir occupé le château de Candé grâce à l'aide de son propriétaire, Charles Bedaux, le personnel de l’ambassade s’installe à Vichy. Après le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain le , Bullitt rejoint les États-Unis en passant par l’Espagne. Murphy est chargé d'affaires auprès du gouvernement de Vichy jusqu'à la nomination comme ambassadeur de l’amiral Leahy .

Bullitt aide Roosevelt pendant la campagne présidentielle pour son troisième mandat. Il est écarté, et Jeffrey Mehlman du Department of French Literature, de la Boston University, en donne la raison : «De retour à Washington, le principal souci de Bullitt semble avoir été d’obtenir la mise à l’écart de l’éminence grise de Roosevelt, le sous-secrétaire d’État Sumner Welles (en), qu'il accusait d’avoir fait des propositions homosexuelles à des portiers « nègres » dans un train. Roosevelt refuse de l’écouter et se hérissale en entendant Welles traité de "criminel"[2] ».

Il est, sans succès, candidat démocrate à la mairie de Philadelphie en 1944.

S'étant vu refuser un poste d'officier dans l'armée américaine, il sollicite, en , du général de Gaulle de servir dans les Forces françaises Libres. Avec le grade de commandant dans la 1re armée française, il participe au Débarquement de Provence. Il rejoint ensuite Paris lors de sa libération[3]. Il est grièvement blessé à la colonne vertébrale lors de la bataille d'Alsace. Il est décoré le à Stuttgart par le général de Gaulle en personne, en même temps que les généraux de Lattre et Monsabert de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre 1939-1945.

Psychanalysé par Freud en 1920, ils demeurent amis et coécrivent le livre Thomas Woodrow Wilson: A Psychological Study.

Il est marié deux fois ; d’abord avec Aimee Ernesta Drinker en 1916, dont il divorce en 1923, puis en 1924 avec Louise Bryant, veuve de John Silas Reed, dont il eut une fille qui épousera en quatrièmes noces Daniel Brewster, sénateur du Maryland. Il divorce de Louise en 1930, après avoir découvert son adultère avec la sculptrice anglaise Gwen Le Gallienne.

Il meurt d'un cancer le à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine

On lui a reproché d'être proche des socialistes (il était notamment ami de Léon Blum) et d'avoir eu des idées communistes bien qu'il soit ensuite très anticommuniste.

Notes et référencesModifier

  1. L'Assemblée adopte, le , une loi municipale, formée de 20 articles, qui prévoit de procéder dans le plus bref délai au renouvellement intégral des conseils municipaux, au scrutin de liste. Paris, dont le conseil municipal est formé de 4 élus pour chacun des 20 arrondissements, a un régime spécial. Provisoirement, le gouvernement désigne par décret le maire et les adjoints dans les villes de plus de 20 000 âmes, les chefs-lieux de département et d'arrondissement et les 20 arrondissements municipaux de la capitale.
  2. Jeffrey Mehlman Anti-France : Un fantasme du roman américain contemporain Diogène p. 146 à 160 [1].
  3. Orville Bullitt :For the President : Personal and Secret : Correspondence Between Franklin D. Roosevelt and William. C. Bullitt, Boston, Houghton Mifflin 1972.

Source de la traductionModifier