Vincenzo Florio (sénateur)

politicien italien

Vincenzo Florio
Illustration.
Fonctions
Sénateur du royaume d'Italie
Législature VIIIe législature du Royaume d'Italie
Président de la Chambre de commerce de Palerme
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bagnara Calabra (Calabre)
Date de décès
Lieu de décès Palerme (Sicile)
Nationalité Drapeau du Royaume des Deux-Siciles Royaume des Deux-Siciles
Drapeau de l'Italie Italie
Famille Famille Florio
Distinctions Aéroport de Trapani

Vincenzo Florio (né le à Bagnara Calabra et mort le à Palerme) est un entrepreneur, armateur, banquier et homme politique italien.

Sénateur du royaume d'Italie, il est le membre principal de la seconde génération de la famille Florio, riche et puissante dynastie sicilienne d'origine calabraise. Au fil de sa vie et en conséquence des nombreuses activités commerciales de Vincenzo Florio, son patrimoine financier n'a cessé d'augmenter jusqu'à constituer la base de la fortune de la riche famille Florio, qui a ensuite été pendant plusieurs générations la famille la plus riche de Sicile et une des plus riches d'Italie. Ainsi, en 1829, lorsque Vincenzo devient le seul représentant de la famille Florio et qu'il hérite du petit magasin familial d'épices, son patrimoine équivaut à 450 000 lires italiennes. À sa mort en 1868, il lègue à son fils Ignazio Florio un héritage d'une valeur de 12 millions de lires italiennes, soit presque trente fois son patrimoine initial[1].

BiographieModifier

Le commerce familialModifier

Vincenzo Florio naît le à Bagnara Calabra de Paolo Florio et de Giuseppina Saffiotti[2]. Son père, Paolo (1772-1807), est un négociant calabrais qui émigre avec son fils depuis le village natal de Bagnara à Palerme, capitale de la Sicile, en 1797. À Palerme, son père s'est associé avec un négociant du nom de Paolo Barbaro avec qui il a acheté un petit magasin d'épices, plus tard nommé Florio & Barbaro, à un autre négociant calabrais originaire de Bagnara, Domenico Bottari. En 1803, Barbaro abandonne l'affaire et le père de Vincenzo s'associe avec son frère Ignazio Florio et le magasin prend alors le nom de Florio & Co.[1].

En 1807, alors que Vincenzo a seulement huit ans, son père Paolo Florio décède en lui léguant son magasin d'épices qui entre-temps est devenu relativement prospère. Trop jeune pour s'en occuper, son oncle Ignazio Florio, ancien associé du père, dirige et gère à sa place l'administration du commerce qui s'appelle maintenant Ignazio & Vincenzo Florio. Progressivement, le magasin prend toujours plus d'importance et se crée un nom parmi les commerces d'épices les plus célèbres de la ville. Grâce à cette activité, le patrimoine financier de Vincenzo et de son oncle triple dans la décennie entre 1807 et 1817. En 1829, Ignazio Florio décède sans descendance et Vincenzo, qui a alors trente ans, devient l'unique héritier de la boutique familiale[1].

Diversification des secteurs d'activitéModifier

Après la mort de son oncle, Vincenzo décide de diversifier les secteurs de l’activité familiale et se transforme alors réellement en entrepreneur. En 1829, il devient en effet membre de la Compagnie Royale du Commerce de Tabac, dont il sera plus tard le gérant, aux côtés de plusieurs autres grands entrepreneurs palermitains[1].

En 1841, Vincenzo loue toutes les thonaires (lieux de pêche du thon, alors secteur d'activité important en Sicile) des îles Égades en lançant ainsi ce qui deviendra plus tard une des activités entrepreneuriales les plus lucratives de la famille Florio, le fils de Vincenzo acquit en effet quelques années plus tard les îles de Favignana et de Formica. Les historiens attribuent à Vincenzo Florio le fait d'avoir introduit en Sicile le système de pêche avec des filets fixes et de conservation sous huile, en rendant ainsi son commerce et son patrimoine financier toujours plus important. De plus, il achète également des parts dans une entreprise sicilo-britannique d'assurances maritimes[1].

 
Entrée des Cantine Florio, productrice de vins de marsala.

Vincenzo Florio ne s'arrête pas là et fonde une société de production et de commerce des vins de marsala, les Cantine Florio, qui concurrence bientôt les deux autres plus grandes sociétés de production de marsala : les maisons Ingham et Woodhouse. Avec quelques autres riches actionnaires, il fonde la Fonderie Oretea qui devient en quelques décennies un des établissements majeurs de l'industrie métallurgique sicilienne. Il investit également dans le commerce de soufre, principalement à destination de l'Empire britannique. Il cofonde ainsi la société Anglo-Sicilian Sulphur Company Limited. Il investit aussi et dans les plantations de coton. Sa renommée est telle qu'il devient l'intermédiaire pour la ville de Palerme de la famille des banquiers Rothschild et, fondateur du Banco Florio, il devient lui-même un banquier de renommée à Palerme et en Sicile auprès de nombreuses familles aristocratiques et de la haute bourgeoisie[1],[2].

En 1848, peu de temps après la révolution sicilienne, Vincenzo Florio fonde la future « flotte Florio ». Il acquiert pour cela des bateaux à vapeur, qui sont alors les premiers bateaux de ce type dans tout le royaume des Deux-Siciles. Armateur renommé, sa flotte s'occupe alors de relier les différents ports de la Sicile avec les grands ports méditerranéens de Marseille, Naples et Palerme, mais a également le monopole du service postal par voie maritime entre les majeures villes du royaume des Deux-Siciles. Après 1860 et l'unification de toute la péninsule italienne en un royaume unique, le royaume d'Italie, la flotte de Vincenzo Florio conserve ce monopole en Italie du Sud[1].

Période politique et fin de vieModifier

 
Cimetière Santa Maria di Gesù.

En 1861, à l'apogée de sa gloire, Vincenzo Florio est nommé président de la Banque nationale du Royaume d'Italie, fondée la même année par le roi, pour le siège de Palerme. Il est alors sous la tutelle directe du célèbre banquier Carlo Bombrini, gouverneur de la Banque nationale. De 1863 à 1867, il est aussi le président de la Chambre de commerce de Palerme après en avoir été conseiller de 1834 à 1859[2].

Le , Vincenzo Florio est élu sénateur du royaume d'Italie dans le cadre de la VIIIe législature du Royaume d'Italie et il occupe officiellement ses fonctions à partir du . Il conserve ses fonctions politique jusqu'à la fin de la législature un an plus tard, en 1865[2].

Il décède le à Palerme. Il est enterré dans une chapelle réalisée par Giuseppe Damiani Almeyda dans le cimetière monumental Santa Maria di Gesù, où la plupart des membres de la famille Florio ont leur sépulture.

DescendanceModifier

Vincenzo Florio épouse Giulia Portalupi, sœur de Tommaso Portalupi, avec qui il a 3 enfants[2] :

Son fils Ignazio (1838-1891) épousera une noble sicilienne, la baronne Giovanna d'Ondes Trigona (1843-1917), descendante directe de l'amiral Francesco Caracciolo, avec qui il aura 5 enfants :

  • Vincenzo Florio (1867-1879), mort à l'âge de 12 ans ;
  • le baron Ignazio Florio Jr. (1869-1957), entrepreneur et armateur sicilien parmi les plus en vue de la Belle Époque en Europe ;
  • la princesse Giulia Florio (1870-1947), épouse Pietro Lanza Branciforte, cousin proche du philosophe franco-italien Lanza del Vasto et prince de Trabia et de Butera ainsi que duc de Camastra ;
  • le comte Vincenzo Florio (1883-1959), industriel viticole et pilote automobile.

Distinctions et hommagesModifier

L’aéroport de Trapani (en italien : Aeroporto di Trapani-Birgi) porte son nom. C'est un aéroport militaire, ouvert au trafic civil, situé à 15 km au sud de Trapani, également connu sous le nom d’aéroport Vincenzo Florio. Il a accueilli 1 470 508 passagers en 2011, ce qui en fait le troisième aéroport de Sicile.

RéférencesModifier

  1. a b c d e f et g (it) Université de Bari, Il Mezzogiorno preunitario : economia, società e istituzioni, EDIZIONI DEDALO, (lire en ligne), « Vincenzo Florio, mercante-imprenditore », p. 260 à 268.
  2. a b c d et e (it) « Scheda senatore Vincenzo Florio », sur Sénat italien (consulté en mars 2017).
  3. Tout-Paris : Annuaire de la Société parisienne, vol. 9, A. La Fare, (lire en ligne), p. 340.
  4. Le Livre d'Or des salons, F. Bender, (lire en ligne), p. 532.
  5. (it) Simone Candela, I Florio, Sellerio, (lire en ligne), p. 170.

Liens externesModifier