Ouvrir le menu principal

Numidie (province romaine)

La Numidie était le nom de la côte Nord-Africaine et comprenait grossièrement aujourd'hui les territoires du nord-ouest de la Tunisie ainsi que le nord-est de l'Algérie[1]

« "Ea pars quem Africain appellavimus dividitur in duas provincias, veterem ac novam, discretas fossa inter Africanum sequentem et reges Thenas usque perducta". (La région que nous appelons l'Afrique est divisée en deux provinces, ancienne et nouvelle, par une "fossa" (fossé) s'étendant en Afrique de Thenas (près de Sfax) jusqu'à la région de Thabarca.). Plinius, Historia Naturalis, V, 25 ».

Le Royaume et les RomainsModifier

 
Maurétanie Tingitane (à l'ouest), Maurétanie Césarienne (au centre-ouest), Numidie (au centre-est), et Africa (à l'est), au centre la Gétulie.

Après la mort de Jugurtha, la Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste est laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome. La situation perdure jusqu'à la guerre civile entre Jules César et Pompée. Juba Ier, partisan de Pompée, perd son royaume en -46 après la défaite de Thapsus contre César. César accorde à Sittius un territoire vaste autour de Cirta (Constantine). La Numidie devient alors la province d’Africa nova, jusqu'à ce qu'Auguste réunisse les deux provinces en un seul ensemble, l'Afrique proconsulaire. Cette dernière est dirigée par un proconsul, qui conduisit un moment l'armée d'Afrique. Auguste rend son royaume à Juba II, fils du précédent, après la bataille d'Actium (-31). En -25, Juba II reçoit le trône de Maurétanie, et la Numidie est partagée entre la Maurétanie et la province d'Afrique. La partie intégrée à la province d'Afrique en constitue une région et, en théorie, n'a pas d'autonomie administrative, puisqu'elle dépend du proconsul assisté de légats.

Les populations se rebellent de nombreuses fois surtout les Zénètes, vers le début du premier siècle. Les Maghraouas auraient été très nombreux dans les environs d'Icosium (Alger) et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir. Ce dernier fera transférer une partie des Maghraouas vers le Chelif[2]. Cela provoque une succession d'actions militaires de Rome, soldées parfois par de graves défaites romaines. Sept ans durant, Tacfarinas résiste aux Romains, malgré Tibère qui transfère une seconde légion pour appuyer la troisième légion Auguste.

Dès 39 ap. J.-C., Caligula confie la conduite de la région de Numidie à un représentant personnel — « légat de l'empereur » — chargé de commander la troisième légion Auguste. C'est ainsi qu'il met fin à une exception politique : celle d'une armée importante placée sous les ordres d'un proconsul et non d'un légat. Le Sénat perd la dernière légion qui était sous ses ordres. Bien que toujours officiellement intégrée à la province d'Afrique proconsulaire, la Numidie en constitue une région à part, placée sous l'autorité de son légat qui dirige la troisième légion Auguste et ne rend de compte qu'à l'empereur. C'est une province de fait, mais non de droit, statut relativement unique dans l'empire.

La « Numidie » Sous l'Invasion Romaine : un redécoupage territorial de l'AfriqueModifier

Dès le IIe siècle, la province est christianisée, mais rapidement elle adhère à l'hérésie donatiste tout en connaissant des hommes de foi aussi illustres que Saint Augustin, évêque d'Hippone (actuelle Annaba) et Namphamon le premier martyr (archimartyr) d'Afrique.

Après 193, sous Septime Sévère, la Numidie est officiellement détachée de la province d'Afrique et constitue une province à part entière, gouvernée par un légat impérial. Sous Dioclétien, elle constitue une simple province dans la réorganisation tétrarchique, puis est brièvement divisée en deux : Numidie militaire et Numidie cirtéenne.

En 428, les Vandales commencent leurs incursions en Numidie. Ils parviennent même à y créer un royaume entre 432 et 534, date à laquelle la province passe sous l'autorité byzantine.

Enfin, entre 696 et 708, la région est conquise par les armées musulmanes.

Histoire de la province d'AfriqueModifier

ÉVOLUTION DE LA PROVINCE AFRICAINE
Début de la conquête romaine Carthage Royaume de Numidie orientale (Massyles) Numidie occidentale (Massaessyles) Royaume de Maurétanie
de 146 av. J.-C. Afrique Numidie Maurétanie
de 105 av. J.-C. Africa (après annexion d'une partie de la Numidie) Numidie orientale Numidie occidentale Maurétanie
de 45 av. J.-C. Africa Vetus Africa Nova Colonia Cirta Sittianorum Maurétanie orientale (La Numidie occidentale est rattachée à la Maurétanie) Maurétanie occidentale
de 27 av. J.-C. Afrique Proconsulaire Maurétanie
de 41 apr. J.-C. Afrique Proconsulaire Maurétanie césarienne Maurétanie tingitane
de 193 Afrique Proconsulaire Numidie Maurétanie césarienne Maurétanie tingitane
Après la réforme de Dioclétien Tripolitaine Bizacène Zeugitane Numidie Maurétanie sitifienne Maurétanie césarienne Maurétanie tingitane

Notes et référencesModifier

  1. Rives, J. B. (1995). Religion and authority in Roman Carthage: from Augustus to Constantine, p. 18. Clarendon Press. Retrieved 25 October 2013.
  2. Journal asiatique, Société asiatique., (lire en ligne), p. 522

BibliographieModifier

  • Filippo Coarelli et Yvon Thébert, "Architecture funéraire et pouvoir : réflexions sur l'hellénisme numide", Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, Année 1988, 2, p. 761-818 [1]
  • Nacéra Benseddik, « Jugurtha-Cirta-Lambèse-Timgad » dans Dictionnaire du Monde antique, PUF, Paris 2005.
  • Yann Le Bohec, L’Afrique romaine (146 avant J.-C. - 439 après J.-C.), éd. Picard, 2005 (Paris), 600 p. (ISBN 2-7084-0751-1)
  • François Décret et Mhamed Fantar, L’Afrique du Nord dans l’Antiquité. Histoire et civilisation - des Origines au Ve siècle, Paris, 1981.
  • François Jacques, « Propriétés impériales et cités en Numidie Méridionale », Cahiers du Centre Gustave Glotz, no 3,‎ , p. 123-139 (lire en ligne).

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Antiquité romaine

Liens externesModifier