Valentinien III

empereur romain d'Occident

Valentinien III
Empereur romain d'Occident
Image illustrative de l’article Valentinien III
Solidus à l'effigie de Valentinien III
Revers : Théodose II unit Licinia Eudoxia et Valentinien.
Règne
-
29 ans, 4 mois et 21 jours
Période Théodosiens
Précédé par Flavius Honorius (légitime)
Jean (usurpateur)
Suivi de Pétrone Maxime
Biographie
Nom de naissance Flavius Placidius Valentinianus
Naissance - Ravenne (Italie)
Décès (35 ans)
Père Constance III
Mère Galla Placidia
Fratrie Honoria
Épouse Licinia Eudoxia
Descendance (1) Eudocia
(2) Placidia
Empereur romain d'Occident

Valentinien III (en latin Flavius Placidius Valentinianus Augustus), né le à Ravenne, mort le à Rome, est empereur romain d'Occident de 424 à sa mort en l'an 455.

BiographieModifier

Il est le fils de Constance III, empereur d'Occident associé à Honorius (395-423) en 421, et de Galla Placidia (388-450), fille de l'empereur d'Orient Théodose Ier (379-395). Par sa mère, dont il est le deuxième enfant mais le premier fils[1], il est l'arrière-petit-fils de son homonyme Valentinien Ier. Il a une sœur, Honoria.

Avènement de Valentinien IIIModifier

À la mort d'Honorius en août 423, Galla Placidia et ses enfants se trouvent à Constantinople à la cour de Théodose II. La succession est difficile : en , le sénat de Rome nomme un empereur, Jean. Valentinien est nommé César le  ; après une courte guerre en Italie pour éliminer l'usurpateur Jean, il est proclamé empereur à Rome le . Comme il n'a que six ans, Galla Placidia est chargée de la régence et joue un rôle important même après la majorité de Valentinien, jusqu'à la mort de Galla en 450.

Mariage (437)Modifier

En octobre 437, il épouse à Constantinople sa cousine Licinia Eudoxia, fille de Théodose II ; il ne rentre à Ravenne, résidence impériale d'Occident depuis le règne d'Honorius, qu'au printemps 438, après avoir passé l'hiver à Thessalonique. De ce mariage naîtront deux filles, Eudocia et Galla Placidia la Jeune.

Le règneModifier

Il règne sous le tutorat de sa mère Galla Placidia pendant sa longue minorité. Durant ce règne, l'activité législative ne faiblit pas. Ainsi, en 426, est publiée en son nom la Loi des citations et, en 438, Valentinien III interdit les jeux du cirque.

En matière religieuse, Valentinien III se montre intolérant à l'encontre des cultes païens : une application stricte du Code théodosien le pousse à émettre trois édits de persécution générale lancés contre les païens en 435, 438 et 451. Tout acte de paganisme est désormais passible de la peine capitale, réaffirmant en cela les lois de Théodose Ier (391 et 392). Cette persécution touche également les chrétiens non nicééns, visés par un édit de 447 les rendant passible de la même peine.

Il maintient l'interdiction instaurée par Théodose II en l'an 427 de figurer la Croix sur le sol des églises. Elle doit être figurée dans les portions les plus honorables des édifices de culte[2].

Cependant, en dépit de cette politique religieuse unificatrice, Valentinien III se montre incapable d'enrayer l'affaiblissement de l'Empire romain d'Occident : en 439, les Vandales de Genséric établissent un État indépendant en Afrique et leur flotte ravage la Sicile et les côtes orientales de la mer Méditerranée. En Hispanie et en Gaule, une bonne partie du territoire est contrôlée par les peuples germaniques plus ou moins inféodés par l'Empire (Francs, Wisigoths, Suèves, Burgondes). L'activité de son général, Aetius, interrompt momentanément les incursions germaniques :

Les dernières années (450-455)Modifier

Valentinien III s'installe à Rome en 450, mais retourne à Ravenne à l'approche d'Attila qui attaque l'Italie en 452. Le Hun se retire grâce à l'intervention du pape Léon Ier et contre la promesse d'un tribut, mais aussi en raison des mouvements des troupes de l'empereur d'Orient Marcien sur les frontières danubiennes de l'empire hunnique.

En 454, Gaudentius Flavius, fils d'Aetius, doit se marier avec la fille de l'empereur, mais Aetius est tué par la main de Valentinien, le . On s'est beaucoup interrogé sur les motivations ayant conduit l'empereur à supprimer le meilleur général de son époque, le seul à pouvoir sauvegarder l'empire des menaces qui l'accablent. Certains pensent qu'Aetius a payé de sa vie des rumeurs sur une hypothétique collusion avec Attila après la bataille près de Chalons ou bien des craintes de rébellion pour détrôner l'empereur. À ce jour, rien n'est attesté pour justifier la disparition du dernier atout de l'empire d'Occident.

Le 16 mars de l'année suivante, l'empereur assiste à des manœuvres militaires sur le Champ de Mars quand il est à son tour assassiné par deux fidèles d'Aetius, Optila et Thraustila, à l'instigation du puissant sénateur Pétrone Maxime dont il aurait violé l'épouse.

Bande dessinéeModifier

Valentinien III ainsi que sa soeur Honoria et son épouse Licinia Eudoxia apparaissent dans les planches de la BD publiée en 2019 par les éditions Glénat et les Éditions du Cerf : Léon le grand, défier Attila (scénario de France Richemond, dessin de Stefano Carloni, couleurs de Luca Merli) dans lequel on découvre la rivalité qu'il aurait entretenu avec le pape Léon le Grand alors qu'Attila et sa horde de huns menaçaient de piller Rome en 452.

CinémaModifier

Valentinien III est présent dans le film franco-italien Attila, fléau de dieu réalisé par Pietro Francisci sorti en France en 1955 soit un an après la sortie italienne. Il y est présenté sous un angle péjoratif.

Notes et référencesModifier

  1. Max Gallo, La chute de l'Empire romain, Villeneuve d'Ascq & Mayenne, XO éditions, , 258 p. (ISBN 978-2-84563-594-4), 1 "Galla Placidia Augusta", « chapitre 16 (page 139) ».
  2. François Boespflug, La Crucifixion dans l’art : Un sujet planétaire, Bayard Editions, , 559 p. (ISBN 978-2-227-49502-9), p. 33.

BibliographieModifier

  • Roger Remondon, La Crise de l’Empire romain, PUF, coll. « Nouvelle Clio », Paris, 1964 (2e édition : 1970).
  • François Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains, Éditions Errance, 1995, (ISBN 2877722260).

Liens externesModifier